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Vampyr sur PlayStation 4 par upselo

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Version PlayStation 4

Un jeu narratif par les créateurs de Life is Strange, avec un mini open world, plein de personnages à apprendre à connaitre dans un Londres de 1918 touché par la grippe espagnole, un jeu de vampire ou l'on est tirailé entre le sang et le contrôle de soi (avec possibilité de jouer pacifique) et des combats typés Bloodborne, sur le papier, tout était là pour me plaire. J'ai fnalement bien fait de le tester dans le cadre du Game Pass, car ma déception est assez rude.
Le principal défaut, c'est l'histoire. Pas que le pitch de base soit raté, mais son exécution laisse à désirer. Le jeu commence alors qu'on vient de devenir un vampire, et le personnage principal, le docteur Jonathan Reid, mord immédiatement sa soeur. Et le mec de chouiner pendant 3 heures que le vampire qui l'a mordu est responsable, que sa soeur, c'est pas sa faute, immédiatement, ça m'énerve, le mec qui se défausse de toute responsabilité à ce point. Donc on ne part pas d'un bon pied. Ensuite, problème de ton, parce que le jeu m'offre la possibilité de jouer le rôle d'un vampire tout en retenue, qui ne veut (plus) faire de mal à personne, sauf qu'à côté des PNJ que l'on a le choix de mordre officiellement ou pas (avec des conséquences !), y'a tout de même quantité de menu fretin à castagner, à coups de machette et de morsures, et que ceux-là, pas moyen de les éviter, et apparemment tout le monde se fiche de leur sort, ce qui créé un sacré fossé entre le jeu et le narratif.
Reste donc l'autre aspect prometteur, son côté RPG, où l'on tape la discute avec les nombreux PNJ de chaque niveau (une quinzaine en moyenne), avec chacun leur situation unique, leurs points de vue et leurs secrets. Et y'a pas mal d'idées intéressantes dans le tas, des gens qui vivent dans une moralité grise dans ces temps difficiles, entre l'infirmière qui détourne des médocs pour soigner les pauvres, les gens qui font de la contrebande, les médecins qui se disputent entre médecine conventionnelle et recherche plus expérimentale. Sauf que le scénario se détourne un peu vite du quotidien des vrais gens pour partir dans des délires de sociétés secrètes et que du reste, l'écriture est indigente. Dans un système de dialogue pompé de Mass Effect, Jonathan Reid pose tout le temps les deux mêmes types de questions ("Qu'est ce qu'il se passe dans le quartier ?" et "Et vous ?") et tout le monde confie direct des infos personnelles en mode confessionnal lore dump. Quand on arrive dans un niveau et qu'on doit se farcir le procédé quinze fois, ça plombe le rythme et ça fatigue très vite. Il y a bien quelques questions bloquées derrière la collecte d'indices qui essaient de simuler des gens qui s'ouvrent progressivement quand le perso principal les interroge, mais au final, on est plus dans l'hommage involontaire aux sautes d'humeur de Cole Phelps de LA Noire qu'autre chose. De toute façon, en apprendre plus sur les personnages ne sert au final qu'à booster leur valeur en XP si vous les mordez, ce qui achève de convaincre de ne pas se donner du mal pour les joueurs pacifistes.
Le jeu propose aussi dans chaque chapitre un grand choix qui impacte tout un quartier, sauf que le jeu se fait un plaisir de nous cacher les conséquences les plus basiques, et je me suis retrouvé à chaque fois avec les pires conséquences après un choix qui semblait rationnel. Cumulé au fait qu'on peut rater certains indices de personnages définitivement, cela rend l'expérience assez frustrante sans contrepartie intéressante.
Un mot rapidement sur les combats, qui s'ils sont fréquents et mal justifiés, auraient pu être sympathiques, avec une gestion tendue de la vie, du stamina, et du sang (qui agit comme du mana), avec des esquives rapides et la nécessité de stun les ennemis. Le jeu souffre cependant du syndrôme Dishonored, où, en nous encourageant à être moral, ils nous guide vers l'expérience la moins sympa : sans mordre personne, on est très limité en capacités spéciales, et les combats deviennent des guerres d'attrition répétitives. Au moins Dishonored avait du stealth et de l'exploration, ici on est guidé dans des arènes avec deux coups et demi à disposition contre des ennemis génériques sacs à PV.
Au final, les beaux décors londoniens sombres, la promesse d'une tapisserie complexe de personnages en proie à des questions morales valables, un système de combat dynamique avec des pouvoirs vampiresques, tout cela n'a pas pesé lourd dans la balance, face à l'ennui profond et l'énervement suscités par le jeu. Arrivé à la moitié du jeu, j'ai décidé d'arrêter les frais, je n'avais aucun plaisir à jouer et je ne croyais plus assez aux personnages, donc j'étais complètement désinvesti.

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    Cover Jeux 2020

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    Comme tous les ans pas mal de backlog, mais avec plus de souplesse sur les titres récents.

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