Justine Triet - Commentaires

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3 films

par Thaddeus

En trois films pleins de verve, de perspicacité et d’énergie a émergé une personnalité apte à bousculer les poncifs du cinéma socio-psychologique français, branchée sur des flux intérieurs désordonnés, sachant manier aussi bien un registre comique flirtant avec l’excentricité (pôle Wilder) que les zones plus délicates de l’introspection (pôle Cassavetes). On lui souhaite la même réussite pour l’avenir – avec ou sans la muse qu’elle a contribué à révéler.

Mon top :

1. La bataille de Solférino (2013)
2. Sibyl (2019)
3. Victoria (2016)

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    La Bataille de Solférino (2013)

    1 h 34 min. Sortie : . Drame.

    Film de Justine Triet avec Laetitia Dosch, Vincent Macaigne, Arthur Harari

    6 mai 2012, second tour de l’élection présidentielle. Dans le magma de la foule en fusion, une journaliste télé assure la couverture médiatique au siège du parti socialiste tout en gérant son stress de mère de famille poursuivie par son ex-compagnon borderline. Et le film de procéder par accumulation de crises, ruptures de ton, étincelles cocasses, rageuses, euphorisantes. Ordonnant sans le juguler le chaos d’un récit qui bat la chamade de la comédie échevelée et gronde de la gravité du drame, oscille de la fantaisie à la cruauté, de la chronique familiale à l’aventure collective, la cinéaste affirme un tempérament fiévreux, nerveux, survolté, apte à capter l’air du temps, les tournures de langage, les postures des corps, et accordé aux formidables zouzous humains que sont Laetitia Deutsch et Vincent Macaigne.
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    Victoria (2016)

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Justine Triet avec Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud

    Son deuxième film offre à Triet l’opportunité d’arracher l’étiquette "cinéma improvisé", bordélique et pris sur le vif, qui aurait risqué de la cantonner à une économie fauchée. À la fois chronique du quotidien, analyse psychologique et étude de mœurs féminine (pour ne parler que de son héroïne déréglée), il divertit en amusant de soi : si l’autre est comme moi alors je suis moins unique (et moins égocentrique), et si je suis comme l’autre alors j’ai aussi la capacité de changer. Un vent de fraîcheur et de fantaisie souffle ainsi sur le paysage de la rom’com française, semblant relever d’une météo cyclothymique partagée entre dépression et sauvetage des apparences, responsabilité et infantilisme, et imposant les effluves d’une chimie tantôt grave, tantôt légère, devant beaucoup à la versatilité de son actrice.
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    Sibyl (2019)

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Justine Triet avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel

    Séances de cinéma (39 salles)
    Son passé est un champ de mines, son présent un roman en genèse, et comme pour entretenir le chaos qui semble être le carburant de son existence, Sibyl s’en va danser sur un volcan en éruption – le Stromboli, référence assumée à Rossellini. Mais c’est plutôt du côté de Cassavetes (un soupçon de vérité brute en moins, une touche de légèreté en plus) qu’il faut chercher la filiation de ce portrait de femme exposé aux remous du psychodrame et porté par une Efira troublante, fébrile, abîmée. On peut regretter que ce que Triet gagne en maîtrise, en conscience de ses moyens, elle le perd en fraîcheur. On peut surtout admirer la fluidité et la richesse d’un récit kaléidoscopique pratiquant l’hybridation des tons et jouant brillamment des masques, des doubles, des miroirs, des passerelles entre le réel et la fiction.