Un pavé dans la gueule.

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Diastème ici adapte le récit d'un Bonehead repenti sur une vingtaine d'années, se déroulant entre le milieu des années 80 et les années 2000, entre Paris et sa banlieue et entre le RAC et le classique. Même si Diastème prend un risque sur la politisation de ce film (Les salles de cinéma refusant la diffusion par "peur"), il ne prend pas de risques en terme de mise en scène; Le scénario est une adaptation des faits raconté par "Ptit Willy", skin repenti ex membre des Evils Skins, ayant raconté son parcours sur Internet et sur certains plateaux de T.V. Les personnages qui gravitent autour de "Marco", le personnage principal du film, sont eux aussi calqués sur les relations du skinhead à l'époque (Batskin, Fesni le chanteur des Evil Skins, Madskin du Havre...) certains fusionnent, d'autres sont à peine modifiés mais la plupart suivent le fil qu'a tissé "Ptit Willy". Seule la fin change, se voulant plus moraliste et plus réaliste finalement que la conclusion du vrai Skinhead repenti. Ou plutôt Bonehead, car c'est le côté Néo-nazi et nationaliste qui est montré ici avec comme pour antagonistes des skins communistes et le Socialisme en général (Mitterrand était président à cette époque).Un peu dérouté par le personnage principal, qui ne sait pas trop pourquoi, a une prise de conscience sur un moment; Un peu perdu aussi, dans ces années qui défilent avec quelques points de repère ici et là, qui ont marqué les français à la fin de ce XXème siècle; On se laisse guider par un Marco essayant d'évoluer socialement depuis sa jeunesse "FaF" jusqu'à un adulte paumé après plus de 20 années de questionnements, bloqué dans son passé et dans le milieu prolétaire des banlieues parisiennes.

J'aurai aimé que le réalisateur pose ici, une mise en scène plus travaillée, plus imbibée par ce Paris des années 80, qui finalement est claustrophobe par les plans serrés qui évitent les anachronismes. Qu'il prenne plus de liberté sur les personnages, ne pas juste voir un "Ptit willy" un peu plus romancé. Malgré un Alban Lenoir omniprésent, le film s'efforce de tenir debout au milieu de ce chaos urbain et psychologique qui s'épuise au bout d'une heure, mais qui est relancé par une conclusion noire et réelle.

Le point de vue reste intéressant, et il est dommage d'attendre 2015 en France pour y avoir droit en tant que fiction, et ceci qui plus est, avec des refus de diffusion dans toute la France, alors que l'Angleterre sortait leur "Made in Britain" en 82, l'Australie sortait leur "Romper Stomper" en 92 et les E.U. leur "American History X" en 98...

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