La vie vaut pour ce qu'elle est.

Avis sur The Tree of Life

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Critique publiée par le

Je n'ai jamais eu autant de mal à critiquer un film. Je ne sais pas quoi dire. Il n'y a peut-être rien à dire finalement. Tout se chamboule dans ma tête, il n'y aura certainement aucun agencement logique dans cette critique.

Le film englobe tout. Tout, c'est-à-dire, tout et rien à la fois. Le néant, il en parle, le met en scène, l'encense, le sublime. Avec dès le départ, ce qui restera certainement les 30 minutes les plus grandioses de toute l'histoire du cinéma, rien que ça : la naissance de l'univers. La genèse. Et avec ça, tout ce qui en découle. La nature encore intacte, l'authenticité de tous les reliefs de notre planète, les prémices des comportements, des choix et des sentiments. Jamais auparavant je n'avais été ébloui d'autant de beauté, de pureté, par les images qui s'enchaînent de manière si poétique. Malick filme, le ciel, l'eau, la nature, les volcans, les nuages, le vent, la lumière, le soleil, la Terre,... la vie. Il photographie, transcende tout, nous n'assistons plus à de simples clichés, mais à de l'art véritable. La notion de « beau » n'avait jamais auparavant pris autant son sens avant que ce dernier nous la présente. C'est toute la notion du cinéma en tant que 7ème Art qui s'en voit glorifié.

Je vais tout de même parler rapidement de la performance des acteurs.
Brad est nickel dans son rôle de père extrêmement dur, inculquant une éducation très rude à ses fils qu'il chéri néanmoins.
La mère, Jessica Chastain, une inconnue, joue admirablement bien. Mieux en fait, elle est traumatisante de naturel. Un simple regard, une simple expression sur son visage suffit à nous toucher. C'est elle la grande révélation. Les 3 petits bouts, enfin, sont tout à fait juste eux aussi. C'est surtout le rebellé qui retiendra l'attention, son registre d'émotions étant tout simplement époustouflant.
Sean Penn quant à lui n'a pas vraiment assez de présence à l'écran pour qu'on puisse lui louer de tels louanges, dommage mais pas dommageable.
La musique, bien que très marquée « religieuses mélodies » est enchanteresse et merveilleuse, et se marie très bien aux images, ce qui accentue le sentiment de transportation céleste.

Certains crieront au scandale par rapport au(x) « message(s) » du film ; à la supercherie, à de la philosophie de comptoir, à une propagande à la chrétienté. Et pourtant non, ce n'est pas le cas. Le film n'a rien de religieux. Il traite de spiritualité, de foi, de croyance, de conviction personnelle dans sa globalité. Chacun peut véritablement s'y retrouver, des athées aux agnostiques en passant par les chrétiens ou tout autres pratiquants. Qui n'a jamais prié ? Qui n'a jamais « espéré » ? Parlé à voix intérieure, cherchant au plus profond de soi-même une force quelconque, divine, imperceptible ? Un Dieu à qui se confier ? C'est de cela dont Malick traite. De nos convictions, nos espérances. Pas d'une en particulier.

Malick se divertit, multiplie les cadrages et mouvements de sa caméra. Il la pose simplement, pour capter un cours d'eau qui s'écoule. Il la fait prendre de la vitesse pour suivre le vent. Il la rapproche au plus près des yeux de ses personnages pour saisir au mieux la lueur de leurs sentiments. Gros plan par ci, angle imprévisible par là. Plan dérisoire d'un mur blanchâtre fondu quelques secondes plus tard dans un amas de nuages opalins. On décèle une goûte de sang sur une brindille d'herbe, mais pas l'impact d'une balle sur le corps d'un être humain. Tout est subtil, sensible, dans la retenue, dans l'imperceptible, le presque impalpable, l'infiniment léger. Il souffle les bribes de la violence, de la peur, des maux de la société. Il suggère mais ne dicte jamais.

Alors voila, oui la fin est quelque peu alambiquée, le scénario est finalement assez banal, Malick aurait pu nous raconter tout autre chose. Le montage est décousu, l'impression de faux raccord est présente, la confusion est inévitable. Mais doit-on vraiment chercher à comprendre ? A tout comprendre ?
Cette histoire d'une jeunesse difficile d'un petit garçon durant les années 50' n'est qu'un prétexte pour nous conter bien plus subtilement un tas d'autres choses. Du tout au rien, c'est ça la vie finalement. Notre vie. La mienne et la votre. La vie avec un grand V. Rien d'autre. C'est simple, et compliqué à la fois.

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