Sega passe la seconde...

Avis sur Sonic the Hedgehog sur Mega Drive

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Version Mega Drive

Je vais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (ou tout du moins n’ont pas vécu) : la rivalité Sega / Nintendo dans les années 80/90. Absolument TOUT les opposaient, même sur les plus infimes détails… La couleur du logo ? Bleue pour Sega, rouge pour Nintendo. La teinte de la gamme des machines ? Foncée pour Sega (jusqu’à la DreamCast), claire pour Nintendo. La philosophie ? Tournée vers l’arcade et ouverture sur le monde pour Sega (dont les jeux sortaient assez souvent en priorité aux US et en Europe), préférence nationale pour Nintendo (qui n’a longtemps laissé que les miettes au reste du monde, notamment en Europe…). Chacun avait également sa mascotte officielle : Mario pour Nintendo…et Alex Kidd pour Sega.

Cependant, Sega comprit assez vite que sa mascotte manquait de popularité. Sans doute était-elle connotée "trop japonaise", contrastant avec la philosophie sus-mentionnée ? La société organisa donc un concours interne pour créer le nouveau symbole de la marque américano-japonaise ; parmi les idées retenues, un chauve à moustaches (qui devint finalement Eggman suite à quelques retouches) mais surtout un hérisson, le lauréat de la compétition. Il est bleu (couleur de Sega), élancé, et s’appelle Sonic, un nom qui pète la classe, faisant écho à sa capacité de pouvoir tracer la route à des vitesses "supersoniques". Indéniablement dans l’air du temps, en totale opposition avec son bedonnant rival, il lui fallait un jeu à sa hauteur, un jeu speed et fun, lui permettant de pleinement s’exprimer… Sonic the Hedgehog était né.

Autant être honnête dès le départ : à l’époque 16 bits, j’étais clairement un partisan du camp d’en face. Sans dénigrer le gameplay Sonic, j’étais -et je suis toujours- ultra-fan de la jouabilité Mario d'antan, qui repose plus sur la précision de l’action que sur la vitesse d’exécution. Dans Sonic the Hedgehog, ce sont surtout les réflexes qui sont mis à contribution, au détriment de la précision : Sega l’a d’ailleurs immédiatement compris, Sonic étant pratiquement invincible lorsqu’il est dans les airs ou en boule… Tout transpire l’instantanéité dans Sonic the Hedgehog : le hérisson court de lui-même une fois la direction pressée, on n’utilise qu’un seul bouton d’action (pour le saut), tandis que la direction bas permet de se rouler en boule une fois à pleine vitesse. Basta. Après, c’est le level design qui se charge de multiplier les possibilités…

Et question level design, Sonic the Hedgehog assure, notamment en jouant beaucoup plus sur la verticalité des environnements que la série phare kyotoïte. S’il n’y a toujours qu’une seule et unique sortie, plusieurs chemins alternatifs s’offrent à Sonic à intervalles réguliers, et il y a toujours au moins un passage secret par stage. Quelques éléments brisent la "redondance" du gameplay, comme les tuyaux qui le font accélérer d’un coup, les bumpers qui le propulsent dans les zones plus élevées, ou encore ces phases sous l’eau qui s’amusent avec la patience du joueur, Sonic étant alors restreint dans ses mouvements et devant régulièrement avaler des bulles d’air pour pouvoir respirer… Ce sont sans doute les seuls moments où Sonic est vraiment vulnérable ; dans les autres cas, il est prémuni d’un coup tant qu’il possède un anneau, anneau qu’il peut même tenter de récupérer s’il a le malheur de heurter un ennemi…

Sonic the Hedgehog, c’est aussi une plastique de rêve. Oui, il est facilement largué par ses trois suites (enfin, deux et demies…), mais en 1991, cet opus fondateur est un modèle de beauté, de diversité, et de fluidité. On traverse tour à tour de la nature verdoyante, de multiples ruines, des décors urbains ou une base technologique, tout en affrontant des ennemis variés (mais tous robotiques, car fabriqués par Eggman lui-même) et ce, sans jamais subir le moindre ralentissement, bien aidé en cela par une Megadrive dont l’animation est justement l’un des points forts. L’ambiance sonore est également excellente (oui oui, on parle bien de la même bécane), avec des thèmes entraînants et inspirés, composés par Nakamura Masato (membre du groupe de j-pop Dream Come True, pour ceux que ça intéresse…), lequel officia sur les deux premiers opus, qui sont comme par hasard les meilleurs de la série au niveau musical… Le roi de la pop peut aller se rhabiller…

On pourrait regretter un nombre un peu faible de niveaux (19), là où un Super Mario World se targue d’en posséder 96 ; cependant, ce sont en réalité une cinquantaine de niveaux avec plusieurs sorties… Pour chipoter, on pourrait pester contre l’absence d’un mode deux joueurs (Miles "Tails" Prower n’existe pas encore), mais vu comment celui-ci sera mis au point dans le second opus (avec cette image écrasée à vomir), ce n’est finalement pas plus mal. Non, en fait, le truc le plus saoûlant dans ce jeu, c’est le nombre incroyable de sauts de la foi. Et je DÉTESTE les sauts de la foi dans un jeu de plateforme… Ce petit défaut (plutôt rédhibitoire chez moi) l’empêche de prétendre à une note plus élevée…

EN BONUS, UN CHEAT CODE :

Choix du niveau : à l'écran de présentation, faîtes Haut, Bas, Gauche, Droite, maintenez A et appuyez sur Start.

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