2012 sera l'année du jeu de baston ou ne sera pas

Avis sur SoulCalibur V sur PlayStation 3

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Version PlayStation 3

C'est vrai, avec les sorties de Street Fighter x Tekken, Tekken Tag Tournament 2, Dead or Alive 5, Virtua Fighter 5 Final Showdown, Mortal Kombat Komplete Edition, peut-être un BlazBlue et j'en oublie sûrement, les amateurs de castagne virtuelle ne sauront plus où donner de la tête. Et l'année commence très fort avec l'arrivée très attendue de SoulCalibur V, petit dernier d'une série que j'affectionne tout particulièrement.

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que cet opus va diviser. Le gameplay est chamboulé, des personnages ont disparu, le contenu solo est très pauvre (à croire qu'ils ont mis tous leurs efforts dans l'éditeur de personnage, qui lui est extrêmement complet), le character design est d'un goût de plus en plus douteux (bien que certains personnages s'en sortent mieux que d'autres), les nouveaux styles de combats sont trop farfelus... Moi-même, au cours des première heures de jeu, j'étais inconsolable. Mais une fois que j'ai appris à accepter le fait que mon Mitsurugi ne serait plus jamais le même (ils ont enlevé la relic stance !) ou que le style iaidō de Setsuka avait été transmis on ne sait comment à un jeune grec tout juste pubère, tout a changé.

Le gameplay, plus nerveux et plus accessible est en fait incroyablement riche. Les développeurs ont taillé dans le moveset des personnages avec une grande maîtrise, tels des jardiniers pratiquant la sculpture végétale, pour ne garder que l'essentiel (ne vous inquiétez pas, les move sont toujours aussi innombrables), le jeu introduisant des mécaniques nouvelles dans la série, comme le quick step ou le just guard. Certains styles ont subis un sacré lifting : Xiba (le nouveau Kilik) est bien plus dynamique que son aîné, Natsu (la nouvelle Taki) est complètement pétée, Lizardman se la joue Kratos... La prise en main demandera donc un petit temps d'adaptation pour les habitués de la saga, mais après quelques heures de jeu on se sent comme un poisson dans l'eau. Au premier abord j'ai vécu l'arrivée des critical edge, ces combo tout droit sortis de Street Fighter 4 comme une véritable trahison. J'adore Street Fighter mais pas au point de dénaturer ma série de jeu de baston 3D favorite. Pourtant, force est d'avouer que la mayonnaise prend plutôt bien et que les affrontements sont encore plus tactiques qu'auparavant. Je vais passer sur les autres nouveautés de gameplay car elles sont très nombreuses, pour parler un peu du reste du jeu.

Graphiquement il n'y a rien à dire si ce n'est que c'est très beau. Les personnages sont détaillés, les arènes son magnifiques et vivantes : un gouffre sépare SoulCalibur V de son prédécesseur qui était déjà plutôt joli. Les musiques sont de très bonne qualité, de même que les doublages anglais comme japonais. Le guest de cet opus, Ezio de Assassin's Creed, s'intègre beaucoup mieux dans le jeu que Dark Vador et se révèle aussi classe que fun à jouer. Le gros point faible de cet épisode c'est le contenu solo qui ne fait pas justice aux premiers opus de la série et ne parvient même pas à faire oublier le foutage de gueule de SoulCalibur IV. On a bien vite fait le tour des différents modes de jeu. Et si le mode âmes légendaires qui propose des combats contre des personnages emblématiques de la série est d'une difficulté hallucinante, le mode histoire centré sur la progéniture de Sophitia est d'une simplicité déconcertante et se termine de fond en comble en moins d'une heure. De plus, on aurait apprécié de vraies cinématiques et un scénario un peu plus travaillé. Les mauvaises langues diront "On s'en fout du scénario dans un jeu de baston !". Mais le mode histoire, c'était justement ce qui démarquait la série SoulCalibur de ses concurrents, ce qui faisait son charme, et ça m'attriste un peu que cet aspect soit relégué au dernier plan. Car ce qui a bénéficié du plus grand soin, c'est le mode online. Et même moi qui trouve que jouer en ligne à un jeu de combat ça perd tout son charme, j'ai été plutôt conquis par la qualité du service. Non seulement le lag de SoulCalibur IV fait partie de l'histoire ancienne, mais tout a été fait pour que les joueurs se sentent comme à la maison grâce à des salons de discutions, la possibilité d'organiser des tournois, de regarder les combats des autres... Ça ne remplace pas une bonne session de versus local mais c'est plutôt plaisant.

En conclusion, SoulCalibur dépoussière son gameplay au risque de perdre quelques fans, mais la philosophie de la série est respectée : proposer un amusement immédiat pour le néophyte tout en donnant du fil à retordre au joueur voulant maîtriser un personnage. Beau à pleurer, fluide en toute circonstance, SoulCalibur V est un grand jeu de combat malgré le manque de contenu offline (à moins que l'on aime jouer à la poupée). Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège des DLC à outrance.

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