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Il était une fois, en Ivalice...

Avis sur Vagrant Story sur PlayStation

Avatar Julius
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Version PlayStation

Vagrant Story est le quatrième jeu fait par l'équipe de Yasumi Matsuno. Sorti le 21 juin 2000 chez nous, pour une fois, l'Europe n'était pas trop en retard par rapport aux Amériques et au Japon, sur une PlayStation en fin de vie. Elle, qui a déjà reçu les prestigieux Final Fantasy VII et VIII, de la part de Squaresoft, le développeur pouvait-il faire MIEUX tout en offrant pas un clone de ces deux derniers ? La réponse est oui, indubitablement. On notera que ce jeu est arrivé en Europe, tandis que le jeu d'avant, Final Fantasy Tactics, nous est passé sous le nez. Il y a une sélection bizarre chez Square, à tel point que Xenogears et Chrono Cross n'ont pas traversé l'Atlantique officiellement. Mais je parle, et je suis sur que vous désirez savoir ce que contient le jeu. Hé bien , c'est parti.

Le monde de Vagrant Story se passe bien entendu, en Ivalice. Tout commence lors d'une scène d'introduction jouable.Dans la région des Graylands, il y a de l'agitation dans le manoir du Duc Bardorba. Sydney Losstarot, le gourou de la secte Mullenkamp, est à l'intérieur et cherche activement le fils du duc. Mais il a les Crimson Blades à ses trousses. Dans le même temps Ashley Riot, de l'unité RiskBreaker, s'infiltre aussi dans le château. Il réussit à retrouver Sydney et suite à une bataille, réussit à le tuer. Du moins le croyait-il, parce que , dans un moment d'inattention le gourou se relève et met notre héros à terre. Il s'en va et laisse Ashley en compagnie de sa vouivre domestique D'tok. Après le combat, Ashley se dirige vers le vitrail brisé. Le jour se lève, le soleil apparaît de derrière les nuages, révélant la beauté de la chapelle dans laquelle il se trouve. Il sait maintenant où aller : dans la cité de LeaMundis, une ville autrefois prospère mais maintenant déserte, coupée du monde suite à une catastrophe naturelle.
Je ne vous ai raconté que les dix premières minutes du jeu et la séquence, destinée à vous familiariser avec les commandes du jeu, est un bijou de mise en scène, et la musique ajoute à l'ambiance. Puis le titre apparaît, en gros sur l'écran. Vagrant Story. Déjà j'étais sous le charme, et certains concepteurs de RPG, même maintenant devraient s'inspirer de ce jeu pour la mise en scène des séquences cinématiques. A bon entendeur...

Dans ce jeu, vous n'incarnerez qu'un seul personnage : Ashley Riot. Membre de l'unité RiskBreaker, c'est un mercenaire d'élite qu'on envoie dans les missions les plus difficiles. Il a perdu sa femme Tia et son fils Marco, assassinés par des brigands. Il renferme ce lourd secret en lui et aura du mal à l'accepter. Ashley est un personnage complexe. Très complexe, même. Si on ne va pas au bout du jeu, il est difficile de le définir. Après les événement au château de Graylands, il poursuit Sydney dans la ville de LéaMundis. Mais pour arriver à ses fins, il devra non seulement accepter son passé, mais aussi se méfier de tout le monde. Sydney est il vraiment son ennemi ?

Sydney Losstarot est l'antagoniste principal pendant une bonne partie du jeu. Cet homme est le gourou de la secte dédiée à la déesse Mullenkamp. Il est doué de dons surnaturels, comme la résurrection,la régénération et peut lire le passé des personnes qu'il rencontre. C'est ainsi qu'il servira de catalyseur pour Ashley. Personnage tout aussi complexe que le héros, Sydney semble toutefois déterminé à accomplir son objectif.

Votre environnement se limitera ( sauf lors du prologue) à la ville de LéaMundis. Mais n'allez pas croire que ce sera pour faire du tourisme, non : Cette ville est abandonnée et difficilement accessible. Elle est sujette à de nombreux tremblements de terre et la vermine y afflue. Vous en explorerez les moindres recoins et les zones, qui s'enchainent et de façon naturelles sont remplies d'ennemis. Cela peut être des animaux, des humains, des élémentaires. Les boss sont nombreux, mais surtout, très coriaces, et les combats peuvent durer longtemps, notamment si vous n'avez pas la bonne technique ou n'arrivez pas à taper leurs points faibles. Ce qui m'amène à vous parler du système de combat.

Les combats du jeu sont un mélange entre temps réel et tout par tour. En temps normal Ashley ne sort pas son arme. Cela lui permet, entre autres, de porter des caisses, d'en empiler, et de sauter en se rattrapant à un rebord ou une corniche, et aussi d'ouvrir des coffres. Une pression sur le bouton Rond permet de passer en mode combat si un ennemi se présente. Et là, on retrouve une sphère de frappe un peu comme dans parasite Eve. Vous pouvez frapper tout ennemi se trouvant dans la zone. Si les plus petits ennemis n'ont qu'une zone de frappe, les autres, ainsi que les boss, ont des zones bien précises. Vous pouvez choisir où vous voulez frapper, le jeu se mettant en pause pour que vous fassiez votre choix. Ce n'est pas anodin. On est tenté de frapper à tous les coups à la tête, mais cela ne marche pas toujours. Frapper le bras qui tient l'arme de votre adversaire permettra de réduire sa puissance de frappe, ou de l'annihiler complètement si vous vous acharnez. Mais attention, c'est aussi valable pour Ashley. On peut voir l'état des différents membres en bas à gauche de l'écran, grâce à un thermographe de code couleur : Bleu ( excellent) Vert ( bon état) Orange ( abîmé) et Rouge ( mourant) : si un de vos membres est dans cet état, cela diminuera grandement certaines de vos facultés, d'attaque ou de défense. Vous pouvez même avoir des malus! Heureusement, il existe des objets de soins qui permettent de réparer les dégâts subis, ou de laisser Ashley inactif un moment après un combat. Vos HP et MP remonteront automatiquement petit à petit, mais le corps peut mettre plus de temps à retrouver une condition normale.
Ashley peut faire des combos d'attaque ou se défendre grâce aux Break Arts, que l'on acquiert après avoir battu le premier boss. Il vous faut pour cela assigner aux touches des attaques différentes.
Lorsque le premier coup touchera l'ennemi, un « ! » rouge se dessinera au dessus de la tête d'Ashley. Si vous appuyez au bon moment, il fera un combo. A haut niveau, si vous maintenez le rythme, vous pouvez faire des dégâts. Oui, mais... Ce sera oublier une chose : la jauge de Risk, qui est le symbole de la nervosité d'Ashley. Chaque attaque ou combo fait augmenter cette jauge d'une ou plusieurs unités. Elle est à double tranchant : si elle permet de faire plus de dégâts, vous risquez cependant de rater vos coups si elle est trop élévée, ou de faire des dégâts minables, et comme les boss sont coriaces, et faire des « miss » ou des dégâts de 1 , ce n'est pas agréable...
Ashley peut se défendre de la même manière : en attribuant des techniques de défense, si vous appuyez au bon moment lorsqu'un ennemi vous attaque, soit vous ne prendrez peu ou pas de dommages, mais certains sorts permettent de renvoyer une partie du coup à l'envoyeur. Parfois, ce sera le seul moyen de vaincre certains boss, et maitriser de telles techniques est indispensable si vous espérez voir la fin du jeu.
Mais, comme si cela ne suffisait pas à rendre la chose compliquée, les programmeurs ont prévu une autre subtilité : les dégâts sont faits en fonction de l'arme que vous utilisez, mais attention!
Si vous frappez beaucoup de vivants de type animaux ou humains, cette arme se spécialisera dans cette classe et sur un type de magie. Ce qui signifie qu'elle sera inefficace contre les ennemis de type morts-vivant comme les zombies ou les fantômes. Tapez-les avec, et vous ferez chou blanc.
Vagrant Story impose donc de porter plusieurs armes et d'en changer pour les spécialiser dans chaque catégorie d'ennemis.
Mais attention, les armes, comme les armures s'usent, si elles sont usées les armes sont beaucoup moins efficaces, et les armures vous protégeront moins bien. Heureusement il existe des forges, qui vous permettront non seulement de réparer vos armes, mais aussi de créer vos propres équipements. Mais attention à ne pas vous tromper, sinon c'est une très mauvais surprise qui vous attend.
Les armes possèdent également des DP et des PP pour phantom points.

Voilà, comme vous l'avez vu, le jeu est complexe, et c'est sans doute là la principale difficulté du jeu : savoir gérer efficacement son équipement, ses attaques, sa défense, pour ne pas trop galérer. Certains n'aiment pas le jeu à cause de cela. Pourtant les idées sont excellentes et bien trouvées, et celui qui prend le temps d'y plonger aura droit à un système immensément riche.
Les graphismes sont ce qui se fait de mieux sur la PlayStation. Extrêmement détaillés, fouillés, les programmeurs se sont inspirés de l'architecture française en se déplaçant à Saint-Emilion et Paris pour créer LeaMundis, ce qui explique pourquoi vous démarrez dans une cave à vin. Pour éviter de prendre trop de place sur le disque, les scènes racontant l'histoire ne sont pas en images de synthèse, mais utilisent le moteur du jeu à l'instar de Metal Gear Solid. Les dialogues utilisent des bulles comme dans une bande dessinée, donnant au jeu un style unique. Alors on pourra reprocher de l'aliasing, notamment sur les visages, mais cela ne les empêche pas d'être très réussis et de trouver la « patte » graphique des créateurs de l'équipe de matsuno. L'ambiance médiévale recrée est à son paroxysme.

La musique est excellente. Hitoshi Sakimoto s'y est collé une nouvelle fois, et, une fois de plus signe une bande-son d'anthologie. Rien n'est laissé au hasard dans les compositions. Tout colle parfaitement, tellement que les airs vous resteront dans la tête après avoir éteint la console. Une ambiance telle que s'il fallait exprimer un regret, c'est que les personnages ne parlent pas. Alors certes, on entend des cris lorsqu'ils sont touchés, et on les voit remuer les lèvres lors des scènes de jeu, preuve d'un grand souci du détail. Mais mettre des voix aurait sans doute pris trop de place sur le CD, forçant le joueur à changer et ainsi casser le rythme soutenu du jeu. Je suis persuadé que s'il était sorti un an plus tard, sur DVD pour la PS2, non seulement il y aurait eu les voix, mais en plus Squaresoft aurait sorti le premier grand hit de la console ( et non pas l'infâme The Bouncer, laule). Mais je ne peux pas leur en vouloir, le jeu étant un des plus complets sur la console grise de Sony.

La jouabilité est excellente aussi : doté d'un game system riche et complexe à la fois, mais maitrisé, Ashley bouge avec aisance et peut faire divers mouvements lorsqu'il ne combat pas : il peut sauter, pousser des caisses, les transporter et les empiler. Cela peut se révéler vraiment utile. Les sous-menus sont clairs, dommage toutefois qu'ils n'aient pas été traduits dans leur intégralité. Vous devrez y passer souvent pour changer d'arme ou d'armure. Attention avec les sauvegardes : chacune d'elle vous prendra trois blocs d'un coup.

La durée de vie est assurée. Certes, en lui même, le jeu est assez court, comptez 15-20 heures pour le compléter. C'est cependant sans compter plusieurs choses qui feront que vous serez obligé d'y revenir si vous voulez retourner vraiment le jeu : vous ne pourrez atteindre le rang ultime de RiskBreaker lors de votre première partie . Heureusement, un mode New Game+ vous permettra d'améliorer vos performances, et donc, de parvenir au range tant convoité. Il serait aussi étonnant que vous réussissez a explorer 100% des salles la première fois.
De plus le jeu est loin d'être facile, les boss ne se laissant pas vaincre facilement. Bon courage face à la vouivre des cavernes ou à l'élémentaire de feu!

Prêt à vous lancer dans les bas-fond de la cité maudite de LeaMundis ? Si c'est le cas, c'est parti pour une aventure prenante. Vagrant Story est ce que j'appellerai un jeu accompli : doté d'une histoire prenante et riche en rebondissements, d'un système de jeu ultra-complet et riche, il est un jeu auquel rien ne manque et y ajouter quelque chose semblerait superflu. C'est le sentiment qu'on a tant l'œuvre est singulière, mais marque tant sur le plan artistique que ludique. Toutefois, le jeu nécessite qu'on s'y investisse si on veut parvenir à s'en sortir sans trop de mal. Ce que certains joueurs n'ont pas compris à l'époque et se sont donc retrouvés dégoutés, voire blessés dans leur orgueil. Dommage... Mais cela est encore plus vrai maintenant, Vagrant Story n'est pas un jeu pour kikoos. Il fallait que ce soit dit.

Points positifs :
Réussite artistique
Système de combat riche et développé
Mise en scène recherchée
Histoire complexe et prenante
Personnages forts
De bonnes trouvailles
Traduit de bonne manière en français...

Points négatifs
... sauf pour certains menus
Difficulté qui peut décourager
Nécessite qu'on s'y investisse vraiment

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