Far Cry Primal, primale immersion

Avis sur Far Cry Primal sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

C’est la mode du retour aux fondamentaux en ce moment. Entre la sortie prochaine du parrain des FPS (Doom) et le retour de Battlefield dans des époques reculées (oui nous sommes en retard), les séries habituelles du genre aiment prendre des risques. C’est le cas également d’Ubisoft, qui souvent critiqué pour (ses bugs) son immobilisme dans sa série Far Cry (hors Blood Dragon), a fait un 180 ° en laissant les périodes contemporaines pour une aventure dans la préhistoire. Bien sur, la décision fait douter pas mal de personnes, sur le fait notamment qu’une époque pareille limiterait le gameplay, mais les différents trailers faits par le studio ont attisé la curiosité. Est ce que cette bonne volonté se traduit par une réussite?

Prehistorik Man HD

Le joueur incarne Takkarn, un homo sapiens à la vie plutôt calme. Respecté dans la tribu des Wenja, il part avec cette dernière pour aller fréquenter du mammouth, sagaie à la main. Après une longue traque de l’animal isolé, la chasse tourne au drame lorsqu’un « dent de sabre » tue le chef de la tribu, demandant dans son dernier soufle à Takkar de retrouver les Wenja et de les rassembler sous son commandement. Le répit est de courte durée puisque le tout nouveau guide des Wenja dévale une falaise et se retrouve seul, sans rien sur lui, et avec aucun espoir de s’en sortir. Durant son voyage ce dernier tombe sur Sayla, une autre Wenja ayant établit son campement dans la jungle, et retrouve la possibilité d’enfin reformer son clan perdu (dans les deux sens du terme). Notre héros vêtu de peau de bête aura donc la lourde tâche de réunir sa tribu, tout en partant à la conquête de terres inconnues. On peut penser qu’avec un premier acte aussi basique, et un contexte très primitif, le jeu sera peu étoffé. Mais il n’en est rien car au fil des “sauvetages” des Wenja et de l’agrandissement d’Oros, la grotte de la tribu, les différents personnages en disent plus sur le héros principal ou ce qui se passait avant l’attaque du “dent de sabre”. Un sorcier en particulier va faire changer le scénario grandement, en apprenant à Takkarn la voix de l’apprivoisement des bêtes, apportant une dose de mystique tranchant avec une première partie plus directe. Il devient donc intéressant de s’allier avec la faune pour pouvoir évoluer dans l’aventure et également affronter les humains hostiles de ce monde, ce qui donne un côté aventure initiaque et propose au joueur, même sans armes à feu, un sentiment d’accomplissement et de puissance. Ubisoft pour cela a misé grandement sur le gameplay.

Immersion totale

Le challenge de faire un jeu réaliste se déroulant dans la préhistoire est de coller à l’époque voulue. Et malgré les critiques que l’on peut accorder à Ubisoft, l’ambiance est le point fort de l’entreprise (cf Assassin’s Creed). Dès la première sortie de la grotte des Wenja, on sent notre faiblesse vis à vis de la nature immense, chaque coin pouvant regorger de personnes hostiles ou d’animaux dangereux. Le fait d’être juste habillé d’une peau de bête et de ne voir les dangers que ponctuellement sur la mini carte, nous oblige à adapter notre stratégie en permanence. Les décors peuvent aussi bien être des grottes, que des jungles ou encore des plaines enneigées, et sont tous superbes. De plus l’ambiance sonore est travaillée et importante pour progresser dans le jeu. En parlant de missions, celles qui sont confiés à notre Prehistorik Man en HD, outre le sauvetage de ses camarades, il sera aussi question d’entamer la conquête du territoire au moyen de feux de camp, assurant le contrôle sur un plus grand espace (et un système de téléportation bien utile). La maîtrise de la faune environante est également un point fort de l’aventure, comme nous allons le voir, et chaque animal maitrisé est un allié supplémentaire. Enfin si on s’ennuie une fois rentré à Oros, on pourra “upgrader” les différentes huttes de nos nouveaux protégés avec bien sur des bonus pour le héros en échange (et des trophées pour le joueur derrière sa console). Pour toutes ces missions, un système d’assemblage (craft) permet de s’en sortir. A partir d’ardoise, de bois, et de roseau, on peut arriver à réaliser un arc. Si l’on applique de la graisse animale, les flèches construites peuvent s’enflammer, tout comme le gourdin ou les lances. Et vu que ces armes s’épuisent vite, on se retrouve souvent à faire de la fouille minutieuse pour se remplir les poches, comme pour avoir de la nourriture de côté (car bien sur les trousses de soin sont absentes). Enfin des capacités spéciales seront débloquées au fil des niveaux, que ce soit dans le domaine de la santé, la défense ou encore l’attaque, à l’instar des autres épisodes de la série. Mais la plus intéressante des compétences (suivant Far Cry 4) demande une âme de Brigitte Bardot, et c’est…

30 millions d’amis virtuels

Parmi les compétences évoquées au dessus, celle de la maitrise des bêtes est primordiale pour résister aux dangers de la nature. Acquise lors d’un parcours initiatique à base d’absorption de sang et de poursuite d’esprits, cette aptitude pourra ajouter les animaux rencontrés à la liste des alliés. Mais pour cela il faut deux choses, à savoir l’apprivoisement et le niveau de compétence nécessaire. Pour la technique c’est simple sans l’être : On lance un appât fabriqué sur une bête isolée, et l’on tente une approche. Il faut être ensuite calme et persuasif pour que la bête puisse vous rejoindre et ce malgré plusieurs difficultés. Il est donc primordial que l’apprivoisement de la bête se fasse dans un endroit plus dégagé pour éviter l’inconvénient d’une mort certaine. Côté compétences, et c’est là le plus intéressant, plus on avance de niveau et plus les animaux apprivoisés monteront en gamme. Par exemple le début du jeu demande d’apprivoiser le loup blanc, un animal qui sera bien utile dans un premier face à des ennemis humains isolés, mais qui sera vite submergé par un groupe d’hommes préhistoriques ou des prédateurs. Mais avec la progresion de Takkarn, on peut aussi prendre sa revanche en lançant un gang composé de Jaguar et de “Dent de Sabre”, ce qui en plus d’être classe fait de gros dégâts. De plus si la marche à pied nous épuise, en combinant la compétence mammouth et chevauchée, nous pouvons avoir notre véhicule personnalisé avec pare choc naturel. Une grande variété d’animaux à contrôler qui permet découvrir de nouvelles zones et de sentir une réelle évolution dans les connaissances du héros, d’autant plus qu’un hibou nous accompagne à tout moment et se révèle très utile. Il pourra entre autre être lancé dans les airs pour pouvoir effectuer une reconnaissance du terrain et marquer les points importants. En résumé un jeu vaste, avec de nombreuses possibilités de gameplay et une technique réussie, mais qui n’est pas sans défauts.

Quelques répétitions et bugs

Far Cry Primal prouve qu’un jeu fun dans une époque aussi ancienne peut être possible, mais le titre d’Ubisoft a les défauts de ses qualités. L’action se déroulant dans la préhistoire, la variété des mission reste finalement plutôt faible. On oscille entre l’apprivoisement de bêtes, la conqûete ou encore la gestion des Wenja et de leur habitat et…c’est tout. Cela ne pénalise pas le jeu en lui même car le scénario évolue et l’on est tenté d’aller plus loin pour tout savoir, mais les moins patients vont vite poser leur manette/souris. Enfin, dans la plus grande tradition du développeur, les bugs sont présents. La session de test LSR a par exemple donnée lieu à : des personnages alliés coincés dans des murs de pierre, des animaux féroces immobiles ou encore des textures à affichage tardif. Ce sont que des détails qui seront corrigés par la suite, mais la répétition de ces soucis dans les jeux d’Ubisoft est clairement un problème pour l’image de la société en général. Pour le reste, Far Cry Primal est un très bon jeu mélangeant la survie et l’action, dans un univers peu exploité d’habitude, mais ici maîtrisé.

A retenir
Enfin, un jeu AAA Ubisoft prenant et original dans son approche! Far Cry Primal est un changement d’optique pour la série de FPS du studio qui se révèle gagnante. L’immersion est totale, et contrairement à ce que l’on pouvait penser, le fait d’avoir un jeu dans une époque comme la préhistoire n’est pas synonyme d’ennui profond. On se faufile dans la forêt, on profite du paysage, on sympathise avec les animaux et on sauve nos amis Wenja avec plaisir. On peut par contre relever une possible lassitude sur le long terme à cause des missions, et des bugs ici et là, nous rappelant que c’est Ubisoft derrière tout ça. Mais globalement c’est un pari réussi, à conseiller à tous.

http://www.le-serpent-retrogamer.org/far-cry-primal-primale-immersion/

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