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Vice

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Avec The Big Short et le wall street de 2005, Adam Mc Kay traitait déjà de l'opportunisme de quatre bons gars saisissant l'occasion de se faire quelques menues monnaies en anticipant la catastrophe financière à venir. Dick Cheney lui, saisira l'occasion de l'aveuglement d'un G.W Bush tout entier à sa personne, pour s'approprier le pouvoir. On en oublie un peu que G.W.Bush s'est bien débrouillé tout seul aussi. Pieds sur la table et regard entendu, Sam Rockwell rend un hommage réussi à la désinvolture narcissique de G.W.Bush.
On retrouve Steve Carrell dans le rôle du mentor de Cheney, Donald Rumsfeld, ayant du mal à se sortir de ses mimiques comiques, difficile pour le rôle dramatique d'un homme ayant été un des pions essentiels de la politique de Cheney. Amy Adams, l'épouse, en tailleur et coupe sculpte ton cheveu, femme autoritaire qui rayonnera de la popularité de son mari, démontre un certain talent à brosser cette femme à la main de fer dans un gant de velours et Christian Bale parfaitement à l'aise aux tiques du langage agaçants, colle parfaitement à l'image floue que l'on peut avoir de l'homme, mais sans qu'on puisse vraiment saisir toute la complexité de l'exercice du à un déroulé d'une grande période. De sa jeunesse à la vice présidence en passant par son expérience du privé, Mc Kay en oublie la profondeur du sujet, dérive sur le portrait de famille et opte pour des passages trop rapides d'une condition à une autre ne permettant pas toujours de saisir l'évolution du personnage et ses réelles motivations. Si ce n'est de ce rendre compte de la grande facilité d'accéder au pouvoir en étant bien entouré. D'une jeunesse mal partie, son accession semble étonnamment facile. Les faiblesses d'une caractérisation pas franchement dénonciatrice du bonhomme peut aussi déranger, tant l'Histoire est survolée et qu'il saura se montrer bon père de famille, inquiet pour sa progéniture. Mais là encore c'est comme une évidence.

Adam Mc Kay choisit le récit historique et politique des années 60 à aujourd'hui. Un retour sur le 11 septembre 2001 et la guerre en Irak à venir, le soutien aux grandes fortunes et à sa propre entreprise pétrolière, rien de bien nouveau et rien de bien fouillé. Une satire sur la manipulation et la quête de pouvoir, un soupçon de Georges Bush Père, inquiet de son avenir et d'un fils incapable, entre partie de pèche et changement de poste, bien difficile d'en saisir les enjeux, si ce n'est de montrer la seule volonté de prendre le pouvoir et d'en révéler la dangerosité.

Reste alors une sorte de comédie sur l'art et la manière de se faire discret tout en prenant la main, un peu comme une pub pour le PNL...Un divertissement léger et sarcastique pour un film à mise en scène décalée et de jeux d'acteurs. Interludes humoristiques souvent bien sentis, faux générique fantasmé, voix off et quatrième mur, envolées shakespeariennes au milieu de manœuvres politiques et manipulation de l'opinion, d''indifférence totale pour les populations et soif de profit. Un sujet grave au regard des catastrophes de la politique Cheney et de la toute puissance des Etats Unis et un final, œil caméra, pour bien nous rappeler la chose.
Manque juste un petit quelque chose pour savoir de quoi parle MC Kay exactement.
Une chose est sûre, Cheney a ouvert la voie. Quand les US choisissent Trump on peut se dire que finalement creuser la question n'aura pas forcément d'impact.

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