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16 livres

par Nathan Oupresque
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  • Gatsby le magnifique (1925)

    The Great Gatsby

    Sortie : 1925. Roman.

    Livre de F. Scott Fitzgerald

    -"les remous qu'entraînait le sillage de ses rêves"
    -"Debout, il regardait la grenaille argentée des étoiles. Quelque chose, dans la nonchalance de son attitude et l'assurance avec laquelle il foulait la pelouse, m'a conduit à penser que c'était Mr Gatsby en personne, venu évaluer quelle superficie de notre ciel commun lui appartenait en propre."
    -"Des ombres se pressaient l'une contre l'autre au fond des voitures à l'arrêt, et des voix chantaient, et des rires saluaient de mystérieuses plaisanteries, et des points rouges de cigarettes soulignaient des gestes inexplicables. "
  • Du côté de chez Swann (1913)

    Sortie : 1913. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    - "Il se rappela les becs de gaz qu’on éteignait boulevard des Italiens, quand il l’avait rencontrée contre tout espoir parmi les ombres errantes, dans cette nuit qui lui avait semblé presque surnaturelle et qui en effet ― nuit d’un temps où il n’avait même pas à se demander s’il ne la contrarierait pas en la cherchant, en la retrouvant, tant il était sûr qu’elle n’avait pas de plus grande joie que de le voir et de rentrer avec lui ― appartenait bien à un monde mystérieux où on ne peut jamais revenir quand les portes s’en sont refermées. Et Swann aperçut, immobile en face de ce bonheur revécu, un malheureux qui lui fit pitié parce qu’il ne le reconnut pas tout de suite, si bien qu’il dut baisser les yeux pour qu’on ne vît pas qu’ils étaient pleins de larmes. C’était lui-même."


    -"Parfois, au bord de l’eau entourée de bois, nous rencontrions une maison dite de plaisance, isolée, perdue, qui ne voyait rien du monde que la rivière qui baignait ses pieds. Une jeune femme dont le visage pensif et les voiles élégants n’étaient pas de ce pays et qui sans doute était venue, selon l’expression populaire, « s’enterrer » là, goûter le plaisir amer de sentir que son nom, le nom surtout de celui dont elle n’avait pu garder le cœur, y était inconnu, s’encadrait dans la fenêtre qui ne lui laissait pas regarder plus loin que la barque amarrée près de la porte. Elle levait distraitement les yeux en entendant derrière les arbres de la rive la voix des passants dont avant qu’elle eût aperçu leur visage, elle pouvait être certaine que jamais ils n’avaient connu, ni ne connaîtraient l’infidèle, que rien dans leur passé ne gardait sa marque, que rien dans leur avenir n’aurait l’occasion de la recevoir. On sentait que, dans son renoncement, elle avait volontairement quitté des lieux où elle aurait pu du moins apercevoir celui qu’elle aimait, pour ceux-ci qui ne l’avaient jamais vu. Et je la regardais, revenant de quelque promenade sur un chemin où elle savait qu’il ne passerait pas, ôter de ses mains résignées de longs gants d’une grâce inutile."
  • À l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919)

    Sortie : 1919. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    Il n’y a pas d’homme si sage qu’il soit, me dit-il, qui n’ait à telle époque de sa jeunesse prononcé des paroles, ou même mené une vie, dont le souvenir ne lui soit désagréable et qu’il ne souhaiterait être aboli. Mais il ne doit pas absolument le regretter, parce qu’il ne peut être assuré d’être devenu un sage, dans la mesure où cela est possible, que s’il a passé par toutes les incarnations ridicules ou odieuses qui doivent précéder cette dernière incarnation-là. Je sais qu’il y a des jeunes gens, fils et petits-fils d’hommes distingués, à qui leurs précepteurs ont enseigné la noblesse de l’esprit et l’élégance morale dès le collège. Ils n’ont peut-être rien à retrancher de leur vie, ils pourraient publier et signer tout ce qu’ils ont dit, mais ce sont de pauvres esprits, descendants sans force de doctrinaires, et de qui la sagesse est négative et stérile. On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner, car elle est un point de vue sur les choses. Les vies que vous admirez, les attitudes que vous trouvez nobles n’ont pas été disposées par le père de famille ou par le précepteur, elles ont été précédées de débuts bien différents, ayant été influencées par ce qui régnait autour d’elles de mal ou de banalité. Elles représentent un combat et une victoire. Je comprends que l’image de ce que nous avons été dans une période première ne soit plus reconnaissable et soit en tous cas déplaisante. Elle ne doit pas être reniée pourtant, car elle est un témoignage que nous avons vraiment vécu, que c’est selon les lois de la vie et de l’esprit que nous avons, des éléments communs de la vie, de la vie des ateliers, des coteries artistiques s’il s’agit d’un peintre, extrait quelque chose qui les dépasse.
  • Le Côté de Guermantes (1921)

    Sortie : 1921. Roman.

    Livre de Marcel Proust

    C’est aux bords du lac qui conduisent à cette île et le long desquels, dans les dernières semaines de l’été, vont se promener les Parisiennes qui ne sont pas encore parties, que, ne sachant plus où la retrouver, et si même elle n’a pas déjà quitté Paris, on erre avec l’espoir de voir passer la jeune fille dont on est tombé amoureux dans le dernier bal de l’année, qu’on ne pourra plus retrouver dans aucune soirée avant le printemps suivant. Se sentant à la veille, peut-être au lendemain du départ de l’être aimé, on suit au bord de l’eau frémissante ces belles allées où déjà une première feuille rouge fleurit comme une dernière rose, on scrute cet horizon où, par un artifice inverse à celui de ces panoramas sous la rotonde desquels les personnages en cire du premier plan donnent à la toile peinte du fond l’apparence illusoire de la profondeur et du volume, nos yeux passant sans transition du parc cultivé aux hauteurs naturelles de Meudon et du mont Valérien ne savent pas où mettre une frontière, et font entrer la vraie campagne dans l’œuvre du jardinage dont ils projettent bien au delà d’elle-même l’agrément artificiel ; ainsi ces oiseaux rares élevés en liberté dans un jardin botanique et qui chaque jour, au gré de leurs promenades ailées, vont poser jusque dans les bois limitrophes une note exotique. Entre la dernière fête de l’été et l’exil de l’hiver, on parcourt anxieusement ce royaume romanesque des rencontres incertaines et des mélancolies amoureuses [...]. Et le dernier équipage passé, quand on sent avec douleur qu’elle ne viendra plus, on va dîner dans l’île ; au-dessus des peupliers tremblants, qui rappellent sans fin les mystères du soir plus qu’ils n’y répondent, un nuage rose met une dernière couleur de vie dans le ciel apaisé. Quelques gouttes de pluie tombent sans bruit sur l’eau antique, mais dans sa divine enfance restée toujours couleur du temps et qui oublie à tout moment les images des nuages et des fleurs. Et après que les géraniums ont inutilement, en intensifiant l’éclairage de leurs couleurs, lutté contre le crépuscule assombri, une brume vient envelopper l’île qui s’endort ; on se promène dans l’humide obscurité le long de l’eau où tout au plus le passage silencieux d’un cygne vous étonne comme dans un lit nocturne les yeux un instant grands ouverts et le sourire d’un enfant qu’on ne croyait pas réveillé. Alors on voudrait d’autant plus avoir avec soi une amoureuse qu’on se sent seul et qu’on peut se croire loin.
  • Lorenzaccio (1834)

    Sortie : 1834. Théâtre.

    Livre de Alfred de Musset

    -"Le sourire, ce doux épanouissement qui rend la jeunesse semblable aux fleurs, s’est enfui de ses joues couleur de soufre, pour y laisser grommeler une ironie ignoble, et le mépris de tout."
    -"Pour dormir tranquille, il faut n’avoir jamais fait certains rêves."
  • Madame Bovary (1857)

    Sortie : 1857. Roman.

    Livre de Gustave Flaubert

    -"(ils) se détachaient comme des comètes sur l’immensité ténébreuse de l’histoire"
  • 1984 (1949)

    Nineteen Eighty-Four

    Sortie : . Science-fiction et roman.

    Livre de George Orwell

    -"Le travail physique épuisant, le souci de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et, surtout, le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits."
    - (Winston, sur son cahier) "Au temps où les hommes sont dissemblables mais ne sont pas solitaires"
  • Le Comte de Monte-Cristo (1844)

    Sortie : 1844. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas

    -"Le coeur se brise, lorsque après avoir été dilaté outre mesure par l'espérance à la tiède haleine, il rentre et se referme dans la froide réalité"
    -"Quand je travaille, il y a des moments où je ne me souviens plus, et quand je ne me souviens plus, je suis heureux à la manière des morts; mais cela vaut encore mieux que de souffrir"
    -"C'est un des orgueils de notre pauvre humanité, que chaque homme se croie plus malheureux qu'un autre malheureux qui pleure et qui gémit à côté de lui. "
    -"Les blessures morales ont cela de particulier qu'elles se cachent, mais ne se referment pas; toujours douloureuses, toujours prêtes à saigner quand on les touche, elles restent vives et béantes dans le coeur "
  • Lettre d'une inconnue (1922)

    Brief einer Unbekannten

    Sortie : 1922. Nouvelle.

    Livre de Stefan Zweig

    -"Seuls les enfants solitaires peuvent garder pour eux toute leur passion : les autres dispersent leur sentiment dans des bavardages et l'émoussent dans des confidences ; ils ont beaucoup entendu parler de l'amour, ils l'ont retrouvé dans les livres, et ils savent que c'est une loi commune. Ils jouent avec lui comme un hochet ; ils en tirent vanité, comme un garçon de sa première cigarette."
  • Le Bal du comte d'Orgel (1924)

    Sortie : 1924. Roman.

    Livre de Raymond Radiguet

    Mais tout rentra bientôt dans l'ordre, c'est-à-dire dans les ténèbres.
    (c'est le titre de la critique de NadineSarah)
  • Mammifères (2003)

    Sortie : 2003. Roman.

    Livre de Pierre Mérot

    - "des lambeaux de famille"
  • L'Œuvre au noir (1968)

    Sortie : 1968. Roman.

    Livre de Marguerite Yourcenar

    - "Elle n'aurait de lui que l'aumône d'un petit rêve"
    - "Tout de suite, Messer Alberico s'éprit de cette fillette aux seins fluets, au visage effilé, vêtue de raides velours brochés qui paraissaient la soutenir [...] Des paupières nacrées, presque roses, sertissaient ses pâles yeux gris, sa bouche un peu tuméfiée semblait toujours prête à exhaler un soupir, ou le premier mot d'une prière ou d'un chant [...] Par un soir de neige qui faisait rêver davantage de lits bien chauds dans des chambres bien closes, une servante subornée introduisit Messer Alberico dans l'étuve où Hilzonde frottait de son ses longs cheveux crêpelés qui l'habillaient à la façon d'un manteau. L'enfant se couvrit le visage, mais livra sans lutte aux yeux, aux lèvres, aux mains de l'amant son corps propre et blanc comme une amande mondée. Cette nuit là, le jeune Florentin but à la fontaine scellée, apprivoisa les deux chevreaux jumeaux, apprit à cette bouche les jeux et les mignardises de l'amour. A l'aube, une Hilzonde enfin conquise s'abandonna tout entière, et le matin, grattant du bout des ongles la vitre blanche de gel, elle y grava à l'aide d'une bague de diamant ses initiales entrelacées à celles de son amant, marquant ainsi son bonheur dans cette substance mince et transparente, fragile, certes, mais à peine plus que la chair et le coeur. Leurs délices s'accrurent de tous les plaisirs du temps et du lieu : musiques savantes qu'Hilzonde exécutait sur un petit orgue hydraulique que lui avait donné son frère, vins fortement épicés, chambres chaudes, promenades en barque sur les canaux encore bleus du dégel ou chevauchées de mai dans les champs en fleur."
  • Le Soulier de satin (1929)

    Sortie : 1929. Roman.

    Livre de Paul Claudel

    Allons tout doucement à notre aise. C'est délicieux de tremper dans cette espèce de lumière liquide qui fait de nous des êtres divins et suspendus, des corps glorieux.
    Il n'y a plus besoin de mains pour saisir et de pieds pour vous porter.
    On avance comme les anémones de mer, en respirant, par le seul épanouissement de son corps et la secousse de sa volonté.
    Tout le corps ne fait plus qu'un seul sens, une planète attentive aux autres planètes suspendues.
    Je sens directement avec mon coeur chaque battement de ton coeur.
    L'eau porte tout. C'est délicieux, l'oreille au raz de l'eau, de percevoir toutes ces musiques confuses, les danseurs autour de la guitare,
    La vie, les chants, les paroles d'amour, l'innombrable craquement de toutes ces paroles imperceptibles
  • Anna, soror... (1981)

    Sortie : 1981. Récit.

    Livre de Marguerite Yourcenar

    "Les étroites flaques luisantes des marécages s'éteignaient une à une"
    "Il finit par s'appuyer au battant. Il sentit qu'elle s'y appuyait aussi; le tremblement de leurs deux corps se communiquaient aux boiseries. Il faisait entièrement noir : chacun écoutait dans l'ombre le halètement d'un désir pareil au sien"
  • La Maison du chat-qui-pelote (1830)

    Sortie : 1830. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    "Augustine avait reçu du hasard une âme assez élevée pour sentir le vide de cette existence. "

    "Rien de plus naturel que ces deux passions inverses nées dans le silence de ces comptoirs obscures comme fleurissent des violettes dans la profondeur d'un bois. La muette et constante contemplation qui réunissait les yeux de ces jeunes gens par un besoin violent de distraction au milieu de travaux obstinés et d'une paix religieuse, devait tôt ou tard exciter des sentiments d'amour."

    "Virginie, donnant le bras à son père, suivait sa jeune sœur humblement et dans de plus simples atours, comme une ombre nécessaire aux harmonies de ce tableau."
  • L'insurrection qui vient (2007)

    Sortie : mars 2007. Essai.

    Livre de Comite Invisible

    "D’une gare, d’un centre commercial, d’une banque d’affaires, d’un hôtel à l’autre, partout cette étrangeté, si banale, tellement connue qu’elle tient lieu de dernière familiarité."

    "On ne se débarrasse pas de ce qui nous entrave sans perdre dans le même temps ce sur quoi nos forces pourraient s’exercer."