Un film aussi agréable qu'un herpès...

Avis sur Tusk

Avatar Rømain 'V' Radenac
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... Ce sont les propres mots du réalisateur de ce "Tusk" qu'est Kevin Smith : Peu connu du grand public, il fait office de figure pour toute la culture geek qui a découvert ses comédies dans les 90's ("Clerks", "Les Glandeurs", "Dogma").

N'étant pas particulièrement un grand fan de ses comédies (il en faut pour tous les goûts), j'ai pris d'avantage de plaisir lorsque ce sympathique personnage (je vous conseille de lire les anecdotes concernant sa participation sur des gros projets de studios, tel son scénario de "Superman", ou la polémique au sujet de Tim Burton et son "Planète des Singes") s'est mis au cinéma de genre avec l'excellent "Red State" : Sans perdre sa personnalité, Smith livre un film acide, satyrique et très malsain en faisant ressurgir le spectre de la prise d'otages de Waco !

Ce n'est dire si son film suivant, "Tusk" donc, s'est fait attendre ! Rien que la conception du film a de quoi intriguer : L'idée du film vient, à la base de l'émission de podcast SModcast que Smith présente en compagnie de son ami Scott Mosier où un étrange individu aurait posté une annonce à laquelle il cherchait un colocataire qui pourrait se déguiser en morse tous les jours... Les deux podcasteurs ont alors demandé aux internautes s'ils souhaitaient voir cette histoire racontée en film en leur envoyant un hashtag #WalrusYes, ou #WalrusNo !

Finalement, le public aura dit oui ! Et le film se verra très bientôt disponible en VoD, DVD mais également en sélection du PIFFF 2014 (hors compétition, histoire de clôturer le festival), c'est ainsi que j'ai pu découvrir la dernière oeuvre frappadingue de Kevin Smith (sur un écran plus grand que ta TV plasma quoi). Et la première qualité qui apparaît d'emblée est qu'il ne laissera personne indifférent !

Présentant un personnage insupportable dès sa première partie (un podcasteur - tiens tiens ! - interprété par Justin Long), le film part ensuite dans de gros délires à la Kevin Smith, tel ce dialogue inteeeeeeeeeerminable de près de 20 minutes, où même le protagoniste finit par sombrer de sommeil et de galérer à suivre tout ce qui se dit !

Kevin Smith maîtrise son film de bout en bout, se qui lui permet de malmener son spectateur comme un sale sadique rigolard en abordant une thématique assez semblable à celle de Frankenstein, sauf qu'ici, l'homme est un monstre (un connard, un enculé si vous préférez) qui se révèle humain à partir du moment où il ne ressemble plus à un humain, mais à un genre de morse cousu à l'arrache avec d'immenses défenses (un maquillage particulièrement kitsch mais qui parvient à faire ressortir tout l'aspect repoussant de la créature).

Alors qu'un drôle d'Inspecteur Clouseau vient mener l'enquête sur la mystérieuse disparition du podcasteur (et ainsi, niquer un peu le rythme du film, malheureusement) - cette séquence laissant la place à un caméo assez surprenant d'une certaine star hollywoodienne en pleine perte de vitesse, cabotinant comme un damné - le film se conclue malheureusement d'une manière un peu forcée, avec un final au shotgun et des ellipses un peu trop grossières. Mais c'est sans compter l'immense chute de fin sur laquelle le film nous laisse (que je ne spoilerai pas ici).

"Tusk" est selon moi à l'image de cette chute, justement : Constamment traité avec un humour irrévérencieux et satyrique, le film parle tout de même d'une histoire glauque et tragique, pas si éloignée des premiers survivals crassou type "Massacre à la Tronçonneuse". Je me suis souvent pris à rire devant ce film en étant pleinement conscient que tout ce qui s'y déroule est finalement aussi absurde qu'abominable.

Un peu comme "Red State", son précédent film, "Tusk" est un film où l'on se sent sale une fois le générique arrivé : Sale d'avoir rit devant une histoire aussi glauque, sale d'avoir vu un film où l'on se surprend à avoir de l'empathie pour un véritable connard... qu'à partir du moment où on le transforme véritablement en monstre.

Quoi qu'il en soit, que vous n'aimez ou pas, "Tusk" ne vous laissera pas indifférent... et c'est, justement, tout l'intérêt de voir ce film !

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