Entre renouveau et héritage

Avis sur Gears 5 sur Xbox One

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Pré(dans ta)face

Gears of War est une saga assez particulière pour moi : avec Bioshock, elle fut mon introduction à la septième génération de consoles, et de ce fait, je suis passé de Resident Evil 4 à Gears en à peine une journée. C'était une sacrée baffe, le gameplay viscéral, close-combat, qu'on pourrait qualifier de bourrin et pourtant si exigeant du premier opus m'avait fait une sacrée impression. Impression qui fut sublimée par son petit frère, Gears 2, sortie deux ans plus tard, et qui a été pour moi l'apothéose de la saga : combats à grande échelle, les duels de tronçonneuse, la Horde, des personnages toujours plus caricaturaux, mais toujours plus attachants (on pense entre autre à la quête de Dom). Quant au troisième opus de de la première trilogie, il fut ainsi un final des plus convaincants et des plus émouvants, et on plaint ce pauvre Marcus qui a vraiment une vie de merde.

Vient ensuite la tentative de relancer la licence avec Gears of War 4 : si j'ai trouvé ce dernier plutôt sympatoche à parcourir, je trouvais que ce dernier manquait clairement d'ambition et se reposait beaucoup trop sur la structure de ces aînés. Concrètement, c'était une grosse introduction, nécessaire afin de justifier le scénario et cette nouvelle menace. Concernant le nouveau trio de protagonistes introduit à partir de cet opus, ils ne m'ont pas déplu sans forcément être marquants, mais ils manquaient cruellement de personnalité. Cela dit, j'ai trouvé qu'il y avait un profond respect de The Coalition envers les personnages originaux : Marcus Fénix est au sommet de sa classe, Dom a le droit à son caméo en début de jeu, et Cole & Baird font toujours leurs trucs, wohooo baby.

Pareillement, en termes de gameplay, le jeu était bien trop sage, il ne nous surprenait jamais. C'était un premier coup d'essai, sympathique mais peut mieux faire.

Contrôle, ici Delta. Y'a... un open-world, j'vais où ?

Je n'irai pas par quatre chemins : ce cinquième épisode est clairement pour moi l'un des meilleurs de la franchise, juste après l’indétrônable Gears 2. Et si je me suis fais chier à vous résumer mon avis sur les précédents épisodes, c'est parce que je ne peux que trop vous conseiller de vous faire (ou refaire fraîchement) la saga avant celui-ci : car en effet, une bonne partie de l'axe scénaristique de ce Gears 5 tourne autour d'éléments, lieux et personnages introduits préalablement par la première trilogie (qui auraient pu paraître anecdotiques à l'époque), et entres autres, des réponses à des questions que cette dernière n'a fait qu'effleurer en surface (y'a même des trucs qui viennent de Judgement, mais celui-là j'y ai pas touché).

Et ce n'est pas une critique vis-à-vis de cette dernière : c'est un parti pris tout à fait justifiable de se contenter de ne donner qu'un contexte à l'action, surtout dans le cas de la troupe de Fenix, qui se contentait d'obéir aux ordres et de vouloir en savoir le moins possible sur les magouilles de la coalition. Et effectivement, de cette perspective, il n'y avait pas tant d'intérêt à comprendre l'existence même des Locustes et la nature même de Myrrah.

Cela n'empêche pas que ces questions existaient, et étaient même abordées par certains persos : depuis quand les Locustes étaient sous terre ? Quel était le but des expériences de Niles au sein de l'institut de recherche New Hope ? Est-ce que le Cole Train fonctionne à la vapeur ? La révélation dans la conclusion de Gears 4 se développe ainsi sur ces nombreux éléments, car si ces questions pouvaient vous paraître non essentielles dans la première trilogie, ce n'est plus le cas ici.

Malgré l'extinction des Locustes, la mort de leur reine, et une période de paix qui semblait avoir scellé définitivement ce problème, les revoilà sous une autre forme. Se contenter de défourailler à tout-va n'est plus suffisant : il faut creuser les origines du problème, ce que Marcus avait tout de suite compris dans l'épisode précédent, ce qui nous amène donc à nous intéresser à ces questions sans réponse qu'avait que les trois premiers opus ne s'étaient que contenté d'évoquer.

Personnellement, j'ai trouvé la quête de réponse de Kait assez captivante (tout au long du deuxième acte), pas tant pour les réponses brutes qu'elle apporte, qui peuvent être devinées assez facilement, mais plutôt pour sa construction et le développement que cet acte construit autour des personnages et du lore de la saga. Car en effet, après un premier acte dans la droite lignée de la construction des premiers Gears, l'acte 2 tranche drastiquement avec la linéarité propre à la saga : pour vous résumer brièvement, les deuxième et troisième actes sont construits sur de grandes maps, sur lesquelles il vous faudra naviguer via un véhicule au design et à la maniabilité franchement agréables (tout le contraire de l'Armadillo et du Centaure du premier et second opus donc), j'ai nommé, le Skiff.

Ici toutefois, il n'est nulle question de marteler la gâchette gauche pour fusiller une armée d'ennemis, le maître mot du Skiff, c'est l'exploration. Alors, on pourrait se dire "on s'emmerde dans cette aventure", mais le Skiff, c'est également l'idéal pour des dialogues qui creusent le duo (puis quatuor) principal, chose qui manquait cruellement au précédent épisode. Tant qu'on est dans la question des personnages, je trouve ça assez ballsy de se concentrer sur la quête de vérité de Kait, reléguant JD au rôle de personnage secondaire, tout en lui développant une personnalité et une morale bien plus intéressante que "Hey, c'est le héro parce que c'est le rejeton de Marcus".

De ce fait, en plus de dialogues permettant donc la construction des protagonistes, le Skiff sera donc l'occasion de se rendre, bien évidemment, à des lieux principaux à explorer afin de faire progresser l'intrigue, mais surtout à plusieurs autres localisations et points d'intérêts qui se trouvent sur ladite map ouverte, où une fournée de Vermines vous attendront avec un comité d'accueil. L'escarmouche sera l'occasion de récupérer du loot, des collectibles, et surtout, des composants ou compétences pour Jack.

Jack, rip that door

Car s'il y a bien un point qui rend le gameplay de ce Gears bien plus dynamique, jouissif et rafraîchissant, c'est le rôle du petit bot qui nous suit depuis le premier épisode. Ici, en plus de pouvoir l'incarner directement en campagne et en multijoueur, Jack, en solo, permet d'avoir accès à de nombreuses compétences qui diversifient les approches, permettant de rendre notre personnage beaucoup plus versatile dans les options offensives et défensives qui s'offrent à elle : étourdir un ennemi qui se met à couvert, se mettre invisible pour buter les ennemis en tout discrétion, y aller bourrin avec un bouclier, bref, le choix est vôtre.

Vient donc une composante RPG qui consiste à faire lesdites missions secondaires afin de trouver des composants pour améliorer les compétences, voire même trouver une amélioration ultime qui augmente et modifie sensiblement l'habilité correspondante. Des habilités qu'il faudra bien vite à apprendre à utiliser, face aux diverses bestioles féroces qui vous attendent.

Les petites bêtes, oui ça m'embête

Parce qu'autant j'ai beaucoup de respect pour tout le bestiaire de la première trilogie (pas super fan des lambents de Gears 3 mais ça reste subjectif), autant je ne me suis jamais autant senti en danger dans un Gears que face à une nuée de sangsues, à un écumeur ou à une foutue Vigie (je joue en Vétéran pour info, difficulté que je considère comme le mode standard depuis le premier opus). Véritablement, l'IA ennemie fait tout pour nous épuiser avec des lancers de grenades au poil de cul près, des rejetons qui viennent vous harceler au corps, et des minis-boss qui viennent s'assurer de votre calvaire.

De ce côté-là, j'ai toujours trouvé la saga particulièrement jouissive et satisfaisante, tant le riff de guitare synonyme du calme après la tempête est soulageant (l'introduction des gardes theron dans le premier, mon dieu). On a ce sourire aux lèvres, ce sentiment d'avoir réussi un foutu passage qui nous a mis les nerfs à vif, et pour moi, c'est ça, l'esprit Gears. Et croyez-moi, c'est toujours le cas dans cet opus.

Courage, fuyons, pour la Horde !

Du coup, je me permets de faire un petit aparté sur les modes Fuite & Horde, n'ayant jamais touché le multi PvP d'un Gears, parce que de toute façon je suis trop nul et le feeling me plaît pas. Rien de bien neuf sous le soleil depuis Gears 4 pour la Horde, c'est toujours très classique, mais la nouvelle gestion de la difficulté, qui rappelle un peu les crânes d'Halo Reach pour le Firefight, permet véritablement d'aborder une partie de manière préparée (ça n'empêche pas les branlées, cela dit). En parlant d'Halo justement, je trouve l'idée de rajouter une variante crossover (Emile et Kat de Reach, Sarah Connor & le T-800, Batista) assez bien vu, et la promesse de contenu supplémentaire gratos ne fait que m'enjailler sur les futurs (ou pas) persos d'autres licences possibles.

Concernant la Fuite, c'est clairement l'anti-thèse de la Horde, et les parties sont vraiment prenantes (encore une fois, selon la difficulté). La sensation d'urgence est clairement présente, et l'idée que le placement des ennemis soit aléatoires (en plus de dépendre des malus à effet qui augmentent la difficulté donc) font qu'on ne peut jamais aborder deux parties de la même façon, même sur la même carte. Egalement, la perspective de nouvelles maps pour ce mode permettra vraisemblablement de rester scotcher pendant un bout de temps à ce dernier. (Et of course, jouez avec des potes, les randoms ont sitôt fait de bousiller votre progression en vous piquant toutes les munitions disponibles).

Bref, vous l'aurez compris, de mon côté, Gears 5 c'est un grand oui ! Le jeu ne plaira pas à tout le monde, c'est certain, cependant, je trouve ça franchement déplacé de critiquer la prise de risque de The Coalition qui clairement a tenté de renouveler la formule de la saga et de ne pas se reposer sur ses acquis. On peut ne pas accrocher, c'est tout à fait normal, mais de mon côté, leur vision m'a totalement séduit, et je serai de sûr au rendez-vous pour le prochain opus.

D'ici là, tronçonnez bien les amis. Delta, terminé.

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