Housenka - The Last Blossom est un film japonais réalisé par Baku Kinoshita, mêlant drame et romance. L'histoire suit les derniers jours d’Akutsu, un ancien yakuza condamné à perpétuité, qui dialogue avec une fleur poussant dans une boite de conserve. Tandis que la mort approche, il se replonge dans un été de 1986, durant lequel il vivait avec Nana et son jeune fils Kensuke. Ce souvenir retrace le retour d’Akutsu dans le monde extérieur, pour une nuit unique, au cours de laquelle il se battra pour offrir une chance de survie à l’enfant qu’il considère comme le sien.
Le film séduit par l’intelligence de sa narration. Sans jamais céder au mélodrame facile, il construit avec pudeur une histoire d’amour pudique et de filiation choisie, touchante. Le lien entre Akutsu et Kensuke repose sur une relation implicite, bâtie sur des regards, des gestes et des silences, servis par des dialogues sobres mais d’une grande justesse. La délicatesse du ton, alliée à la cohérence émotionnelle du récit, confère à l’ensemble une dimension humaine intéressante. Le dénouement, habilement amené, donne tout son sens au parcours du protagoniste, révélant la pleine portée du récit avec une sobriété maîtrisée.
Le rythme, en revanche, compromet l’accessibilité de l’œuvre. L’attente que le film exige du spectateur est longue, excessivement longue. La lenteur d’exécution frôle parfois l’immobilisme, sans que l’esthétique visuelle ne compense cette inertie. Si l’animation traditionnelle est propre, elle reste largement dans les standards contemporains sans surprise ou envolée visuelle marquante. Le style est retenu, franchement neutre. Quant à l’idée de la fleur qui parle, si elle constitue un ressort narratif original, elle détonne dans l’univers très réaliste du film. Ce recours au fantastique crée un décalage étrange avec le reste de l’œuvre.
Malgré ses longueurs et un artifice narratif absurde, Housenka - The Last Blossom reste un film digne d’intérêt. Il témoigne d’une volonté de traiter des sentiments complexes avec subtilité et gravité. S’il risque de passer inaperçu auprès d’un public en quête de rythme ou de spectaculaire, il saura toucher les spectateurs les plus attentifs à la finesse d’un propos et à la douceur d’une mise en scène. Un film exigeant, mais intéressant.