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The last of Zeus

Avis sur God of War sur PlayStation 4

Avatar Igguk
Test publié par le
Version PlayStation 4

Le gros petit milieu du jeu vidéo a toujours des polémiques dans tous les sens, une des plus rigolotes de l’année dernière ça a été « La mort du jeu solo » (musique pouet pouet dramatique).

Ça vient pas de nulle part, parce qu’effectivement pas mal d’éditeurs rechignent à faire des aventures narratives sans composante sociale, parce que « tu comprends c’est pas rentable ». Mais il y a Sony.

L’entreprise multi-classée constructeur/éditeur/développeur s’amuse depuis quelques années à être un peu têtue, tous les copains vont dans le sens du vent mais elle, elle prend le contre-pied et se réfugie toute seule dans son petit créneau. Oui, Sony continue à faire des blockbusters solo à gros budget avec de la narration et des personnages emblématiques. Et ça marche. Que ce soit Uncharted, The Last of Us, Horizon Zero Dawn, Infamous, Tearaway, les productions des écuries Sony Worldwide Studios ne cessent d’impressionner et de combler le joueur avide de grandes aventures que je suis. Bon, OK, y’a aussi The order mais on va oublier ça vite fait… En 2018 c’est Santa Monica Studio qui nous ramène une des séries phares de la marque Playstation : God of War. Il s’agissait de pas la jouer timide, ils allaient pas se contenter d’un reboot lissé, non, la firme a grandi, les joueurs aussi, et Kratos aussi.

Au début de ce nouveau God of War, on retrouve le dieu vénère Kratos en barbu qui coupe des arbres dans sa retraite nordique. Sa femme vient de mourir et il va emmener son fils dans un voyage mouvementé pour porter les cendres de madame sur le plus haut sommet du coin. Ce qui n’aurait pu être qu’une séance d’alpinisme familiale va devenir un peu plus compliqué, parce que les dieux nordiques ne voient pas d’un très bon œil ce résidu de l’olympe qui foule leur jolie neige. Je n’en dirai pas plus sur le scénario parce qu’un des plus grands plaisirs de ce jeu est de découvrir cette histoire et toutes ses implications, la narration distille habilement tout un tas de mystères et de non-dits qui permettent de surprendre et émerveiller le joueur tout au long de l’aventure sans aucun temps mort.

La plus grande réussite de cet opus est la réinvention de son héros, et la relation entre le spartiate et son fils Atreus. L’écriture ne renie jamais le passé de ce gros bourrin qui a éventré à peu près tous le casting de la mythologie grecque il y a quelques années, mais elle le met en perspective dans une relation père-fils qui évolue de manière pertinente et très intéressante. Attention, c’est pas non plus pétri de bon sentiments mièvres, Kratos reste lui-même et sa vision de la paternité est souvent une catastrophe. Mais ça colle avec le personnage, lui et son fils font un cheminement entre le début et la fin de l’aventure qui marche très bien, et les quelques personnages secondaires extrêmement bien mis en place font que le joueur va s’immerger totalement dans ce nouvel univers. On a souvent l’impression que le studio a digéré pas mal de leçons de leurs collègues de chez Naughty Dog en terme de narration et de rythme.

Graphiquement on en prend évidemment plein la gueule. La technique est impressionnante mais c’est la direction artistique qui montre qui est le patron avec ses royaumes nordiques et ses character-designs d’un autre monde. Le studio s’est amusé à penser son jeu sans aucune coupure ni fondu à travers quelques astuces bien planquées, ça donne parfois un feeling caméra-épaule très chouette quand on passe au-dessus de Kratos pour suivre une action ou découvrir un nouveau lieu. La console nous affiche ça tranquillement, ma PS4 standard n’a eu que quelques ralentissements (dans un lieu spécifique), souffle comme un moteur d’airbus si on reste longtemps sur la carte (va comprendre…), mais à part ça on prend une belle baffe technique dans la gueule.

Manette en main, le jeu est une succession de grosses bastons bourrines et d’énigmes environnementales qui vont exploiter tous les pouvoirs que le joueur débloquera au fil de l’histoire. Le monde est assez cloisonné mais rempli de petits passages, de murs, de portes, de grottes qui forment un réseau très compact de coins à explorer, même si certains sont inaccessibles au premier abord. La structure fait un peu penser aux derniers Tomb Raider de Crystal Dynamics, d’ailleurs. La découvertes de ces environnements et de la mythologie qui nous est exposée en parallèle sont passionnantes, on prend beaucoup de plaisir à écouter les légendes qui nous sont racontées pendant les déplacements, tout en poutrant la gueule des monstres qui nous barrent le chemin.

Le gros changement mécanique opéré par ce nouveau God of War est dans le système de combat, la caméra n’est plus fixe et en plan large, mais on a une caméra-épaule qui rend les bastons beaucoup plus intimes, à la manière d’un Hellblade. Atreus sert de petit coup de pouce mais aussi à vous prévenir des attaques hors-champ (aussi comme Hellblade avec ses voix), il permettra d’occuper quelques méchants pendant que vous êtes occupé avec leurs copains. Le jeu met dans la main du héros une nouvelle arme bien bad-ass avec cette hache qui brille, elle reflète toute la subtilité de Kratos et permet des affrontements impressionnants et violents qui ne renient pas l’ADN de la série. On a effectivement toujours le sentiment de botter des culs avec le subtil dieu de nos souvenirs.

J’ai adoré jouer à ce God of War, mais je dois quand même lui reconnaitre quelques défauts. Pour chipoter un peu, on va dire que les textes sont encore beaucoup trop petits, chose que vous pouvez un peu corriger avec une option d’accessibilité, mais même à fond sur ma télé 82cm c’était toujours pas ça. Mis à part ce petit détail, ce qui m’a surtout embêté c’est la lourdeur du système de loot/craft qui peine à être clair (et pertinent). Chaque arme ou armure peut être forgée avec les bonnes ressources, et améliorée par la suite. Mais le jeu va vous donner la ressource spécifique à tel équipement quand il va le décider à des moments-clés du scénario donc la plupart du temps je me suis demandé « à quoi bon ? ». Puis entre ça et les talismans, et l’arbre de compétence, et les coups spéciaux, et les pièces d’armure, l’ensemble fait un système confus qui manque d’élégance et de simplicité. Peut-être que d’autres joueurs s’amuseront à passer des heures dans ces menus mais je préfère largement le côté épuré d’un Horizon.

Mais en faisant abstraction de ce petit regret, tout le reste constitue une expérience de jeu absolument épatante. Que ce soit dans la narration, l’exploration ou les combats, tout est agréable, prenant, et sans aucun temps mort. Santa Monica Studio nous propose une œuvre magnifique qui ajoute au catalogue exclusif de la Playstation 4 un nouveau titre marquant.

http://ours-inculte.fr/god-of-war/

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