Maintenant que j'ai dépensé des fortunes en brocantes, faut bien que je lise.

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36 livres

par CrèmeFuckingBrûlée

Petit recensement de mes lectures 2017, avec quelques annotations.
Note à moi même : livre suffisamment entamé pour être dans cette liste mais pas terminé pour X raisons : Jerusalem

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  • Un barrage contre le Pacifique (1950)

    Sortie : 1950. Roman.

    Livre de Marguerite Duras

    Terminé le 08/01

    Un barrage contre le Pacifique c'est un drôle de livre. A la fin encore je me demande qu'elle était l'histoire de tout ceci. Celle de Joseph (le fils), Suzanne (la fille) ou la Mère ? Ce que je peux dire déjà c'est que ce livre parle des trois, de cette famille amputée, qui se haït, qui s'engueule parce qu'elle s'aime trop fort. Si fort que s'en est presque malsain, si fort que le fils doit partir pour oublier la Mère et que la fille sera toujours amoureuse de son frère, son modèle d'homme parfait, fort, qui s'occupe d'elle et dont elle ne peut se détacher. Marguerite Duras dépeint avec brio dans cette tranche de vie la violence aimante familiale qui uni tous ses personnages, jusqu'au point d'orgue, la fin inévitable qu'on attendait sans y croire.

    Le style de Marguerite Duras est plutôt joli et riche, plus beau je trouve que lorsqu'elle s'est mise de manière plus ardue au nouveau roman. Sa plume se développe particulièrement dans ses nombreuses pages là juste pour décrire avec minutie une ville coloniale. Une jolie surprise qui m'a bien emporté dans cette crasse des colonies, m'a appris plein de choses sur la situation des gens là bas et m'a fait adorer tous ses personnages, malgré leur apparente cruauté.
  • Mrs. Dalloway (1925)

    Sortie : 1925. Roman.

    Livre de Virginia Woolf

    19/01

    Quelle oeuvre fascinante. J'avais dû abandonner Ulysse de James Joyce vers la moitié tant le célèbre "stream of consciousness" me dérangeait alors j'appréhendais un peu Mrs Dalloway. Là où Virginia Woolf tend à surpasser James Joyce (en ce qui concerne le style "stream of consciousness" hein) c'est par sa façon très littéraire, très structurée, de dévoiler sur papier les pensées égarées de ses personnages.
    Ce livre est un brillant va-et-vient entre plusieurs esprits complexes, décharnés, torturés ou frustrés qui ne font que se croiser mais qui, sans le savoir, se comprennent, se répondent, se ressemblent. L'auteure tire des dizaines de fils séparément pour réussir à les tisser ensemble pour faire ce gros cerveaux londonien. On en vient à espérer que les rencontres légères entre certains personnages se soient concrétisées en véritables discussions pour qu'ils puissent se parler et se sauver.
    Je ne cache pas avoir pleurée pour Septimus. Jamais je n'avais lu la schizophrénie (dans le livre on parle de violente dépression mais il s'agit clairement de schizophrénie, dont souffrait très sûrement Virginia Woolf elle-même) aussi bien décortiquée, décrite, comprise, sans jugement, sans peur, sans insinuer la folie. Merci à Virginia Woolf.

    Je suis néanmoins quelque peu déçue par la fin qui tombe un peu à plat suite à plusieurs pages de grande émotion. Si intellectuellement la fin est parfaite, elle manque de grandeur et de sensations. Mais je garderai un souvenirs très puissant de ce livre qu'à l'origine je n'ai lu juste parce qu'un ami m'avait avoué "mieux me comprendre" après l'avoir achevé.
  • Le Vieil Homme et la Mer (1952)

    The Old Man and the Sea

    Sortie : 1952. Roman.

    Livre de Ernest Hemingway

    24/01

    Si je dois prendre en considération la renommée du bouquin, je dois admettre ne pas avoir été émue comme je l'aurai voulu. Bien le problème, quand une réputation vous précède, il est difficile de rester à flots et il semble que cela soit un problème entre Hemingway et moi puisque L'Adieu aux armes tout aussi réputé m'avait également laissée sur ma faim. Si les œuvres de Hemingway sont éminemment profondes sur le pan intellectuel et philosophique, j'avoue trouver le style (sûrement hérité de son métier de journaliste) un peu à la traîne surtout en comparaison à son pote Fitzgerald dont le verbe me paraît bien supérieur.
    Le vieil homme et la mer reste malgré tout une belle histoire, un beau conte, parfois très prenant, d'autres fois un peu redondant. On ne peut s'empêcher d'être pris d'affection pour ce vieux monsieur qui se bat contre la vie (ou le poisson si vous préférez) et qui recherche une vaine victoire durant 150 pages. C'est mignon, souvent triste, et quelque peu léger (pas dans le mauvais sens du terme). Si je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un incontournable (bouh elle a osé lancez lui des pierres), il est difficile de regretter la lecture de ce roman qui fait voyager et qui, dans le images qu'il décrit, s'inspire très largement de l'iconographie cinématographique, ce qui ne déplaît jamais.
  • Lolita (1955)

    Sortie : 1955. Roman.

    Livre de Vladimir Nabokov

    28/02

    Et oui j'ai enfin lu LOLITA, the livre que mille amis t'ont conseillé, ultra apprécié, ultra aimé, chef d'oeuvre de subversif pédophile. Il faut admettre que le roman est plutôt à la hauteur de sa réputation. Si on sens que Nabokov se laisse parfois écraser par sa prétention verbeuse, il faut admettre que le jeu en vaut souvent la chandelle tant le style est incroyable et emporte. Ses phrases devraient être lourdes et dures à lire et pourtant on est emporté dans le flux de lecture comme si on entendait ce cher Humbert Humbert nous raconter l'histoire à voix haute. Étonnamment donc, "ça se lit tout seul" comme dirait l'autre.
    L'histoire est plutôt fascinante. Cet homme dévoré de passion envers sa petite nymphette qu'on se met nous aussi (là est tout le génie du bouquin) à admirer, à imaginer, à idolâtrer... Là où le livre pour beaucoup est brillant c'est par sa capacité à créer de l'empathie envers ce personnage foncièrement malsain. Sur cela, je ne peux rejoindre l'avis général. Si j'admets qu'on ne déteste pas autant le protagoniste que l'on ne le devrait, j'ai néanmoins eu du mal à vraiment m'attacher à lui ou à le plaindre. C'était Lolita qui me fendait le cœur tant je ressentais sa détresse. C'est d'ailleurs pour cela que je n'arrive pas à augmenter ma note. J'ai eu un véritable problème d'attachement aux personnages dans lesquels je ne me reconnaissais pas (narcissique comme je suis) et ainsi, ce qui motivait ma lecture était plus la plume que le contenu en soi. Mais après le contenu est brillant aussi hein, me faites pas dire ce que je n'ai pas dis. Mais j'avoue avoir ressenti sur la fin quelques moments de vides qui ont pu m'ennuyer. Rien de grave mais voilà.

    Mais je suis bien contente d'avoir enfin trouvé le courage de le lire !
  • La Puissance et la Gloire (1940)

    The Power and the Glory

    Sortie : 1940. Roman.

    Livre de Graham Greene

    15/03

    Graham Greene, tu es validé par ma street. Je veux dire, pour terminer un chapitre,à un moment, j'étais à ça de rater mon arrêt, et je parle pas du métro mais du fucking RER A, alors tu peux faire demi tour 10 minutes plus tard si tu as une chance démesurée mais en plus, perdu pour perdu tu peux te retrouver à Cergy en un rien de temps.

    La Puissance et la Gloire est un grand roman et le pire est que je ne m'en suis rendue compte qu'à la fin, dans les 50 dernières pages qui sont d'une puissance incontestable, certes, mais qui en plus donnent petit à petit tout un sens au bouquin. Ce livre est de plus au plus beau et passionnant et intelligent à mesure que l'on avance et c'est finalement à la toute fin que l'on en vient à regretter que ça se termine, maintenant que le maximum a été atteint. Et ce n'est pas un défaut, c'est parfait qu'il se termine à son apogée pour laisser un magnifique goût dans les nerfs et une certitude laissée par cette ultime ouverture que d'une certaine façon, il ne s'agit que d'une boucle.
    Le style de Graham Greene me plaît toujours énormément. J'adore sa petite particularité de commencer les parties, chapitres, voire même paragraphes par une phrase in medias res qui ne prend son sens que plusieurs lignes plus tard. Ainsi on a l'impression d'un récit sans cesse en mouvement au point qu'il nous devance à chaque fois nous plaçant en spectateur impuissant qui découvre tel un enquêteur le contexte de l'action a posteriori.
    Intellectuellement, ce livre pose de profondes questions sur la religion, sur le devoir spirituel : si vous avez aimé Silence de Scorcese vous ne pourrez qu'apprécier cette traque d'un prêtre prisonnier dans un Mexique du début XXe qui ne veut pas de lui. Les derniers mots bouclent le livre avec un goût universel. Je me rappellerai toute ma vie d'une scène qui m'a complètement transie par sa simplicité, sa tension, sa force, au point que je ne fait qu'y penser encore (celle où le prêtre rencontre le "Yankee").

    J'ai lu la quatrième de couverture après avoir achevé ma lecture et, putain, heureusement, parce que ça spoil sans concession
  • Tandis que j'agonise (1930)

    As I Lay Dying

    Sortie : 1930. Roman.

    Livre de William Faulkner

    27/03

    Bon, bon, bon. Par où commencer ?
    Dois-je parler du style splendide, très à l'américaine, avec un phrasé très parlé, et une simplicité intense comme le fait par exemple notre grand Salinger dans son chef-d'oeuvre l'Attrape-cœur ? Dois-je parler du génie des points de vue, alors qu'on vogue de l'un à l'autre, avec une impression morcelée, fragmentée, où les regards ne sont plus en phase, où les subjectivités voient ce qui leur sont pourtant caché ? Dois-je évoquer les personnages, tous aussi déchirants les uns que les autres, tous animés avec une justesse et une humanité qui dépasse tout, avec leurs caractères un peu arides, un peu bêtas comme un Leny dans Des souris et des hommes ? Dois-je parler de Darl, le personnage qui m'a le plus marqué, qui m'a le plus parlé, et auquel je me suis identifiée plus que de raison ? Dois-je parler de cette histoire presque burlesque, de cette tragique farce familiale qui prend place un sud rudimentaire où il fait chaud, où les gens de la ville méprisent avec dédain les "bouseux" campagnards ?
    Ou plutôt dois-je parler de mon émotion ? Dois-je revenir sur le fait que dès que je l'ouvrais -je lis presque exclusivement dans le train- tout disparaissait, les bébés qui chialent, les vieilles dames qui parlent trop fort, les connards qui hurlent au téléphone, l'autre emmerdeur qui écoute sa musique si fort que tout le wagon l'entend, les stressés qui tapotent du pied par terre et les pipelettes qui rigolent grassement entre elles ? Dois-je me rappeler avoir éclaté en sanglots dans le train vers les dernières pages, submergée par une émotion dantesque, oubliant toute pudeur et toute réalité en dehors de ces paysages brûlants qui faisaient onduler les pages ?

    Je ne sais pas ce qui est le plus, important, de quoi je dois parler, mais bordel, quel livre.
  • I.G.H. (1975)

    High Rise

    Sortie : 1975. Roman.

    Livre de J.G. Ballard

    15/04

    J'aimerai profité d'avoir lu le livre pour revenir sur le film High Rise qui s'est, injustement, beaucoup fait critiquer et notamment sur ce site. A tout ceux qui parlent d'High Rise comme un ratage, ne touchez pas au livre ! Parce qu'il est évident que le film est pour le coup une adaptation très fidèle : il reproduit exactement la sève du livre et ce qu'on lui reproche, c'est à dire la répétition, et l'impression qu'on sait pas vraiment où commencent les choses. D'ailleurs c'était pas une critique valable de dire que dans High Rise on ne comprends pas vraiment quand commence l'apocalypse parce que c'est quand même tout le propos : un désordre total s'élève et personne ne réalise, il n'y a pas de point de départ, on ne comprends pas. C'est bien dans le bouquin ça et je pense que le parallèle avec notre société est clair. La tour est un échantillon de notre société, et aujourd'hui Balard sous-entend très clairement que si l'apocalypse a commencé, nous ne nous en sommes pas rendu compte.
    Bref, I.G.H est un roman plutôt sympa et philosophiquement intéressant. Ce qui marque profondément est le style : sublime, violent, choquant, imagé, chaque phrase emporte et permet de tenir alors que l'histoire se répète. L'idée des trois points de vue (un du prolétariat, l'autre de la middle class et le dernier de l'aristocratie) est brillante car cela permet une véritable parabole de la société et un regard tentaculaire qui englobe avec brio les intérêts de chacun.
    Les défauts sont évidents. Si j'accorde une meilleure note au film (oh sacrilège pendez la) c'est parce que 200 pages, c'est plus long qu'un film et ainsi les défaut se trouvent exacerbés. J'ai souvent décroché tant les actions s'emmêlent et se répètent. Je sais qu'il y a beaucoup de pages dont je n'ai aucun souvenir lisant automatiquement, me détachant trop d'un récit certes magnifiques mais répétitif.

    I.G.H c'est quelques images extrêmement marquantes (le jardin de sang survolé de goélands picorant des ossements) entourées d'une vague contemplation de la destruction et de la violence. Parfois ultra choquant et terriblement dérangeant, parfois ennuyeux, c'est un livre qui marque mais pas pour sa globalité.
  • Les destructeurs (1954)

    The Destructors

    Sortie : 1954. Recueil de nouvelles.

    Livre de Graham Greene

    17/04

    J'aimerai relire encore et encore cette nouvelle tant elle regorge de choses magnifiques. A la base, je viens de la lire parce qu'elle est citée dans mon film favori, Donnie Darko. Je suis d'ailleurs étonnée de remarquer que le film cite bien plus la nouvelle qu'il n'en a l'air et bien plus discrètement, faisant de sincères clins d’œils à ceux qui l'ont lu.

    The Destructors est une très courte histoire écrite par Graham Greene à propos d'un gang d'enfants qui décident tout simplement de détruire la maison de M. Thomas, surnommé Old Misery (je ne sais pas qu'elle est le choix de la traduction française). C'est un roman fascinant, déjà sur l'idée de la création : ici détruire c'est donner naissance, saccager c'est créer et les gamins produisent une nouvelle forme de vie, une vie éclaté, une vie fracturé mais une vie, une oeuvre d'art de la décrépitude, notre manière moderne de procréer.
    Parce que Graham Greene écrit bien évidemment de son point de vue de monsieur ayant connu la guerre, et les incessants bombardements en Angleterre. Il recherche là la bouffonnerie propre à la destruction, propre à l'explosion, trouvant dans cette violence une farce enfantine, une blague de bambins. "It's nothing personnal" répété deux fois dans la nouvelle clôture cette brillante idée : il dépeint ici l'absurdité de la guerre, des bombardements aveugles, où personne n'est visé, où il n'y a ni haine, ni amour, juste fracas et éclats.
    C'est une fable magnifique, un conte désabusé riant sur la poussière du monde.
    Du grand Graham Greene.
  • Nouvelle histoire de Mouchette (1937)

    Sortie : 1937. Roman.

    Livre de Georges Bernanos

    27/04

    Comme le dit l'adage, n'est pas Victor Hugo qui le veut (si ça n'existe pas, il faut l'inventer car même si c'est de bon ton de la part de quelques intellectuels de critiquer Hugo parce que voilà faut pas déconner dans le fond c'était le petit auteur populaire de son époque, et parce que soi disant son style est lourd et tout là alors que personnellement je pense que généreux serait plus le mot, et bien il a quand même tellement impacté la littérature française que beaucoup s'inspirent encore de lui. C'est quand même juste le premier à avoir fait d'un personnage qui n'est pas Jésus une métaphore du Christ donc bon, sans lui c'est au revoir toutes les métaphores christiques qu'on chérit tant). Victor Hugo, je t'aime.

    Parce que Nouvelle Histoire de Mouchette on dirait vraiment, beaucoup, Les Misérables, en 50000 fois plus court, certes, en un peu plus cruel, je ne suis même pas sûre, en un peu plus contemporain, c'est bien probable. C'est un livre qui durant 125 pages s'immerge chez les pauvres, chez les misérables pour chercher dans leur cruauté, dans leurs péchés, dans leurs misères, tout ce qui vient de Dieu, tout ce qui fait d'eux des créatures célestes. Bernanos le fait bien, mais parfois arrive le goût de déjà vu, parce que Mouchette c'est un peu Cosette et un peu Fantine. Mais parfois, dans ce marasme en peu ennuyeux puisque déjà lu, Bernanos arrive à écrire des passages d'une puissance stylistique et réflexive dont je me souviendrai. Que ce soit les plongées dans la psychologie de l'enfant honteusement amoureuse de son violeur ou les dernières pages traitant sans jugement sur le suicide (et envoyant royalement l'église aller se faire voir elle qui condamne le suicide - ce qui est d'autant plus génial que Bernanos est catholique), il y a quelques passages qui touchent une profonde vérité, une profonde nouveauté psychique aussi violente que malheureuse.
    Le style m'a quelque fois un peu agacé. En fait, je suis un peu une nazie de la littérature, je crois. Mais j'ai beaucoup de mal avec l'entrée d'un certain discours indirect libre au milieu de simples moment de narrations. Dans de grands paragraphes de pur récit, l'invasion de questions, d'exclamations, ça m'agace, je n'aime pas ça, je ne trouve pas ça très joli en règle général. Je ne rejette pas la pratique en bloque tant elle est courante mais ça ne me plaît pas. Peut-être parce que je suis amoureuse des longues phrases pensées et compliquées et qu'ainsi l'intervention d'un petit "Tant pis !
  • Orgueil et Préjugés (1813)

    Pride and Prejudice

    Sortie : 1813. Roman.

    Livre de Jane Austen

    Heureusement, Orgueil et préjugés est un livre brillant ce qui l’a bien sauvé. Déjà le style est très prenant, les phrases sont précieuses et limpides, et on voit l’esprit vif et intelligent qui anime cette prose belle et rythmée. L’ironie sous-jacente à divers endroits est délicieuse et j’avoue que la lecture de l’œuvre m’a souvent arrachés de larges sourires bien que ceux-ci étaient souvent dû aux répliques cinglantes du personnage d’Elisabeth qui est quand même une protagoniste avec de la répartie. Mais soyons sincère, mon personnage favori est M. Darcy sur lequel j’ai crushé comme tout le monde. On dirait l’émo timide au fond de la cours de récré au collège, tout le monde croit qu’il est méchant, en vrai il l’est un peu, mais dans le fond c’est juste un grand susceptible fragile. Personnellement, j’ai pris leur histoire d’amour très au premier degré et j’étais à fond dedans désirant qu’ils finissent ensemble (et non je ne connaissais pas la fin).

    Je dirais que ce qui a un peu handicapé ma lecture est tout une partie du livre, après le départ de M. Darcy jusqu’à ce qu’elle le recroise chez M. Colin. Je trouve que le rythme perd là de son acidité et je me suis souvent pas mal ennuyée même si la moquerie de Colin qui jonche cette partie est fameuse. Par contre, à l’issue de la première déclaration de M. Darcy, le livre devient tout bonnement palpitant et la relecture de toute la première partie par une Elisabeth à l’orgueil détrompé est très subtile et intelligent. On entre en plus dans des dimensions psychologiques plutôt profondes qui dépassent le coup de foudre un peu bêta. Parfois Austen trouve des mots terriblement justes du genre : « Jamais elle n’avait aussi sincèrement éprouvé le sentiment qu’elle aurait pu l’aimer autant que maintenant, alors que tout amour était nécessairement vain. »

    Si ça manque peut-être de déchirement passionnés et de névroses terribles, Orgueil et préjugés reste un livre beau, prenant, terriblement addictif sur la fin et qui en dit très très long sur la société de l’époque avec humour et esprit.
  • La Symphonie pastorale (1919)

    Sortie : 1919. Roman.

    Livre de André Gide

    13/06

    Ce très court roman d’André Gide pourrait s’apparenter à une sorte de fable, de conte. J’admets que pour mon premier Gide, commencer par une œuvre si courte, si inoffensive, n’était peut-être pas un si bonne idée mais le récit s’est quand même avéré bien prometteur.

    Déjà, sans être fulgurant, le style est quand même plutôt joli. En fait ce livre m’a fait réaliser une chose : j’aime la première personne du singulier en littérature si elle sert un propos très oral (Salinger, Faulkner), mais sinon j’ai beaucoup de mal avec le « je » utilisé pour des phrases très littéraires, sauf si celles-ci expriment principalement des ressentis. Bien entendu il y a des exceptions à tous et en disant ça je m’érige en grosse fasciste de la littérature, mais voilà j’ai enfin mis le doigt sur mon rapport conflictuel à la première personne du singulier. Les vraies trouvailles stylistiques de ce livre se trouvent en fait dans les paroles des personnages et surtout de Gertrude : aveugle de naissance, elle décrit le monde avec des champs lexicaux uniques : comme elle lit, elle décrit un paysage en parlant de « mots » et je trouve que c’est une trouvaille exceptionnelle. La description des couleurs par le biais des instruments de la célèbre Symphonie Pastorale est d’une intelligence folle et tous ces passages de descriptions à l’aveugle regorgent d’idées brillantes et sur papier c’est vraiment très poétique et beau.

    Sinon l’histoire est intéressante, et ce pasteur un peu malsain qui cherche dans les évangiles des excuses à son comportement est intéressant. C’est une preuve totale que les versets bibliques peuvent être lu de mille et une façons et signifier un peu ce qu’on leur demande de signifier. Le livre met alors en exergue la facile manipulation que peut exercer l’église tout en faisant preuve d’une certaine fatalité avec l’impossibilité de mentir « au regard de Dieu » sur la fin.

    Bref c’est léger mais quand même bien intéressant et ça se lit en deux heures grand maximum donc c’est tout sauf un fardeau.
  • Le Troisième Homme (1950)

    The Third Man

    Sortie : 1950. Roman.

    Livre de Graham Greene

    16/06

    Ah Graham Greene, serais-tu capable de me décevoir un jour ? Je ne crois pas. Je mets 7 à ce bouquin, mais en vérité c’est un bon gros 7.5 presque 8 mais c’est pour équilibrer par rapport aux autres que j’ai lu de lui. Car même si Le Troisième Homme est un très court roman bourré de qualités en tout genre, il n’a pas la puissance intellectuelle et psychologique d’un La Puissance et la Gloire et d’un Le Fond du problème.

    Ce roman policier se classe directement dans ce que Greene appelait ses livres de divertissement. Il s’agit d’une enquête au cœur de Vienne à l’issue de la seconde guerre mondiale alors que la ville est divisée entre les 4 puissances victorieuses. Ce contexte permet plusieurs choses : déjà l’atmosphère du livre est unique avec ce froid et ces tensions entre zones, en plus on en apprend beaucoup sur l’ambiance générale de l’époque (après il est toujours difficile d’évaluer combien c’est romancé), et surtout Greene se permet des grands moments d’humour en se moquant de chacun (les américains sont moqués comme des mecs qui veulent à tout prix être les chevaliers de la situation, les russes eux sont des mecs qui respectent pas du tout l’administratif et les français sont des gros blasés qui se moquent un peu de tout si cela ne les concernent pas). Ce roman construit vraiment tout une ambiance qui est extrêmement prenante : difficile de sortir une fois qu’on est entré dans cette histoire de meurtre auréolé d’une affaire de marché noir de pénicilline diluée. Tous les codes du roman/film noir sont réunis pour une œuvre définitivement prenante. Greene en profite pour mettre un petit tacle à ceux qui dénigrent complètement la littérature de divertissement lors d’un dialogue surréaliste où il évoque James Joyce qu’on ne prenait que pour un bonimenteur de foire à son époque.
    Le style de Greene est exceptionnel comme d’habitude. Il a ce talent pour ne pas s’attarder sur des détails inutiles et ainsi ça ne s’arrête jamais et on ne peut que vouloir continuer encore et encore. J’avais deviné l’un des gros ressorts du scénario ce qui m’a conforté dans ma figure de Batman le plus grand détective du monde.

    Bref ça se lit tout seul et c’est vraiment bien. Me reste plus qu’à voir le film.
  • Courrier sud (1929)

    Sortie : 1929. Roman.

    Livre de Antoine de Saint-Exupéry

    20/06

    « Un ciel pur comme de l’eau baignait les étoiles et les révélait. »
    Dès la première phrase de son premier roman, Antoine de Saint-Exupéry annonce la couleur : ce livre sera beau, poétique, et teinté d’une ambiance désertique. Courrier Sud raconte l’histoire d’un pilote, Bernis, vu par un ami d’enfance. Le livre est un récit fragmentaire, on vole d’un événement à l’autre, dans le désert, dans Paris, dans les souvenirs mais surtout tout autour de Geneviève, l’amour de Bernis. Les passages autour de Geneviève sont d’une beauté que j’ai rarement vue et d’une justesse psychologique sublime. Geneviève est une femme forte en apparence, mais une petite fille à l’intérieur, elle est inaccessible, mystérieuse, comme dit le narrateur, dans le fond, personne ne l’aime entièrement parce que personne ne peut saisir l’infini qu’elle porte en elle. Finalement ce récit n’est pas qu’une histoire d’aviation, très loin de là. C’est sur deux âmes, deux êtres, qui tentent de s’échapper : Bernis de l’immobilité de la vie, du rejet de la routine citadine en comparaison avec ses voyages en avion pour transporter le courrier aux Amériques ; Geneviève du quotidien, du drame de sa vie qu’elle n’arrive même plus à pleurer, de savoir qu’elle sera toujours prisonnière de l’incompréhension des autres. Les événements s’enchaînent sans véritable lien, les chapitres sont des éclats de miroir brisés qui, recollés, ne forment rien d’autres que des vies morcelées, incomplètes.

    Le style, très saccadé, peut paraître désagréable mais finalement se dégage une poésie redoutable. Les paysages deviennent vivants, les psychologies sont des poèmes, les événements des instants perdus dans le temps. Déjà, le style tant aimé du Petit Prince, empreint d’un lyrisme enfantin redoutablement efficace par son innocence doublé d’une cruauté puérile, est présent et sublime.

    Je pensais que j’allais lire un petit livre mais c’était une expérience très belle et douce. Et la fin, exactement celle que connaîtra l’auteur lui-même des années plus tard, prend dès lors des allures prophétiques a posteriori mais, on se dit que si l’auteur visualisait cette mort ainsi, il a atteint dans sa propre vie un morceau brut de poésie.
  • Les Clochards Célestes (1958)

    The Dharma Bums

    Sortie : 1958. Roman.

    Livre de Jack Kerouac

    19/07

    Lire du Kerouac, ça fait toujours un certain effet. On a toujours envie de partir sur les routes avec son sac à dos, de devenir bouddhiste, de relativiser les choses et renouer avec la fête, avec la nature, avec tout. Lire du Kerouac c’est embrasser, durant une centaine de pages, une toute nouvelle philosophie de vie, rafraîchissante et géniale qui rend heureux et bien. Et Les Clochards Célestes m’aura fait le même effet que Sur la route en ce sens : j’ai réfléchis, beaucoup, et ma vision du monde a encore évolué.

    Les Clochards Célestes raconte les déambulations de Ray qui rencontre Japhy un « fou du zen » et qui va avec lui (parfois sans) découvrir des choses sur lui-même, sur la nature, sur tout. Le livre est accompagné du style si particulier de Kerouac qui mélange tous les registres de langage et s’emballe dans des longues phrases exaltées qui transmettent un enthousiasme au lecteur embarqué dans l’esprit, dans le voyage. C’est ça qui est fort, avec ce style entre le simple et le beau, Kerouac t’embarque immédiatement et lorsqu’il s’agit de décrire des paysages, il atteint là une prose poétique absolument sublime qui magnifie les USA et ses montagnes belles et vivantes. Après je regrette d’avoir lu une traduction qui m’a paru très laide et maladroite à certains moments qui, je n’en doute pas, sont bien plus beaux en vo. A relire donc.

    Le livre se lit vite mais j’admets avoir des petites réserves par rapport à Sur la route qui est l’un de mes romans préférés. Si le fond me paraît aussi grandiose et tout à fait captivant, j’ai beaucoup plus ressenti des impressions de répétitions qui ont un peu plombées ma lecture (ce qui n’était pas arrivé avec l’autre donc). Je le trouve fantastique mais il m’a un peu moins transcendée que son prédécesseur. Peut-être parce que le désir de fuite, le mouvement constant de Sur la route n’est plus là pour celui-ci beaucoup plus introspectif, et que c’est moins ce que je recherche en un sens. Mais quand même, cette méditation offre des moments de réflexions intenses, et des questions théologiques qui m’auront appris beaucoup.

    A lire pour grandir.
  • Omertà (2017)

    Sortie : juillet 2017. Roman.

    Livre de Clara Lamarca

    23/07
  • Lettre d'une inconnue (1922)

    Brief einer Unbekannten

    Sortie : 1922. Nouvelle.

    Livre de Stefan Zweig

    07/08

    A défaut de trouver le film dans ma médiathèque (qui est sans cesse emprunté successivement c’est incroyable, je fais finir par être obligée de camper sur cette place), j’ai décidé de me procurer l’ouvrage. Lettre d’une Inconnue est indéniablement une très belle nouvelle, même si je confesse qu’il semble qu’elle m’ait moins transporté que beaucoup de mes éclaireurs.
    Bref, Stefan Sweig a un style délicat qui coule tout seul et parfois a de véritables moments de génie. Ce style, aussi brillant soit-il, n’est pas du tout ce que je préfère en littérature mais quelques passages où sa plume se lâche m’ont clairement ébloui surtout à l’instant où notre inconnue évoque le lieu où elle a dû accoucher. Le récit qu’elle fait de la misère de l’hôpital, de la saleté, de la pauvreté est beaucoup plus déchaîné qu’ailleurs. Elle se déchaîne bien sûr aussi dans quelques instants de passions qui construisent cette histoire d’amour aussi singulière que légèrement déjà-vu. Je n’ai pas d’exemple en tête mais l’amour transi à sens unique a déjà été abordé. Ce qui fait la singularité de la nouvelle, et ce qui la rend géniale selon moi, c’est vraiment toute cette histoire autour du fait qu’elle est inconnue. Le fait qu’il ne la reconnaisse absolument jamais décuple le drame de cette romance qui n’est même plus à sens unique : elle n’existe pas. Et c’est l’histoire d’une femme devenue fantôme qui vit au travers d’un écrivain. Bien sûr, le métier de créateur n’est ici clairement pas anodin et permet une double lecture plus fascinante que le premier degré qui est certes beau, je l’ai déjà dit, mais ne m’a pas transcendé.

    J’adore particulièrement la fin, lorsqu’il a terminé de lire la lettre. Fin parfaite et terrible qui frappe par sa force et sa justesse, à la fois belle et horrible. Je n’en veux pas à l’écrivain, à aucun moment. Je partage même la fascination de notre inconnue sur cet homme doux et brillant qui profite juste de la vie en un sens. Peut-être s’en voudra-t-il pour toujours, peut-elle l’oubliera-t-il bientôt, mais selon moi, il n’a aucune culpabilité à éprouver, et il peut pour sa mémoire à elle et pour célébrer sa beauté, déposer chaque année ce bouquet de roses blanches dans son propre vase.
  • Inconnu à cette adresse (1938)

    Address Unknown

    Sortie : 1938. Roman.

    Livre de Kathrine Kressmann Taylor

    19/08

    Petit récit épistolaire pour la jeunesse – enfin je crois – je me suis avalé ce petit bouquin en une demi-heure entre deux instants de procrastination sous le soleil de campagne.
    Je n’ai pas grand-chose à dire je l’admets.
    La nouvelle retrace l’échange de deux allemands, Max et Martin, l’un juif et aux Etats-Unis, et l’autre retourné en Allemagne et très vite sympathisant nazi. L’histoire retrace la radicalisation de l’un qui renie petit à petit l’autre, jusqu’à un événement qui signera une rupture définitive sur laquelle enchainera une vengeance. Ça se lit très vite et j’aime beaucoup l’aspect que prend la fin, mais je suis toujours en difficulté quand je n’éprouve pas une pointe d’empathie pour les deux personnages. Entre le nazi et celui qui s’abaisse à la vengeance, je les trouve tous les deux détestables au possible.

    Le style est très simple et économe, donc rien de bien transcendant de ce côté et je trouve le début très maladroit à la façon dont l’auteure tente d’exposer la situation qui paraît bien artificielle dans un échange entre deux copains (du genre « oh regarde cette chaussure que j’ai acheté dans notre village natale où notre nourrice nous apportait du lait quand toi tu supportais la mort de ton père lui-même amant de ma mère, elle-même exilée »). Mais voilà, après ça se lit tout seul .
  • La Horde du contrevent (2004)

    Sortie : 2004. Roman et science-fiction.

    Livre de Alain Damasio

    23/04

    Je crois en l’infinité de l’écriture. Je pense que les mots, la langue sont des choses que l’on peut étirer à l’infini, pour toujours, que l’on peut réinventer, revoir. Il restera toujours des associations inédites, des néologismes, des nouveaux langages. L’écriture, les signes, sont tout, peuvent représenter tout et proposent ce qu’il y a, selon moi, de plus absolu. Et il me semble qu’Alain Damasio pense comme moi. Parce qu’il invente des mots, des langages et il écrit le vent. Par un système de ponctuations, tout simplement, il écrit les phrases du vent. Je crois que c’est la preuve que l’écriture est tout.

    Surtout que Damasio est un sculpteur de la langue. Je crois que jamais je n’ai vu une telle maîtrise du langage, des significations, des connotations. Sa plume est magnifique, sublime, il combine les mots, il pousse la langue française au sommet et il joue, notamment et surtout, au travers du personnage de Caracole, un troubadour as des jeux de mots, as des joutes verbales. Mais même sans lui, il développe des registres particuliers à chaque point de vue de personnages et les plus littéraires tels que Sov ont le droit à un verbe sublime. Vraiment, je ne le répéterai jamais assez, rien que dans la forme, La Horde du Contrevent est un livre absolument immense, incroyable, unique, audacieux, expérimental. C’est un livre et ça ne pourrait pas être un film, parce qu’il exploite jusqu’à la moelle les possibilités des lettres.

    Mais cette force est au service d’une histoire exceptionnelle. Je ne vais pas trop en dévoiler parce qu’il est mieux de découvrir ce chef d’œuvre sans rien savoir dessus (par exemple je n’avais même pas lu la quatrième de couverture). Je peux dire quand même que ce récit est viscéral, il prend aux tripes dans ses scènes de tensions qui sont des modèles de gestion, dans ses scènes d’actions que l’on arrive à s’imaginer parfaitement. Et c’est d’une intelligence folle dans la description de ce nouvel univers familier et étranger, dans toute cette philosophie du vent déclinée de milles manières, avec toutes les théories sur le vif passionnantes… Bref ce livre est parfait. Et j’ai pleuré, tellement pleuré, jusqu’aux sanglots. C’est d’une puissance rarement égalée, c’est magnifique, brillant, grandiose, je parlais d’infinité du langage mais finalement peut-être que les mots manquent pour décrire ce livre gigantesque.

    Et jusqu’au bout, Golgoth aura été mon personnage favori.
  • Nouvelles (1953)

    Nine Stories

    Sortie : 1953. Recueil de nouvelles.

    Livre de J. D. Salinger

    31/08

    Si vous ne deviez en lire que deux, je conseille vivement Un jour rêvé pour le poisson-banane (la plus fameuse et à raison) et Teddy qui sont toutes deux absolument bouleversantes.

    En réalité, toutes les nouvelles de ce recueil sont géniales à leur façon, et on retrouve là une cohérence dans le style et dans les thèmes fascinante. Salinger utilise beaucoup le dialogue et distille habilement à travers de courtes phrases narratives des détails qui permettent d’immédiatement identifier le caractère ou la classe d’un personnage, s’en est brillant. Tout comme l’Attrape-Cœur, chaque nouvelle embarque, perd un peu, ne trouve pas de but, jusqu’à une dernière phrase qui change tout, fait tout comprendre, ou largue un peu plus et qui fait rentrer ces récits d’apparence insignifiants dans le brillant. Tous (sauf peut-être Jolie ma bouche et verts mes yeux) traitent de l’adolescence et de l’enfance (comme l’Attrape-Cœur) et de la perte de l’innocence, de l’inadéquation au présent, d’une adoration du passé spirituel. La guerre est très récurrente aussi. Chaque nouvelle est en quelque sorte une déclinaison sur le même thème et pourtant chacune a sa singularité et son génie propre.

    Elles portent toutes quelque chose de très mystérieux et parfois il faut cogiter bien longtemps avant de tout comprendre. Personnellement j’admets qu’elles ne m’ont pas toutes révélé leur entière intériorité et « Pour Esmé, avec toute mon abjection » reste assez obscure pour moi et j’ai dû mal à tout comprendre.

    En tout cas, ça se lit très vite, ça se dévore en fait, et c’est vraiment très intelligent, on rit beaucoup mais on pleure aussi. Evidemment toutes les nouvelles n’ont pas la même qualité et certaines sont moins incroyables que d’autres mais vraiment, je me répète : « Un jour rêvé pour le poisson-banane » (ma favorite) et « Teddy », sont à lire une fois dans sa vie et m’ont ému de façon incroyable.
  • Le cordon ombilical (2003)

    Sortie : 2003.

    Livre de Jean Cocteau

  • Le portrait de Mounet-Sully (2016)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Jean Cocteau

  • Le Livre blanc (1928)

    Sortie : 1928. Essai.

    Livre de Jean Cocteau

    01/10

    L’édition du Livre Blanc qui circule aujourd’hui contient en son sein plusieurs textes assez éclectiques. Ceux qui ont leur propre fiche, je les ai notés et je vais faire un commentaire général ici.

    Ce recueil de textes de Jean Cocteau qui contient surtout le fameux Livre Blanc est une petite merveille pour tout fan de l’artiste. Il commence avec une série de poèmes tous plus beaux les uns que les autres dont tout un tas dédiés à Jean Marais qui démontrent d’une sorte de passion timide très touchante et qui laisse vite imaginer les travers brutaux d’un tel amour.
    Le Livre Blanc reste le meilleur texte du recueil. Déclaration anonyme au monde, Jean Cocteau dévoile là son homosexualité dans un récit très personnel, presque érotique, où une véritable tristesse comme venant d’un certain fatum s’amplifie au fil des pages. En plus c’est conduit par l’écriture magnifique de Cocteau qui mêle images oniriques et véritable réalisme dans des phrases que tu as envie de citer partout. C’est beau triste et ça fait preuve d’un véritable mal-être vraiment déchirant. Etonnant par ailleurs que les communautés LGBT+ ne se réfèrent pas du tout à cette œuvre qui est très intéressante – bien que datée dans certains avis, par exemple pour lui l’homosexualité vient du fait que les hommes ont une femme en eux, ce qui est clairement une réflexion venue d’une autre époque.
    Le reste est principalement composé d’essais théoriques où il se théorise lui-même ou la littérature française. C’est toujours très éclairé, brillant et surtout tellement moderne. Il est vraiment toujours en avance. C’est de plus très drôle de lire les anecdotes qu’il raconte aux côtés d’Apollinaire ou Picasso (ça fait toujours plaisir quand on apprend que des artistes qu’on admire travaillent ensemble).

    Bref ce recueil plutôt bien composé dresse le portrait d’un homme révolutionnaire, différent, très très en avance, boulimique d’expériences artistiques et fascinant au plus haut degré.
  • L'ange Heurtebise (1925)

    Sortie : 1925. Poésie.

    Livre de Jean Cocteau

    01/10

    Il aura donc fallu créer une fiche pour ce magnifique poème.

    L’Ange Heurtebise est un poème, publié en un livre par Jean Cocteau en 1925, donc plutôt au début de sa carrière. Complexe, dense et hallucinée, c’est une variation assez sublime et moderne autour de la figure de l’Ange Heurtebise qui l’aurait possédé et l’aurait obligé à écrire dans une sorte de parthénogénèse.

    C’est un poème compliqué, que je ne comprendrais sûrement jamais totalement (et c’est pas faute d’être obligée de le décortiquer en tous côtés pour la fac) et qui m’a pourtant fascinée dès la première lecture. Son usage des mots tient du génie, avec des jeux sur les polysémies, ou les homophonies incroyables. Bref voilà un poème que j’admire tout particulièrement, l’un de mes préférés au monde évidemment et peut-être, selon moi, la chose la plus sublime et admirable qu’est produit Jean Cocteau.

    (si ça intéresse certain de le lire il est trouvable ici : https://cocteau.biu-montpellier.fr/index.php?id=222 (en cliquant sur l’image) )
  • Jérusalem (2016)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Alan Moore

    Petite défaite, je l'arrête pour le moment.
    300 pages lues environ mais le truc c'est qu'avant je le lisais chez moi ou avant de dormir mais maintenant que mes cours ont repris bah chez moi, je bosse et le soir je suis trop crevé pour une lecture si compliquée (je vous jure c'est vraiment très lourd à lire). Et comme mon lieu de lecture est le train et qu'il est trop gros pour le train et bien je l'arrête pour le moment et le reprendrais aux grandes vacances quand j'aurais que ça à faire.
  • Madame Bovary (1857)

    Sortie : 1857. Roman.

    Livre de Gustave Flaubert

    21/10

    J’aurai aimé avoir lu ce livre plus tôt. Je veux dire, il m’a tant transportée et émue et je me suis tellement identifiée à Madame Bovary (pas pour tout, je ne crois pas être aussi capricieuse ni dépensière mais pour d’autres choses plus « subtiles » on va dire) qu’il aurait été une grande source d’inspiration et de compréhension de mon caractère durant mon adolescence. Madame Bovary est assurément l’un des personnages de roman les plus bouleversants qui soit, les plus complexe et incroyable. Et d’ailleurs je trouve Flaubert lui-même trop dur avec elle dans son style. Si son ironie mordante est très appréciable parfois, drôle, et intelligente, je trouve que de temps à autres il s’avère trop cruel avec son héroïne dont il aime se moquer à coup de figures de style. Il n’a pas assez d’empathie pour elle, ça se sent dans ses mots et c’est ce que qui fait que je ne mets pas plus au roman quand bien même je ne lui trouve presque aucun défaut et qu’il m’a vraiment passionnée.

    Flaubert signe ici un chef-d’œuvre, un roman résolument moderne, dont le style est d’une beauté à couper le souffle. Pas étonnant venant de ce génie du phrasé vous me direz mais là on en arrive à des justesses folles pour décrire des sensations, une écriture qui mêle poésie et sensoriel pour que certains passages atteignent un lyrisme passionné digne des sentiments d’Emma Bovary. Le tout est mené par un humour vraiment bon qui, même s’il dénonce un manque d’empathie parfois, est parfait pour ce regard ironique sur la province. J’ai ris, j’ai eu les larmes aux yeux, j’ai frissonné et je suis tombée amoureuse avec elle.
    Les personnages sont aussi un point fort avec leurs particularités. Charles Bovary, cet éternel médiocre, cet amoureux insuffisant, ce simple incapable est terriblement touchant dans son affection et son amour tandis qu’on en veut à Rodolphe ce bourru prétentieux mais objet des passions les plus fortes et qu’on cherche à comprendre Léon, l’amoureux transi triste de se lasser. C’est une véritable galerie faite par l’esprit d’un génie qui s’anime sous nos yeux et qui continuera de s’animer une fois l’ouvrage refermé (pari réussi donc pour celui qui avait l’ambition d’écrire un livre qui pourrait se tenir seul, léviter sur lui-même).

    Bref une grande œuvre essentielle, un tourbillon de sentiments, l’une des plus belles plumes de la langue française et une fin brillante.
  • Antigone (1922)

    Sortie : 1922. Théâtre.

    Livre de Jean Cocteau

    23/10

    Un peu difficile de noter un texte de théâtre de Cocteau ainsi tant la mise en scène était importante pour lui et lire son théâtre est à la limite du contre-sens.
    Donc ma note est assez faiblarde certes parce que le texte n’est pas sublimissime (bien que quand même Cocteau n’est pas le dernier des crétins) et assez court et il n’a pas inventé l’histoire. C’est théoriquement en fait qu’il trouve son intérêt mais voilà, du coup à lire ce n’est pas dingue. Mais pièce intéressante tout de même.
  • Ubik (1969)

    Sortie : 1969. Science-fiction et roman.

    Livre de Philip K. Dick

    09/11

    Ce dernier chapitre. Un pur délice. Je l’ai lu alors que j’étais en train de mourir dans le train, serrée entre 2000 personnes et les faisant bien chier parce que lire un livre ça prend plus de place que de garder les bras plaqués contre son corps – oui je suis un être odieux mais je voulais vraiment le finir – et cette fin m’a arraché un petit sourire narquois. C’est assez génial, assez parfait, typique de ce que nous a offert K. Dick. Le roi du retournement, du « tu crois que tu as tout compris ? et bien désormais je vais te perdre », le roi de la science-fiction (enfin il partage son titre avec d’autres).

    Ubik est un roman exceptionnel, prenant et fascinant. Il explore tant de thèmes qu’il est difficile de tous les lister mais ce qui est impressionnant c’est de se rendre compte que ses critiques de la société sont encore extrêmement justes aujourd’hui et on dirait presque qu’il est devin parfois. Ce livre est un labyrinthe dans les limbes de la mort et du temps, une spirale, une salle des miroirs où tout n’est qu’apparence où se multiplient les reflets factices de vies effacées. Les personnages sont géniaux, j’adore notre cher Joe que l’on suit le plus souvent. Critique et métaphysique, le roman obsède et ne lâche pas, à la manière de ces publicités Ubik, parodies de vrais spot, qui sont à mourir de rire tant elles sont justes.
    Finalement je regretterai juste que le style de Philip K. Dick ne soit pas absolument incroyable. Attention, il écrit très bien, il a un véritable art de la métaphore, une plume gorgée d’humour, un sens inné pour l’efficacité mais dans la collection auteur de sf je trouve que Bradbury a en plus de tout ça une véritable poésie saisissante qu’il manque souvent à notre autre maître. Mais c’est un détail évidemment.

    Selon moi, Ubik est un dieu, une société de consommation suprême qui construit des mondes obligeant ceux qui y demeurent à le consommer. Glaçant.
  • Antigone

    Théâtre.

    Livre de Sophocle

    12/11

    Lecture obligatoire pour mon mémoire mais ça ne me dérange vraiment pas. C’est assez agréable de rattraper quelques classiques puis si j’avais su que c’était aussi beau, je m’y serais précipité plus tôt. Je n’ai jamais été une grande lectrice de théâtre parce que plus jeune je n’aimais pas du tout Molière mais peut-être aurais-je dû me tourner plus assidûment vers la tragédie – en dehors des lectures scolaires obligatoires – parce que clairement j’adore cela. Je n’ai rien à commenter de bien particulier. Le texte est absolument magnifique tant dans sa portée métaphorique que dans son histoire au premier degré. Outrage, fatalité, hybris se déploient pour achever la lignée d’Œdipe et la malédiction de cette famille peuplée de monstres beaux.

    Je commence à être vraiment très attachée à Antigone parce que c’est la seconde pièce sur elle que je lis dans le mois et j’ai lu quelques textes de Cocteau qui parle assez magnifiquement d’elle. C’est une très belle figure anarchiste et angélique, une femme qui ne peut contrôler ses passions et qui se fait injustement détruire. C’est décidément un très bel ange.
  • Œdipe Roi

    Οἰδίπoυς τύραννoς (Oidípous týrannos)

    Théâtre.

    Livre de Sophocle

    15/11

    Quand j’étais petite je pensais que Sophocle était une femme. Me demandez pas pourquoi, dans mon esprit d’enfant, Sophocle, ça sonnait féminin c’est tout. Et pourquoi je vous raconte ça ? Parce qu’il faut bien remplir les annotations m’voyez.

    Parce que je n’ai pas grand-chose en soi à dire sur Œdipe Roi. C’est une pièce sublime, magnifique, l’archétype de la tragédie qui a fait fuser milles idées, milles réécritures, milles interprétations. Le Verbe est magnifique, le déroulement de l’étau qui se resserre est mené avec une main de maître et le personnage d’Œdipe est toujours aussi profondément tragique et beau à sa façon. Une grande œuvre qui survivra à tous les siècles à venir c’est une certitude.
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