Bouquins 2017

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18 livres

par clairemouais
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  • Châteaux de la colère (1995)

    Castelli di rabbia

    Sortie : . Roman.

    Livre de Alessandro Baricco

    Janvier.
    L'année commence tristement.
    Châteaux de la colère, c'est des histoires pour cacher qu'on est malheureux.
    Ma préférée est celle de Pehnt et Peckish (un orgue humain !!!).
    C'est très poétique, avec des pointes crues de bizarrerie, de malaise, un truc gênant qui rappelle tout le malheur derrière.
    J'aime cette écriture, elle a un peu tout ce qui me plait, les répétitions hypnotiques, les jeux de mots et les morceaux de poésie un peu gros, les divagations lointaines. Des fois c'est un peu gâté par un rien adolescent, inexplicable, quelque chose quand ça parle d'infini... Ca participe un peu à la gêne.
    J'aime ces personnages, fous mais faits pour se rencontrer et se comprendre, aussi.
    J'avais préféré Novecento, forcément, ce n'est pas du tout sur le même ton, si ce n'est celui de la tristesse.
  • Le Mec de la tombe d'à côté (2006)

    Grabben i graven bredvid

    Sortie : 2006. Roman.

    Livre de Katarina Mazetti

    Janvier.
    Genre de livre nul qu'on lit par hasard.
    L'histoire peut bizarrement accrocher au départ, ça fonctionne sur un sentiment universel de solitude et d'angoisse. C'est tristement écrit avec les pieds et ça patauge dans la semoule après quelques chapitres, parce qu'une fois la rencontre faite, ça n'avance plus.
    J'ai quand même un peu honte de l'avoir avalé bien plus vite que d'autres bouquins très bien, mais c'est à cause de l'alternance des chapitres, qui est maligne pour pousser à la lecture.
  • Le Père Noël supplicié (1952)

    Sortie : mars 1952. Essai.

    Livre de Claude Lévi-Strauss

    Février.
    Sur le pourquoi du comment : la fête de Noel comme rite de passage, et finalement opposition entre les morts et les vivants.
    Super intéressant.
  • La communication corporate (2010)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Karine Johannes et Thierry Libaert

    Lu en mars.
    Un genre de Que sais je ? avec des outils vus et revus.
  • Un sociologue à l'usine (2006)

    Sortie : janvier 2006. Essai.

    Livre de Dominic Roy

    Avril.
    Un sociologue embauché comme ouvrier dans une usine, années 40, observe les stratégies relationnelles des ouvriers payés à la pièce vis-à-vis des quotas de production : pas trop produire même si on le peut, pour éviter que la direction baisse le prix de la pièce, et que le rythme devienne fou. Et autres articles moins intéressants que le premier.
  • L'identité au travail (2014)

    Sortie : .

    Livre de Renaud Sainsaulieu

    Avril.
    Un sociologue embauché comme ouvrier dans une usine : comment on se crée une identité au travail, la solidarité ouvrière, comment on voit l'autre...
    Trop de drama de "moi, sociologue, qui suis je finalement au milieu des autres ouvriers" mais entre les paragraphes de remise en cause existentielle et égocentrée, c'est très intéressant.
  • La force de l'habitude (1997)

    Sortie : . Théâtre.

    Livre de Thomas Bernhard

    Mai.
    On n'a pas envie de jouer le quintette la truite, mais il faut le jouer, on n'a pas envie de vivre la vie, mais il faut la vivre.
    J'aime bien le théâtre, et l'absurde (peut être, ici, un mot fort -aucune idée) aussi.
    Ca donne envie de la voir, une pièce avec des instructions musicales en didascalies aussi précises, je ne me souviens pas avoir vu ça ailleurs.

    http://www.dailymotion.com/video/xo77x_1-schubert-quintette-la-truite_music
  • Crime et Châtiment (1867)

    Преступление и наказание (Pryestupleyniye i nakazaniye)

    Sortie : 1867. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    Mai.
    J'ai mis beaucoup trop longtemps à le lire, ça prend par passes, on en lit des pages un peu fiévreux tout d'un coup puis on fait des pauses. En tout cas j'ai mis très longtemps.
    Pas pour rien, la langue lourde (la post face du traducteur Babel !), la Russie, la saleté, les discours enflammés et magnifiques (sur les femmes notamment) contre un regard pesant, la page juste après.
  • Alpha mâle - Séduire les femmes pour s'apprécier entre hommes (2017)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Mélanie Gourarier

    Septembre.
    Annee 2017 triste en lecture pour cause de memoire chronophage, c'est reparti.
    Séduire les femmes pour s'apprecier entre hommes, le sous titre est on ne peut plus juste : alors qu'on s'intéresse ici a la communauté de la séduction, jeunes hommes qui veulent passer de average frustrated chump a alpha mâle, roi de la séduction, on se retrouve finalement à regarder des hommes qui se dirigent en fait vers l'abstinence. Quand on a maîtrisé l'adversaire, il ne compte plus vraiment, ce qui compte c'est son rang dans cette communauté d'hommes. Le livre fait des fois rire (jaune) notamment par des touches dans l'écriture (au début un peu bizarre vu qu'on est dans un ouvrage scientifique, mais finalement très appreciable, et mon dieu quel courage elle a eu à exercer son terrain dans ce milieu là !) mais se trouve aussi être très triste, voire effrayant. Homophobie, assurance d'être victimes d'une société où la femme est maitre de tout depuis 1968, on entend de sacrées absurdités, souvent de la bouche d'hommes d'une vingtaine d'années (Sam, 19 ans, premier acteur de mes cauchemars, 60 conquêtes sexuelles, explique comment il se dirige calmement vers l'abstinence parce que les femmes sont toutes les mêmes -et souvent intéressées par l'argent). C'est aussi triste, car au fond tout ces témoignages, tous ces sujets issus de frenchtouchseduction ils sont signes de gros problèmes de confiance en soi, des rapports aux parents alarmants, et autres joyeusetés qui devraient pousser les gens chez le psy et non pas chez un coach en seduction.
    Le livre est extrement intéressant, parce qu'il est plein de verbatims pertinents, de references litteraires, sociologiques très fournies et de nombreux supports (frenchtouchseduction donc, mais aussi des articles au sexisme banal de journaux nationaux (bigup a l'article de libé sur la st valentin jamais jamais jamais je ne le pardonnerai)). Et finalement, dans un cas extrême d'un communauté quasi sectaire, on retrouve un concentré de rapports de forces tristement quotidiens.
  • Nous les vivants (1933)

    Sortie : 1933. Recueil de nouvelles.

    Livre de Erskine Caldwell

    Septembre.
    Un peu inegal selon les nouvelles je crois. Nouvelles noires mais pas trop d'impact sur le moral, ca se lit vite. Je suis un peu passee au travers je crois, en fait.
  • Préparatifs de noce à la campagne (1957)

    Sortie : 1957. Recueil de nouvelles.

    Livre de Franz Kafka

    Octobre.
    Kafka, définitivement, oui. Péripéties de train et de moral dans les chaussettes. Pointes d'absurde ou de quelque chose comme ça, un décalage, dans une tristesse joliment réaliste.
  • Réflexions sur le péché, la souffrance, l'espérance et le vrai chemin

    Récit.

    Livre de Franz Kafka

    Novembre.
    "-On ne peut pas dire que la foi nous manque. A lui seul, le simple fait que nous vivons est doué d'une valeur de foi absolument inepuisable.
    -Il y aurait là une valeur de foi ? On ne peut pourtant pas ne pas vivre.
    -C'est précisément dans ce "pourtant pas" que réside la force folle de la foi ; c'est dans cette négation qu'elle trouve une forme."
  • Une saison au Congo (1966)

    Sortie : 1966. Théâtre.

    Livre de Aimé Césaire

    Novembre.
    "La très belle copulation des astres et du désastre".
    Je préfère largement Césaire en poésie, mais ce serait mentir de ne pas preciser qu'ici est quand même tres belle copulation de theatre et de poesie, d'histoire et de fiction, de politique et de litterature.
    Trois actes pour suivre l'indépendance du Congo a travers la personne de Lumumba, politicien aux tripes pleine d'amour pour l'Afrique.
    Congo !
  • « Art » (1994)

    Sortie : . Théâtre.

    Livre de Yasmina Reza

    Novembre.
    J'ai un peu de mal a prendre position sur la question de l'art contemporain (je suis un Yvan spongieux), là ça me paraît encore plus compliqué quand le sujet est traité par des circonvolutions dramatiques autour de l'amitié de trois hommes. Outre ce rapport, en regardant juste l'oeuvre en question, on a forcément envie de tout defendre corps et âme, dans la vraie vie c'est moins facile. Niveau littéraire c'est sans esbroufe. Je suppose qu'on peut aimer ça, là ça m'a paru un peu fadasse, je sais pas. Moyen.
  • La Chatte sur un toit brûlant (1955)

    Cat on a Hot Tin Roof

    Sortie : 1955. Théâtre.

    Livre de Tennessee Williams

    Novembre.
    J'aime beaucoup ce que j'ai lu de Tennessee Williams. J'aime bien le théâtre en général, mais lui c'est vraiment spécial, je n'ai pas encore trouvé sa pareille. Du drame à l'état pur, des personnages écorchés et épinglés -pas pour donner une solution, juste pour regarder les humains. Ils sont épinglés exactement comme on épingle une grenouille qu'on dissèque en cours de SVT, et qu'on observe : la chair à vif, et les nerfs si tendus qu'ils sont toujours à deux doigts de lâcher.
    Puis un drame dans un décor sans pareille : le sud, les champs de coton, l'accent particulier d'une Big Mamma, et au centre, toujours, la pauvreté ou l'argent.
  • Congo (2012)

    Sortie : mars 2012. Roman.

    Livre de Eric Vuillard

    Novembre.
    J'ai beaucoup aimé le dernier paragraphe, et c'est clairement pour lui que je donne 4 points.
    Sinon, tristement, un européen qui ne parle pas d'Afrique, il parle toujours d'Europe. Il essaie de parler d'Europe pour la secouer et parler d'Afrique dézinguée, mais non, il faut avouer qu'on parle toujours d'Europe ethnocentree. Alors, le "Congo !" apostrophé en fin de livre semble presque insultant à Césaire et à tous ceux qui ont su faire du Congo en littérature. Presque une excuse pour justifier le titre et essayer de nous faire croire : mais si, je parle du Congo. Non, ça parle de soi, ça se regarde le nombril.
    Ça se regarde le nombril et ça ressemble vaguement à du Michon mais en mauvais. Ça ressemble au Onze de Michon, les portraits de personnages pour parler d'un événement, mais ça ne marche pas. Là où Michon est dans la fiction et l'assumée observation de tableau, Vuillard choisit un sujet historique dont il ne dit rien. Ça michonise aussi dans les longues phrases et la recherche de vocabulaire, mais ça n'en a pas la patte. Ça michonise dans les racines, les remontées génétiques des personnages, mais ca ne marche bizarrement pas non plus, comme si ça n'avait rien à faire là, à part gagner de la place pour arriver douloureusement à 90 pages.
  • Lumière pâle sur les collines (1982)

    A pale view of hills

    Sortie : 1982. Roman.

    Livre de Kazuo Ishiguro

    Décembre.
    C'est la première fois que je lis un livre écrit par un homme à la première personne avec un personnage féminin. Et très juste en plus. De même, étonnant, le premier roman étranger où je réalise vraiment comment la langue étrangère (ici écrit en anglais et retranscrivant des dialogues japonais) semble difficile à traduire. C'est aussi difficile à traduire culturellement, d'ailleurs. Si on lit les dialogues sans recul, c'est absurde de politesse et de discussions "vides" (d'un point de vue conversationnel français). Si on lit en se situant mentalement au Japon, ça fait du bien.
    C'est un livre tout en nuances, un livre d'ambiance, qui met en exergue un décalage entre deux monde : avant et après la bombe atomique ; l'occident et l'orient.
  • Un an après (2015)

    Sortie : . Roman, nouvelle et correspondance / journal.

    Livre de Anne Wiazemsky

    Décembre.
    J'avais aimé l'adaptation en film, Le Redoutable, franchement majoritairement pour le personnage de Anne : très jeune femme, forte, qui vogue en équilibre sur les crises de jalousie et élans d'idéaux violents de son mari. Pas une femme victime de sa relation, une femme qui sait en identifier les excès, sait se taire ou parler, et trace sa vie.
    Dans le livre, ça ne manque pas. L'adaptation cinématographique est finalement très fidèle au livre. Le livre, lui, est peut être plus encore témoin de son époque que d'une relation amoureuse : témoin de 68, témoin d'une élite artistique scandaleusement jeune, d'un état d'esprit si particulier, et finalement, d'une parenthèse qui semble irréaliste aujourd'hui.
    Une parenthèse, c'est exactement ça. Un morceau d'histoire vu et raconté par Anne (et tout son arrière plan social et culturel), et refermé ensuite, par le mois de juin, simplement.
    C'est bien écrit, ça se dévore, c'est intelligent, c'est un équilibre fin entre le récit de vie, historique, et le roman. Romanesque, ces personnages et lieux de 68 le sont : un Jean-Jock qui connait tous les chants partisans et vit dans le salon d'une Anne qui se balade partout en patins à roulettes d'enfant, un Odéon en salle de débat jonché d'ordures, une Sorbonne retournée par un Cohn-Bendit expulsé de France...