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La foudre frappe toujours aux mêmes portes

Un policier danse à l’enterrement de sa mère. Comment en est-il arrivé à un degré de désespoir aussi élevé que celui de votre whisky préféré ?

Avec un personnage aussi absurde que réaliste, aussi pathétique qu’attachant, Jim Cummings place la barre haut pour son premier film et son premier rôle au cinéma. Si son chemin n’est pas tendre, ce personnage l’est. Ou du moins il l’est rendu par un jeu d’acteur si juste, si précis, si surprenant. Capable de passer du rire aux larmes et des larmes au rire en une fraction de seconde, Jim Cummings rend ce policier texan risible et ridicule, et pourtant. On ne rit pas de lui mais avec lui, chargés d’une compassion incontrôlable pour un personnage pourtant incompréhensible. A fleur de peau et tellement vulnérable, il nous offre un portrait non misérabiliste de ce qu’est la dépression, et tout ça avec un budget aussi mince que les jambes de Vanessa Paradis. Il est pourtant bien difficile de mettre en lumière un désespoir si profond qu’il fait perdre le contrôle de la vie. Une vie qui glisse peu à peu entre les mains du policier aussi facilement qu’un savon mouillé.

Outre cette justesse psychologique et cette sensibilité d’acteur, la réalisation laisse aussi sans voix. Que serait ce film sans le travail des plans séquences à la Kubrick, longs eux aussi, lourds de sens également. Ces plans qui se resserrent sur le personnage nous font entrer dans son monde intérieur, qui paraît pourtant tellement incohérent de prime abord. Voir ce policier de loin, se ridiculiser à un enterrement provoque plus de gêne et d‘étonnement que de compassion mais la caméra nous apprend à aimer ce danseur insolite. On entre petit à petit dans le règne de la colère, dans son bouillonnement intérieur qui le rend si maladroit. Ce personnage malhabile, mal-aimé et malheureux nous rappelle quelque peu un certain De Niro dans Taxi Driver. Reste plus qu’à souhaiter à Monsieur Cummings la même carrière.

JeanneLouiseb
8
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il y a 3 ans

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