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The Legend of Zelda : Majora's Mask sur Nintendo 64 par JackieBoy

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Version Nintendo 64

Majora's Mask est un cas particulier. Nintendo est une entreprise d'artisans, sans ambitions artistiques et donc on attend jamais rien de plus d'eux qu'un bon jeu dans le sens purement ludique du terme (y a qu'à prendre le reste des Zelda par exemple).
Déjà c'est une prouesse de sortir un aussi bon jeu en moins d'un an (Ocarina of Time ayant pris 5 ans) les développeurs s'étant lancés une sorte de défi.
Ensuite, il prend la formule Zelda à contre-pied, et c'est couillu sachant qu'on est au sortir d'Ocarina of Time qui est le plus gros succès critique de tout les temps.
Il brille également de par le fait que malgré la limite de temps de développement extrêmement stricte, le jeu est riche en contenu et propose un game-design très réussi. Entre autre il n'y a pas un donjon à jeter, le voyage dans le temps à été revu et est bien mieux pensé que celui d'Ocarina of Time, les interactions avec les personnages sont plus poussées que dans n'importe quel autre Zelda et j'en passe...
Mais c'est surtout sa mise en scène qui l'élève au rang de chef-d'oeuvre. Car Majora's Mask est avant tout un jeu d'un pessimisme rare dans le média, sur un Link démuni, dépassé par une situation qu'il ne peut pas résoudre car il manque de temps (ironique). Et ce qui est dingue c'est que tout les éléments que j'ai cités précédemment nous renvoient également à cette même fatalité (personnages qui dépriment de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe, le fait de revenir dans le passé qui annule nos actions, la lune à l'expression faciale perturbante qui s'abat sur nous à vue d’œil...).
La véritable force de Majora's Mask c'est que chaque élément qui le compose nous renvoie d'une manière ou d'une autre à sa thématique principale, la fatalité donc. Et je vous laisse deviner que tout ce bordel devient rapidement très anxiogène.
La mise en scène passe également par quelques outils cinématographiques mais ils sont très rares et toujours parfaitement dosés. J'aime particulièrement la transition d'un jour au suivant où, sans couper la session de jeu, l'image se resserre sur le personnage à chaque fois qu'un son de cloche retentit.
Franchement ce jeu juste, c'est de l'art.
C'est dingue de constater qu'en 2020 la plupart des jeux sont plus fades en terme de mise en scène que ce Zelda : Majora's Mask (y compris tout autre Zelda sortit à ce jour).
Pour beaucoup de gens la mise en scène équivaut à la cinématographie d'un jeu mais, bien que je n'ai rien contre les hybrides, je pense que la priorité serait de développer d'avantage le langage vidéo-ludique. Car les jeux qui existent pour autre chose que leur plaisir ludique sont beaucoup trop rares (Ico, Silent Hill et Demon's Souls sont les seuls qui me viennent à l’esprit à l'instant) pour que le jeu-vidéo puisse encore rivaliser avec le cinéma, la musique ou que sais-je encore. Il faudrait vraiment que les développeurs, lorsqu’ils en ont l'occasion, prennent le risque d'expérimenter de nouvelles techniques de mise en scène. Et en prenant en considération le fait que Majora's Mask est un jeu vieux plus de 20 ans et qu'il est sorti en exclusivité sur une console aussi obsolète que la Nintendo 64, il n'est plus question de limitation technique.

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