L'enfant et la mort

Avis sur The Legend of Zelda : Majora's Mask 3D sur Nintendo 3DS

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Version Nintendo 3DS

De toutes les communautés de joueurs, la communauté des fans de Zelda a toujours été celle qui m'agace le plus. On a reproché à Zelda II sur nes son scrolling horizontal. On a critiqué le parcours trop fléché et trop dirigiste du A Link to the Past. Puis on a reproché aux Oracle of Ages et Seasons de n'être que de pâles copies de Link Awakening. Ce fut enfin le tour de Twilight Princess de n'être considéré que comme une pale copie d'Ocarina of Time. De toute la série, les seuls épisodes sur lesquels je n'ai jamais observé la moindre objection ce sont Ocarina of Time et Link Awakening. Tout les autres épisodes ont plus ou moins été conspués sans raison, pour leur originalité trop originale (comme l'excellent Wind Waker) ou leur classicisme ma foi fort légitime. Alors qu'en a-t-il été de ce fameux Majora's Mask soit disant épisode le plus original de la série ? Il a bidé à sa sortie, et a été source de grandes polémiques. Que dire alors à tout ces joueurs visiblement incapables d'apprécier autre chose qu'Ocarina of Time ?

Majora et moi ça a toujours été une histoire longue et compliquée. Je l'avais commencé chez un copain qui avait la N64. Un beau jour il a déménagé et j'ai du laisser ma partie en suspens, indéfiniment. J'ai découvert l'émulation bien des années plus tard, me laissant bien le temps au préalable de découvrir la Playstation 2 et la Gamecube, j'eus alors l'occasion de jouer à Ocarina offert avec le jeu de Wind Waker. Jouant de malchance je suis retombé sur plusieurs roms bugués de MM, le jeu marchait mal sur mon vieil ordi, et puis le souffle était largement retombé avec le temps, reprendre un jeu presque 8 ans après, ouais bof après tout. D'autant que malgré tout le respect que je porte aux jeux pionniers du début de la 3D (comme FF7 mon jeu culte par excellence) force est de constater que la 3D vieillit vite et surtout mal. Ma motivation s'était finalement complètement éteinte, d'autant que la série nous offrait en parallèle d'autres épisodes qui eux suivaient la tendance graphique en vogue, Majora est donc passé dans un coin de ma tête bien au fond. Jusqu'à que je l'oublie complètement.

Majora's Mask3D est exactement le remake que j'attendais. Tout d'abord les graphismes ont été liftés et le travail est de qualité. Les textures et les visages ont été affinés, les décors sont plus jolis et restent bien reconnaissables pour tout ceux qui ont joué à cet opus sur 64. La superbe bande son du jeu qui était l'un des grands atouts de Majora demeure inchangée. Les musiques sans tantôt mélancoliques, parfois joyeuses, rien n'égalera pour moi la piste Last Hours qui ne pourrait mieux incarner le sentiment d'Apocalypse et de mort imminente. En matière d'ergonomie, l'écran tactile permet d'un simple toucher de l'index, d'ouvrir l'inventaire, de voir vos objets de quête, de faire apparaître la carte du donjon et enfin une dernière icône servira à vous faire sortir votre ocarina (d'ailleurs tout vos morceaux apparaissent désormais sur votre écran tactile ce qui vous assure un confort de jeu supplémentaire non négligeable). Des points de sauvegarde ont été inclus au début des donjons, et vous pourrez sauvegarder n'importe quand et non uniquement en revenant dans le temps. Un choix très judicieux pour une version portable étant donné que les joueurs y jouent en moyenne sur de plus petites sessions qu'ils ne le feraient avec une console de salon. MM était novateur, MM3DS l'est tout autant mais avec une légère ergonomie en plus qui s'adapte plus à votre manière de jouer. Les combats contre les boss ont été pour la plupart modifiés, j'ai pas eu le sentiment que les boss étaient nettement moins forts que ceux présents sur 64 (d'ailleurs Zelda n'a jamais été une série réputée pour le challenge offert par ses boss si j'ose dire)

Le plus important est que l'ambiance n'a pas été changé. J'aimerais que ça puisse suffire à ce que personne n'émette de critiques mais je rêve éveillé à mon avis.

Link, ayant vaincu Ganondorf se retrouve en pleine quête introspective. Ce qu'il cherche ? Nous ne le savons guère, le jeu nous dit qu'il est à la recherche d'une vieille amie mais les tourments de notre héros sont pourtant nettement plus profonds que cela. Après avoir sauvé le monde dans Ocarina, Link s'est retrouvé à nouveau catapulté dans sa vie d'enfant, pour retrouver les années que sa quête lui avait volées. C'est donc un Link sans but qui errera dans les terres de Termina, perdu quelque part entre l'enfance qu'il n'a pas eu, et l'adulte qu'il est devenu à force de combats incessants. Quoi qu'il puisse chercher en ces lieux, il trouvera finalement autre chose. Un étrange individu ; le Skull Kid portant le masque de Majora (Mon Dieu ce charisme de fou je m'en remettrais jamais tellement je l'adore), lui tombera dessus par hasard, lui volant son ocarina et Epona et le transformant dans la foulée en peste mojo. Rapidement, nous découvrons que la situation est bien plus désespérée que nous ne l'imaginions. La ville de Termina est menacée par l'ombre d'une Lune gigantesque prête à mettre fin à toute vie dans 3 jours à peine. Découvrant une ville où les frasques de Skull Kid ont plongé tout le monde dans l'embarras, Link se lancera au service des habitants pour arriver petit à petit à remonter jusqu'à Skull Kid et reprendre ses biens. L'aventure ne fait alors que commencer, c'est alors une confrontation entre Link et la mort pour parvenir pierre après pierre à réunir les 4 masques des géants afin d'empêcher la fin du monde.

La quête de Link est la plus déprimante et la plus solitaire jamais parcourue par notre héros dans toute la série. Nous disposons d'un cycle de 3 jours, soit 72 heures avant que le monde ne soit anéanti. Le rapport au temps est primordial dans ce jeu. Votre journal des bombers vous permettra de répertorier petit à petit les différents personnages du jeu, leurs emplois du temps, ce qu'ils font à tel moment et à tel endroit. C'est donc petit à petit que vous progresserez vers votre seul et unique but, sauver tout le monde définitivement. Mais il est strictement impossible de faire tout ceci en un seul cycle, vous serez amené systématiquement à revenir dans le temps au début de ces 3 jours pour ne pas mourir vous aussi écrasé par la Lune. Les gens que vous avez sauvé ne se souviennent pas de vous, vos bonnes actions sont annulées d'un retour dans le temps à l'autre. Il ne reste que vos objets principaux, vos quarts de cœur et vos masques en remontant le temps. Link deviendra de plus en plus puissant dans un monde où l'on ne tiendra compte de son existence que jusqu'à ce qu'il remonte dans le temps et ne laisse les personnes qu'il a sauvées à une mort certaine provoquée par la collision avec la Lune.

En ligne droite, le jeu est très court, il ne fait que 4 donjons à peine, d'autant qu'il n'y a pas de donjon final, il est tout à fait possible de se confronter au masque de Majora à peine les 4 masques principaux obtenus mais ce serait passer pour ainsi à côté de tout ce que le jeu a à offrir. De toute la série Majora est l'épisode qui propose le plus de quête annexes, les traditionnelles améliorations du sac de bombes et de flèches sont bien sûrs présents, ainsi que l'augmentation du sac de rubis. Nous pouvons noter aussi foule de mini jeux comme à l'accoutumée. En revanche, c'est ici 52 quarts de cœur qui sont dissimulés un peu partout sur les terres de Termina. Le plus grand nombre enregistré de toute la série c'est pas rien. A chaque fois que vous vaincrez un boss, le territoire qu'il occupait recouvre sa splendeur d'antan, l'occasion de faire apparaître de nouveaux événements secondaires ou non sur le territoire. Majora est un jeu terriblement complet pour peu que l'on se donne la peine de la découvrir. Bien entendu l'aventure n'est pas particulièrement fléchée et sans soluce je vois difficilement comment mettre la main sur les 24 masques du jeu, car si certains sont indispensables à votre progression et donc facilement trouvables, d'autres sont complètement anecdotiques et parfaitement introuvables (non je ne vous pas crois ceux qui viendront me dire qu'ils auront pensé d'eux même à aller chercher le masque de Kamaro sur la plaine de Termina la nuit du premier jour). Je pense qu'en rushant le jeu, on peut en voir la fin en une dizaine d'heures à peine, pour les plus perfectionnistes on peut aisément tripler ce chiffre, voir le quadrupler tant il y a de choses à faire. Il y a même un masque amusant à gagner en récoltant les 23 premiers masques et en jouant aux minis jeux des dieux masqués. Un masque amusant car il offre à Link une dernière transformation totalement bullshit qui ridiculisera (y'a pas d'autres mots) les pauvres boss du jeu.

Ressuscitant avec succès un épisode phare de la série bien que souvent sujet à polémiques, Nintendo nous offre un lifting bienvenu pour une refonte particulièrement réussie. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce jeu mais continuer serait spoiler. Majora 3D est un indispensable de la 3DS pour tout les malheureux comme moi qui n'auraient pas pu mettre la main dessus sur 64, mais je parie que les vieux de la veille ne prendront pas moins de plaisir à y rejouer. Un must have voilà tout.

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