Time is running out.

Avis sur Time Out

Avatar Ƭhomas Ƥérillon (LBDM)
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Andrew Niccol n'est pas un auteur très prolifique mais il a toujours de bonnes idées. Après avoir réalisé le grandiose Gattaca, il prête sa plume talentueuse pour l'inoubliable The Truman Show qui aura marqué toute une génération. Il enchaîne ensuite avec S1mone, porté par Al Pacino dans une comédie de société pas forcément renversante mais assez bien vue. Avec Lord of War, il confirme qu'il est un grand cinéaste nous offrant par la même occasion l'une des meilleures scènes d'intro des dernières années.

C'est dire si son dernier film, Time Out (In time en VO), était attendu. Le pitch promettait encore de belles choses avec Niccol à la plume et aux manettes : une société où le temps est véritablement de l'argent. Toutefois, le casting avait de quoi modérer les attentes. Hormis Cillian Murphy en second rôle, on avait affaire à des acteurs pas encore confirmés.

En ce début du mois de novembre, j'ai eu le privilège de découvrir cette dernière création dystopique de A. Niccol. Dans la première demie-heure, il plante le décor avec concision et cette élégance qui le caractérise. On se dit que le bonhomme tient à nouveau une excellente idée. Mais la suite n'a malheureusement pas l'ampleur escomptée.

Avec la réputation que le réalisateur néo-zélandais s'est bâti en seulement trois films, on pouvait s'attendre à une petit bijou de SF dans la lignée de Gattaca. Malheureusement, Time Out n'est pas de cet acabit. Attention toutefois, il reste malgré tout un bon divertissement, admirablement mis en scène et plutôt bien interprété. Pour l'apprécier il faudra donc s'attendre plutôt à un Bonnie & Clyde rétro-futuriste qu'à un véritable film d'anticipation – même s'il y a matière à. Egalement, la romance qui naît progressivement entre ses personnages peine à enthousiasmer. Si celle-ci n'a rien de scandaleux, elle manque un peu de relief à l'image de leurs interprètes qui livrent ceci dit une prestation respectable.

Au final, on aurait presque souhaité après coup que la première partie du film soit plus développée car c'est dans ce monde - cruel - imaginé par Niccol que résidaient les véritables richesses de l'oeuvre. Si l'on reconnaît et apprécie le soin apporté à l'image et à la mise en scène typique de son auteur, on regrette que Time Out laisse autant de place à sa romance et à la volonté de ses protagonistes de mettre à mal le système dans lequel ils sont enfermés comme il le faisait - si bien - dans Gattaca.

Time Out, dernier film d'Andrew Niccol qui sortira en salles le 23 novembre, laisse donc avec quelques regrets. Si il ne s'imposera pas comme un des grands films SF de la décennie, cette course contre-la-montre habilement menée restera un divertissement plus qu'honorable, agréable à suivre et parsemé de belles idées.

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