Vivez toutes les émotions du cinéma avec Orange

Double Bind

Avatar Senscritchaiev Liste de

23 livres

par Senscritchaiev

Quand l'auteur se regarde écrire dans le miroir... ces romans où le héros est romancier.

Trier par : Tri par défaut
  • Tri par défaut
  • Note globale
  • Ordre alphabétique
  • Date de sortie
  • Notes de mes éclaireurs
  • Note de l'auteur de la liste
  • Derniers ajouts
  • 1

    La Contrevie (1986)

    The Counterlife

    Sortie : 1986. Roman.

    Livre de Philip Roth

  • 2
  • 3

    L'Image dans le tapis (1896)

    The Figure in the Carpet

    Sortie : 1896. Nouvelle.

    Livre de Henry James

  • 4

    Du côté de chez Swann (1913)

    Sortie : 1913. Roman.

    Livre de Marcel Proust

  • 5
  • 6

    Le Vol d'Icare (1968)

    Sortie : 1968. Roman.

    Livre de Raymond Queneau

  • 7

    Scandale (1988)

    スキャンダル

    Sortie : janvier 1988.

    Livre de Shūsaku Endō

  • 8

    À la vitesse de la lumière (2006)

    Sortie : août 2006. Roman.

    Livre de Javier Cercas

  • 9

    Au-dessus de l'abysse (1927)

    Blue Voyage

    Sortie : 1927. Roman.

    Livre de Conrad Aiken

  • 10

    Stello (1832)

    Sortie : 1832. Roman.

    Livre de Alfred De Vigny

    Nouvelle figure du Paria selon Vigny : le Poète. Si le sujet est un peu casse gueule, surtout quand on a la réputation d’être un brin chouinard et romantique-les-cheveux-au-vent, le résultat, lui, en est d’autant plus étonnant, et réjouissant. Usant d’un dédoublement bien inspiré, ce rusé d’Alfred, dandy baudelairien avant l’heure, imagine d’envoyer un médecin particulièrement ironique et désabusé, un certain Docteur Noir, au chevet de l’étoilé Stello, jeune plumitif atteint d’une mélancolie aussi banale (pour l’époque) que tonitruante. Plutôt que de le réconforter, voilà que notre intraitable Diogène se met à lui raconter trois histoires effroyables pour bien lui prouver que quel que soit le régime politique le Pouvoir toujours haïra les artistes, trop libres et indépendants pour être tolérés, et sans cesse causera leur perte. Des histoires mettant en scène Louis XV, Chatterton ou Robespierre, et qui loin d’orchestrer une simple plainte d’enfant gâté, dressent plutôt - sur un ton désespérément joyeux - le constat politique et philosophique d’un monde où il ne fera jamais bon vivre en société. Plutôt que de s’en plaindre, conclut le Black Doctor, le Poète doit plutôt se féliciter de n’être pas un homme d’action, et continuer à caresser sa muse en soldat solitaire, loin de la foule hurlante.
  • 11

    Le Don (1938)

    Дар

    Sortie : 1938. Roman.

    Livre de Vladimir Nabokov

    Dans sa préface, composée à quelques trente ans de distance, Nabokov remarque comme en passant que le Don aura été son dernier roman écrit en russe, alors qu’il vivait depuis plus de dix ans à Berlin. Comme un adieu à sa langue maternelle donc, et à la première partie de sa vie, l’européenne, alors qu’il s’apprête à quitter le Vieux Continent pour les Etats Unis, et le russe pour l’anglais. Roman en russe donc, mais aussi roman sur le russe, puisque toute l’attention de son jeune héros poète est tournée presque exclusivement sur les outils de son art : comment manier les mots, et comment les autres les ont-ils maniés avant lui. Or chez Nabokov, de mot à mort il n’y a qu’un pas, qu’une lettre, un air léger et fugace : entre dire et se souvenir, la frontière est savamment maintenue floue. Texte en miroir, en somme : mémoire de l’écrivain se rappelant l’écrivant qu’il fut, lui même se rappelant le pays qu’il a fuit. Exils au carré, toujours recommencés, car une fois parti, c’est la perte qui devient la seule présence qui fait sens, fut-elle impondérable et invisible. Fedor s’accroche, pour permettre peut-être à Vladimir de s’en aller. Fedor ne laisse rien passer, ni le temps ni les baisers, et rêve d’écrire un roman qui serait le premier. Qu’il n’écrira peut-être jamais, mais que pourtant on vient de lire, la dernière page refermée.
  • 12

    L'Écornifleur (1892)

    Sortie : 1892. Roman.

    Livre de Jules Renard

    On retrouve dans ce roman de jeunesse tout ce qui fait le charme de l’ami Jules : un esprit acéré, toujours à l’affût des ridicules humains, mais dont la méchanceté n’est jamais cruelle. Avec cette histoire d’écrivain immanquablement à côté de la plaque, racontée à la première personne, qui s’invite au sein d’un couple de quarantenaire tout ce qu’il y a de plus étriqué (écornifleur est un joli mot pour dire pique-assiette), il parvient à mêler humour et mélancolie avec beaucoup de finesse. Son héros qui voudrait mais n’ose pas semble passer à côté de la vie avec une application qui lui attire immédiatement la sympathie du lecteur. Sens de la formule et tristesse diffuse sans aucun apitoiement, la méthode Renard fait mouche.
  • 13

    La Mise à mort (1965)

    Sortie : 1965. Roman.

    Livre de Louis Aragon

    Roman sur le roman, texte miroir, voyage aux confins de la littérature, en équilibre sur le vide, La mise à mort est un livre beaucoup trop compliqué, beaucoup trop complexe, pour une simple note sur SC. C'est que certains passages sont simplement grandioses, un 10 direct forcément, mais que le livre dans son ensemble est tout de même un peu décevant, volontairement ? Aragon joue : avec les époques, les temporalités, les nerfs du lecteur, les faux-semblants, les conventions littéraires. Parfois ça fait des étincelles, donc (les triples reflets de Christian, le miroir vide d'Anthoine, les deux merveilleuses nouvelles insérées au milieu), et parfois c'est à hurler d'ennui et de complaisance, une maladie de vieillesse qu'on a du mal à passer à Aragon, même s'il en est totalement conscient, et qu'il s'agit ouvertement de sa part d'une espèce d'hygiène : tout dire, tout avouer, tout raconter, se mettre à nu, se mettre à mort.
  • 14

    Paludes (1895)

    Sortie : 1895. Récit.

    Livre de André Gide

  • 15

    La Vraie Vie de Sebastian Knight (1940)

    The Real Life of Sebastian Knight

    Sortie : 1940. Roman.

    Livre de Vladimir Nabokov

    Evidemment, au dernier livre écrit en russe succède le premier livre écrit en anglais, et si thématiquement - la vie d’un jeune auteur - les deux romans sont assez proches, ils ne pourraient pas être plus éloignés l’un de l’autre stylistiquement. Peut-être que Nabokov ne se sent pas encore assez à l’aise dans cette nouvelle langue pour y jouer comme un chien dans une flaque de boue, ou bien au contraire peut-être profite-t-il de la distance entre lui et l’idiome pour épurer son récit, aller à l’os, restreindre son ambition ? En tout cas, on est loin ici des circonvolutions étouffantes du Don, et si la préoccupation reste fixée sur la mémoire ou les liens entre l’art et la vie, cette fois l’ambiguité est traitée via la diégèse (un narrateur empoté qui tente de faire la biographie de son frère écrivain mort trop tôt) comme pour aborder le problème d’un autre point de vue. Moins brillant, moins expérimental, moins impressionniste certes mais finalement ce petit moment d’humilité ne sied pas si mal à Nabokov, lui toujours si prompt à prendre de haut lecteurs et prédécesseurs.

    « Une femme de sa sorte n’attache pas de valeur aux livres ; sa propre vie lui paraît contenir les émotions d’une centaine de romans. Condamnée à passer un jour entier enfermée dans une bibliothèque, on l’eût trouvée morte vers midi. Je suis absolument persuadé que Sebastian ne fit jamais allusion à son travail en sa présence : autant parler cadrans solaires avec une chauve-souris ! Laissons donc notre chauve-souris palpiter des ailes et tourner en rond dans la nuit qui tombe : grossière contrefaçon d’hirondelle. »
  • 16

    Sixtine (1890)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Rémy de Gourmont

    Sixtine creuse, en ce XIXe siècle aux abois, la veine ouverte par Musset ou Constant plusieurs décennies plus tôt : le roman-solliloque, plongée introspective dans un cerveau mis en ébullition par la torture amoureuse. Forcément plus décadent, plus épuisé, plus nietzschéen, Gourmont se veut l'explorateur d'un continent sauvage et dangereux, son propre cerveau, avec la folle ambition de maitriser une fois pour toute, par la seule force de la volonté, tous les recoins de ce territoire étrange. Et ce n'est pas le moindre charme de cette histoire sans rebondissements de raconter par le détail un échec retentissant. Malheureusement, le parti-pris de départ - suivre un héros à l'orgueil démesuré qui pense pourvoir décider de tout, et ne vivre que par la force de son intellect, est à double tranchant, et le texte, tout brillant qu'il est, ne peut se départir d'une froideur excessive qui finit par lasser un peu.

    "C'était le moment de la retraite ou le moment des audaces ; il prit le premier parti, le second ne lui était pas venu à l'idée. Quand il s'agissait d'autrui ou quand il réfléchissait à loisir sur ses propres aventures sentimentaires, Entragues avait une remarquable lucidité d'esprit ; devant la cause elle-même, la cause en personne, agissante et parlante, il se troublait, comme un éternel écolier obéissait, sans se rendre compte de sa sottise, à ces fausses insinuations des femmes qui demandent une violette pour avoir une rose."
  • 17

    Salmigondis (1979)

    Mulligan Stew

    Sortie : 1979. Roman.

    Livre de Gilbert Sorrentino

  • 18

    Gloire tardive (2016)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Arthur Schnitzler

    Vienne, 1895 : le Schnitzler qui compose cette longue nouvelle (court roman) est encore un peu une sorte de débutant, même s’il n’est pas tout jeune et a déjà un passé de médecin derrière lui. Jugée trop développée par le rédacteur du journal qui l’avait commandée, l’oeuvre restera dans les cartons du romancier jusqu’à l’année dernière, mais il ne s’agit donc pas d’un fond de tiroir, elle était prête à être publiée.
    Bref, un inédit d’Arthur, c’est toujours chouette, même si comme ici il n’est pas vraiment comparable aux oeuvres de la maturité. Disons que le thème (un vieillard qui a sorti un livre de poème à 20 ans puis est tombé dans l’oubli, retournant à sa vie ennuyeuse de fonctionnaire) est attirant, que Schnitzler en profite pour aiguiser sa cruauté et sa humour à froid, et que le tout, écrit un peu platement, se lit néanmoins avec plaisir. Mais j’ai tout de même senti un problème structurel difficilement surmonté par Schnitzler : l’histoire, pour frapper le lecteur, a certes besoin de se développer un peu dans le temps, mais tel quel, elle n’a pas les épaules pour remplir 150 pages. Il aurait fallu une intrigue parallèle, ou un tableau plus poussé de la bohème viennoise (ici, les portraits à charge sont amusants mais très limités) pour éviter les redites et légères plages d’ennui qui s’installent et affaiblissent le texte.
  • 19

    L'Écrivain raté (1932)

    Escritor fracasado

    Sortie : . Recueil de nouvelles.

    Livre de Roberto Arlt

    En développant sur quelques dizaines de pages la confession d’un jeune plumitif qui n’aura écrit qu’un seul livre avant de sombrer dans les affres de la page blanche, Arlt s’en donne à coeur joie et trousse une nouvelle tout ce qu’il y a de plus caustique. Le pauvre narrateur, vaniteux et cossard comme il se doit, y passe par toutes les étapes de l’artiste maudit qui ne peut sortir du cercle infernal dans lequel il s’est enfermé. De quoi faire passer toute velléité !
  • 20

    Les Travaux et les Jours de Svistonov (1929)

    Trudy i dni Svistonova

    Sortie : 1929. Roman.

    Livre de Konstantin Vaguinov

    Le Svistonov du titre est romancier de son état, et à travers son quotidien fait de rencontre et de transposition littéraire, Vaguinov s’amuse à une joyeuse mise en abyme de sa pratique et de sa propre propension d’écrivain : se nourrir comme d’un vampire de tout ceux qu’il croise pour donner vie à sa prose. Joyeuse mais tragique en même temps car s’il y a une évidente envie chez tous ceux qui apprennent que leur interlocuteur est un créateur - en victimes consentantes c’est eux qui lui demandent de les glisser entre ses pages - le résultat est immanquablement à leurs yeux une trahison. Et de ce qui devrait provoquer une épiphanie, il ne résulte finalement qu’un appauvrissement, voire une humiliation, aux yeux des intéressés. La faute à la littérature ? Pas sûr. Vaguinov semble plutôt décaler les données du problème : n’est-ce pas plutôt le lecteur le grand coupable dans l’affaire, qui voudrait croire que la réalité a plus de valeur dans la fiction que dans le monde qui l’entoure ? Terrible constat qui lui vaudra les foudres de la censure stalinienne.
  • 21

    Mégalomachine (1992)

    Et Tu, Babe

    Sortie : 1992. Roman.

    Livre de Mark Leyner

  • 22

    Les Amours interdites (1953)

    禁色

    Sortie : 1953. Roman.

    Livre de Yukio Mishima

  • 23

    Testament à l'anglaise (1994)

    What a Carve Up!

    Sortie : . Roman.

    Livre de Jonathan Coe

    Ah la la c’est compliqué cette affaire. Car sans aucun doute, Coe sait tresser un récit, y inclure de l’indignation sociale, de l’histoire politique, de la romance, du suspens, quelques gouttes de psychologie, et l’on suit avec curiosité cette vraie fausse enquête qui s’étend sur beaucoup d’années et de pages. Mais bon… je n’arrive pas à me défaire de la sensation que tout ça reste quand même de la littérature de gare, même si c’est une gare de luxe et un train qui roule bien (c’est déjà ça, certes). Jamais je n’ai eu l’impression d’être face à un grand écrivain, plein de souffle, de style, d’originalité, porteur d’un projet ambitieux et risqué. Un peu de larmes, d’espièglerie, c’est plutôt le pays de Candy.