Cereza May Cry

Avis sur Bayonetta 2 sur Wii U

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Version Wii U

Hideki Kamiya est un perfectionniste. Si, si ! Il suffit de se pencher sur Bayonetta 2 pour le constater : une première partie sur le nouveau jeu de Platinum Games suffit pour constater à quel point cette suite des aventures de Bayonetta gomme allègrement les petites choses que l’on pouvait reprocher au premier opus, transformant ce diamant brut en un joyau poli. Press-Start vous propose une petite plongée dans ce travail d’orfèvre !

Fruit de la collaboration entre Nintendo et Platinum Games, il est bon de rappeler que sans le soutien de la firme du plombier, Bayonetta 2 serait resté une utopie, un rêve un peu fou dans le coeur des fans : le premier opus jouissant malheureusement plus d’un succès d’estime que d’un succès commercial, le « petit » studio composé d’anciens membres de Capcom ne disposait pas des fonds suffisants pour mener à bien son projet de suite au beat’em all déjanté sorti en 2010. Quelques négociations et un petit partenariat plus tard, Nintendo et Platinum Games ont fini par trouver un terrain d’entente profitable aux deux parties : le studio pouvant effectivement mettre en chantier ce projet qui leur tenait tant à coeur, tandis que le célèbre constructeur Japonais dotait la ludothèque de sa Wii U d’un titre fort en exclusivité, à même de séduire le public hardcore gamer.

Le fan des aventures de Cereza naviguera directement en terrain connu lorsqu’il posera ses mains sur le Gamepad, notre sorcière débarquant au coeur d’un prologue qui n’est pas sans rappeler celui du premier opus. Faisant office à la fois de tutoriel et de rappel des grandes lignes du scénario, cette courte séquence affiche fièrement la couleur : aucun compromis n’a été effectué au niveau du gameplay exigeant de la série. S’ensuit une cinématique assez burlesque (donc parfaitement Bayonetta) où notre héroïne et la plupart des protagonistes de la série font… leur shopping pour les fêtes de fin d’année ! Malheureusement pour eux, bien vite, des créatures angéliques débarquent et mettent fin à la petite promenade, tout en plantant les enjeux de ce second opus : Jeanne, la sorcière anciennement rivale de Bayonetta, tombe au combat et c’est à nous qu’incombe la tâche d’aller faire un petit tour en Enfer (oui, rien que ça !) afin de pouvoir la sauver !

Tandis que le premier Bayonetta nous faisait affronter toute une galerie d’adversaires en provenance directe des cieux, le bestiaire de ce second opus propose bien plus de variété. Ainsi, quelques nouvelles créations angéliques rejoignent certaines têtes connues du premier opus, mais qui dit voyage dans les méandres des Enfers dit… bingo, créatures infernales ! Non seulement cette nouvelle caste adverse renforce la diversité des affrontements, mais en prime ces créatures sont bien souvent plus robustes et agressives que leurs cousins tout de blanc vêtus, proposant ainsi d’imager de façon plutôt sympathique le fait que notre sorcière, tout habituée qu’elle est à affronter les forces de Lumen depuis le premier épisode, découvre ici un danger auquel elle n’a jamais été confrontée.

Niveau gameplay, on retrouve le système de combat si riche du premier opus, mais à l’instar de Bayonetta et de sa nouvelle coupe de cheveux, le système de jeu s’est offert un petit ravalement de façade, incarné par le Umbra Climax. Cette nouvelle feature, particulièrement utile et efficace lors des affrontements contre des boss ou des groupes d’ennemis, invite le joueur à appuyer sur L une fois sa barre de magie remplie à bloc (donc en jonglant de main de maître avec les mécaniques bien connues du premier opus, en enchainant les combos et les esquives « just frame » permettant de ralentir le temps, le tout sans prendre de dégâts) afin de déchainer les pouvoirs de Bayonetta. Ce mode « super sayan b… euh witch » augmente grandement la portée des coups du personnage, tout en le rendant invincible et le faisant récupérer de la vie le temps de sa transformation, représenté par la jauge de magie qui se vide progressivement. Le Umbra Climax introduit une dimension stratégique supplémentaire dans la partie scoring si chère au jeu de Platinum Games, car une fois la barre de magie pleine il faut choisir entre soit activer cette nouvelle option, soit effectuer une Apothéose (les finish move cruels que l’ont retrouvait déjà dans Bayonetta) qui rapportera plus de points à la fin du niveau.

Au rayon des nouveautés en jeu, les armes ennemies récupérées au sol après un combat sont désormais attribuées au bouton Y, permettant au joueur de les économiser (leur durabilité est toujours représentée par une jauge diminuant au fil des coups distribués) et de choisir le moment opportun où utiliser ces ressources supplémentaires en combat. On note aussi l’apparition d’une nouvelle transformation pour notre héroïne, en serpent de mer cette fois-ci. Ce changement de peau permet à la belle de nager afin d’explorer des niveaux complètement submergés. Enfin, certains combats contre des boss, et tout particulièrement contre un ennemi récurrent que les fans auront vite fait d’identifier, se déroulent sur deux plans : à l’instar de notre sorcière de l’Umbra, cet adversaire a le pouvoir d’invoquer d’immenses créatures (mais si, vous savez, comme celles que Bayonetta appelle pour achever les boss !) pour l’aider au combat, et lors de ces affrontements particulièrement épiques, tandis que vous disputerez le combat à échelle humaine, votre invocation affrontera celle de votre adversaire en détruisant tout sur leur passage, à l’instar d’un Godzilla affrontant un monstre géant au coeur de Tokyo. Ces combats sont vraiment bien rythmés, les actions des « petits personnages » jouant sur celles des « grands » et vice versa pour une mise en scène complètement « over the top ».

Rythmé et « over the top », voilà surement les deux meilleurs adjectifs pour décrire ce Bayonetta 2 ! Car comme je vous disais en début de test, Kamiya est un perfectionniste et cela se ressent fortement une fois plongé dans son dernier jeu en date. Si l’on pouvait reprocher au premier opus de proposer parfois des temps morts et des séquences manquant allègrement de pèche, il n’en est absolument rien dans sa suite qui enchaine les moments de bravoure sans laisser au joueur le temps de souffler. Un peu moins d’exploration au programme également, les niveaux faisant la part belle aux combats contre les forces du Paradis et des Enfers, mais ce n’est pas pour autant que les coffres renfermant coeurs de sorcières et pierres lunaires ne sont pas bien cachés, incitant le joueur à rester attentif à son environnement. On peut également découvrir, pour peu que l’on s’en donne la peine, des passages vers des zones de défis à accomplir (terminer un combat sans se faire toucher, sans toucher le sol, sans interrompre un combo…) afin de gagner des fragments de barre de vie ou de magie. Enfin, s’il y avait bien un point à reprocher à Bayonetta, ce sont les QTE inattendus et hyper punitifs avec leur timing tellement serré qu’il y avait 9 chances sur 10 de les rater du premier coup. Ils ont disparu, emportant avec eux la frustration qu’ils imposaient au joueur profitant d’une cinématique pour souffler quelques secondes au coeur d’un combat particulièrement difficile. Tant qu’on en est à parler de difficulté, il est important de souligner que cette dernière est beaucoup mieux répartie que dans le premier opus, offrant une courbe de progression encore plus agréable à suivre pour le joueur !

Plus beau, plus vite, plus fort ! Bayonetta 2 est une pure merveille, riche d'un gameplay intéressant et d'un rythme cinq étoiles, il s'impose sans peine parmi les incontournables de la Wii U.

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