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Duke Nukem Forever sur PC

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Version PC

Difficile de ne pas ressentir une certaine nervosité en cliquant sur "Play" dans l'interface de Steam : ne faisant pas partie des chanceux ayant déjà pu approcher la bête, le nom de Duke Nukem Forever sonne toujours pour moi comme la fausse blague geek, l'arlésienne ultime, dont on doutera toujours de l'existence avant de le voir de ses propres yeux, comme les fantômes, le Père Noël, les gremlins ou le talent de Lady Gaga. Comme beaucoup, j'ai espéré, attendu (en vain, croyais-je), été triste lorsque 3D Realms a fermé ses portes... et maintenant le voici devant moi. Duke.

IT'S BEEN A FUCKING LONG WHILE

Le démarrage est en pied-de-nez, et les premières minutes du jeu permettent de revivre le finish de Duke Nukem 3D, puisque le Duke est en train de jouer sur son écran géant LCD via une manette de Xbox 360 tandis qu'il se fait faire une gâterie par deux soeurs jumelles, Mary et Kate Holsom, ci-devant chanteuses et dont l'album s'appelle "Full House". Voilà qui situe à peu près le niveau des blagues et des références qui émailleront l'ensemble du titre. Pour peu que l'on soit client de ce genre d'humour bas de plafond, c'est un véritable régal: Gears of War, Inception, Halo, Commando et même le rant de Christian Bale sur le plateau de Terminator Renaissance sont, entre autres, du casting. La moindre action est l'occasion d'une petite réplique de la part de Duke (et de son doubleur, Jon St John) et certaines d'entre elles permettent d'augmenter la jauge d'endurance du héros : baptisée "Ego" elle représente évidemment sa santé mais surtout son aptitude à supporter la douleur. Plus Duke est fier de lui, plus il encaisse. Pour améliorer ça, on dispose d'une foultitude d'actions diverses et variées, dispatchées au sein des différents niveaux : marquer un panier de basket, s'admirer dans la glace, slapper un nibard alien, faire un high-score au flipper, et autres activités. Le nombre d'interactions possibles est réellement élevé, comme dans Duke Nukem 3D, il est possible de jouer au billard et cette fois, comme le dit Duke, "Now I have time to play with myself !". Malheureusement la première demie-heure du jeu, bizarrement construite, est rébarbative et ennuyeuse et n'est évidemment pas la meilleure façon de démarrer une aventure tellement attendue...

YOUR FACE, YOUR ASS, WHAT'S THE DIFFERENCE

Les extraterrestres sont de nouveau de la partie, pas contents de s'être fait botter le cul dans le précédent épisode, ils reviennent forcément à Las Vegas, puisque c'est là que réside Duke et que cette fois, c'est personnel. Le bestiaire est similaire à celui du précédent épisode et là-dessus, difficile de dire que les développeurs se sont trop foulés car je n'ai dénombré qu'un seul véritable nouvel ennemi et c'est une espèce de ver solitaire géant sans grande originalité. Du côté des armes, ce n'est pas la révolution non plus : la seule vraie arme inédite est un railgun directement repompé de Quake II, le tout sans aucun scrupule puisqu'il s'appelle prosaïquement "railgun". On retrouve avec plaisir le Freezegun et le Shrinkgun et c'est avec une satisfaction non feinte qu'on achèvera les ennemis d'un uppercut ou d'un coup de pied ravageur. Ce qui change, par contre, c'est qu'il est possible de ne porter sur soi que deux armes de poing simultanément, un héritage de jeux comme Halo ou Gears of War. Si les grenades et trip mines restent toujours accessibles, c'est là une orientation bien différente du jeu d'origine qui permettait de conserver à tout moment un arsenal tout entier sur soi. Idem pour la jauge de santé qui se régénère toute seule au bout d'un certain temps sans dégats : direct héritage des FPS modernes, le joueur cherchant le feeling oldschool de la bonne vieille recherche de kits de soin en sera pour ses frais, idem pour celui qui espérait le retour des cartes d'accès (Duke se permettra une private joke sur le sujet). Ajoutons qu'au niveau de difficulté "normal" le jeu n'est pas bien dur, et que le niveau de difficulté maximum (qui offre, pour le coup, un réel challenge et maximise l'intérêt du titre puisque les combats revêtent alors un caractère épique) ne se débloque qu'après avoir terminé une première fois le jeu.

DAMN, YOU'RE UGLY

Pourtant, la vieille école n'est jamais loin puisque le gameplay, lui, est une transposition directe de n'importe quel FPS de 1998. Il n'existe aucun système de couverture, aucun moyen de se pencher au détour d'un couloir, et pourquoi faire, puisque le jeu incite à fondre sur l'ennemi puis effectuer un repli stratégique le temps de faire le plein d'ammo à un container de recharge (il y en a un peu partout). Duke Nukem Forever se retrouve le cul entre deux chaises puisqu'il a essayé de suivre son époque sur quelques détails, mais sans jamais y parvenir sur tout le reste. Graphiquement inégal, certains décors sont très chouettes (au moins sur PC) tandis que d'autres sont complètement loupés. Les animations des boss sont réussies, celles des cochons épouvantables. On ne peut retirer au jeu une volonté de certaine de donner dans la variété, et même les phases en véhicule sont très sympathiques et rythmées, bien moins ennuyeuses que celles d'un Half-Life 2 par exemple. On passera donc du casino aux extérieurs de Vegas, pour faire un détour à l'intérieur d'une ruche alien, avant de rejoindre le Duke Burger puis le barrage Hoover via un crochet par un village typé far-west. Le principal problème à mes yeux de ce Duke Nukem Forever est discernable dans cet enchaînement de décors : le titre souffre d'un réel manque d'identité. Il s'agit plus d'un patchwork de mini-zones, certaines très, très cool (le passage dans la cuisine où un Duke miniature cherchera à couper le courant pour sauver une nana), d'autres très, très nazes (certains couloirs quasi vides à l'intérêt assez limité). Le tout manque de liant, et le maigre scénario n'est qu'une justification assez quelconque à l'ensemble de la progression alors que celle-ci se fait souvent dans des couloirs à sens unique même si certains niveaux se permettent de faire toutefois exception à cette règle.

I'M GONNA GET THE REST OF YOU ALIEN BASTARDS

Alors, quatorze ans pour rien ? Si l'on espérait que l'interminable développement soit finalement justifié par un titre à la hauteur de l'attente, on ne peut être que déçu. Il y a un paquet de bonnes raisons de ne pas aimer, et de critiquer Duke Nukem Forever. Pourtant à mes yeux il serait injuste d'en exiger de d'être un titre AAA comparable à un Modern Warfare 3 ou Crysis 2 quand il ne cherche lui-même jamais à l'être. Le sentiment de vieillerie kitsch qui étreint lorsque l'on y joue ne trompe pas : c'est un jeu profondément ancré dans les années 90s, dont l'esprit et le gameplay n'ont quasiment pas évolué d'un iota depuis les références du genre, Doom, Quake, et évidemment Duke Nukem 3D. Mieux vaut le prendre comme un bon gros actionner décérébré, un plaisir coupable toujours appréciable, dont on sait reconnaître les défauts mais que l'on apprécie néammoins suffisamment pour passer outre, comme par exemple avec Commando, que Duke ne se prive pas de citer. Certains y parviendront, d'autres non, et il est difficile de leur en tenir rigueur, surtout s'ils ont payé le prix fort. Ce jeu mérite évidemment que l'on s'y attarde pour peu que l'on ait apprécié le précédent épisode. Surtout à prix soldé, ce qui ne devrait pas tarder à arriver.

Faute de connexion Internet, je n'ai toujours pas pu tester le multi correctement. Ce sera fait en temps et en heure... dès que possible.

Difficile de donner un avis définitif sur Duke Nukem Forever. Bourré de bonnes idées, mais décousu, graphiquement inégal, au gameplay bâtard, le résultat s'avèrera forcément indigeste pour quiconque espérerait, à juste titre, avoir droit à un titre en phase avec son époque. Pour quelqu'un prêt à passer quelques heures avec un nanar assumé et décérébré en compagnie du Duke et de sa grande gueule, et même si le jeu ne sera jamais digne de sa légende, l'expérience n'est pas désagréable. Sur PC, tout du moins : sur consoles, les portages au rabais et la maniabilité étrange ne valent pas vraiment le détour.

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