Aleste, rien de nouveau...

Avis sur Silpheed : The Lost Planet sur PlayStation 2

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Version PlayStation 2

Depuis la fin des 90’s, le shoot'em up -shmup pour les intimes- est, avouons-le, un "peu" tombé en désuétude… Certains me rétorqueront que le danmaku (plus couramment appelé manic shooter par chez nous) a pris la relève, mais personnellement, je n'ai jamais vraiment adhéré à ce principe du vaisseau à la hit box minuscule (le cockpit). Sérieux, imaginez la même chose transposée à un autre genre, comme le VS Fighting par exemple, avec seulement les coups portés à la tête qui seraient comptés…bah moi, le danmaku me fait le même effet…

En ce qui concerne Silpheed, je n'ai jamais joué à l'opus 16 bits -j'étais bien plus Nintendo que Sega à l'époque, alors un jeu sur Mega CD…- mais d'après ce que j'en sais, c'était un shmup proche d'un Starfox, doté d’une 3D balbutiante et polygonale, et qui a plutôt laissé une bonne impression (normal me direz-vous, c’est un jeu Game Arts!). Voyons si cette suite, des mêmes développeurs, est digne des mêmes éloges…

Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas par son scénar’ que Silpheed se démarque : on est en plein milieu du IVe millénaire et ça fait un petit moment que l'Humanité a commencé à coloniser l'espace. Cependant, une menace vient un jour se pointer aux portes de Solont, la dernière planète conquise par le genre humain, E.T. et ses potes débarquant visiblement furax avec la ferme intention de se préparer un bon ragoût de sapiens… Le seul espoir de l'Humanité se trouve être l'unité d'élite Silpheed, l'ultime force de frappe terrienne composée des meilleurs pilotes existants et des engins à la pointe de la technologie humaine… Ah, Originalité, quand tu nous tiens ! Bon allez, à sa décharge, si le scénario de Silpheed est des plus classiques, on appréciera la manière dont il est raconté, avec des stages entrecoupés à la fois de cinématiques et de "flashs d’information" très typés Oddworld (avec curieusement beaucoup moins d’humour… :p).

Côté gameplay, Silpheed prend un peu le contrepied de la plupart des softs du genre, délaissant les mécaniques usuelles à base de boost de la puissance de feu et d’obtention de modules/boucliers de défense pour un système d’armement à choisir en début de stage (ainsi qu’à mi-parcours, après avoir vaincu un mid-boss, ce qui est très pratique quand le choix initial se révèle finalement peu optimal…). Jusqu’à 9 types d’armement plutôt disparates peuvent être sélectionnés, et le petit plus qui fait la différence, c’est que chacun des deux canons est indépendant, celui de gauche se maniant avec Carré et celui de droite avec O (X pour les deux en même temps) ; on peut donc les équiper différemment si on le souhaite, une combinaison napalm à gauche (possédant un tir arrière très utile face à certains boss) et Vvulcan à droite étant d’ailleurs particulièrement efficace (en tout cas de mon point de vue de n00b en shmup…).

Aussi, qui dit shmup dit bien évidemment scoring. Le jeu fonctionne sur un principe de chains simple mais solide, avec un système de multiplicateur allant de x1 à x16, proportionnel à la distance nous séparant de l’ennemi vaincu. Mais le jeu étant assez ardu dès le stage 3 (malgré la présence d’une jauge d’énergie "à la Starfox" de 5 ou 10 crans selon l’option choisie), j’avoue sans honte avoir toujours privilégié la préservation de mes miches au score, si bien que je n’ai jamais dépassé le 6e rang des records…

S’il y a bien un point où le jeu fait fort, c'est dans sa réalisation vraiment soignée, en particulier pour un soft de toute première génération. D'ailleurs, n'étant pas spécialement fana du genre, ce sont les zolies nimages illustrant mon PlayStation2Magazine qui m'ont convaincu de me le procurer (oui, à 16 piges, on est un peu con)…bon ok, mes excellents souvenirs de RayStorm ont également fait pencher la balance. Le vaisseau est classieux, le bestiaire est plutôt varié, composé d'ennemis tantôt organiques, tantôt mécaniques, souvent les deux en même temps, les boss sont souvent immenses et inspirés…

Les effets de lumières sont par ailleurs somptueux et iradient souvent l’écran, tandis qu'il en faut vraiment beaucoup pour que l'animation en patisse. De plus, l’action est souvent intensifiée par des mouvements de caméra qui dynamisent les joutes, comme ce moment très Axelay-ien où on se retrouve progressivement sur la tranche, à esquiver les geysers de lave incandescentes…exemple pris totalement au pif bien sûr… En revanche, l'aliasing est malheureusement très présent, et j’aurais perso aimé un peu plus de prises de risque côté décors, car les traditionnels espace/champ d'astéroïdes/ville dévastée ne sont pas des décors particulièrement inédits dans le genre… Côté environnement sonore enfin, les thèmes sont loin d'être inoubliables mais font le job, les conversations radio mettent bien dans l’ambiance, et les explosions sont tout à fait crédibles…

En bref, Silpheed est un shmup bien réalisé, plutôt prenant, mais qui ne réinvente clairement pas la roue. Il faudra de plus passer outre son plus gros défaut : sa durée de vie "ridicule" de seulement 6 stages. Alors oui, les adeptes du scoring vont en chier pour atteindre les plus hautes marches du classement et non, on ne juge pas un jeu à l’aulne de sa durée de vie. Mais 6 stages, dans un shmup exclusivement orienté solo…ben c’est limite du foutage de gueule pour un jeu sorti en 2000. Si de nos jours, un tel jeu sortirait probablement exclusivement en démat’ aux alentours de 20-25€, à l’époque, il coûtait neuf* la bagatelle de 400 francs**, comme tous les autres… À vos émulateurs !

*Il a cependant vite rejoint les bacs d’occaz’ (je l’ai chopé à moitié prix 1 mois après sa sortie FR)
**environ 60€ (fuck l’inflation!)

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