Psychedelic Guitar Hero

Avis sur Gitaroo Man sur PlayStation 2

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Version PlayStation 2

Quand Masaya Matsuura crée PaRappa the Rapper en 1996, il pose les bases d’un nouveau genre de jeu musical qui, s’il met l’accent sur la musique n’en oublie pas moins de scénariser son contexte. A sa suite, outre ses déclinaisons, des jeux comme la série des Space Channel 5 ou Gitaroo Man s’en inspireront.

Tout comme l’univers de PaRappa the Rapper doit beaucoup au graphiste Rodney Greenblast, Gitaroo Man est un véritable délire visuel concocté par Mitsuru Nakamura, illustrateur au Japon d’une trentaine de livres et de disques. Seul Kû et Kai, 2 vrais héros est sorti chez nous aux éditions IMHO. Son style est d’une grande richesse, entre le kawai et le fluo, très fortement influencé par les cultures populaires. Nakamura a un style assez particulier, s'autorise le kitsch et ne se prive pas de quelques grandiloquences que l’on retrouve dans Gitaroo Man.

Le jeu est développé par iNiS pour le compte de Koei. Il s’agit d’un de ses premier jeux mais la compagnie se fera connaître plus tard pour les Ouendan/Elite Beat Agents sur Nintendo DS et les Lips sur Xbox 360, un parcours presque uniquement dédié aux jeux de musique. Quand iNiS contacte Nakamura, le studio n’a que le système de jeu, et demande à l’illustrateur une série de personnages que la compagnie va utiliser pour créer l’histoire du jeu.

U-1 est un jeune garçon introverti, limite pleurnicheur, en tout cas avec peu d’estime en lui. Il éprouve une attirance pour Pico mais il se fait sans cesse humilier par son rival. A l’occasion d’une attaque d’un des sbires de Zowie, Puma, son chien, va lui révéler qu’il est le dernier des Gitaroo Man, une lignée de héros mythiques provenant de la planète Gitaroo en qui il peut se transformer. Ensemble, ils vont tenter de libérer la planète des agissements du tyran Zowie, pendant que U-1 va, progressivement, prendre confiance en lui.

L’histoire est à l’image du design des personnages, haute en couleurs, mais aussi très prenante. Les alliés du jeu sont très attachants tandis qu’ on ne peut s’empêcher de pouffer devant les adversaires, avant de ravaler ses moqueries et de les prendre au sérieux devant la difficulté du jeu. On sourit devant le jeu, parce que le scénario ne se prend pas au sérieux, mais iNiS a réussi à le rendre intéressant, sans qu’il ne soit trop étouffant.

Ce scénario fait défiler une dizaine d’affrontements, correspondant à de nombreux personnages très bariolés, mais aussi quelques séquences plus intimistes. Chacune de ces séquences est mise en musique par un genre différent, même si le rock a droit à plus de séquences. Le jeu commence par un affrontement rythmé par un bon rock, ensuite par de la J-Music, puis de la soul, et j’en passe. Gitaroo Man fait défiler différents styles musicaux, arrive à les rendre compatible avec ces bons vieux riffs de guitare et, surtout, nous en met plein les oreilles. La bande son est un régal, et heureusement pour un jeu de musique, n’est-ce pas ?

Mais Gitaroo Man ne s’arrête pas à son univers bariolé pour se démarquer, son système de jeu est d’une grande originalité. Gitaroo Man affronte un par un différents adversaires, un peu comme dans PaRappa the Rapper. L’originalité est que chacun a une barre de vie. Hormis certaines variations, chaque affrontement est divisée en cinq parties qui consistent, en gros, soit à remplir sa barre de vie, soit à se protéger des attaques de l’adversaire. Une note manquée fait perdre de la vie et cela peut aller vite.

Il y a deux types différents de façons de jouer, avec comme point commun un point central à l’écran. Pour le premier type, il faut appuyer sur un des boutons de la manette au bon moment tout en dirigeant le stick pour qu’il suive la ligne. Pour le deuxième, quatre lignes correspondant à Croix, Carré, Triangle et Rond convergent vers le point au milieu de l’écran. Des touches suivent cette ligne et il faut appuyer sur le bouton correspondant quand ils arrivent au point central. Cette alternance de phases, ainsi que les efforts des développeurs pour progressivement complexifier les séquences, permet au jeu d’éviter la monotonie de certains titres du genre qui se reposent trop sur leur système de jeu.

Mais comme tout PaRappa the Rapper ou Space Channel 5, Gitaroo Man se finit assez rapidement, en quelques heures. La difficulté est relevée, mais la marge de progression est sensible, il suffit de s’accrocher. Un mode multi joueurs est présent pour faire durer le plaisir, jusqu’à quatre joueurs en équipe grâce au Multi-tap. Quelques bricoles sont à débloquer, dont un Master Mode à la difficulté cette fois-ci presque inhumaine. Heureusement, la bande son est tellement bonne et l’univers tellement atypique que revenir sur Gitaroo Man, ne serait-ce que pour quelques chansons, est toujours un régal.

Un remake du jeu est sorti en 2006 sur PSP : Gitaroo Man lives

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