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Le remake Américain de film Asiatique : petite faute de goût ou crime contre le cinéma

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10 films

par PelicanCineClub

[Thématique de mai 2018]

Comme le dit le vieil adage Américain, "si de sous-titres, ton film est paré, un remake à la sauce Dallas, tu devras bouffer"

Si cette affirmation est construite de toutes pièces, le Pélican Ciné Club a décidé de voir le verre à moitié plein en ce beau mois de mai et de sortir de sa tanière pour une thématique des plus audacieuses. Oui, le grand remplacement est bien le thème du mois. Pas celui de la fachosphère loin s'en faut, mais le remplacement des hits du ciné asiatique par le rouleau compresseur de l'Oncle Sam.

Car, lorsqu'un producteur hollywoodien lambda n'a plus d'idées, au lieu de prendre sa retraite et aller pécher la truite, ces petits pervers avides de cash préfèrent se lancer dans les remakes. Un moyen simple et écolo de s'en mettre plein les fouilles tout en pompant les bonnes idées d'un autre. Comme pour énormément de choses, les Américains sont de loin les champions autoproclamés en la matière et puisent allègrement dans les pépites asiatiques peu connues du grand public.

Ainsi, se lancer dans de tels visionnages ne peut se faire avec l'esprit serein. "Si des réalisateurs asiatiques méconnus peuvent faire de bons films, alors des grands noms américains devraient pouvoir rendre cela encore mieux n'est-ce pas?" nous demandions-nous fébriles une fois le thème du mois décidé. Du moins, c'est ce que l'on peut croire au premier abord.

Hélas, il n'en est rien. Outre le fait que la plupart de ces remakes ne sont que de pâles copies sans âme auxquels aucune plus-value n'a été faite, certains sont de véritables attentats à la culture, coulés dans le moule des productions US les plus insipides afin de mieux viser un public moyen apathique et friand de sang gratuit.

Voici donc une liste non exhaustive et pas du tout objective de ce que les américains savent faire (copier) le mieux et, rien que de repenser à la qualité globale de la sélection, le Pélican en a encore les plumes qui tremblent.

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    Dernier Recours (1996)

    Last Man Standing

    1 h 41 min. Sortie : . Gangster.

    Film de Walter Hill avec William Sanderson, David Patrick Kelly, Karina Lombard

    Remake d’une poignée de dollars, lui-même remake (ou plagiat selon la traduction) du Yojimbo ou « le garde du corps » du sensei Kurosawa.

    Nouveau contexte mais pitch inchangé, un inconnu débarque dans une ville paumée disputée par deux gangs rivaux, double jeu, déclaration de guerre, tout le monde se fout sur la gueule et c’est Bruce Willis qui repart comme si de rien n’était à la fin du film.

    Pourquoi ? Pour le spectacle tout bêtement et simplement. Un filtre ocre et un peu de poussière pour faire croire à un Western, des fusillades avec chargeur illimité, deux trois têtes connues au casting qui font des grimaces pour paraitre badass, c’est tout ce que le réal a retenu du film de Leone ?

    Un américain qui prend des leçons de Western par un italien et un japonais, pour une vaste blague qu'un John Ford aurait préféré voir sur un carambar qu’au cinéma.
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    Oldboy (US) (2013)

    Old Boy

    1 h 44 min. Sortie : . Action, drame et thriller.

    Film de Spike Lee avec Josh Brolin, Elizabeth Olsen, Sharlto Copley

    Séances de cinéma (1 salle)
    Attention, le Pélican est très énervé sur celui-là. Evidemment, le fait que la victime du massacre soit un chef d'oeuvre, que dis-je, LE chef d'oeuvre de Park Chan-wook n'y aide certainement pas.

    De l'histoire du film d'origine, ne reste que l'intrigue, ici suivie de manière vague, du moins dans son concept. Un homme enfermé 20 ans (5 ans de plus que chez Park, ça c'est sévèrement burné) libéré du jour au lendemain se voit contraint d'enquêter sur tout ce beau bordel tout en étant suspecté du meurtre de sa femme.

    De la déclaration d'amour au bon thriller, ça par contre, il ne reste plus rien. Rythme à la ramasse, jeu d'acteur affreux pour Thanos Brolin ainsi que pour le reste du casting en fait, on oscille entre la gêne honteuse de supporter une telle boucherie et l'envie de rire jaune plus rarement. Tout est "sur-quelque chose" : surjoué, sur-forcé, sur-mal-foutu, et ce dès l'instant où ce looser de Josh sort de sa cellule en mode brute épaisse pour casser des mâchoires, jusqu'au twist final changé pour on ne sait quelle raison obscure.

    En chemin, aucune bourde n'est évitée, du moment où "ma main à couper que ça va tourner autour du trou de balle ct'affaire" à la tentative de recréer le plan-séquence mythique de l'original (lamentablement échouée au passage). Spike Lee, complètement perdu dans le projet, navigue à vue jusqu'à la scène suivante ignorant la définition du mot "montage" pour offrir un résultat des plus insipides.

    L'amateur de sang y retiendra quelques kills sympa dont celui de Rami Malek (Mr. Robot) inexplicablement présent dans ce bourbier ou encore le costume de clown de Samuel L. Jackson.

    Dernière hérésie pour la route, la scène de la dégustation de pouple de l'original est tout bonnement coupée, faisant s'envoler le dernier espoir d'une référence sympa conservée par Spike Lee.

    C'était dur mais le Pélican l'a fait. En animal noble et fier, il a affronté ce massacre de l'un de ses films cultes et en sort groggy mais grandi.
  • Bande-annonce

    Death Note (2017)

    1 h 41 min. Sortie : . Action, aventure, fantastique, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Adam Wingard avec Nat Wolff, Lakeith Stanfield, Margaret Qualley

    Déjà présent dans la sélection 2018 du célèbre Top Purge, Death Note est un autre exemple de mauvaise idée de remake, mais, contrairement aux autres, pas du fait de la qualité du film original. En effet, c'est ici le manga qui fait bien évidemment office de support de base pour rester sain d'esprit.

    Les originaux japonais ne cassant pas non plus trois pattes à un canard, il faut au moins leur reconnaître le mérite d'avoir gardé une certaine cohérence quant à l'écriture des personnages et au déroulement de l'intrigue.

    Dans ce remake US, tout est non seulement baclé pour tenir en format film Netflix mais également complètement débile, des personnages aux situations à l'exception peut être de L. Ce dernier finit quand même par engager une FUSILLADE EN PLEINE RUE (n'oublions jamais) pour parachever un film sans idées qui surfe sur une licence de renom pour faire manger de la merde sans vergogne au spectateur.
  • Bande-annonce

    The Grudge (2004)

    1 h 32 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et thriller.

    Film de Takashi Shimizu avec Sarah Michelle Gellar, Jason Behr, William Mapother

    Nous avons ici affaire au remake de "Ju-on : The Grudge" sorti 2 ans auparavant, dans lequel Buffy ne se bat pas contre des vampires, mais contre une meuf maquillée en blanc avec des grands yeux et une touffe de cheveux noire. Enfin, "se battre" est un bien grand mot. On va plutôt dire qu'elle essaye tant bien que mal de ne pas crever, contrairement à tous les autres personnages du film.

    Nous voici donc au Japon, où cette chère Buffy, étudiante (d'ailleurs elle est présentée comme telle, mais on ne la voit jamais faire quoi que ce soit en rapport avec les études), se retrouve à s'occuper d'une vieille plutôt chelou dans une maison hantée.

    Sur le papier, ce film a de quoi être efficace. Un fantôme qui tue au moindre contact, un enfant avec un regard vide qui se balade un peu partout, et Buffy qui enquête.

    Le problème, c'est qu'au visionnage, rien ne va. On se fait prendre par quelques jump scares pendant la première demi heure, mais à force de voir une go coller sa tête à la caméra en faisant "BOUH" et un ptit bridé assis dans un coin de la pièce, bah on s'habitue.

    Et du coup ça fait plus peur.

    Et du coup on s'ennuie.

    Je dirais même qu'on se fait clairement chier.
  • Bande-annonce

    Godzilla (2014)

    2 h 03 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Gareth Edwards avec Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Ken Watanabe

    Séances de cinéma (1 salle)
    Remake du remake? Reboot du remake? Inversement? Enfin, on a rien compris. Mais, dans ce 1er opus entièrement américain des aventures du kaiju le plus célèbre au monde, on s'en sort loin des honneurs. De la surenchère grossière par la présence de deux autres monstres numériquement à la ramasse, des "coïncidences" scénaristiques douteuses ponctuent ce film mal maîtrisé malgré la fascination quasi intacte qu’exerce le gros dino sur nos cerveaux nostalgiques d'un truc au final pas si cool.

    Beaucoup de teasing sur la créature qui se finit en choke le plus complet au moment de conclure puisqu'on ne la verra jamais réellement en action. N'espérez pas non plus lorgner du côté des héros humains, personnages-meubles en puissance, pour remonter la pente. Kick-Ass et Lizzie Olsen (décidément référencée en matière de remakes bancals) forment un duo des plus oubliables pour un film qui l'est tout autant.
  • Bande-annonce

    The Eye (2008)

    1 h 37 min. Sortie : . Fantastique et Épouvante-horreur.

    Film de Xavier Palud et David Moreau avec Jessica Alba, Alessandro Nivola, Parker Posey

    Après une greffe de la cornée, une aveugle retrouve la vue mais se met aussi à voir les morts. La belle prend peur, mais tout le monde la croit folle. Au lieu de distribuer des dvd du Sixième Sens à son entourage, elle se met en tête de lever la malédiction.

    Sur sa route, un lot de péripéties aussi débiles qu’un Destination Finale, rendue par une mise en scène aussi crédible que Jessica Alba qui joue du violon, avec évidemment quelques jump scares au bruit strident pour nous garder éveillés.

    Sans parler d’effets spéciaux à vous faire perdre la vue, mais c’est peut-être là le sujet du film, il y a des choses qu’il vaut mieux ne jamais voir, et avant de penser à se rincer l’œil sur une jeune américaine en détresse, envisagez la cécité non pas comme un fléau mais comme le meilleur rempart contre la bêtise d’une industrie américaine boursouflée.
  • Bande-annonce

    Speed (1994)

    1 h 56 min. Sortie : . Action, policier et thriller.

    Film de Jan de Bont avec Keanu Reeves, Dennis Hopper, Sandra Bullock

    Speed, le remake de Super Express 109 (1975) c'est :

    Un méchant poseur de bombe qui piège un bus rempli d'innocents sauf qu'un super flic arrive et il sauve tout le monde sauf que son pote flic qui était pas dans le bus s'est fait tuer entre temps par ce même poseur de bombe du coup le premier flic énervé part a sa poursuite et le trouve et le tue et entre temps il pécho une meuf super ouf et a la fin il se la tape dans le métro.

    Oui. Speed, ça va vite. Très vite. Trop vite.

    Ce qui est encore plus Speed au passage, c'est la version française du film original. En effet, Super Express 109 est un film de 2h33 qui, arrivé en France, s'est vu amputer de plus d'une heure de montage.

    La raison?

    Le film de Junya Satō se déroulait dans le Shinkansen, le TGV japonais, à l'époque en plein développement (le film mentionne une traversée du Japon en 8h en 1975), ce qui fit monter la température du côté de la SNCF qui ne supporta pas bien longtemps cette "odieuse" concurrence du Pays du Soleil Levant. Qu'à cela ne tienne, on emmerde pas les cheminots ici!
    Le film fut donc amputé de toutes ses scènes dans le train pour éviter de faire de l'ombre au fleuron ferroviaire français. Ne demeurent désormais que les scènes d'enquête hors du train, hors de propos sans le reste et malgré la présence de quelques copies originales en circulation ça et là.

    Bravo les gars, ça c'est ma France!
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    Le Cercle : The Ring (2002)

    The Ring

    1 h 50 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Gore Verbinski avec Naomi Watts, Brian Cox, Martin Henderson

    Plus qu’une relique nous rappelant l’existence lointaine de la VHS, le film original d’Hideo Nakata fut en son temps un énorme succès populaire qui réhabilita le genre sur le continent asiatique.

    Malheureusement, il eut aussi le malheur d’animer une terrible malédiction, réveillant un monstre mercantile qui sommeillait au fond du puits, et condamnant à mort un paquet d’œuvres innocentes ayant eu le malheur de s’inspirer de ce visionnage.

    Là où le film d’épouvante asiatique n’a pas peur de prendre son temps pour installer une ambiance et créer le mystère, le remake américain préfère la culture de l’instantané avec une mise en scène hachée ponctuée de faux sursauts toutes les 10 min, décrédibilisant la teneur horrifique au point d’en paraître parodique et révélant ainsi toutes les ficelles de scénarios qui ne volent généralement pas très haut.
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    Les Sept Mercenaires (2016)

    The Magnificent Seven

    2 h 12 min. Sortie : . Western et action.

    Film de Antoine Fuqua avec Denzel Washington, Chris Pratt, Ethan Hawke

    Séances de cinéma (1 salle)
    Comme vous l'aurez compris, l'inspiration, c'est sujet touchy à Hollywood, si bien que lorsqu'on annonce qu'on va faire le remake du remake culte du film culte... Bien ça ne choque personne. On imagine même le bourdonnement de "Oui" "ah oui" "super idée" "nickel" "ça part là dessus" dans la salle de réunion des scénaristes à bout, quand l'un d'entre eux propose innocemment cette idée.

    Ni une ni deux, on dégaine les téléphones. Il nous faut : 7 mercenaires.

    " - Denzel ? Ouais c'est moi. On a un projet de ouf là, tu vas être à fond negro -(traduit du dialogue original. oui nigga ça passe beaucoup mieux) -. Allez j'te fais pas durer le supsense. Man on fire, tu te souviens ? Equalizer aussi? Super, dégotte toi un chapeau de cow-boy et un colt, on t'attend. Oui oui, tout pareil. Le script? T'en fais pas on a Johnny qui écrit des punchlines là, pas besoin de script. *(LES GARS IL VEUT UN SCRIPT, QUEL CON CE DENZEL !)* *rires bien gras*. Bon c'est signé ?..... Ouais, t'en fais pas ça paie bien ! Ok super, bon on t'attend alors. ATTENDS ! Denzou ? Ouais nan parce que il nous en faut encore 6 là. Bon on à la gueule de méchant gentil, maintenant on peut combler avec ce qui traîne. T'as pas des potes qui glandent en ce moment ? Comment ca des noirs ? Euh attends.. *(Mike c'est qui qu'on crève dans le film là? Des indiens ou quoi? MAIS QU'EST CE QUE J'EN SAIS MOI ?)* Non bah pas de noirs, et pis on a le quota la. Ce qu'on veut c'est des mecs pour venir buter des autres mecs avec toi. J'avais deux trois idées genre Chris Pratt..... haha ouais il sert à rien mais ça ramène les minettes au ciné ! Ethan Hawke aussi.....ouais pareil mais elle viennent avec leurs mères comme ça ! *(Hahahah t'es con Tony)* Ouais je sais ça coûte cher, on coupera le budget montage/effets spéciaux tant pis. Ok cool. L'histoire ? Ben.. T'as vu Les Sept Mercenaires, le vieux ? Ben voila.... Ah non j'en sais rien on l'a pas vu nous ! Mais il paraît que c'est déjà tiré d'un truc de poipoi un peu plus vieux, ça va passer tranquille. Non mais rassure toi ça va déchirer, j'ai déja l'affiche sous les yeux vraiment ça claque... Euh... *(Nick c'est quoi cette merde? c'était 7 pas 8 ! ....... et puis fais gaffe t'as même recopié le "Tarantino" gros con!)* Denzel, on va terminer l'affiche et on te l'envoie. Caaaaa marche, à bientôt Wash' "

    On nous pondra un film sans interêt, sans histoire, sans rien. Le comble de l'affaire ? Fuqua est sur le remake de Scarface.
  • Bande-annonce

    Les Infiltrés (2006)

    The Departed

    2 h 31 min. Sortie : . Gangster.

    Film de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson

    Séances de cinéma (1 salle)
    Oui mesdames et messieurs, l'honneur est sauf!

    Vous l'avez surement deviné et on ne l'a pas oublié, Marty Scorsese s'est également essayé au remake de film asiatique, le plutôt bon Internal Affairs (Hong Kong) en l’occurrence. Pas de différence notable au niveau du pitch, on suit les destins croisés de deux protagonistes naviguant en eaux troubles entre la justice et le banditisme.

    Sans revenir sur ce film célébrissime dans les détails, Martin exploite ici le thème de l'identité, de la destinée et des choix moraux de chacun. A entendre les plus farouches défenseurs des deux films, la patte du maître est présente au service d'un remake de qualité. A écouter les détracteurs de la version yankee cependant, il souffre du sempiternel problème de l'abrutissement scénaristique dépeint en long en large et en travers au cours de cette liste.

    Au Pélican Ciné Club, on apprécie ce Scorsese. Pas plus que d'autres, certes, mais assez pour considérer qu'un beau rayon de soleil se glisse enfin dans cette liste.

    Alors oui, nous avons assisté à des crimes contre le cinéma dans les règles de l'art, des purges qui n'auraient pas manqué leur place dans notre top annuel en leur temps.
    Mais puisque l'objectivité est de règle, reconnaissons que parfois, avec un réal de qualité, un miracle est possible!