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Avis sur Resident Evil 7 sur PlayStation 4

Avatar Billy Joe
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Version PlayStation 4

On a tout dit, tout écrit, sur Resident Evil. En 20 ans, la saga de Capcom est passée par tous les états. Véritable poule aux œufs d'or pour la société japonaise, cette dernière a tenté de gérer bon an mal an son héritage.
Les premiers cultissimes volets ont depuis laissé place à une foultitude d'épisodes principaux, secondaires, spin off et on en passe...certains sans intérêt (Resident Evil Gun Survivor par exemple), certains réussis, mais jugés trop loin de l'esprit d'origine (Resident Evil 5) , d'autres encore sympathiques mais sans grandes surprises (les épisodes Revelations) et enfin certains épisodes mi-figue mi-raisin et pas franchement à la hauteur du mythe (Resident Evil 6).
Tout ça pour dire que 21 ans après le premier Biohazard, nous étions nombreux à nous demander si la saga avait encore une chance d'être relancée, ou s'il faudrait désormais se contenter des remakes des premiers épisodes pour vibrer (ou plutôt frémir) à nouveau.

Conscients que la série Resident Evil n'a plus présenté d'épisode réellement marquant depuis longtemps, les développeurs ont pris une double décision: chercher à proposer un jeu à nouveau réellement effrayant ET opérer des changements drastiques.
Ainsi, comme pour donner un peu d'air frais à tout le monde, Capcom a décidé de laisser de côté les sempiternels protagonistes habituels de la série et propose ainsi au joueur d'incarner un certain Ethan Winters, inconnu au bataillon. Une manière de prendre un peu de distance avec la trame habituelle, d'autant plus que l'autre gros changement de cet épisode est qu'il se joue à la première personne. Un parti pris fort puisqu'il s'agit d'une première pour ce qui concerne les épisodes principaux de la série. Certes, certains diront que PT ou les très en vogue Outlast avaient déjà fait ce choix avant, toujours est-il que la surprise fut de taille à l'annonce de cette orientation, courant 2016.

Et pour rétablir la tension d'antan, là aussi, Capcom a décidé de sortir le joueur de sa zone de confort. Nous voici en Louisiane, débarqué en plein bayou, sur les dernières traces laissées par Mia, la compagne d'Ethan, disparue 3 ans plus tôt.
D'emblée, le joueur est plongée dans une ambiance crépusculaire, où la chaleur et l'humidité de cette région marécageuse sont palpables. On a à la fois pas l'impression de jouer à un Resident Evil mais on en est pas moins happé par l'ambiance des premières minutes, pourtant plutôt tranquilles.
Car après cette première mise en bouche, qui permet surtout de ce familiariser avec les commandes (très simples) du jeu, le joueur va vite basculer dans l'horreur, dès lors qu'il va franchir le seuil de la vieille bâtisse et que la nuit va tomber...

On ne va pas tourner autour du pot, si Resident Evil VII est si fabuleux (voilà, c'est dit), c'est en premier lieu grâce à son ambiance exceptionnelle. On pourra bien entendu lui trouver des défauts (on y reviendra), il n'empêche que ces derniers ne sauraient occulter l'expérience que vous allez vivre. Car si vous jouez le jeu à fond, à savoir vous plonger dans le noir, casque audio vissé sur les oreilles (ou même carrément avec le VR sur la tête si vous disposez de cet accessoire, auquel cas, on vous souhaite bon courage), ce 7e opus s'avérera aussi délectable que terrifiant. C'est bien simple, la première partie du jeu mettra vos nerfs à rude épreuve, et vous vous surprendrez parfois à ne plus vouloir quitter les quelques salles de sauvegarde sécurisées, qui sont autant de sanctuaires où vous êtes certains qu'il ne peut rien vous arriver. Une sensation qu'on avait plus vraiment connu depuis le premier épisode en...1996!
Quel travail sur le son! Chaque grincement du plancher, chaque claquement de porte, chaque bruit suspect non identifié, vous glaceront littéralement le sang, vous obligeant parfois à faire "pause" pour reprendre vos esprits.
Bref, la maison de la famille Baker -les sympathiques personnes qui séquestrent Mia- sera un véritable enfer sur terre pour vous! Et encore, heureusement qu'Ethan fait parfois un peu de second degré ou d'ironie pour détendre (un peu) l'atmosphère.
Pour en terminer sur la partie sonore du jeu, on soulignera également l'excellence de l'OST, qui restera gravée dans les mémoires probablement quelques temps.
Au-delà de l'aspect audio donc, les jeux de lumières et d'ombre, les mouvements (même très discrets) d'éléments du décor se chargent également d'entretenir la peur (rideau qui bouge, éclair d'orage, ombres projetées au sol ou sur un mur...).
Par ailleurs, en voulant proposer un épisode qui soit un véritable survival horror, REVII, en plus de vous faire incarner en la personne de Ethan, un "monsieur tout le monde" -absolument pas rompu à ce genre de situation- fait également le choix, en toute logique, de ne lui fournir que peu d'armes et de munitions, notamment durant la première partie du jeu. Il arrivera même que vous n'ayez strictement rien pour vous défendre. On est loin du Chris Redfield bodybuildé et suréquipé.
Plus globalement, ce nouvel opus digère intelligemment des influences aussi étonnantes que variées telles que Evil Dead, House of the Devil, Massacre à la Tronçonneuse, Shining mais aussi [Rec], Saw, ou Alien.
Que ce soit dit, cela faisait bien longtemps qu'on avait pas connu un jeu si oppressant. En tout cas, on tient sans aucun doute le Resident Evil le plus flippant, toute époque confondue!

Alors que reprocher à ce 7e volet de Resident Evil?
Pas grand chose vous l'aurez compris. Difficile néanmoins d'éluder la question du bestiaire. Comme trop souvent depuis que nos bons vieux zombies ont disparu, les monstres de ce RE ne sont guère convaincants. Ils ne sont ni variés ni originaux et globalement peu effrayants. Heureusement que la mise en scène de leurs diverses apparitions compensent en partie leur manque de qualité. Même chose pour les boss, qui à deux exceptions près, déçoivent. Finalement, ceux que vous aurez vraiment peur de croiser, là encore, ce sont les propriétaires des lieux...
Certains regretteront également la tournure que prend le jeu à environ la moitié de l'aventure. A vous de voir. Il est vrai que l'ambiance horrifique va un peu s'étioler au fur et à mesure. Néanmoins, l'évolution du jeu se montre parfois étonnante, ce qui n'est pas un mal. En tout état de cause, la fin aurait pu, il est vrai, être plus intense.
D'autres regretteront également le manque de liens avec la mythologie de la saga. Ce n'est pas faux, mais cela se justifie pour les raisons évoquées plus haut. De plus, des connections apparaissent progressivement malgré tout. Elles sont plutôt diffuses mais bien réelles, si bien que REVII n'est en aucun cas un reboot ou un épisode qui ignorerait totalement le reste de la saga, il s'y inscrit plutôt à la manière d'un spin-off.
Du reste, le scénario va en ce sens en dévoilant progressivement ce qui se trame dans cette maison de Louisiane, dont les habitants ne sont peut-être pas de simples rednecks dégénérés comme on pourrait le penser de prime abord.
Et si l'histoire est plutôt simple au final, elle n'est pas inintéressante, ni incohérente avec la saga, même si on ne peut nier quelques faiblesses scénaristiques.
On appréciera par ailleurs que le jeu propose de nombreux documents à lire, qui permettent de mieux cerner le déroulement des événements. Un vrai plus, assez old school, mais qui contribue à l'ambiance et à l'imaginaire autour du jeu.

Resident Evil VII est une belle et grande surprise. En optant pour une vue à la première personne, Capcom surfe, certes, sur le succès d'autres jeux d'horreur récents, mais il permet surtout d'offrir un soft totalement immersif et une vraie expérience vidéoludique.
Mixant éléments old school des premiers RE (la solitude, le peu de munitions, les énigmes, les coffres pour stocker ses objets, etc.) avec un gameplay très souple et abordable, le tout saupoudré d'une maîtrise indéniable des mécanismes classiques de l'angoisse et du jump scare, Capcom réalise un coup de maître -celui qu'on attendait depuis longtemps- et signe avec Resident EVII un des tous meilleurs épisodes de la saga! Probablement l'opus le plus important depuis Resident Evil 4, sorti 12 ans plus tôt.
Il n'y a plus qu'à espérer d'éventuels DLC en adéquation avec le niveau du jeu principal (ce qui n'est globalement pas le cas des Vidéos Interdites déjà sorties, mini-épisodes souvent frustrants, bâclés ou sans intérêt) et que la série confirme son retour en force avec un 8e volume.
En un mot comme en cent: indispensable.

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