L’univers jeu vidéo rejoint l’app SensCritique. On vous en dit plus ici.

Cover Jérôme Bonnell - Commentaires

Jérôme Bonnell - Commentaires

Faculté renouvelée à capter les mouvements du cœur, à exprimer les affres de la solitude comme les élans d’empathie, direction d’acteurs inspirée, légèreté, charme et gravité : de très beaux atouts qui font de ce réalisateur humble et sensible l’un des cinéastes français les plus doués de sa génération.

Mon top :

1. J’attends quelqu’un (2007)
2. Le chignon d’Olga (2002)
3. À trois on y va (2015)
4. Le temps de l’aventure (2013)
5. La dame de trèfle (2009)

Liste de

6 films

créée il y a presque 11 ans · modifiée il y a plus de 4 ans
Le Chignon d'Olga
6.4

Le Chignon d'Olga (2002)

1 h 36 min. Sortie : 28 août 2002 (France). Comédie dramatique

Film de Jérôme Bonnell

Thaddeus a mis 8/10.

Annotation :

Avec la sérénité et l’acuité d’un explorateur embarquant pour son premier long cours, Bonnell exprime la maladresse d’un geste, la sensualité d’un baiser, la décharge d’adrénaline électrisant un cœur hivernal, la crainte de déceler chez l’autre l’impasse d’un regard, le deuil anesthésié vécu non comme une lutte organique mais comme un doux éther. Il esquive les récifs (indolence de la chronique, morbidité latente, dispersion du film choral), ponctue sa traversée d’escales piquantes (Emma qui se tâte pour virer sa cuti), hilarantes (le stratagème de séduction foireux) ou délicates (l’incartade du papa chagrin désemparé), et fait rayonner le charme de Nathalie Boutefeu, Florence Loiret-Caille et Clotilde Hesme. Magnifiquement interprété, le film est un petit délice de grâce, de tendresse et de légèreté.

Les Yeux clairs
6

Les Yeux clairs (2005)

1 h 27 min. Sortie : 27 avril 2005 (France).

Film de Jérôme Bonnell

Thaddeus a mis 6/10.

Annotation :

À la douceur radieuse du "Chignon d’Olga", le réalisateur oppose un tunnel ténébreux de non-dits et de refoulements qu’il faut vouloir arpenter pour percer la carapace du curieux psychodrame. Il cherche à faire partager l’intimité d’une jeune femme un peu folle n’ayant jamais vraiment quitté les rivages de l’enfance, et qui n’a pas la ressource de se protéger derrière les mots. Il en filme sans pathos les aspérités, prend le temps de l’intégrer dans l’impuissance du kloug familial avant de la lancer, lors d’une seconde partie plus hésitante, dans un voyage initiatique où la recherche du père se conjugue avec la rencontre amoureuse d’un bûcheron mutique. S’il évite le taboulé freudien par sa pudeur intimiste, le film devient alors l’un de ces road-movies exsangues dont se repaît parfois le jeune cinéma français.

J'attends quelqu'un
5.6

J'attends quelqu'un (2007)

1 h 36 min. Sortie : 21 mars 2007 (France). Drame, Romance

Film de Jérôme Bonnell

Thaddeus a mis 8/10.

Annotation :

Bonnell se penche sur quelques destins en pointillés dans la touffeur statique d’une ville de province et noue les fils de trois vies en transit (un jeune paumé de retour au pays, une épouse en absence de passion, un cafetier amoureux d’une prostituée) avec la fébrilité d’un miniaturiste. Ses personnages espiègles ou maladroits racontent tous à leur manière comment la vie, si on ne la saisit pas, peut passer à côté de soi, comment la solitude quotidienne conduit à espérer quelqu’un ou quelque chose qui bouscule l’existence, et finalement comment chacun sort grandi de l’épreuve qu’il aura dû affronter. Dans ce récit baigné d’une chaleur humaine parfois bouleversante, on se croise, s’épie, se fuit, s’aperçoit ou s’étreint, sans jamais s’ignorer ou manquer de s’intéresser à l’autre. Un très beau film.

La Dame de trèfle
6.2

La Dame de trèfle (2010)

1 h 40 min. Sortie : 13 janvier 2010 (France). Policier

Film de Jérôme Bonnell

Thaddeus a mis 7/10.

Annotation :

Il est assez excitant de voir Bonnell importer certains codes du cinéma noir à son registre délicat et intimiste. D’autant plus que la greffe semble attiser l’acuité avec laquelle il dépeint la relation fusionnelle entre un frère et une sœur, leur incapacité à se séparer après la mort de leurs parents, les tourments qui, sous le poids d’un terrible secret, les assaillent bientôt. La force du film est de ne rien prendre au tragique, de se laisser gagner imperceptiblement par la gravité, de développer une histoire de frénésie (rock au bistrot), de corps entravés, de désirs refoulés sans verser dans la psychologie, en s’en remettant pleinement aux pouvoirs du récit et de la direction d’acteurs. Conte moral hanté par la culpabilité, le remords, la peur d’affronter l’existence, il offre de nouvelles couleurs au talent de son réalisateur.

Le Temps de l'aventure
6.2

Le Temps de l'aventure (2013)

1 h 44 min. Sortie : 10 avril 2013. Comédie dramatique, Romance

Film de Jérôme Bonnell

Thaddeus a mis 7/10.

Annotation :

Avec une certaine hardiesse mais sans ambition mal placée, le réalisateur brode cette fois sur le thème éculé de la brève rencontre, de la relation clandestine et éphémère, dont les lendemains miroitent à mesure que les minutes s’écoulent. Il affirme à nouveau la dimension sentimentale d’une approche qui consiste à apprivoiser les regards, les gestes, les moments suspendus, les courants contraires qui ne cessent d’éloigner les corps pour mieux les faire s’enlacer. Le long d’une journée filmée quasiment en temps réel, il raconte l’histoire ludique et grave à la fois d’une attirance réciproque, le vertige laissé par la tentation de tout quitter, les états émotionnels d’une comédienne tragi-comique, un peu fofolle et immature, dont l’aventure amoureuse ne va pas sans à-côtés clownesques.

À trois on y va
6.1

À trois on y va (2015)

1 h 26 min. Sortie : 25 mars 2015 (France). Comédie dramatique

Film de Jérôme Bonnell

Thaddeus a mis 7/10.

Annotation :

Le triangle amoureux, ses différentes combinaisons possibles, son idéal de partage et d’harmonie, revisités à l’aune d’un polyamour délesté de toute considération sociale. Bonnell a quelques solides cartes en main, à commencer par celle de filmer de jolis jeunes gens aux prises avec des hésitations, des espoirs et des atermoiements susceptibles de parler à tout un chacun. On lui sait gré aussi de dépasser le schéma boulevardier un peu prévisible de sa situation de départ pour broder peu à peu dans un tissu plus substantiel où s’entremêlent la fébrilité d’un nouvel horizon et la crainte de blesser les personnes que l’on aime. Mais, toute charmante, sensuelle et bien interprétée qu’elle soit, cette comédie romantique ne parvient pas vraiment à laisser davantage que le souvenir d’un agréable moment.

Thaddeus

Liste de

Liste vue 647 fois