Bayonetta contre-attaque

Avis sur Bayonetta 2 sur Wii U

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Version Wii U

5 ans.
Cela fait tout juste 5 ans qu'est sorti le premier Bayonetta sur PS360 au pays du soleil levant.
Un jeu qui reste depuis ce jour comme le "maximum" que puisse offrir le genre du Beat'M All/Up 3D.

Bayonetta premier du nom était un challenge que s'était lui-même lancé Hideki Kamiya après avoir déjà remis en question le genre de longues années auparavant avec Devil May Cry : le challenge de surpasser en tout point DMC.
La réussite l'attendait, et depuis, aucun jeu n'a espéré faire vaciller la reine de son trône, comme si "on ne pouvait pas faire mieux".
C'est dans ce contexte très difficile que l'équipe de Platinum Games a relevé le défi, donner à Bayonetta une suite qui ne ferait pas moins bien que son aîné, le tout, en laissant le rôle de Game Director à quelqu'un d'autre que le père du premier épisode, Kamiya n'endossant "que" le rôle de superviseur sur ce titre.
Incroyable, sensationnel, Yusuke Hashimoto et la Team Little Angel ont réussi : surpasser le premier épisode en tous points.

Parce que Platinum Games ne fait pas les choses en mode "petite bite" ici.
Premier changement risqué, toucher au chara-design du personnage principal. Soyons clair, je suis absolument conquis par ce changement. A l'image du jeu, Bayonetta semble plus posée, plus sûre d'elle, une manière de montrer qu'elle n'est plus la même après avoir retrouvé toute sa mémoire. Une réussite totale me concernant.
Jeanne aussi a eu le droit à un coup de ciseaux (ou plutôt elle ne les a pas utilisé) et il faut reconnaître que le résultat rend merveilleusement bien en jeu, là où les artworks ne m'avaient pas emballé du tout.

La deuxième prise de risque se situe dans le gameplay en lui-même.
Bayonetta 2 conserve toutes les bases de l'original : l'esquive, le Witch-Time qui en découle, les combos à base de poings/pieds et les invocations qui en résultent.
Là où la formule change vraiment c'est l'arrivée de l'Umbran Climax : une manière différente de cramer la magie qui ne se vidait que par le biais des Torture Attacks dans le premier volet.
Lorsque vous activez ce mode "de la finesse totale", Bayonetta lance à chaque attaque une invocation (déterminée par l'arme employée) dans un joyeux bordel visuel. Rien de gênant puisque 95% des monstres se retrouvent complètement bloqués par ces attaques, la visibilité n'est pas un facteur important ici.
Cette mécanique ultra puissante résulte en plusieurs contreparties imposées au joueur pour équilibrer le jeu.
Avant toute chose, pas mal de monstres "sacs à PV" font leur apparition, n'espérez pas en venir à bout avant 1 à 2 minutes de combat.
Ensuite, les armes à explosions ne sont à priori plus à disposition du joueur (enfin... pas totalement :o).
Dites adieu à Durga Feu et Kilgore, vous allez devoir trouver une autre manière que les Mines/Roquettes pour clear les zones et c'est là que l'Umbran Climax joue son rôle (On notera par ailleurs que la quasi totalité des armes sont originales, on est pas fainéant chez Platinum Games.).
Les différences ne s'arrêtent pas là, et le Witch-Time semble ici raccourci en durée en échange d'une activation plus "large".
Ceci couplé avec l'absence d'armes à détonations qui s'accompagnaient de knockback avantageux pour le joueur ont pour effet de forcer le contact, et demander bien plus d'esquives réussies au sein d'un même combat.
Et ce ne sont pas les possibilités d'activations qui manquent tant certains ennemis s'avèrent acharnés (en particulier chez les démons).
Une intensité dans le combat qui laisse rêveur, et le bestiaire d'une variété incroyable ne vous lassera jamais.

L'intensité, parlons-en, 11h en une journée pour le finir.
Mais 11h de rollercoaster comme j'en ai jamais vu... IMPOSSIBLE DE LÂCHER LE PAD.
Certains versets de fin de Chapitre ont des têtes de Boss à part entière... et vous enchaînez certains de ces versets... par des Boss à part entière. Tiens c'est intelligent comme idée, surtout quand on voit la tronche de ces Boss Fights. C'est à croire que la Sorcière a été un peu vexée de voir ce que donnait ses petits frères et sœurs de Wonder dans le domaine l'année dernière !
Le rythme du jeu est maîtrisé de A à Z.
Là où Bayonetta abusait parfois des phases hors-sujets un peu trop longues et inintéressantes, Bayonetta 2 reste sage dans ce registre (et bien plus efficace), et c'est pour mieux nous bastonner la tronche en même temps que celles de nos ennemis.
Du grand spectacle, dans des univers sympathiques aux couleurs variées, le tout soutenu par une bande son stratosphérique remplies de compositions incroyables que ce soit de Norihiko Hibino, Rei Kondoh ou Masami Ueda.

Oui, on sera moyennement séduit par les phases de combats sous-marines aussi rares que peu utiles. Oui, on sera plus ébahi esthétiquement par les combats aériens que par leur vrai apport niveau gameplay. Mais la formule prend, sans jamais lâcher malgré ces petits défauts biens vites oubliés.

Du côté de l'histoire, tout est fait pour le show, mais je dois admettre avoir été agréablement surpris par le lien habile réalisé avec le premier jeu. Bayonetta 2 donne en ce sens bien plus de cohérence à tout l'univers Bayonetta. Je ne comprends pas vraiment les critiques très dures qui ont pu lui être fait pour être honnête. Ca ne vole certes pas bien haut, mais on est loin du tube de merde concentrée décrit par certains testeurs.

Rapide passage dans le registre technique : c'est du 720p, très aliasé, mais d'une fluidité remarquable. La patte graphique est bonne et la qualité d'animation master class du personnage font pardonner à peu près tout.
Le Gamepad ne sert à rien, sauf si vous voulez jouer au tactile. C'est un peu comme jouer à un jeu de voitures avec le gyroscope, c'est pas parce qu'on peut le faire qu'on doit le faire et en fait il ne faut pas le faire.

Quid de la durée de vie ?
Vu la ribambelle de trucs à débloquer, les Lost Chapters et le mode multi-joueurs online d'une efficacité redoutable, n'espérez pas qu'elle soit inférieure à celle du premier qui, me concernant, était proche de l'infini. On arrive donc ici à proche de l'infini... mais encore plus proche (voyez).

Je n'entrerai pas dans les détails techniques du gameplay toujours doté d'une profondeur imbattable. Je constate juste avec grand enthousiasme le remaniement de certaines attaques à l'utilité très discutable dans le premier volet tel que le mode de tir (360° + Punch/Kick) qui prend du galon ici. Les armes ont toutes une manière bien spéciale d'être jouées et Bayonetta nous montre enfin ce qu'elle donne avec des armes poids lourds (un marteau qui fait 2 fois sa taille).
On sera également très satisfait de profiter d'un jeu de jambes en tout point supérieur au premier volet, les combo de Kick ayant avec certaines armes une variété et une vitesse d’exécution permettant de ne jouer qu'avec eux.

Je n'oublie pas non plus de parler des références, marque de fabrique de la série.
Pas besoin de ces saletés de costumes Nintendo pour en avoir, rassurez-vous, vous aurez bien droit à de nouveaux clins d'oeil, que ce soit à l'univers Sega, Nintendo, Platinum Games, celui de Bayonetta ou même à des private jokes internes ("Ask your mom" :D).
Je pense pouvoir malgré tout signaler qu'elles sont légèrement moins nombreuses que dans le premier volet qui avait tapé fort dans le domaine.

Pour conclure, le verdict est sans appel.
Bayonetta 2 est donc à Bayonetta ce que l'Empire contre-attaque est à Star Wars.
Une suite qui fait tout en bien.
Une suite qui fait tout en mieux.

// Ajout 28/10/14
A froid, je ne peux que confirmer cette sensation de réussite totale, un jeu qui surpasse son aîné en tout point. J'y rejoue non-stop avec un plaisir fou, là où je savais que certains chapitres du premier m'emmerdaient un peu. Pour le 2, rien de tout ça et c'est même en refaisant certains chapitres que je me rends compte du fun de la plupart des situations rencontrées.
Je me demande si ceux qui placent le premier au dessus du second ne le font par nostalgie. Car même si j'ai démonté Bayonetta 1 (plus de 120 heures de jeu à l'aise) et que je l'ai considéré comme mon jeu marquant de la génération PS360, il n'atteint pas le degré d'excellence du second (j'attendrai quelques années avant de savoir si il ne s'agit pas tout simplement de mon N°1, de tous les temps je veux dire, ouais je sais c'est une phrase lourde de sens, mais il en est là dans ma tête).
Comparativement, c'est un peu comme Sonic 1 vs Sonic 2, le premier a tout mis en place, le second a tout amélioré.

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