Un jeu de "Meh"

Avis sur The Sinking City sur PC

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Version PC

The Sinking City est donc un jeu d'enquête Lovecraftien en monde ouvert, on y incarne Charles Reed un détective privé qui part de Boston pour investiguer ses cauchemars et hallucination dans la ville portuaire d'Oakmont.
Les premières impressions sont bonnes : le pitch coche les classiques de H.P. Lovecraft et la ville d'Oakmont est prometteuse.

Mais

Rien ne va vraiment.

Prenons nos différents protagonistes, l'histoire de Charles Reed aurait pu être intéressante mais elle passe au second plan pour une série de services à rendre plus ou moins pertinents. Le scénario en lui-même est problématique car il oublie complètement ce qui fait la force des nouvelles de Lovecraft : la lente descente dans la folie et l'incompréhensible. Ici le jeu nous plonge directement dans la partie "folie et cosmogonie". Imaginez que vous preniez les 15 dernières pages d'une des nouvelles et en fassiez un jeu d'une vingtaine d'heure. Sans ce crescendo on est tout de suite désensibilisé, les hommes-poissons sont là au bout de 5 min de jeu et les monstres au bout de 7.
La ville d'Oakmont, elle, est narrativement et artistiquement intrigante mais elle est trop grande pour la densité d'activité et surtout elle est répétitive ad nauseam. Préparez-vous à voir les trois mêmes intérieures durant toute la durée du jeu. A quoi sert un lieu aussi grand si cela ne sert ni le récit ni le gameplay ? A faire illusion.

Illusion qui tient sur les premières heures de jeux avant qu'on ne se rende compte que rien ne renouvellera au fil de la partie. La partie enquête suit toujours le même déroulé, on va au lieu A et on tue un des cinq monstres du jeu dans ce qui est probablement le pire système de combat que j'ai vu, on clique sur tous les objets, on recrée l'incident du lieu en ordonnant 3-4 événements puis on va au lieu B identique au lieu A pour recommencer. Au milieu on peut parfois parler avec des PNJ ou faire des recherches dans les archives mais quel intérêt puisque les dialogues consiste d'épuiser les options sans risque d'échouer et que les archives sont mécaniquement identiques.

La partie technique est très faillible avec un cycle jour-nuit et météo en roue libre, des PNJ identiques, des animations cassées (coucou les corbeaux à décollage vertical) et une IA au fraise.

Le scénario est un maxi best-of des mythes Lovecraftiens, on y retrouve tous les anciens, divinités et monstres pelle-melle alors qu'encore une fois les récits de l'auteur se concentrait uniquement sur un aspect du mythe. On a l'impression que les développeurs passent leur temps à nous mettre des coups de coude en disant "tu as vu notre référence ? On connait bien notre sujet hein ?" (Coucou le nom des rues qui ne font aucun sens). Il est très décousu du fait de sa nature de monde ouvert et va du correct au meh. On a bien des choix sur les résolutions des enquêtes mais les différences sont si minimes qu'on ne voit pas vraiment la différence.

The Sinking City me rappelle dans un sens The Witcher 1 : un jeu bourré d'ambition au budget trop serré pour les réaliser. Mais là où CD Projekt compenser sa technique très (très) faillible par une écriture ciselé et ambigüe, Frogware se noie dans l'erreur classique des adaptations Lovecraftiennes : vouloir tout mettre et dilue ce qui auraient pu être un jeu dense, court et efficace dans un jeu "Meh"

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