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44 livres

par Josh_Athanase
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  • Gagner la guerre (2009)

    Sortie : février 2009. Roman et fantasy.

    Livre de Jean-Philippe Jaworski

    « Je n'ai jamais aimé la mer. Croyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent sur la beauté des flots, ils n'ont jamais posé le pied sur une galère. La mer, ça secoue comme une rosse mal débourrée, ça crache et ça gifle comme une catin acariâtre, ça se soulève et ça retombe comme un tombereau sur une ornière ; et c'est plus gras, c'est plus trouble et plus limoneux que le pot d'aisance de feu ma grand-maman. Beauté des horizons changeants et souffle du grand large ? Foutaises ! La mer, c'est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l'ivresse. Je n'ai jamais aimé la mer, et ce n'était pas près de s'arranger. » (p.11)
  • Le prodigieux mystère de la joie

    Sortie : . Essai.

    Livre de Matthieu Dauchez

    « La tiédeur préfère le mensonge qui rassure et s'efface à la vérité qui dérange et contraint » (p.56)

    « Nous ne prions pas pour faire plier la volonté du Bon Dieu, mais pour y confirmer la nôtre. C'est ainsi qu'il sculpte petit à petit notre âme et la dispose à recevoir le don de la joie "complète", la sienne. » (p.89)

    « Dieu n'est pas venu supprimer la souffrance, il n'est pas venu l'expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence. » (p.113, citation de Paul Claudel, Dialogues avec la souffrance.)
  • Chemins vers le silence intérieur avec le Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus

    Livre de Marie-Eugène De L'enfant-Jésus

    « La foi n'est pas dans la certitude subjective qui accompagne l'acte de foi. Beaucoup de gens disent qu'ils n'ont pas la foi parce qu'ils n'ont pas cette certitude subjective, ils confondent la foi avec l'évidence, il faudrait que cela leur apparaisse évident. Non, Dieu est obscur. En vérité, la foi est obscure et par conséquent peut comporter des hésitations. La foi est dans la fermeté de l'adhésion et non pas dans la lumière qui l'accompagne. » (p.74)

    « - Mon enfant, faites-vous vos cinq minutes d'oraison ? - Ah oui ! - Mais enfin vous ne vous ennuyez pas ? Est-ce que le Bon Dieu vous dit quelque chose ? - Ah, il ne me dit rien jamais, non jamais ! - Alors, Il ne vous dit rien, vous ne lui dites rien, et cependant vous allez le trouver pour l'oraison ? Je ne comprends pas comment, tous les jours, vous pouvez aller dix minutes avec le Bon Dieu, avec quelqu'un que vous ne voyez pas, à qui vous ne dites rien et qui ne vous dit rien ? - Ah, Père, c'est que, vous savez, nous sommes deux. » (p.88)

    « Saint Thomas nous dit qu'il y en a 7. Il nous fait d'abord remarquer qu'on les appelle 'dons' et que le mot est bien mal choisi, parce que le don du Saint-Esprit n'est pas à proprement parler un don, ni une force, ni une lumière, mais une puissance de recevoir l'influence de Dieu. C'est comme un entonnoir ! Evidemment, l'entonnoir ne remplit pas le tonneau, il faut mettre quelque chose dedans ! Le don du Saint-Esprit ne devient donc vivant que grâce à l'influence de Dieu. C'est l'influence de Dieu qui l'anime et qui le vivifie. Cette réceptivité est greffée sur la passivité de la charité. La charité, dont la puissance est d'unir à Dieu, porte en elle une capacité d'unir. » (p.109)

    « Cette action de Dieu par les dons du Saint-Esprit nous donne, en effet, quelque chose. A l'âme qui fait oraison et qui persévère dans l'oraison, Dieu se donne. Ils n'a pas donné les dons du Saint-Esprit pour s'en servir simplement le jour de la première communion ou de la profession religieuse ! C'est un instrument, ce sont des antennes qui s'offrent à lui et dont il a l'habitude de se servir pour tous les actes bons. S'il ne voulait s'en servir qu'une fois en passant, il n'avait pas besoin de donner des dons du Saint-Esprit. Leur existence même prouve qu'il veut s'en servir habituellement. Le Bon Dieu n'a besoin de rien. S'il donne un instrument, c'est qu'il veut établir des opérations ordinaires. » (p.128)
  • Le Dernier Gardien d'Ellis Island

    Sortie : . Roman.

    Livre de Gaëlle Josse

  • Pourquoi Dieu permet-il cela ? (2018)

    Sortie : .

    Livre de Matthieu Dauchez

    « On assiste impuissants [...] à la déliquescence d'une société devenue tellement pleine de l'homme qu'elle est vide de Dieu. » (p.23)

    « L'amour n'accepte pas de compromis, il est héroïque ou bien il n'est pas. » (p.97)

    « Il n'y a pas de sainteté possible sans courage. » (citation de Charles de Foucauld, p.105)

    « - Et toi, Tonette, alors, que veux-tu faire dans quelques années ? Et sans hésiter, elle répondit : - Quand je serai grande, moi, je veux être l'amour ! » (dialogue avec une enfant trisomique p.119)
  • Des fleurs en enfer : Fioretti du Bronx

    Sortie : . Culture & société.

    Livre de Luc Adrian

  • Olrik (2019)

    Sortie : . Biographie.

    Livre de Hubert Védrine et Laurent Védrine

    « Olrik enrage : "Comment a-t-il pu trouver l'adresse d'une de mes planques à Paris, le 58, rue Vaugirard ? Elle est cramée ! Ces prétendus créateurs ne respectent rien. Ce sont des jean-foutre." » (p.124)
  • La Panthère des neiges

    Sortie : . Roman.

    Livre de Sylvain Tesson

    « Elle reposait, couchée au pied d'un ressaut de rochers déjà sombres, dissimulée dans les buissons. Le ruisseau de la gorge serpentait cent mètres plus bas. On serait passé à un pas sans la voir. Ce fut une apparition religieuse. Aujourd'hui, le souvenir de cette vision revêt en moi un caractère sacré.
    Elle levait la tête, humait l'air. Elle portait l'héraldique du paysage tibétain. Son pelage, marqueterie d'or et de bronze, appartenait au jour, à la nuit, au ciel et à la terre. Elle avait pris les crêtes, les névés, les ombres de la gorge et le cristal du ciel, l'automne des versants et la neige éternelle, les épines des pentes et les buissons d'armoise, le secret des orages et des nuées d'argent, l'or des steppes et le linceul des glaces, l'agonie des mouflons et le sang des chamois. Elle vivait sous la toison du monde. Elle était habillée de représentations. La panthère, esprit des neiges, s'était vêtue avec la Terre. » (p.106)

    « Méandres : à force de regarder les rivières du Tibet, les Chinois inventèrent les nouilles. » (p.115)

    « J'avais appris que la patience était une vertu suprême, la plus élégante et la plus oubliée. Elle aidait à aimer le monde avant de prétendre le transformer. Elle invitait à s'asseoir devant la scène, à jouir du spectacle, fût-il un frémissement de feuille. La patience était la révérence de l'homme à ce qui était donné. » (p.162)
  • Rebecca (1938)

    Sortie : 1938. Roman.

    Livre de Daphné Du Maurier

    « Je me trouvais, en réalité, à des centaines de kilomètres de là, sur une terre étrangère et me réveillerais avant que beaucoup de secondes se fussent écoulées dans la petite chambre d'hôtel nue dont l'impersonnalité même était réconfortante. Je soupirerais un peu, et ouvrant les yeux, m'étonnerais de cet éclatant soleil, de ce ciel intense et pur si différents du doux clair de lune de mon rêve. La journée s'étendrait devant nous deux, longue sans doute et monotone, mais dotée d'un certain calme, d'une chère sérénité que nous ne connaissions pas autrefois. » (p.8)

    « Je me demandais pourquoi les paysages sont tellement plus beaux quand on y est seul. » (p.197)
  • L'Empire du bien

    Sortie : 1991. Essai.

    Livre de Philippe Muray

    « J’ai longtemps été naïf. Je m’imaginais que les Justes Causes faisaient partie de ce qui va de soi. Et que tout ce dont il est intéressant de discuter commençait là où s’arrête ce qui va de soi. Je me trompais évidemment. Ce n’est pas parce qu’on est tous bien d’accord, que l’on condamne tous la mort, l’apartheid, le cancer, les incendies de forêt, ce n’est pas parce que l’on préfère tous la tolérance, le cosmopolitisme, les échanges entre peuples et cultures, qu’on souffre tous pour les Éthiopiens, pour les nouveaux pauvres, pour les affamés du Sahel, que ce sont des raisons valables pour ne pas le redire mille fois par jour.
    Encore doit-on trouver la manière. Il ne suffit pas d’être bénisseur jusqu’à l’os, il faut d’abord avoir l’air, à chaque instant, de découvrir la Lune des Bienfaits. Penser "juste" est une sorte de science. Penser "juste", c’est penser bien, mais avec assez de virulence apparente pour que l’auditeur ou le lecteur ait l’impression que vous pensez seul, et surtout très périlleusement, contre de terribles ennemis, avec un courage inégalable » (p.21)

    « Être loin, où que ce loin soit, n’a plus aucun sens. Rendez-vous tout de suite, vous êtes cernés ! Plus d’excuses pour ne pas être joignables, plus aucun prétexte pour disparaître, plus aucun endroit, plus d’inconnu, plus d’ailleurs. Plus d’invisibilité. Plus d’extériorité subtile. Vous êtes dedans ou vous êtes mort ! Présent toujours ! Scouts 2001 ! S’absenter va devenir un exploit, une opération délicate qu’il faudra longuement, très férocement préméditer. On concevra des championnats clandestins de disparition. Ne pas répondre sera de l’ordre des sports les plus raffinés, réservés à une élite, une fête pour les mauvais esprits, une infidélité au rituel, un minicrime contre l’espèce, une exaction prodigieuse. Un de ces coups d’éclat mémorables que les générations suivantes se répéteront avec ferveur. » (p.90)
  • Le premier sexe

    Sortie : 2006. Essai.

    Livre de Eric Zemmour

    « Les femmes ont toujours travaillé. A la campagne ou à la ville, la terre ou dans les boutiques, au Moyen Age ou sous Louis XIV. Au sein du monde aristocratique, où personne ne travaillait, les plus douées d’entre elles tenaient salon. Jusqu’au XIXe siècle, un paysan français aurait trouvé grotesque d’épouser une femme par amour ou parce qu’elle était jolie : il lui fallait « une travailleuse ». En travaillant, les femmes « modernes » reviennent à la tradition. Seule la bourgeoisie occidentale du XIXe siècle a eu cette idée saugrenue – toujours son imitation de cette aristocratie qu’elle avait supplantée – de laisser ses femmes au repos. La grande nouveauté moderne, c’est la salarisation du travail des femmes. Non seulement ces salaires féminins – longtemps deuxième paie – sont inférieurs aux salaires masculins, mais ils limitent les revendications des salariés mâles qui trouvent dans le revenu de leur conjointe une poire pour la soif. » (p.70)

    « Après sa réélection en 2002, le président Chirac a présenté ses trois priorités : plan contre le cancer, plan pour les handicapés, et plan contre la mortalité sur les routes ! Objectifs dignes d’un président de conseil général ! C’est la réalité du pouvoir aujourd’hui. Que lui reste-t-il ? Le social. De RMI en politique de la ville, l’élu est devenu l’assistante sociale d’un capitalisme mondialisé, financiarisé, nomadisé, qui se rit des « travailleurs » sédentaires restés dans les vieux pays industrialisés. Depuis longtemps, les députés ont été transformés en assistantes sociales. Les gouvernants eux-mêmes font avant tout de la politique compassionnelle qu’ils érigent en spectacle pour les "20 heures". » (p.74)
  • La Controverse de Valladolid (1992)

    Sortie : 1992. Théâtre.

    Livre de Jean-Claude Carrière

    « La controverse de Valladolid est un événement historique, mais elle ne s'est pas déroulée comme je la raconte ici. Si elle opposa, avec beaucoup d'âpreté, le dominicain Las Casas et son adversaire Sépulvéda, il n'est pas sûr qu'ils se rencontrèrent et débattirent en public » (p.9)
  • Pour en finir avec le Moyen Âge (1977)

    Sortie : 1977. Histoire et essai.

    Livre de Régine Pernoud

    « "Des exécutions d'une sauvagerie presque médiévale", écrivait récemment tel journaliste. Savourons ce : presque. Bien-sûr, au siècle des camps de concentration, des fours crématoires et du Goulag, comme n'être pas horrifié par la sauvagerie des temps où l'on sculptait le portail de Reims ou celui d'Amiens ! » (p.16)

    « "Si je les avais connues, cela m'aurait évité vingt ans de travail" disait Matisse en sortant de la première exposition de fresques romanes faite en France, peu après la guerre de 1940. » (p.26)

    « Tout se passe comme si la femme, éperdue de satisfaction à l'idée d'avoir pénétré le monde masculin, demeurait incapable de l'effort d'imagination supplémentaire qu'il lui faudrait pour apporter à ce monde sa marque propre, celle qui précisément fait défaut à notre société. Il lui suffit d'imiter l'homme, d'être jugée capable d'exercer les mêmes métiers, d'adopter les comportements et même jusqu'aux habitudes vestimentaires de son partenaire, sans même se poser la question de ce qui est en soi contestable et devrait être contesté. A se demander si elle n'est pas mue par une admiration inconsciente, et qu'on peut trouver excessive, d'un monde masculin qu'elle croit nécessaire et suffisant de copier avec autant d'exactitude que possible, fût-ce en perdant elle-même son identité, en niant d'avance son originalité. » (p.95)

    « On pourrait ainsi parler d'une période franque, par laquelle commence ce que l'on appelle le Haut Moyen Age, désignant les quelque trois cents ans qui vont de la chute de l'Empire romain (410, si l'on choisit pour point de départ la prise de Rome par les Goths ; 476, si l'on préfère la déposition du dernier empereur) jusqu'à l'avènement de la lignée carolingienne au milieu du VIIIe siècle. [...] Une seconde tranche pourrait être la période impériale : elle a vu se réaliser l'unité de l'Europe, ce qui n'offre pas un mince intérêt en notre XXe siècle. Elle court sur une tranche de deux cents ans environ. [...] Dès le milieu du Xe siècle et jusqu'à la fin du XIIIe siècle, c'est l'Age féodal qui, lui, constitue bien une unité, en France surtout, avec des traits communs et fortement marqués qui caractérisent ces quelque trois siècles et demi. [...] Enfin, on pourrait réserver le terme Moyen Age aux deux derniers siècles ; il s'agit alors d'une période de transition, effectivement, entre féodalité et monarchie, du point de vue politique, avec ses violents changements sociaux, économiques, et même artistiques. » (p.130)
  • Des animaux et des hommes (2018)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Alain Finkielkraut

    « La pitié ne s’arrête plus à l’humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l’invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d’autrefois, l’imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes. » (p.5)

    « Il est possible qu’un jour, la corrida soit interdite. L’humanité n’a pas à y gagner grand-chose, et l’animalité peut y perdre. Je veux dire : que restera-t-il pour peupler les rêves de l’humanité, de son autre qui est l’animal, de son autre parfois redoutable, parfois nuisible, parfois admirable, lorsqu’il ne restera plus pour peupler ses rêves que des chats sur des moquettes à qui on aura coupé les ongles et coupé les couilles, en tout cas dans nos chaumières, pas en Afrique, pas là où l’on sait encore ce que c’est que l’animal redouté ou l’animal nuisible, que restera-t-il des rêves de l’humanité ? Nous les aurons, et, je le crains, vous les aurez appauvris. La corrida est un des lieux où se joue encore un rapport réel, risqué, humain avec l’animalité. » (p.24)

    « Le problème vient du fait que l’on ne sait plus remercier. Les aborigènes, quand ils tuent un animal, en prennent toujours un petit morceau qu’ils rejettent à la terre, ce qui est une façon de remercier. Dans l’abattage casher, dans l’abattage hallal, il y a une prière. Chez les chrétiens, il y avait un bénédicité. L’abattage, ce n’est pas une élimination. C’est là où la comparaison avec les camps d’extermination est totalement injuste et inappropriée. L’abattage, c’est la transformation d’un animal vivant en un produit que l’on essaie de transformer en plaisir à travers la consommation. » (p. 35)

    « Chesterton : "Si vous voulez dissuader quelqu’un de boire un dixième whisky, vous pourriez fort bien lui donner une cordiale bourrade en lui disant : « Allons, courage, soyez un homme ! » Mais en revanche, pour dissuader un crocodile de manger un dixième explorateur, personne ne songerait à lui donner une cordiale bourrade en lui disant : «Allons, courage, soyez un crocodile ! » (p.40)

    « Vie onirique, cela me fait penser à Chesterton : « Une chose est de raconter une entrevue avec une créature qui n’existe pas, une gorgone ou un griffon, une autre chose est de découvrir que le rhinocéros existe, et de s’amuser à constater qu’il ressemble à un animal qui n’existerait pas . » (p. 158)
  • L'Archipel français (2019)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Jérôme Fourquet

    « Ce à quoi nous sommes en train d’assister est tout simplement une mise en conformité du paysage électoral et de l’offre politique avec les nouveaux clivages économiques, sociaux et sociétaux qui parcourent notre pays depuis au moins une trentaine d’années. Ce constat vaut pour la France, mais aussi pour les principales démocraties occidentales. Quoi qu’il en soit, analyser les résultats de ces derniers scrutins permet de mettre au jour les failles et les fractures qui parcourent la société française confrontée au nouvel âge du capitalisme, au développement du libre-échange et à l’intensification des flux migratoires. » (p.311)

    « Les géographes définissent un archipel comme un ensemble d’îles relativement proches les unes des autres, la proximité se doublant le plus souvent d’une origine géologique commune. Cette image permet décidément de bien rendre compte des processus en cours au sein de la société française. Celle-ci se compose désormais, en effet, de différents groupes ayant leur propre mode de vie, des mœurs bien à eux et parfois une vision du monde singulière. À l’image des îles d’un archipel, ces populations vivent à l’écart les unes des autres, tout en entretenant bien sûr des rapports entre elles. De la même manière, à l’instar de ce que l’on constate dans les Cyclades ou les Antilles, par exemple, ces îles partagent certes des traits culturels communs, mais présentent chacune une forte singularité. Au fil du temps, l’insularité a ainsi altéré la matrice commune, et chaque fragment de territoire émergé a développé ses propres spécificités. » (p.422)
  • Madame Bovary (1857)

    Sortie : 1857. Roman.

    Livre de Gustave Flaubert

    « Pendant six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s’éprit de choses historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait voulu vivre dans quelque vieux manoir, comme ces châtelaines au long corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir. Elle eut dans ce temps-là le culte de Marie Stuart, et des vénérations enthousiastes à l’endroit des femmes illustres ou infortunées. Jeanne d’Arc, Héloïse, Agnès Sorel, la belle Ferronnière et Clémence Isaure, pour elle, se détachaient comme des comètes sur l’immensité ténébreuse de l’histoire, où saillissaient encore çà et là, mais plus perdus dans l’ombre et sans aucun rapport entre eux, saint Louis avec son chêne, Bayard mourant, quelques férocités de Louis XI, un peu de Saint-Barthélemy, le panache du Béarnais, et toujours le souvenir des assiettes peintes où Louis XIV était vanté. » (p.66)
  • Andromaque (1667)

    Sortie : 1667. Théâtre.

    Livre de Jean Racine

    ORESTE - Si je vous aime ? O Dieux ! mes serments, mes parjures,
    Ma fuite, mon retour, mes respects, mes injures,
    Mon désespoir, mes yeux de pleurs toujours noyés,
    Quels témoins croirez-vous, si vous ne les croyez ?
    (p.89)

    HERMIONE - Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ?
    Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ?
    Errante, et sans dessein, je cours dans ce palais.
    Ah ! ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais ?
    (p.100)
  • Guide des égarés

    Sortie : . Essai.

    Livre de Jean d'Ormesson

    « Le bonheur n'est pas un exercice narcissique et solitaire. Il tombe, comme par hasard, sur la tête et dans le cœur de ceux qui, loin de s'occuper d'eux-mêmes, s'occupent plutôt d'autre chose - et des autres. » (p.72)
  • Les Liaisons dangereuses (1782)

    Sortie : 1782. Roman.

    Livre de Choderlos de Laclos

    « Vous éprouverez bientôt, ma chère fille, que les peines que vous redoutez s'allégeront d'elles-mêmes ; et quand elles devraient subsister toujours et dans leur entier, vous n'en sentiriez pas moins qu'elles seraient encore plus faciles à supporter que les remords du crime et le mépris de soi-même. » (p.368)
  • Une sentinelle attend l'aurore

    Livre de Gilbert Cesbron

    « » (p.245)
    « » (p.245)
    « » (p.245)
  • Le Meilleur des mondes (1931)

    Brave New World

    Sortie : 1931. Science-fiction et roman.

    Livre de Aldous Huxley

    « Le bonheur effectif paraît toujours assez sordide en comparaison des larges compensations qu'on trouve à la misère. Et il va de soi que la stabilité, en tant que spectacle, n'arrive pas à la cheville de l'instabilité. Et le fait d'être satisfait n'a rien du charme magique d'une bonne lutte contre le malheur, rien du pittoresque d'un combat contre la tentation, ou d'une défaite fatale sous les coups de la passion ou du doute. Le bonheur n'est jamais grandiose. » (p.245)

    « Il est curieux, reprit-il après une courte pause, de lier ce qu'on écrivait à l'époque de Notre Ford sur le progrès scientifique. On paraissait s'imaginer qu'on pouvait lui permettre de se poursuivre indéfiniment, sans égard à aucune chose. Le savoir était le dieu le plus élevé, la vérité, la valeur suprême ; tout le reste était secondaire et subordonné. Il est vrai que les idées commençaient à se modifier, dès cette époque. Notre Ford lui-même fit beaucoup pour enlever à la vérité et à la beauté l’importance qu’on y attachait, et pour l’attacher au confort et au bonheur. La production en masse exigeait ce déplacement. Le bonheur universel maintient les rouages en fonctionnement bien régulier ; la vérité et la beauté en sont incapables. Et, bien entendu, chaque fois que les masses se saisissaient de la puissance politique, c’était le bonheur, plutôt que la vérité et la beauté, qui était important. Néanmoins, et en dépit de tout, les recherches scientifiques sans restriction étaient encore autorisées. On continuait toujours à parler de la vérité et de la beauté comme si c’étaient là des biens souverains. Jusqu’à l’époque de la Guerre de Neuf Ans. Cela les fit chanter sur un autre ton, je vous en fiche mon billet ! Quel sel ont la vérité ou la beauté quand les bombes à anthrax éclatent tout autour de vous ? C’est alors que la science commença à être tenue en bride, après la Guerre de Neuf Ans. A ce moment-là, les gens étaient prêts à ce qu’on tînt en bride jusqu’à leur appétit. N’importe quoi, pourvu qu’on pût vivre tranquille. Nous avons continué, dès lors, à tenir la bride. Cela n’a pas été une fort bonne chose pour la vérité, bien entendu. Mais ça été excellent pour le bonheur. Il est impossible d’avoir quelque chose pour rien. Le bonheur, il faut le payer.» (p.252)
  • Marie-Antoinette

    Sortie : 1933. Histoire et biographie.

    Livre de Stefan Zweig

    « Quelle diabolique perfidie du destin que d'exiger d'une nature aussi obtuse et bouchée, aussi animale, les décisions historiques les plus importantes du siècle, et de placer un homme aussi passif devant le plus terrible des cataclysmes mondiaux ! Car là où commence l'action ou la résistance, cet homme physiquement robuste est d'une faiblesse lamentable : l'obligation de prendre une décision le met chaque fois dans le plus affreux des embarras. Céder, faire ce que veulent les autres, répond à sa nature, parce qu'il ne désire que la paix, rien que la paix. Pressé, surpris, il promet à celui-ci ce qu'il souhaite pour, aussitôt après, promettre le contraire à celui-là. En l'abordant, on a déjà triomphé de lui. Cette faiblesse sans nom le rend coupable et malhonnête en dépit des meilleures intentions. Roi de carton, sans grâce ni tenue, heureux seulement quand on le laisse en paix, désespéré et désespérant aux heures où il devrait réellement gouverner, il est le jouet de sa femme et de ses ministres. Si la Révolution, au lieu de laisser tomber le couperet de la guillotine sur le cou épais et court de cet homme apathique et sans malice, lui avait permis de vivre dans une maisonnette de paysan avec un jardinet, où il se serait adonné à une tâche insignifiante, elle l'aurait rendu plus heureux que ne le fit l'archevêque de Reims en posant sur sa tête la couronne de France qu'il porta, pendant vingt ans, sans orgueil, sans joie et sans dignité. » (p.92)
  • Les sept paroles du Christ en croix

    Sortie : .

    Livre de Charles Journet

    « On comprend ce que les mystiques appellent des paroles substantielles. Saint Jean de la Croix dit : "Elles impriment substantiellement en l'âme ce qu'elles signifient. Comme si notre Seigneur disait formellement à l'âme : Sois bonne, aussitôt substantiellement elle serait bonne. Ou s'il lui disait : Aime-moi, aussitôt elle aurait ou sentirait en elle la substance de l'amour de Dieu. Ou si, quand elle est pleine de crainte, il lui disait : Ne crains pas, aussitôt elle éprouverait une grande force et tranquillité. Parce que le dire de Dieu et sa parole, comme le dit le Sage, est pleine de puissance, en sorte qu'il fait substantiellement en l'âme ce qu'il lui dit » (p.14)

    « "Et Jésus lui dit : - En vérité, je te le dis, aujourd'hui, tu seras avec moi, dans le paradis !" [...] Aujourd'hui, quelle promptitude ! Avec moi, quelle compagnie ! Dans le paradis, quel repos ! » (p.42)

    « Que veut dire cette notion d'offense de Dieu ?... Si je pèche, quelque chose que Dieu a voulu et aimé ne sera éternellement pas. Cela de par ma première initiative. Je suis ainsi cause - néantante - d'une privation à l'égard de Dieu, privation quant au terme ou à l'effet voulu (nullement quant au bien de Dieu lui-même)... Le péché ne prive pas seulement l'univers d'une chose bonne, il prive Dieu lui-même d'une chose qui était voulue conditionnellement, mais réellement par lui... La faute morale atteint l'incréé, nullement en lui-même, il est absolument invulnérable, mais dans les choses, les effets qu'il veut et qu'il aime. Là, on peut dire que Dieu est le plus vulnérable des êtres. Pas besoin de flèches empoisonnées, de canons et de mitrailleuses, il suffit d'un invisible mouvement dans le cœur d'un agent libre pour le blesser, priver sa volonté antécédente de quelque chose ici-bas qu'elle a voulu et aimé de toute éternité, et qui ne sera jamais. » (Jacques Maritain, Neuf leçons sur les notions premières de la philosophie morale, p.61)
  • Au nom du frère

    Livre de Cédric Beltrame et Damien Beltrame

    « Rien que de très ordinaire, c'est le lot commun de bien des familles. » (p.45)
  • La Cité de la joie (1985)

    Sortie : 1985. Roman.

    Livre de Dominique Lapierre

    « Dans ces bidonvilles, on pratiquait l'amour et l'entraide, le partage avec le plus pauvre que soi, la tolérance envers toute croyance ou caste, le respect pour l'étranger, la charité vraie pour les mendiants, les infirmes, les lépreux et même les fous. Ici, les faibles étaient aidés au lieu d'être écrasés, les orphelins immédiatement adoptés par leurs voisins, les vieillards pris en charge et vénérés par leurs enfants. » (p.52)

    « Paul Lambert songeait à ce que disait don Helder Camara. "Nos gestes d'assistance rendent les hommes encore plus assistés, affirmait l'évêque brésilien des pauvres, sauf s'ils sont accompagnés d'actes destinés à extirper la racine de la pauvreté." » (p.60)
  • Un singe en hiver

    Sortie : 1959. Roman.

    Livre de Antoine Blondin

    « Au second verre, de vermouth cette fois, j'ai senti renaître le vieux désir de lier connaissance avec les autres, ce sentiment d'avoir beaucoup de choses à leur communiquer, et l'illusion qu'on pourrait s'arranger pour vivre si l'on était assuré d'une marge où l'existence s'échauffe et brille dans ses plus modestes manifestations. » (p.56)

    « C'est encore sur moi-même que je m'attendris le plus confortablement. Ce qui m'apparaît comme des circonstances atténuantes dans le train ordinaire m'accable aujourd'hui. Je ne suis pas un individu triste, je suis un triste individu. J'ai beau me dire que le calvados d'Esnault pousse à l'angoisse, tous les états d'âme ne viennent pas du foie. Le casque des soucis me tombe sur la tête, jusqu'aux sourcils. Je ne voudrais pas que le jour se lève... » (p.87)

    « Si quelque chose devait me manquer, ce ne serait pas le vin mais l'ivresse. Comprends-moi : des ivrognes vous ne connaissez que les malades, ceux qui vomissent et les brutes, ceux qui recherchent l'agression à tout prix ; il y a aussi les princes incognito qu'on devine sans parvenir à les identifier. Ils sont semblables à l'assassin du fameux crime parfait, dont on ne parle que lorsqu'il est raté. Ceux-ci, l'opinion ne les soupçonne même pas ; ils sont capables des plus beaux compliments ou des plus vives injures ; ils sont entourés de ténèbres et d'éclairs ; ce sont des funambules persuadés qu'ils continuent de s'avancer sur le fil alors qu'ils l'ont déjà quitté, provoquant les cris d'admiration ou d'effroi qui peuvent les relancer ou précipiter leur chute ; pour eux, la boisson introduit une dimension supplémentaire dans l'existence, surtout s'il s'agit d'un pauvre bougre d'aubergiste comme moi, une sorte d'embellie, dont tu ne dois pas te sentir exclue d'ailleurs, et qui n'est sans doute qu'une illusion, mais une illusion dirigée... » (p.189)
  • Nadja

    Sortie : . Poésie, récit et roman.

    Livre de André Breton

    « Je devine et cela n'est pas plus tôt établi que j'ai déjà deviné. N'empêche que s'il faut attendre, s'il faut vouloir être sûr, s'il faut prendre des précautions, s'il faut faire au feu la part du feu, et seulement la part, je m'y refuse absolument. Que la grande inconscience vive et sonore qui m'inspire mes seuls actes probants dispose à tout jamais de tout ce qui est moi. Je m'ôte à plaisir toute chance de lui reprendre ce qu'ici à nouveau je lui donne. Je ne veux encore une fois reconnaître qu'elle, je veux ne compter que sur elle et presque à loisir parcourir ses jetées immenses, fixant moi-même un point brillant que je sais être dans mon œil et qu'il m'épargne de me heurter à ses ballots de nuit. » (p.180)
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