Pigeon perché et spectateur largué

Avis sur Un pigeon perché sur une branche philosophait...

Avatar Leslie Schrute
Critique publiée par le

J'adore les films décalés et le plot du pigeon philosophe m'a beaucoup emballée, mais le résultat n'est vraiment pas ce à quoi je m'attendais.. Le film est une succession de scénettes fixes et trop longues dans lesquelles végètent des personnages au teint cadavérique, un peu comme des clowns tristes keatonesques qui auraient perdu toute joie de vivre. Hors ce qui peut être comique devient assez pénible par la longueur des scènes, et les références faites à la société suédoise et son histoire ne peuvent qu'être vaguement devinées par un spectateur qui n'y connait rien du tout.
L'atmosphère étrange et froide tourne carrément au glauque quand on assiste à une expérimentation scientifique assez violente sur un singe. Le contraste avec le reste du film crée un choc et une gêne extrême, accentuée encore une fois par la longueur de la scène. Puis une autre scène encore plus longue et encore plus gênante a lieu : des soldats font rentrer des esclaves noirs dans une énorme cuve qu'ils ferment ensuite et enflamment; la cuve se met donc à tourner (lentement biensûr...) sous le regard des soldats puis d'un groupe de très vieux gens de la haute qui sirotent du champagne en regardant le spectacle. Cette scène ahurissante est en fait le rêve d'un des personnages qui s'en réveille chamboulé et déplore le fait que personne ne se soit excusé.
On se demande tout le long du film où veut en venir le cinéaste, il semble que ce soit à une morale lourde et sans nuances, qui arrive comme un cheveu sur la soupe à la fin d'un film qui veut questionner la difficulté d'être humain. Mouais. C'est un peu facile et décevant, car cette fin intervient comme un choc électrique sur un spectateur-cobaye qui n'a rien demandé et ne l'a pas vu venir (à l'image du singe ~métaphore~). Bref, étrange.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 440 fois
2 apprécient

Autres actions de Leslie Schrute Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence