Des défauts de finition et une communication maladroite de Spike Lee

Avis sur NBA 2K16 sur Xbox One

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Version Xbox One

Note début décembre : A noter qu'avec les MaJ successives de 2K je ne subis plus aucun des bugs évoqués ci-dessous. En revanche, des (nombreux) freezes sont apparus, dès que je fais une "pause" avant coup d'envoi, ou que j'enregistre un passage en vidéo (sans utiliser kinect)...

Beaucoup à en dire de cette cuvée, et certainement pas qu'en bien.. alors que 2K15 avait justement corrigé tous les bugs et quelques problèmes d'interfaces du 2K14. Je vais énumérer tous les problèmes qui gâchent l'expérience des premières heures. Attention : Je ne parle pas de gameplay ici (voir en fin d'article).

On va commencer par les bases :

On a des menus à la verticale en assez petit caractère, des sous-menus en diagonale. J'ai du mal à comprendre ce concept qui consiste, d'une à se contenter de petits caractères qui laissent 80% de l'écran libre et inutile (à voir si la 2KTV proposera quotidiennement du contenu NBA pertinent ?), de deux à lire de travers. Mais soit, on s'y habitue. Et finalement, le temps me rend l'interface globalement agréable.

Plus dérangeant, nos paramètres personnalisés se remettent d'une façon impromptue à zéro. Je devais fréquemment pour ma part refaire mes réglages sonores en match. J'ai fini par cesser de lutter. Plus drôle encore, je joue avec de la musique en jeu (la BO est excellente), et pendant le mode Histoire de Spike Lee la musique ne s'arrête pas de jouer. Très agréable d'écouter les dialogues des cinématiques avec de la musique pour les recouvrir et gâcher l'ambiance originale voulue.

J'ai rencontré d'autres bugs, le plus hallucinant de tous : Marquer un 2 points, et comptabiliser 3. C'est NBA Live ici ? Un autre pour la route ? Le fait que le Joueur du Match ne corresponde pas toujours au joueur montré sur les images, quand ce n'est pas une unique action qui passe en boucle sous différents angles. Cela reste rare mais cela fait tâche... Une animation de "Joueur du match" qui prend désormais 15 secondes avant de se montrer, la faute à un aspect "diffusion TV" toujours plus prononcé (et à un contrat généreux de la marque Jordan?). Comprenez que perdre obligatoirement 30 sec (impossible de zapper) sur une animation secondaire mais en plus potentiellement buguée, ça fait un peu chier.

Des interviews et des émissions, vous en avez partout, tout le temps. C'est toujours incroyablement bien réussi (propos cohérents, lecture labiale excellente), mais ça divisera les joueurs car l'intérêt est faible, la perte de temps réelle. Des interviews non sous-titrés d'un joueur à propos de l’événement marquant du jour (qualité de l'équipe adverse, d'un joueur adverse, rêve de jouer sur tel parquet, rêve de MVP, etc). Sympathique malgré tout. L'émission étant vraiment LE truc à virer.

Vidéo d'une interview-type en début de match
Autre exemple : Amir Johnson à propos de l'ambiance sur le parquet des Celtics.

A remettre en perspective selon la durée de vos matchs. Un extra de 30 secondes par-ci par-là si vos quart-temps sont de + de 6 minutes, avec le stress et la concentration que cela peut engendrer, ça peut passer. En début de carrière, avec le faible temps de jeu du joueur qui sort du banc, les interviews + émissions + cinématiques + chargements (toujours trop longs) finissent par être plus longues que notre propre temps de jeu.

La belle nouveauté, c'est le (rare) show d'avant-match avec l'utilisation du parquet. Ici les Celtics. ici, celui d'OKC. On reste néanmoins perdant puisque les vidéos d'introduction sont beaucoup plus rares que dans le 15, pour ne pas dire presque inexistantes.

La Carrière de Spike Lee

Rentrons dans le vif du sujet du mode Mon Joueur, qui a été bossé par Spike Lee pour nous offrir une histoire. En réalité, cette histoire ne dure qu'une dizaine de matchs (avant que la Carrière reprenne sa forme traditionnelle). Et si les cinématiques sont réussies (graphisme toujours exceptionnel) et très longue (ma manette a le temps de se mettre en veille), ce n'est rien qui nous change qualitativement de celles de 2K15.

Bon, on a une histoire un peu plus développée, mais aucune liberté. On a aucun choix, même pas celui de notre surnom. Du coup là encore en terme de communication 2K et Spike Lee nous en ont trop fait espérer : Cf. les trailers avec les 3 stars NBA au parcours différents et les conclusions nous faisant miroiter bien des choses "Et vous, quelle sera votre histoire ?" On a toujours pas compris non plus la vidéo d'introduction à la "NBA Street".

On "débute" à l'université, alors ouai on choisit celle qu'on veut mais ça change rien. De toute façon c'est même pas 5 matchs pour nous mener au titre (même en ayant perdu les 2 premiers matchs) sans qu'on en soit véritablement informé (aucune interface de résultats). Moué. La plus grosse mauvaise surprise : Les équipes universitaires ne sont pas intégrés dans les autres modes. Pourtant, l'ambiance des salles ont nécessité un soin particulier qui nous donne clairement envie d'en voir plus. Pourquoi nous faire rêver avec ça pour 4 pauvres petits matchs ? Ce n'est plus que de la frustration : "Regardez ce qu'on a fait mais vous allez même pas passer 30 min là-dessus."...

Direction la draft, sans faire de folie la présentation permet au moins de refaire les présentations des draftés de la saison. Et donc la NBA. On se retrouve alors dans un condensé assez rapide de clichés façon Ballers. Le meilleur pote rapidement lourd et encombrant, l'agent véreux, arrogant et excessif façon Saul Goodman. Des personnages qu'on a pas envie d'aimer. D'ailleurs, vaut mieux vous créer un profil afro-américain puisque vous grandissez à Harlem, etc. Les dialogues sont pas franchement intéressants, un personnage pouvant prendre quelques minutes pour déblatérer sur un sujet précis quelconque (l'agent qui parle de son enfance, etc). Rien à foutre. Et ça va beaucoup trop vite... On en est qu'à notre 2ème match NBA en remplaçant (soit 10 min de NBA dans les jambes), et l'agent nous considère déjà comme un All-Star : "lance ta marque de chaussures, ci, et ça. T'es une star. Blabla." Le comble : Quand le joueur lance son modèle de baskets Jordan dans le scénar', on a même pas le choix du modèle et des couleurs alors que le jeu propose un éditeur très complet (qui ne sert sinon à rien). Les incompréhensions sont donc très nombreuses autour du fonctionnement de ce NBA 2K16.

L'Histoire prend une forme de documentaire et/ou autobiographie par moment. Cf. ce type d'interview face caméra en interaction directe avec Spike Lee. Joli ? Oui. Inutile ? Chacun se fera son avis.

Ma Carrière après Spike Lee

Et quand on commence un peu à apprécier, l'Histoire est déjà terminée. Le jeu retourne sous une forme plus proche du 2K15. Avec des cinématiques théoriquement moins ambitieuses, plus courtes mais pourtant plus efficaces et intéressantes. Cependant, là encore elles sont beaucoup moins fréquentes que dans le 2K15 (La 1ère de ma saison en Février !)... 2K a certainement jugé que le travail de Spike Lee les dédouanerait du reste. Conclusion ? On peut dire que Spike Lee est un sacré FDP. Et qu'on peut le blacklister à tout jamais pour être venu foutre sa merde dans notre licence et mode préféré.

Pour les nouveautés, nous avons sur notre jour de repos le choix entre développer notre amitié avec des joueurs (pour débloquer des insignes, mouvements NBA, et contenu pour le mode Mon Parc ou Mon Equipe) ou les fans (gagner en popularité débloquera des relations avec les joueurs), etc. L'argent virtuel se faisant rare dans 2K (business de l'achat de monnaie virtuelle...), on apprécie. Même si rien de tout cela nous fera quitter l'interface. Au moins on ne perd pas de temps. La troisième solution lors de notre repos est d'effectuer un entrainement, sous forme de défis contre nos partenaires. Assez ludique. Ça change de cette merde de match d'entrainement obligatoire du 2015.

Mais d'autres merdes en remplacent d'autres : On a quelques bugs propres à ce mode chez moi en tout cas : Le jeu reste planté sur une animation fixe de 15 seconde après chaque temps-mort (cf. cette vidéo). Déjà que ce mode de jeu est le plus haché de tous, surtout cette année.. Gardez votre portable avec le wifi à proximité pour lire des tweets et occuper les innombrables pauses volontaires ou involontaires de 2K. Dans tout les cas, ce n'est pas à vous qu'on donne le choix.

Vidéo de l'interface Ma Carrière.

Voilà donc pour les principaux changements de NBA2K. Des points négatifs, qu'on peut relativiser : Quel autre jeu de sport va aussi loin ? Aucun. Néanmoins je vais placer une petite référence au Fight Night Champion qui proposait justement une Histoire captivante. Mais mélanger le milieu de la boxe avec le cinéma dramatique, en témoigne le nombre conséquents de films c'est certainement plus simple. Dans tout les cas, Spike Lee reste un incompétent.

Les autres modes

Avec un mode Carrière (carrément) décevant, c'est peut-être l'heure de s'intéresser aux autres modes ? C'était d'ailleurs déjà dans mes pensées. Le Mode GM (diriger sa franchise) va intégralement tirer profit des progrès sur le gameplay et l'IA (voir ci-dessous), en plus d'un contenu toujours aussi dense (possibilité de délocaliser son équipe). Miracle supplémentaire, dans ce mode aucun arrêt de jeu et aucune animation n'est en trop, en plus de l'absence des bugs. MERCI. Le troisième mode principal Mon Equipe et ses défis originaux peut gagner de l'intérêt grâce aux récompenses (cartes de joueurs) à obtenir en mode Ma Carrière. Une relation intelligente entre les deux modes qui donne l'espoir d'être moins dépendant de l'insupportable monnaie virtuelle du jeu pour construire une équipe compétitive.

A propos, on apprécie que les joueurs soient enfin tous débloqués pour les matchs de rue. Cela doit favoriser la pratique des matchs dans ce mode avec des amis. Pour cette fois, l'interface générale valorise beaucoup mieux ces modes annexes.

Gameplay et IA

Je n'ai toujours pas parlé du gameplay. C'est comme toujours une amélioration du précédent, sans déception ! Plus proche de la simulation avec une IA qui réagit encore mieux au comportement de l'adversaire. Il faudra davantage réfléchir à chacun de vos possessions. Ce qui fonctionnera une fois ne fonctionnera pas 3 fois. J'avais tendance à abuser des mêmes choses sur 2K15 : pose d'écran, contourner les joueurs par une aile et partir au panier. Impossible sur le 16. Encore un peu plus un jeu d'intellectuel.

Plus proche des joueurs occasionnels en utilisant davantage les touches de face, comme la majorité des autres jeux de sport : A passe simple, B passe avec rebond (2x B passe spectaculaire), X tirer, Y passe lobée (2x Y alley-oop). Simple, efficace. Un choix que je valide. Même avec + de 350h sur les deux NBA2K précédents, j'utilisais relativement peu les autres types de passes du fait des commandes.

Le petit kiff', c'est la défense. Les contres sont encore plus réalistes, sévères et violents (bien que trop fréquents) qu'auparavant. Des petits frissons qui nous envahissent à chaque fois. Si ce n'est pas un cri de rage. Un mot sur les LF toujours assez pénalisants : Quand l'IA à domicile fait trembler la caméra, pression garantie. D'ailleurs je ne peux étrangement plus tirer au stick : Timing très mauvais. Je n'ai à ce jour pas compris pourquoi c'est devenu injouable.. Comme si je jouais en ligne. (déréglage du stick ma manette ?!)

Si l'IA est plus intelligente, il est peut-être temps pour vous de passer la vitesse supérieure. Pour cela, un mode entrainement permet d'expliquer et de pratiquer la vingtaine de systèmes à appliquer en match. Une bonne chose. Mais si ce n'est pas votre objectif, les indications sont toujours assez présentes au cours des matchs en Carrière pour vous guider dans votre placement et dans les systèmes du coach à appliquer. De même, les informations sur votre adversaire au marquage sont encore plus complètes qu'auparavant.

Graphismes et animations

Dans ce domaine c'est toujours un peu mieux à chaque fois. Des animations plus nombreuses, plus vivantes (célébration des joueurs, etc). Mais le 2K15 était déjà trop parfait pour que le 2K16 me fasse dans l'immédiat sentir un nouveau gap graphique. Le progrès le plus visible se constate avec le travail effectué sur la sueur des joueurs, reste à déterminer si ils en trop fait. Je reste partagé.

Conclusion

Donc en conclusion, un gameplay se rapprochant toujours plus du soleil, un jeu toujours plus proche d'une retransmission TV. Au risque peut-être de finir par énerver les joueurs européens (moins habitués aux nombreuses coupures dans nos sports populaires). Mais surtout et malheureusement une belle déception sur l'Histoire concoctée par Spike Lee. Pas plus ambitieux qu'avant, dialogues trop longs, histoire trop courte. Tout ça pour ça ? L'arnaque. Mon avis rejoint le test de Gamekult. Le jeu n'en reste pas moins une drogue dure. 2K16 est mieux que 2K15, mais 2K16 s'est trop gargarisé de son partenariat (raté) avec Spike Lee, suscitant trop l'envie avec le revers de la médaille aujourd'hui : La déception.

Si vous êtes en Carrière sur le 15, vous vous demandez p-ê si ça vaut le coup de passer au 2K16 : C'est un beau rêve que de vouloir tout remporter et devenir Hall Of Fame dans une Carrière, donc même si le gameplay est perfectionné dans celui-ci rester sur le 15 est un choix cohérent. Ne prenez pas 2K16 pour son mode Ma Carrière, prenez-le pour tout le reste.

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