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Avis sur Europa Universalis IV sur PC

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Version PC

Europa Universalis IV est le meilleur jeu Paradox jamais sorti, et est aussi mon jeu de 2013, loin devant tous les autres.

Voila, il fallait que ça sorte.

La saga Europa Universalis et moi avons toujours filé le parfait amour. Plus globalement, j'ai toujours été relativement satisfait par la qualité des wargames sortis chez le développeur suédois : Victoria II est sympa, les extensions d'EU III lui apportaient une vraie plus-value, les Hearts of Iron se laissaient jouer. Mais c'est vraiment avec Crusader Kings II que le studio et l'éditeur sont passés au niveau supérieur. Fini les jeux précédents assez moches et peu ergonomiques qui pouvaient dégoûter le néophyte en un rien de temps ; CK II était beau, bien pensé, ergonomique (enfin autant que possible ce qui est déjà un exploit en soi), et le concept de base était absolument dément (prendre le contrôle de sa dynastie) et donnait au joueur des millions de pistes à explorer. Le jeu s'est très bien vendu, Paradox a vendu une palanquée de DLC et extensions (bonnes par ailleurs), et a annoncé la venue d'Europa Universalis IV ; si le studio continuait dans cette voie, il y avait de grandes chances pour avoir un grand jeu.

Et Europa Universalis est un grand jeu. Il reprend globalement la structure de son aîné de 2007 : on prend un pays en 1444, n'importe lequel sur la carte mondiale, et on essaie tant bien que mal de dominer le monde avec en 1821, date de fin. Une fois le pays choisi, le joueur arrive sur la carte et peut voir la première amélioration par rapport à son ancêtre, à savoir une carte jolie et lisible (on dit merci au Clausewitz Engine) et surtout une interface claire et pratique : à droite, une fenêtre récapitule les informations importantes sur votre pays (les armées, flottes, constructions, avancée de la colonisation, etc. ; et si vous cliquez sur ces infos, mettons sur une armée, le jeu vous amène là où elle se situe) ; sinon, le reste de l'interface ne perturbera pas le connaisseur de la série, et elle s'avère suffisamment claire pour que même un néophyte trouve ses marques rapidement. Au niveau du système de jeu, il s'agit de contrôler un pays en temps réel, et il est vrai que le jeu demande au joueur de vraiment s'impliquer dans sa partie et qu'il est compliqué au début de connaitre les tenants et les aboutissants de chacune de nos actions ; n'hésitez pas à commencer une partie pour voir et tester, avant de vraiment jouer sérieusement (évitez le tuto par contre).

Mais Paradox ne s'est pas contenté de reprendre la recette du III et de lui faire subir un lifting graphique. Le jeu inclut quelques nouveautés qui simplifient grandement la prise en main sans pour autant faciliter la série. Ainsi, la recherche technologique a été refondu : fini le machin bordélique du III qui était tout sauf intuitif ; ici, le joueur dispose de trois types de points de compétence : l'administration ; la diplomatie ; et le militaire. Quand le joueur accumule suffisamment de points, il peut passer au niveau supérieur de technologie ; il peut ainsi débloquer des doctrines (huit au total) qui permettent de booster votre pays grâce à des bonus (qui s'obtiennent aussi en dépensant des points de compétence). Ainsi, il faut savoir gérer la découverte de doctrines et la recherche technologique, sachant que les deux sont essentiels pour avoir un pays sain et efficace. Surtout, le joueur a un vrai impact sur la trajectoire de son pays, ce qui n'était pas vraiment le cas dans le III. Il y a aussi des modifications dans la colonisation, la négociation (vachement plus claire qu'avant), ou encore l'interface d'une province qui va à l'essentiel et qui permet de convertir la population ou de changer sa culture en un clic. L'ergonomie et l'efficacité sont donc les maîtres-mots de cet opus, sans pour autant que le jeu ne soit plus simple ; il est juste plus transparent pour le joueur, qui se sent vraiment à la tête d'un pays.

Mais ce qui change tout dans cet Europa Universalis IV, c'est l'ajout d'une option toute bête : le mode Iron Man. Tout l'intérêt du jeu est là. Dans ce mode de jeu, la moindre erreur est interdite, sous peine de sévèrement morfler, voire disparaître si vous avez choisi une petite nation. Il est impossible de revenir en arrière, ou de recharger une sauvegarde si les choses tournent mal ; vous êtes mis en face de vos responsabilités. Devez-vous déclarer la guerre à votre voisin, où suivre votre allié, alors que votre niveau militaire est bas ? Dépensez votre argent dans les colonies plutôt que dans votre armée ? Bref, chaque décision a un impact, et ce mode est un révélateur de votre bonne gestion. Et je peux vous dire que l'on serre les fesses à chaque panneau d'appel à la guerre, car un siècle d'effort peut être balayé en quelques instants. Ca marche du tonnerre, et cette option, pourtant pas extraordinaire, donne vraiment un côté épique à votre aventure.

Bon, j'ai été obligé de faire court, et donc de zapper plein d'aspects intéressants du jeu, mais je pense que jouer vaut mieux qu'un long discours. Donc je vous encourage grandement à acheter ce jeu, qui tourne sur n'importe quel bécane et qui est stable - avec un bon suivi de Paradox.

Quitte à mettre votre vie sociale entre parenthèse, autant que ce soit pour conquérir le monde.

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