Mon Top 10 de l'année 2017

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11 films

par Scaar_Alexander

Top 10 de l'année précédente :
https://www.senscritique.com/liste/Mon_top_10_de_l_annee_2016/1565238

Mentions honorables :
- Moonlight, plongée intime discrètement bouleversante et plastiquement superbe dans trois âges d'un homme incarné par trois acteurs au diapason ;
- Traque à Boston, plutôt qu'un mélo patriotique, une radioscopie factuelle, sous tension et toujours juste dramatiquement... ce que le 11 septembre mériterait ;
- Thelma, objet filmique profondément singulier, hypnotique et glaçant, mêlant intelligemment réalisme social et fantastique, porté par une actrice possédée ;
- Borg/McEnroe, le biopic dont personne n'attendait rien et qui a bien retourné le cerveau ; Gudnason est renversant, et le match final, tout autant !
- Le Redoutable, parce que... qui l'aurait cru ?

De prime abord, j'aurais tendance à dire que l'année 2017 n'a pas été fameuse, si l'on omet quelques grosses surprises comme Logan, OVNI de l'univers Marvel formaté, le canonisé d'entrée La La Land, le thriller-crochet du gauche Wind River, et quelques autres. L'origine de cette sensation m'a été rappelée par le top du sympathique YouTubeur Chris Stuckmann, dans lequel ce dernier a fourré un tas de "grosses" sorties (Dunkirk, La Planète des Singes - Suprématie, Thor Ragnarok, et BR 2049) qui ont été pour moi autant de déceptions (amères dans le cas de 2049 et des Singes, relative dans le cas du Nolan, superflue dans le cas de Thor). Sur les 106 films vus en 2017, je n'aurais donné de note égale ou supérieure à huit étoiles qu'à dix-sept d'entre eux, pour dix-sept notes égales ou inférieures à trois étoiles, et, dans l'ensemble, n'aurai donné la moyenne qu'aux deux-tiers, en étant sympa. Pas terrible terrible, et un ratio moins positif que celui de 2016. Mais en même temps, l'été 2016 n'avait-il pas été pire encore que celui de cette année, avec Independence Day Resurgence, Suicide Squad, Ghostbusters, Jason Bourne, ou encore Star Trek, sans limite ? Hollywood semble de plus en plus spécialisé dans l'allocation de budgets astronomiques à des scénarios complètement pourris, et ça ne rend pas forcément optimiste, mais ce n'est pas une raison pour pratiquer le "déclinisme"...

PS : le top 2017 de Studio Ciné Live fleure bon l'injonction à la masturbation bourgeoise, entre 120 battements par minute, Barbara, Monsieur et Madame Adelman (c'est cela, ouiiiii), et... Le sens de la fête. Le top 2017 de Première est un peu moins grave, avec le four à côté de la plaque The Lost City of Z, le lourdingue Billy Lynn d'Ang Lee, le joli mais déjà vu mille fois Quelques minutes après minuit (sorte de sous-Labyrinthe de Pan), et les très convenus BR 2049 plus La La Land forcément en première position...

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  • 1
    Bande-annonce

    Logan (2017)

    2 h 15 min. (France). Action, science-fiction, aventure, drame et thriller.

    Film de James Mangold avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen

    Pour Hugh Jackman et son dévouement au personnage, aussi fort que s'il jouait Oskar Schindler dans un film à Oscars. Pour la décision fort estimable de faire un R-rated movie, rappelant qu'il n'y a pas que des merdes chez les exécutifs hollywoodiens. Pour la mise en scène de James Mangold, qui sublime tant les moments d'intimité (entre Logan et Charles Xavier, notamment) que la violence brute de décoffrage de scènes d'action TOUTES mémorables (à commencer par la première de la gamine, qui pose le ton : on sait qu'on va s'en prendre plein les yeux). Pour l'épatante gamine, brillant coup de casting aussi bonne à virevolter qu'à pleurnicher. Pour la scène du massacre de la famille, moment d'épouvante COMPLÈTEMENT inattendu à l'effet accentué par les cuivres oppressants de Beltrami. Pour Evil Wolverine, qui ressemble au départ à une fausse bonne idée avant de faire un némésis imposant de brutalité et surtout parfaitement sens. Pour Boyd Holbrook, même, impeccable en exécutant rouleur de mécaniques. Pour un putain de film de super-héros qui saisit aux tripes pour ne (quasiment) jamais les lâcher. Pour l'atmosphère toxique de fin de civilisation. Pour une conclusion de saga comme on en voit rarement. Ce deuxième chef-d'oeuvre de la carrière de Mangold après 7h10 pour Yuma sera resté pendant neuf mois mon film préféré de 2017.
  • 2
    Bande-annonce

    Wind River (2017)

    1 h 50 min. (France). Thriller, drame et policier.

    Film de Taylor Sheridan avec Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Graham Greene

    Pour le plaisir qu'on prend à être surpris, au cinéma, de temps à autres (WR est sans doute LA grande surprise de l'année 2017 en ce qui me concerne). Pour une première réalisation à la hauteur de ce que son scénariste écrit (t'entends ça, Sorkin ?). Pour le meilleur scénario du gars, après un Hell or High water un peu décevant. Pour la réserve enneigée, terre de désolation à infusion lente qui devient vite un personnage à part entière, et que Sheridan film magnifiquement, aidé d'un travail sonore archi-immersif. Pour le meilleur rôle à ce jour de Jeremy Renner, que Sheridan gratifie d'un grand et poignant monologue sur la terrifiante aisance avec laquelle nos vies peuvent basculer de la lumière à l'ombre. Pour le beau personnage de l'agente du FBI, loin de la potiche-boulet de film macho COMME du fantasme féministe de guerrière bad-ass (excellente Elizabeth Olsen). Pour le flashback-pivot, très éprouvant, même au troisième visionnage. Pour les bruits de coups de feu, qui te calment ta race mais direct et comme rarement au ciné (on parlait de mixage sonore, plus haut...). Pour le portrait émouvant d'une communauté avachie dans la résignation. Pour le panneau de conclusion qui laisse sonné. Pour une ode à la loi du Talion qui fait toujours plaisir. À ne surtout pas louper, des fois qu'on serait influencé par la moyenne un peu basse sur SC, quand même toujours un site de snobinards...
  • 3
    Bande-annonce

    A Ghost Story (2017)

    1 h 32 min. (France). Drame, fantastique et romance.

    Film de David Lowery avec Casey Affleck, Rooney Mara, McColm Cephas Jr.

    Pour l'image du fantôme mélancolique grattant inlassablement le chambranle de la porte, alors que le temps ne va pas tarder à tout dévorer sous la forme d'une pelleteuse qui se fout bien des sentiments : quelque chose de viscéralement déchirant qui a de quoi hanter plusieurs jours après la projection. Arnaque économe ou coup de génie ? Coup de génie. Pour la puissance émotionnelle sidérante qui, considérant l'extrême épure du scénario, est un témoignage de la puissance évocatrice de l'image. Oui, pour la capacité de Lowery à filmer le passage du temps, c'est-à-dire capter l'indicible, là où bien d'autres cinéastes se sont cassés les dents. Pour la tirade du hipster en salopette, dans laquelle on peut voir sans rougir un puissant éloge du sacré en dépit de sa posture nihiliste finale. Pour les quatre minutes de dégustation de tarte en plan fixe à laquelle s'adonne Rooney Mara, parce que Rooney Mara, et parce que ce que ça rappelle de Samuel Beckett. Fuck les blasés.
  • 4
    Bande-annonce

    Après la tempête (2016)

    Umi yori mo Mada Fukaku

    1 h 57 min. (France). Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Hiroshi Abe, Kirin Kiki, Yōko Maki

    Pour le génie de Kore-eda à diriger les gamins. Pour la quiétude mensongère de l'unité familiale japonaise. Pour le toujours topissime Abe Hiroshi, grand gaillard injustement méconnu à l'étranger. Pour la science kore-edienne des cadrages symétriques et la mise en scène brillante de l'intimité. Pour le dernier acte bouleversant où le "tatemae", le paraître, cède enfin au "honne", l'être nu. Et surtout, pour ce portrait brut d'ex-épouse passée par suffisamment d'années de déception et de désemparement pour ne plus rien céder à un homme-enfant sous-estimant gravement les souffrances qu'il lui a causées, fût-ce inconsciemment. Pour, face à une absence pas vraiment surprenante de happy end, l'amertume douce et poignante des choses finies à tout jamais, teintée d'un fatalisme parfois dur (même la famille n'est pas une planche de salut), qui a cependant le bon goût d'éviter tout pessimisme : c'est juste la vie, et le spectateur en fait ce qu'il veut...
  • 5
    Bande-annonce

    Le Caire confidentiel (2017)

    The Nile Hilton Incident

    1 h 51 min. (France). Policier, drame, thriller et film noir.

    Film de Tarik Saleh avec Fares Fares, Mari Malek, Yasser Ali Maher

    Pour la ville du Caire, dont Tarik Saleh fait un personnage à part entière (alors que l'essentiel du film n'y a pas été tourné !), monstre poisseux et fourmillant qu'il parvient pourtant à magnifier, cité tentaculaire à l'histoire aussi profonde que ses bas-fonds, théâtres d'opérations des cellules cancéreuses qui le dévorent petit à petit, celles de la corruption généralisée. Pour l'ambiance aussi noire (au sens classique) qu'électrique, comme une nape de pétrole à proximité d'une allumette déjà craquée. Pour le regard pas super emballé sur le "Printemps arabe" à venir. Pour l'anti-héros sur la pente de la rédemption joué par Fares Fares, âme perdue d'un parfait univers de polar. Enfin, pour cette façon dont la grande histoire avertit littéralement le protagoniste qu'il va devoir changer de crèmerie, changer de vie, pour ne pas finir en enfer, comme tout son peuple, flot magmatique animé d'une même volonté de révolte tranchant parfaitement avec son apathie à lui de flic ripou à l'innocence envolée. Une grosse surprise éclipsant quelques menus défauts.
  • 6
    Bande-annonce

    The Square (2017)

    2 h 22 min. (France). Comédie dramatique.

    Film de Ruben Östlund avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West

    Pour une fois que Cannes ne palme pas un film chiant (une fois tous les sept cents ans, selon la légende). Pour la charge contre l'art contemporain, hilarante et surprenante entreprise de démolition d'un formatage intellectuel néo-bourgeois dont le but semble être d'anéantir toute beauté en ce monde. Pour les tournures par moment politiquement incorrectes de cette démarche (voir la scène du fast-food). Pour l'humour noir, incessant. Pour le protagoniste, impeccable modèle de bourgeois propret dont le petit univers parfaitement agencé s'écroule à la suite d'un incident en apparence mineur. Pour Claes Bang, qui le joue avec un réjouissant flegme déphasé. Pour les cinq apparitions hallucinantes d'Elizabeth Moss, dont le personnage est tellement expatrié qu'il a quitté la planète Terre (voir la scène du préservatif). Pour le cinéma, parce que ce qui reste quand même de l'indie bien flagrant dans la forme n'en ménage pas moins des scènes visuellement remarquables, comme celle (longue) du happening tournant mal, qui sert d'affiche au film...
  • 7
    Bande-annonce

    La Belle et la meute (2017)

    Aala Kaf Ifrit

    1 h 39 min. (France). Drame.

    Film de Kaouther Ben Hania avec Mariem Ferjani, Ghanem Zrelli, Chedly Arfaoui

    Pour l'expérience de cauchemar éveillé, renforcée par l'utilisation de plans séquences archi-pesants, plus flippante que tous les films d'horreur de 2017 additionnés. Pour la maîtrise technique impressionnante de Ben Hania, dont les plans-séquences rappellent celui de Victoria. Pour la narration, qui touche toutes les cordes du drame sans aucun excès (l'ellipse du viol fait complètement sens). Pour la super-touchante Mariem Ferjani (qu'elle inspire une profonde compassion était crucial), et Ghanem Zrelli, impeccable en figure du progressiste révolté. Pour un "climax" intense où la mécanique d'intimidation du système joue son va-tout et où s'expriment quelques vérités politiques capitales (notamment l'opposition des États "laïques" du Maghreb et Moyen-Orient, censément modérés, à la menace fondamentaliste). Pour le rappel que le féminisme a encore un sens dans notre monde, contrairement à chez nous...
  • 8
    Bande-annonce

    Jackie (2016)

    1 h 40 min. (France). Biopic, drame et historique.

    Film de Pablo Larraín avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig

    Pour le fait d'avoir tout du pudding hagiographique à Oscars et d'être absolument l'inverse au bout du compte, l'anti-docu-fiction de History Channel. Pour les tempéraments forts de Larrain et son scénariste Oppenheim, qui s'en sont assurés. pour la plongée aussi grave qu'hypnotique dans le tumulte de trois jours historiques vus à travers les yeux de ses personnages emblématiques. Pour la chtite Natalie dans sa performance la plus éblouissante depuis Black Swan, habitée comme la mise en scène de Larrain. Pour l'absence de révérence, de sentimentalisme et sanctification du mythe Kennedy, le désordre étant ce qui nous intéresse. Pour le dilemme méconnu de la protagoniste, qui fait sens dès les problématiques des funérailles et de l'héritage réellement engagées. Pour l'atmosphère de fin de règne, forcément crépusculaire ! Pour le flou artistique entourant la vérité de l'assassinat (on sait juste que ça craint). pour les images de Larrain, somptueuses notamment grâce au parti pris visuel très fort du format 16mm. Pour la scène monumentale des funérailles, qui se devait de l'être considérant que tout le film a des airs de marche funéraire. Pour la musique de Mica Levi, qui finit par s'imposer, unique et organique, en osmose avec le tumulte intérieur de l'héroïne, alors qu'elle était au début difficile d'accès. Pour l'Histoire.
  • 9
    Bande-annonce

    La La Land (2016)

    2 h 08 min. (France). Comédie musicale, comédie dramatique, romance et musique.

    Film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend

    Pour le moment où Ryan Gosling et Emma Stone finissent par monter sur la colline et tomber amoureux, et où l'on se dit : ooooh, voilà donc ce fameux La La Land... Pour la quantité très limité de numéros chantés au profit de numéros de danse souvent réjouissants ponctuant une romance qui touchera avec la force des grandes romances du cinéma. Pour la caméra de Chazelle qui défie les lois de la gravité pour porter l'émotion aux étoiles. Pour Emma Stone, virevoltante comme la caméra, figure de grace étourdissante de panache dont on ne peut que tomber amoureux (malgré les sourcils de Portugaise), et Ryan Gosling, figure de passion à fleur de peau, born to be a romantic, dont les peines face à la médiocrité du monde moderne touchent au coeur, et le duo qu'ils forment au sommet de leur charisme ; on n'avait pas vu aussi belle alchimie entre un acteur et une actrice depuis belle lurette. Pour les numéros de piano non-simulés de Gosling. Pour donner envie de s'initier au jazz un réfractaire de trente-cinq balais. Pour la magie nécessaire à ce genre de miracles.
  • 10
    Bande-annonce

    Baby Driver (2017)

    1 h 53 min. (France). Action, thriller, comédie et gangster.

    Film de Edgar Wright avec Ansel Elgort, Lily James, Kevin Spacey

    Pour Edgar "Cornetto" Wright, suffisamment cool pour valoir le déplacement à chaque fois. Pour avoir retrouvé l'énergie cosmiquement jubilatoire du premier acte du Dernier Pub..., et l'avoir étendue sur toute la longueur de Baby Driver. Pour le fantasme de cinéphile mélomane que Wright a réussi à nous bricoler, à défaut d'avoir profité du langage de la comédie musicale, divertissement premier degré sans matière grasse porté par une BO fantastique. Pour le travail de montage sidérant. Pour le casting aux petits oignons (Elgort assure en lead faussement placide, Foxx et Hamm en antagonistes, Spacey en joker, et la craquante Lily James en amourette). Pour la bonne dose de tension brutale que Wright ajoute à la coolitude du spectacle dont il ne cherchera heureusement jamais à faire le nouveau Pulp Fiction : vers la fin, ça rigole déjà bien moins. Pour réussir à nous faire oublier, sur l'autel du divertissement à la fois cérébral et décomplexé, les quelques défauts qui empêchent BD de devenir un classique absolu du genre...
  • 11

    LA 92 (2017)

    1 h 54 min. (États-Unis). Policier et historique.

    Documentaire de Daniel Lindsay et T.J. Martin avec Henry Alfaro, Danny Bakewell, John D. Barnett

    Bonus import : je n'avais pas vu d'aussi brillant documentaire depuis l'inoubliable Man on Wire, il y a presque dix ans. Tout y est d'une limpidité narrative (alors que le film est dénué de voix-off) et d'une puissance formelle proprement sidérantes, le vertigineux maelstrom d'images étant bien aidé par la la bande originale grandiosement lyrique de Danny Bensi et Saunder Jurriaans. Cette accord de qualités en parfaite harmonie produit des moments d'une beauté renversante, de son prologue-panzer à ses huit ultimes minutes qui laissent émotionnellement lessivé, en passant par l'agression de Reginald Denny et l'embrasement de Korea Town. Imputer la grandeur de LA 92 à la remarquable série-docu OJ Simpson Made in America sous prétexte qu'ils comportent des similarités dans le fond et la forme est parfaitement injuste. LA 92 est son propre chef-d'oeuvre, qui mériterait une sortie en DVD à l'étranger car il est fort frustrant de ne pouvoir le montrer à des proches non-anglophones...