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Un pigeon perché sur une branche philosophait... par Hugo Harnois

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Ô Dieu qu'il est difficile de juger un tel objet artistique ! Ô Dieu non, on ne va pas se mentir, Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence est l'une des œuvres les plus bizarroïdes que le cinéma ait connu. Troisième volet de la "Trilogie des vivants", cette fable humaniste retrace le parcours de commerciaux spécialisés dans les farces et attrapes. Mais aussi d'une armée abattue, d'un numéro de claquettes, d'un cylindre blindé de trompettes, ou d'hommes et de femmes cherchant leur place. Comme nous tous. Ô Dieu, par pitié, venez leur en aide.

Ce que l'on retiendra de ce film ? L'extrême solitude dans laquelle les personnages sont enfermés. Par ses plans séquences larges et fixes, Roy Andersson dit vouloir inscrire ses protagonistes dans un univers concret pour ne pas les reclure. Bien au contraire, cette mise en scène rend ces derniers abstraits, seuls et terriblement insignifiants. Comme s'ils ne comptaient pas plus que les meubles placés autour d'eux. En cadrant avec distance ses sujets filmés, le cinéaste les rend anonymes. Ils pourraient être vous, nous, moi ou un autre. Alors que faire quand l'insondable isolement vient toquer à votre porte ? Se retourner vers Dieu, inévitablement.

Dans un mélange burlesque oscillant entre le cinéma muet (gestuelle des acteurs), le théâtre (placement des comédiens) et la peinture (composition du cadre), une phrase attise notre curiosité. "Je suis content de voir que vous allez bien", s'attachent à répéter au téléphone les nombreux individus qui peuplent ce récit. À qui Diable s'adressent-ils ? Qu'importe, cette locution récurrente délivre un message bienfaiteur : l'amour pour son prochain. Même s'il n'est pas clairement mentionné, le Tout Puissant est bien partout.

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