Comment j'en suis venu à haïr les colibris

Avis sur Snake Pass sur Nintendo Switch

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Version Nintendo Switch

N’essaie pas ! Fais-le, ou ne le fais pas ! Mais il n’y a pas d’essai. — Maître Yoda.

Quel con ce maître Yoda !! Il n'a jamais joué à Snake Pass !! — Moi.

Fall and Retry, the hard way.

Depuis quand n'avez vous pas joué à un jeu qui a représenté un véritable challenge pour vous ? Vous vous souvenez des jeux de l'époque ? Les jeux dont la durée de vie sans mourir était d'une bonne heure grand max ? Et pourtant, on en a passé des heures dessus... Le secret ? Die, and Retry.
Vous avez gueulé récemment contre un jeu parce qu'il était trop court ? 50 balles pour un jeu qui dure 8h, c'est rageant, je vous l'accorde. Mais était-il vraiment court ? Ou juste trop facile ? Combien de fois êtes vous mort ? Ah... vu comme ça...

Et bien Snake pass est court. Sûrement. À vrai dire, je ne l'ai même pas fini.
Mais Snake pass a une bonne durée de vie. Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas facile !

Donne moi ta main, et prends la mienne.

Les tutoriels. La première phase de tout jeu qui se respecte. Une fois terminé, vous maîtrisez la technique, place à l'aventure.
Le tutoriel de Snake Pass. La première phase du jeu. Une fois terminé, vous avez compris qu'il y a une technique, place à la torture !

Le gameplay est étrange. Pas mauvais, pas mal pensé, pas mal adapté, juste étrange. En fait, on a l'habitude de la flèche de côté pour avancer en 2D. Puis vint la 2D isométrique, la 3D, on a évolué, mais on s'est habitué. Et ces nouvelles méthodes de déplacement sont maintenant la norme.
Et bien le gameplay, ici, n'est pas normal. Évidemment, le héros est un serpent !
Comment fait un serpent pour avancer ? Il se tord, il se dandine. Et bien à vous de réapprendre à avancer dans un jeu vidéo.

Appréhender l'équilibre, quand on ne maîtrise pas les bases du déplacement, c'est toute une aventure. Tel un bébé qui maîtrise vaguement le 4 pattes et qui va s'aventurer debout, vous allez vous casser la figure. Et pas qu'une fois.

Réapprendre les déplacements que vos doigts ont appris depuis des siècles de jeux vidéo. Voilà le défi que vous propose Sumo Digital ! Rien de moins.

De l'absurdité de l'ornithologie

Vous aimez les oiseaux ? Ne jouez pas à ce jeu.
Tout au long de votre aventure, vous êtes suivi de près par un compagnon ailé. Une sorte de colibri. C'est d'ailleurs cet espèce d'emplumé qui vient ruiner votre journée de glande à venir en vous sortant de votre profonde torpeur. Ça s'annonçait mal.

Mais il va vous servir. Il est censé vous servir. Parfois, vous avez beau insister sur la touche "serrer les fesses" qui en langage serpent se traduirait par "serrer la queue", et bien vous devez faire face à la dure loi de la physique. Dans les déplacements, vous êtes très limité verticalement. Le serpent se déplace très bien sur le plan horizontal, mais dès qu'il faut prendre de la hauteur, il sait forcer un peu pour lever sa tête ; ça s'arrête ici. Vous allez donc devoir composer avec les bouts de bambous qui trainent par ci par là. Ne cherchez pas à comprendre pourquoi ce monde fait d'îles flottantes (non pas celles avec de la crème) sont plein d’échafaudages en bambou, ça nous arrange grandement.

Mais parfois, il faut tenter le diable. Pousser plus loin, se "lancer" ou forcer un peu plus pour dépasser ses limites. Mais un serpent ça glisse, et vous ne resterez pas forcément toujours accroché comme vous l'aimeriez à ce petit bout de bois fort bien placé.

Qu'à cela ne tienne. En un coup de sifflet, le petit oiseau, votre ami, vient vous aider en soulevant le bout de votre queue. Et là, c'est la déception. Avec ses 3 grammes et quelques sur la balance, il est à peine capable de vous soulever. Vos espoirs de vol stationnaire pour rafler tous les items sont réduits à néant. Non, ce colibri de * n'est pas surpuissant.

Il est cependant indispensable pour atteindre certains objectifs. En fait, il ne représente pas une aide : il est simplement un point de gameplay supplémentaire à ajouter à votre longue liste de choses à apprendre sur la vie. Dur.

Le plaisir de l'accomplissement

La satisfaction d'un drapeau qui descend le long d'un poteau dans Super Mario. La petite étoile sur le sapin de noël. La feuille d'herbaille que vous déposez sur votre assiette gastronomique...
Ce moment qui concrétise tous vos efforts. Et bien si vous cherchez ça dans un jeu, vous le trouverez dans Snake Pass.
Non ce n'est pas un jeu mignon pour les enfants. Non ce n'est pas un jeu casual que vous allez finir en 30 minutes, comme ça pour voir. Non ce n'est pas non plus un jeu sadique à la mécanique simple.
Je suis quasiment incapable de dire si, en se référant à la loi de Bushnell, on peut dire que ce jeu est bon ou non. Il est dur à maîtriser, c'est certain, il va donner du fil à retordre aux plus aguerris experts de la plateforme. Est-il facile à apprendre ? Oui et non. Le premier niveau se finit rapidement. On comprend très vite comment utiliser ce serpent, quel est le secret pour en fait ce que l'on veut. Mais on n'y arrivera pas tout de suite.

Peut-être est-ce justement le parfait exemple du jeu idéal selon Nolan Bushnell : "easy to learn and difficult to master". Peut-être avec le temps a-t-on simplement oublié ce qu'était un bon jeu...

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