Bruno Podalydès - Commentaires

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9 films

par Thaddeus

Bruno Podalydès (excellent acteur également, au passage) a offert au cinéma français, et tout particulièrement au genre sinistré de la comédie, certains des plus beaux chapitres de son histoire récente. Son humour exquis, sa faculté à croquer ses personnages, son ton humain et chaleureux et l’acuité de son propos en font un auteur de premier ordre.

Mon top :

1. Dieu seul me voit (1998)
2. Liberté-Oléron (2001)
3. Versailles rive gauche (1994)
4. Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé (2012)
5. Les 2 Alfred (2020)

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    Versailles Rive Gauche (1992)

    47 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Philippe Uchan

    En 1931 Renoir fit rire avec le bruit d’une chasse d’eau. Soixante ans plus tard, Podalydès s’amuse en postulant son interdit. Censurez la trivialité, il en découle une série de désagréments. Appelés au secours, frères, voisins, copains, amie (ronde, dans tous les sens du terme) du copain, copains des copains affluent. Le héros, qui espérait passer la soirée avec une jolie fille, voit son territoire étroit submergé sous l’effet cabine du paquebot des Marx brothers. Plus la concentration humaine est dense, plus les écarts sociaux sont vastes, que l’auteur repère sans rien faire pour les atténuer ou les colmater. Et le film, formidablement interprété par les fidèles du cinéaste, liquide tout écrasant surmoi Nouvelle Vague en intégrant le principe sine qua non de la comédie : le crescendo. Quarante minutes de bonheur.
  • Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers) (1998)

    2 h. Sortie : . Comédie et romance.

    Film de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Jeanne Balibar, Isabelle Candelier

    Albert Jeanjean est un trentenaire hésitant, lunaire, velléitaire, qui promène sa silhouette dégingandée et son front dégarni le long de désopilantes tribulations sentimentales. Il pourrait être l’alter-ego comique de Paul Dedalus, autre vrai-faux séducteur mémorable du cinéma français des années 90. Émaillé de clins d’œil tintinophiles et de digressions loufoques, faisant naître une poésie du quotidien souple comme le hasard qui louvoie tantôt du côté du burlesque rêveur, tantôt du côté de la tendre satire, le journal intime pétille dans toute sa malicieuse fantaisie, égrène une série de flirts inaboutis avec un bataillon de jeunes femmes aussi différentes que désirables, et délivre un art délicieux du gag élastique : le car des donneurs de sang, la projection privée, la blague foirée devant les amis de la soupirante…
  • Bande-annonce

    Liberté-Oléron (2001)

    1 h 47 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Guilaine Londez, Patrick Pineau

    Davantage que dans le précédent film, Podalydès cache derrière une légèreté ensoleillée, une humeur souriante et d’authentiques moments de délire comique une bonne dose de doute et d’inquiétude, déplaçant dans le cadre familial ses interrogations autour de la nostalgie de l’enfance et de la peur de devenir adulte. Scène après scène, au gré d’une foule de détails incisifs et de notations cocasses (cette fichue glaviole…), son sens de l’observation laisse effleurer des frustrations et inimitiés qui éclatent lors d’une dernière demi-heure en forme de baquet d’amertume. Le divertissement est salé, la partie de plaisance vire au vinaigre et le film de vacances au psychodrame sans quitter les eaux de la comédie joyeuse. Ce qui s’appelle exercer un sacré talent d’équilibriste et affirmer un ton bien à soi.
  • Bande-annonce

    Le Mystère de la chambre jaune (2003)

    1 h 58 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Jean-Noël Brouté, Claude Rich

    Au commencement était le jeu, multiple et mutin : jeu du factice revendiqué (le bonheur est dans le pré-générique), des chromos assumés (le lieu du crime a tout de Moulinsart), de l’excentricité azimutée (la victime est la fille d’un savant Cosinus, le nez dans ses inventions farfelues), jeu du premier degré aussi (les acteurs font fuser les répliques comme des gourmets de la langue) ou furieusement outré des hôtes, folâtrant dans le boulevard policier. En adaptant un roman parmi les plus excitants de la littérature populaire, Podalydès trouve la juste formule entre l’immobilisme potentiel du pastiche "petit illustré" et la folie des personnages et des situations, entre la stylisation des archétypes et la fantaisie rocambolesque d’un puzzle criminel fleurant l’hommage émerveillé. L’ensemble est assez savoureux.
  • Le Parfum de la dame en noir (2005)

    1 h 55 min. Sortie : . Comédie et policier.

    Film de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Sabine Azéma, Zabou Breitman

    Mieux vaut avoir vu le film précédent pour espérer comprendre celui-ci. Car ce second volet est un entortillement de fausses pistes en trompe-l’œil, un tourbillon de loufoquerie excentrique agencé telle une pièce d’orfèvrerie Belle Époque (rafistolages heureux, machineries de brocante, mécaniques ridicules à effet immédiat). Terrain : une île, un château fort. Problème : comment Ballmeyer va-t-il entrer pour ravir sa victime ? Suspects : tout le monde. Méthode : suivre le bon bout de sa raison, réfléchir, attendre. Et le spectateur de savourer les numéros d’acteurs, d’admirer la virtuosité de géomètre dont témoigne le cinéaste, la précision comique de certaines scènes, le raffinement esthétique de l’image, en regrettant peut-être (un peu) que ces qualités ne brisent pas l’étrange hermétisme de l’ensemble.
  • Bande-annonce

    Adieu Berthe, l'enterrement de mémé (2012)

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Valérie Lemercier, Isabelle Candelier

    Après une longue séparation, voici la joie de mes retrouvailles avec Denis Podalydès chez son frère, alourdi du poids de l’expérience conjugale et familiale, avec Isabelle Candelier également, belle, épanouie, la cinquantaine rayonnante. Si le film est à nouveau très drôle, peaufinant un comique de poche aux effets savoureux et aux seconds rôles très payants, il offre aux interrogations habituelles de nouvelles perspectives, plus graves peut-être, en faisant entrer la mort et le deuil dans la problématique. L’épouse comme meilleure amie, le double sens du texto final : altruisme généreux et papillonnage lunaire, peut-être les deux credos d’une œuvre émouvante, chaleureuse, vibrante, qui distille une morale de l’indécision sans jamais renier la valeur de l’engagement, du courage et de la fidélité.
  • Bande-annonce

    Comme un avion (2015)

    1 h 45 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Bruno Podalydès avec Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui

    Jamais sans doute l’inclination de l’auteur au vagabondage, à l’épicurisme tranquille, à la satisfaction des marottes les moins grandioses, se sera autant épanouie qu’ici. Avec son physique de Chabat débonnaire, foncièrement sympathique, l’acteur-cinéaste offre une mini-odyssée au fil de l’eau, stagnant sur presque toute sa longueur dans un havre de paix duquel, consciemment ou non, il a le plus grand mal à décoller – pour son plus grand plaisir. Déclinant sur un registre moins grinçant le périple vacancier de "Liberté-Oléron", il exalte l’ivresse d’un burlesque rêveur, la douceur de la paresse, la présence délectable des arbres, des filles et du vin. Il arrive que le récit patine un peu dans sa deuxième partie, mais la poésie lunaire et la désopilante humeur de l’ensemble garantit le rire et le bien-être.
  • Bande-annonce

    Bécassine ! (2018)

    1 h 42 min. Sortie : . Aventure et comédie.

    Film de Bruno Podalydès avec Emeline Bayart, Karin Viard, Denis Podalydès

    Le visage pâle, un peu ingrat mais expressif comme celui d’un nourrisson, les mains noueuses, la coiffe et le tablier blancs découpés sur l’émeraude d’une ample blouse… Voici Bécassine, soubrette bretonne ayant accompagné en planches dessinées quelques générations d’un autre temps. Le cinéaste la ressuscite sans chercher à lui insuffler cette touche de fausse modernité qui aurait trahi un projet entièrement fondé sur la naïve simplicité d’un récit fantaisiste, distendu, émaillé de facétieuses trouvailles poétiques. S’ébrouant dans le rétro Belle-époque d’un monde saugrenu et chaleureux, où les barrières de classe s’effacent à la faveur du bien-être commun, le film joue d’un anachronisme jamais passéiste pour mieux s’exonérer des conventions édifiantes de la fable enfantine. Mineur mais charmant.
  • Bande-annonce

    Les 2 Alfred (2020)

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Bruno Podalydès avec Denis Podalydès, Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain

    Une start-up cachant son agressivité ultra-concurrentielle sous des airs de cours de récré, des travailleurs précarisés cumulant les petits boulots, des drones s’échouant sur les trottoirs, des voitures sans chauffeur dysfonctionnelles, des montres trop bavardes et autres bricoles technologiques interférant dans les rapports humains… Bienvenue dans le monde ubérisé d’aujourd’hui, que le cinéaste étrille à coup de savoureuses trouvailles loufoques et de désopilants gags à double détente. Si Podalydès s’affirme à nouveau comme le plus drôle, subtil et intelligent des auteurs actuels de comédies françaises, c’est parce qu’il conjure les assauts de notre société hyperconnectée via son sens mordant du détail et de l’observation, sa pensée tendre et aérée, son inclination à la rêverie, à l’entraide et au vagabondage.