THE WAVE (13,8) (Roar Uthaug, NOR, 2016, 110min)
Ce film catastrophe convaincant nous amène en Norvège, dans le village balnéaire de Geiranger, où depuis des décennies la montagne «Akerneset» (comme une épée de Damoclès) surplombe la ville et menace un jour de s’effondrer, de tomber dans le fjord provoquant un immense tsunami. Roar Uhthaug réalisateur amateur de film catastrophe, inconnu en France débarque dans nos salles avec ce genre très codifié. Le metteur en scène installe son intrigue au sein d’une famille (où les failles sont sous-jacentes également) dont le père est expert en géologie. Le metteur en scène coche toutes les cases du cahier des charges n’oubliant aucun cliché inhérent à ce genre de production (dernier jour de travail du père, relation père-fils tendu etc…). Mais le metteur en scène d’emblée nous propose des images d’archives scientifiques montrant les catastrophes ayant déjà eu lieu dans un même contexte environnemental et nous avertit donc que la veine du long métrage sera réaliste quasi documentaire avec jargon scientifique et mesures à l’appui. Il place le récit dans une structure narrative classique en trois parties (le doute et l’attente de la catastrophe avec compte à rebours, le tsunami et puis la survie au milieu des décombres) au milieu de somptueux décors naturels norvégiens ce qui donne un aspect encore plus dramatique, alternant plans panoramiques et plans caméra portée. Le réalisateur prend le temps de mettre en place son histoire pour que notre empathie être bénéfique au moment du drame, il maîtrise le climax de tension jouant sur une peur réelle, démontrée scientifiquement et procure des scènes oppressantes. On peut regretter certains élans mélodramatiques mais qui évitent malgré tout un pathos trop lourd à digérer. En dépit d’un faible budget les effets spéciaux de la vague sont très corrects et spectaculaires ainsi que l’étalonnage de la lumière et de la photographie sont particulièrement soignées. Le long métrage s’appuie essentiellement sur le destin de Kristian (le père de famille) et judicieusement sur les doutes qui rongent le personnage interprété impeccablement par le charismatique Kristoffer Joner (une véritable star en Norvège). La musique aux accents wagnérien et zimmerien se rajoute efficacement à nos ressentis surtout lors des scènes de cataclysme. Venez donc vous divertir intelligemment devant ce film annonciateur, en attendant malheureusement l’arrivée d’une véritable « The Wave ». Efficace, humain, assez consistant et angoissant.