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Mon journal en 2020 : à défaut d'être amateur de vin (mais je ne dis pas non à un bon Chablis), je reste amateur de bon cinéma

Avatar Edelwice Liste de

162 films

par Edelwice

Suite logique de mon journal en 2019 (https://www.senscritique.com/liste/Mon_journal_en_2019_reminiscences_d_une_cinephilie_recrudesc/2300263) avec la sempiternelle image tirée d'un des films (Paprika ici) de Satoshi Kon...

Objectif de cette année : 200 films
Parce qu'il est temps de délaisser un peu le cinéma et de me mettre un peu plus au travail. Mais on en reparlera à la fin de l'année quand j'aurai vu plus de 400 films.

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    Brigadoon (1954)

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie musicale.

    Film de Vincente Minnelli avec Gene Kelly, Cyd Charisse, Van Johnson

    Quoi de mieux qu'une vieille comédie musicale pleine de charme pour ouvrir la nouvelle année ?

    La fatigue n'a peut-être pas aidé (n'ayant pas encore totalement récupéré du nouvel an), mais j'ai d'abord lutté pour ne pas décrocher du film. En effet, les chansons m'ont semblé moins marquantes que dans les autres musicals de Minnelli et j'ai initialement craint de retrouver les personnages guère sympathiques qui ne m'avaient pas vraiment plu dans Un Américain à Paris. En tout cas jusqu'à la séquence de danse d'un grand romantisme sur la colline aux bruyères qui a contribué à changer la donne : https://youtu.be/FB0kKAPYJPI A partir de ce moment, j'étais enfin dans le film (surtout à partir du mariage pour être tout à fait franc) qui m'est alors apparu dans tout l'éclat de sa beauté.

    Brigadoon est mû par un romantisme bouleversant, pas tant dans sa représentation banale et quand même vieux jeu du coup de foudre entre nos deux protagonistes (avec d'un côté la jeune femme qui rêve de son prince charmant et de l'autre l'homme déjà plus mûr qui n'est pas satisfait de sa vie ni de ses fiançailles) mais plutôt dans sa peinture tout en tendresse de la séparation. Minnelli redéfinit alors l'amour et montre qu'aimer c'est accepter de plonger dans l'inconnu en dépassant nos doutes et de nos peurs pour faire pleinement confiance à l'autre. Ce n'est que comme ça que la croyance peut devenir plus réelle que ce que l'on peut comprendre et expliquer rationnellement. Le village de Brigadoon est ainsi l'incarnation de cette idée touchante et le cadre fantastique, et même poétique, du film ainsi que ses magnifiques décors écossais reconstitués en studio, profitant d'ailleurs d'une superbe utilisation du Technicolor (la robe rouge vif de Fiona/Cyd Charisse à la fin contrastant avec le vert de Tommy/Gene Kelly), font tout son charme et font oublier un début moins palpitant.
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    Une vie cachée (2019)

    A Hidden Life

    2 h 54 min. Sortie : . Biopic, drame, romance et guerre.

    Film de Terrence Malick avec August Diehl, Valerie Pachner, Maria Simon

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    Ad Astra (2019)

    2 h 05 min. Sortie : . Science-fiction, aventure, drame et thriller.

    Film de James Gray avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga

    Dans Ad Astra, James Gray manipule l'espace pour le modeler à l'image de la psyché de son protagoniste, Roy McBride (incarné par un Brad Pitt incroyable de maîtrise et de retenue), et fait de son immensité un gouffre sans fond dans lequel il est aisé de sombrer. Mais la science-fiction n'intéresse pas tellement le réalisateur (ce qui explique selon moi la déception de certains qui s'attendaient peut-être à un tout autre climax et à un traitement différent de Clifford McBride et de la question d'une vie extraterrestre), elle est plutôt pour lui, avec l'espace, un moyen d'exacerber le caractère intime de l'histoire et de le contraster. Très vite en effet, James Gray embrasse l'intime plutôt que le spectaculaire, qu'il ne refuse pas pour autant lors de scènes tensiogènes (la course-poursuite sur la lune, l'intrusion dans la fusée sur Mars, etc.), et resserre ainsi les enjeux autour de Roy et de sa relation conflictuelle avec son père. D'une certaine façon, le cinéaste part de l'infiniment grand (l'univers) pour arriver à l'infiniment petit (un père et son fils) et montre dans l'intervalle que les humains sont condamnés à répéter leurs erreurs et à ne pas se satisfaire de ce qu'ils ont. Tandis que son père avait le regard rivé vers un "ailleurs", persuadé de l'existence d'une vie extraterrestre, d'un "autre chose", Roy avait le sien rivé sur celui-ci. "We're all we've got." Et cette réplique bouleversante concentre la tragédie du film, car l'un s'en contente et l'autre non.

    Avec Ad Astra, James Gray signe un de ses plus beaux films (rien que d'un point de vue purement visuel avec sa superbe colorimétrie qui décline pour chaque planète une teinte dominante), à la fois subjuguant, émouvant et mystérieux, mais son chef-d'oeuvre reste pour moi The Lost City of Z.

    https://youtu.be/6l1vqupFqLE
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    Kingsman : Le Cercle d'or (2017)

    Kingsman: The Golden Circle

    2 h 21 min. Sortie : . Action, aventure et comédie.

    Film de Matthew Vaughn avec Taron Egerton, Colin Firth, Julianne Moore

    Je résumerais la chose de cette façon : Le Cercle d'or est décevant en tant que suite mais réjouissant voire même parfois jubilatoire en tant que film.
    Si les choix scénaristiques qui ont été faits n'ont nullement gâché le plaisir de mon visionnage, peut-être parce que j'ai vu le premier Kingsman il y a trop longtemps pour être dans une optique comparative, je reconnais néanmoins que certains sont très discutables, à commencer par le choix d'avoir fait revenir le personnage de Colin Firth, Harry, mais on peut également citer ce qui arrive à Kingsman au début du film avec cette volonté de détruire les bases du premier film pour aller vers de nouvelles tout en gardant globalement la même formule. Mais en tant que film, et c'est comme ça que je l'ai abordé, Le Cercle d'or est presque aussi généreux que le premier dans ses séquences d'action à la chorégraphie millimétrée et à la visibilité parfaite, démontrant encore une fois le talent de Matthew Vaughn. La scène d'ouverture avec le retour de Charlie nous met directement dans le bain et met la barre tellement haut (je crois qu'il s'agit de ma scène préférée du film) que j'ai regretté le manque d'action après ça même si je ne suis pas ennuyé pour autant. Mais il faut quand même attendre la traditionnelle scène du bar, assez génialement détournée, pour retrouver la qualité et la vivacité de cette excellente introduction. Autrement, Kingsman donne toujours dans l'exagération amusante car décomplexée (à travers notamment la méchante jouée par Julianne Moore que j'ai adorée, et son plan machiavélique qui permet au film de développer un propos socio-politique servant habilement le divertissement proposé, en filigrane bien sûr mais bienvenu quand même, d'autant plus que l'image des Etats-Unis s'en trouve ternie), et c'est encore une fois une franche réussite.

    Moins bien que le premier mais un très bon film malgré tout devant lequel j'ai pris beaucoup de plaisir.
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    Chicago (2002)

    1 h 55 min. Sortie : . Comédie musicale et drame.

    Film de Rob Marshall avec Richard Gere, Catherine Zeta-Jones, Renée Zellweger

    Chicago démontre et confirme l'aptitude de Rob Marshall à mettre en scène les comédies musicales (j'ai en effet apprécié Into the Woods et adoré Le Retour de Mary Poppins). Même si le film s'essouffle sur la durée, il s'est révélé une expérience tout à fait excitante et pleine d'entrain. Les numéros musicaux sont vraiment géniaux, particulièrement celui qui ouvre le film, avec le montage alterné entre les personnages de Catherine Zeta-Jones, qui vole clairement la vedette malgré son second rôle, et Renée Zellweger, et celui où les femmes en prison racontent par la chanson le meurtre de leur conjoint. En fait, les numéros musicaux de Chicago sont intégrés au récit de manière à se substituer à la réalité mais façon cabaret et donc délicieusement exagérée, ce qui donne lieu à des fulgurances parfois virevoltantes (toute la partie du procès) et d'autres fois poétiques et émouvantes (le numéro de la Hongroise). Le film vaut vraiment le coup pour ces séquences qui ont un côté galvanisant ! On s'ennuie un peu le reste du temps mais les numéros sont suffisamment nombreux et variés pour ne jamais décrocher. Dommage enfin que les personnages soient aussi peu attachants et ne se remettent jamais en question...
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    Pacific Rim (2013)

    2 h 11 min. Sortie : . Action, aventure et science-fiction.

    Film de Guillermo del Toro avec Charlie Hunnam, Rinko Kikuchi, Idris Elba

    Guillermo del Toro met en scène le gigantisme des affrontements impressionnants entre les Jaeger, qu'il déifie presque, et les Kaiju dans des lumières magnifiques. Pacific Rim est un hommage touchant aux animes qui ont contribué à faire du mecha un genre incontournable de l'animation japonaise (Evangelion, Gundam, etc.). Spectaculaire et décomplexé, Pacific Rim déçoit néanmoins par l'inconséquence de son scénario et plus particulièrement de sa fin (je ne parle même pas de la scène post générique qui m'a presque agacé) qui est à mon avis une occasion manquée doublée d'une grosse facilité (en rapport avec le tunnel). Mais le propos sur le dépassement des traumatismes avec l'aide d'autrui n'est pas inintéressant, j'ai d'ailleurs bien aimé le personnage de Mako, et apporte malgré tout une certaine substance au film. Un très bon divertissement en tout cas, d'une grande générosité dans le spectacle proposé.
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    Interstellar (2014)

    2 h 49 min. Sortie : . Aventure, science-fiction et drame.

    Film de Christopher Nolan avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain

    Revisionnage (+1)

    Ce deuxième visionnage confirme pour moi qu'Interstellar est une oeuvre complète et inoubliable. Cependant, je ne pense pas monter plus ma note. Je n'ai rien à lui reprocher qui soit de l'ordre du pinaillage, et encore, mais le film ne me bouleverse pas autant qu'il pourrait, devrait même, j'en suis persuadé.

    Je ne vais pas revenir sur le génie de Christopher Nolan qui a accompli avec ce film quelque chose de tout à fait incroyable (Peaky en parle déjà très bien dans son annotation : https://www.senscritique.com/activity/53295/388583), ni sur son talent à mêler spectaculaire, intime et émotion. Le cinéaste est ainsi aussi ambitieux dans son désir d'élever le cinéma vers de nouveaux cieux, littéralement ici avec des hommes qui ont perdu l'habitude de regarder vers les étoiles, qu'humble dans son propos sur l'humain et l'amour transcendant. Et ce qui me touche le plus dans son film, c'est que l'amour sauve l'humanité à deux reprises. La première fois, c'est grâce à l'amour entre Cooper et sa fille (qui est au coeur du film) lorsqu'il est dans le trou noir, ce qui permet à Murphy de résoudre l'équation de la gravité et donc de réaliser le plan A en faisant décoller la station. Mais la deuxième, relative au personnage d'Amelia Brand, me touche peut-être davantage car le docteur Brand fait prévaloir l'amour à la science et donc à l'objectivité, et démontre que l'amour est le sentiment quintessentiel de l'humanité. Le lien particulier qui l'unit à Cooper n'est peut-être pas de l'amour au sens d'une romance, mais c'est un amour fort, un amour profond de l'autre, de l'humain, et c'est ce qui rend le sacrifice de Cooper bouleversant et sa poignée de main avec Brand (dans le trou noir) encore plus à mes yeux. Lorsque Murphy dit à son père à la fin - une des plus belles du cinéma - de rejoindre Amelia sur sa planète, le montage alterné et la musique d'Hans Zimmer m'ont d'ailleurs mis les larmes aux yeux tellement le moment est fort et beau. Finalement, je dis que le film ne me bouleverse pas autant qu'il devrait mais il me bouleverse quand même. C'est un film qui occupe nos pensées car il touche à quelque chose d'essentiel. Je sais qu'on retient plutôt la relation père-fille, mais pour ma part c'est vraiment ce dernier plan dans tout ce qu'il implique (la concrétisation salvatrice d'un espoir fondé depuis le début sur l'amour) qui m'a le plus marqué.
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    Les Filles du docteur March (2020)

    Little Women

    2 h 15 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Greta Gerwig avec Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh

    Little Women confirme tout le bien que je pense de Greta Gerwig et prouve qu'elle est une réalisatrice prometteuse et d'ores et déjà talentueuse (j'ai par exemple beaucoup aimé certaines transitions et adoré la scène de danse entre Jo et Laurie au début du film). Elle signe un film lumineux, comme l'était déjà Lady Bird, dans sa superbe photographie bien sûr mais aussi dans ses émotions. En effet, Greta Gerwig met en scène un univers empli de charme et beaux sentiments dans lequel on se verrait bien transporter ; une bulle d'optimisme malgré les malheurs de la vie que la réalisatrice peint avec une sensibilité touchante.

    Le montage non linéaire permet d'approfondir les protagonistes, notamment les relations entre les quatre soeurs, et ainsi de mieux les comprendre (je pense par exemple à la grande pression que la tante March a fait reposer sur les épaules d'Amy au détour d'une phrase lourde d'implication). Je pense d'ailleurs qu'Amy était le personnage le plus délicat à traiter mais Greta Gerwig nous fait comprendre en toute simplicité qu'Amy se sentait aussi lésée que Jo. La première parce qu'elle avait l'impression de toujours passer après son aînée, la deuxième parce qu'elle pensait que sa cadette avait connu une vie sans difficultés et qu'elle l'avait privée de ce qu'elle aurait pu avoir (l'expérience de vie à Paris par exemple). Le montage permet également de filer un contraste entre l'enfance/adolescence et l'âge adulte et c'est dans cette opposition initiale qu'est l'essence de Little Women selon moi. Les scènes du passé sont ainsi baignées dans une lumière chaude, presque réconfortante, alors que les scènes du présent sont plus souvent ternes. On peut voir dans ce contraste délibéré une façon de marquer la fin de l'enfance et de l'insouciance qui caractérise cette période ; un bonheur prisonnier des souvenirs. La transition entre les deux scènes qui ont lieu à la plage est à cet égard très éloquente. Et c'est justement pour cette raison que j'ai trouvé la fin magnifique, parce que la lumière est alors celle des souvenirs et montre que les personnages, surtout Jo, retrouvent le bonheur qu'ils avaient perdu en cours de route.
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    First Love, le dernier Yakuza (2020)

    Hatsukoi

    1 h 48 min. Sortie : . Comédie, gangster et romance.

    Film de Takashi Miike avec Masataka Kubota, Sakurako Konishi, Nao Ômori

    Le visionnage de First Love m'a sincèrement ravi, je suis sorti du cinéma tout guilleret et engaillardi. Je découvre Takashi Miike avec ce film (je ne compte pas son court métrage dans la compilation 3 extrêmes) et je pense que c'était une très bonne porte d'entrée vers son univers cinématographique. Il s'en dégage une certaine pureté, notamment dans sa représentation d'un premier amour innocent, et un savoir-faire évident tant le réalisateur réussit à mêler les genres (film noir et de yakuza, comédie décomplexée, romance) à merveille. First Love est ainsi cette oeuvre hybride, à la fois jubilatoire, burlesque et touchante. Si je trouve néanmoins dommage que Yuri/Monica reste trop longtemps prisonnière de son rôle de victime et que sa libération est trop tardive (et timide), le montage alterné à la fin du film montre bien qu'elle et Leo menaient un combat différent : Yuri lutte contre elle-même alors que Leo lutte contre les autres. Mais dans les deux cas, c'est leur rencontre qui va donner un sens à leur combat et qui va leur donner envie de vivre.

    Enfin, je pense que First Love aurait pu aller encore plus loin dans la folie et la violence jouissive par exemple, mais à la réflexion je me dis que cette modération, très relative, permet au film de rester toujours équilibré et juste dans son mélange des tons.
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    Les Enfants du temps (2020)

    Tenki no Ko

    1 h 54 min. Sortie : . Animation, drame, fantastique et romance.

    Long-métrage d'animation de Makoto Shinkai avec Kotaro Daigo, Nana Mori, Chieko Baisho

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    Le Lac aux oies sauvages (2019)

    Nanfang chezhan de juhuì

    1 h 53 min. Sortie : . Thriller et drame.

    Film de Diao Yi'nan avec Hu Ge, Liao Fan, Gwei Lun-mei

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    Ni no Kuni (2020)

    1 h 46 min. Sortie : . Animation, aventure et fantastique.

    Long-métrage d'animation de Yoshiyuki Momose avec Kento Yamazaki, Kenjiro Tsuda, Kōichi Yamadera

    Yoshiyuki Momose m'avait laissé une bonne impression avec son court métrage "Life ain't gonna lose" dans Modest Heroes du studio Ponoc, mais son Ni No Kuni s'est révélé une déception car le film échoue à transposer l'univers merveilleux et enchanteur du jeu vidéo au cinéma, quoique le début fasse illusion avec la découverte de l'autre monde et notamment de la taverne, du château et du lac. Mais très vite, l'action est confinée dans le château et on ne voit finalement presque rien du monde de Ni No Kuni. Malgré ça, le film aurait pu être un bon spectacle s'il n'avait pas été aussi mièvre et puéril. Les dialogues, en particulier, ont un aspect enfantin et ridicule qui finit par le desservir complètement sur la durée. Ni No Kuni reste quand même un divertissement acceptable, avec une animation et des couleurs plutôt jolies, qui rappelle l'importance de l'imagination et des fictions qu'on invente pour en être le héros (Yu est en fauteuil dans le monde réel mais il peut marcher dans le monde de Ni No Kuni), même si le film aurait pu davantage explorer cette réflexion. Un potentiel gâché, jusque dans la musique composée par un Joe Hisaishi en mode automatique et je n'aurais jamais pensé dire ça un jour.
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    La Vérité (2019)

    Shinjitsu

    1 h 46 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hirokazu Kore-eda avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke

    Je le craignais, c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai failli manquer le film en salle, mais Kore-eda n'a rien perdu de sa sensibilité. Au contraire, le réalisateur japonais a su relever le défi de la barrière de la langue avec une aisance que n'ont pas toujours les cinéastes qui se sont essayés à cet exercice (je pense par exemple à Park Chan-wook et à Bong Joon-ho). J'aime son cinéma et ce film en partie pour leur tendresse. Si confrontation il y a effectivement entre les deux femmes, mère et fille, elle ne se fait jamais dans la violence ou dans la virulence. Pas de crise de nerfs, seulement des vérités trop difficiles à avouer, au point que c'est le cinéma qui va aider à leur révélation. Le film dans le film est bien sûr un moyen de figurer la relation entre Fabienne et Lumir, mais c'est aussi et surtout une façon de montrer que le cinéma se nourrit de la réalité et que le cinéma nourrit en retour la réalité. Dans La Vérité, Kore-eda amène d'abord tout en douceur le caractère subjectif et donc multiple de la vérité, où une même situation peut être vécue de manière très différente par les deux parties, et il réfléchit aux métiers d'actrice, principalement, et de scénariste. Cette réflexion en filigrane illustre la réciprocité entre la réalité et le cinéma en brouillant les repères entre les deux et en montrant avec amusement des personnages qui se servent de leur capacité, soit pour jouer ou pour écrire, pour manipuler le réel et en particulier la cellule familiale. Le personnage de Catherine Deneuve dit à un moment que le cinéma doit toujours être poétique, qu'il s'intéresse à la violence ou aux banalités du quotidien, et le film de Kore-eda ne manque pas de poésie. Elle l'irrigue et s'exprime dans des scènes qui touchent par leur simplicité (celle de la danse) ou par les sentiments qu'elles mettent à nus. Ce n'est pas le film le plus marquant du réalisateur, mais c'est un beau film qui confine à certaines vérités, justement, sur les relations familiales et sur le pouvoir du cinéma et que j'ai personnellement préféré à Une affaire de famille.
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    1917 (2020)

    1 h 58 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Sam Mendes avec George MacKay, Dean-Charles Chapman, Benedict Cumberbatch

    Sam Mendes est quand même très fort car l'utilisation du plan-séquence prend tout son sens dès les premières minutes avec la progression des deux jeunes soldats. On les voit d'abord seuls dans ce qui semble être une prairie, ils avancent ensuite et on aperçoit alors les autres soldats et les installations militaires jusqu'à ce qu'ils atteignent enfin les tranchées en elles-mêmes. La fin du film est d'ailleurs un miroir inversé de ces premières minutes et je trouve cette construction très intelligente : les deux protagonistes s'enfoncent en même temps que le spectateur dans les affres de la guerre. Comme le dit très justement Nonore dans son annotation, la mise en scène, le plan-séquence, sont véritablement la narration de 1917. Bien sûr, on peut s'amuser à déceler les raccords (notamment lorsqu'un élément du décor en premier plan masque les acteurs ou lorsque les personnages progressent par exemple dans une percée sombre) mais le maintien de l'illusion était à mon avis nécessaire, pas tant pour l'immersion que pour la cohérence de l'expérience voulue par le réalisateur. La technique, en raison de l'absence de cuts, a néanmoins ses limites et risque un côté poseur et un certain manque de subtilité (je pense par exemple à cet écart de la caméra sur un blessé lorsque les soldats traversent la tranchée au début du film). Autrement, les plans-séquences sont la narration, ils sont le film et leur utilisation est toujours justifiée parce que la caméra est en quelque sorte les yeux de Schofield et qu'on doit voir tout ce qu'il voit (d'où la coupure à la moitié) et imaginer par là même à travers ses yeux l'horreur d'une seule journée d'une guerre qui a duré trop longtemps. Toute la partie dans le village la nuit est ainsi très impressionnante et d'une rare splendeur. Je regrette peut-être le sort réservé au jeune soldat allemand car le réalisateur manque à mon sens l'occasion de proposer un contrepoint essentiel, par rapport au pilote d'avion, à son récit sur l'horreur et l'absurdité de la guerre.

    Par contre, je veux bien connaître la marque du papier et de l'encre utilisés pour la lettre de l'état-major car c'est quand même incroyable qu'elle soit encore intacte après tout ce qu'elle a traversé et notamment l'eau.
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    L'Échine du diable (2001)

    El Espinazo del diablo

    1 h 47 min. Sortie : . Drame et Épouvante-horreur.

    Film de Guillermo del Toro avec Marisa Paredes, Eduardo Noriega, Federico Luppi

    L'Echine du diable m'a fait la même impression que Crimson Peak et dans une moindre mesure que Le Labyrinthe de Pan. C'est le pan (même pas fait exprès) du cinéma de Guillermo del Toro qui me laisse perplexe, qui m'indiffèrerait presque, et où son utilisation du fantastique et ses métaphores ne me parlent pas et peinent même à avoir du sens à mes yeux. J'apprécie le jusqueboutisme de L'Echine du diable, sa fatalité, sa noirceur, mais tout ça ne me touche pas ou si peu.
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    37 Seconds (2020)

    1 h 55 min. Sortie : . Drame.

    Film de Hikari avec Makiko Watanabe, Shohei Uno, Kiyohiko Shibukawa

    A quoi bon produire de très bons films asiatiques si c'est pour ne pas les promouvoir ? 37 Seconds va connaître le même triste sort que Dear Ex (et A Sun) sorti l'an dernier sur la plateforme : l'anonymat le plus total. Le film est certes éclipsé par la sortie de Uncut Gems, mais Netflix est de toute évidence perdu quand il s'agit de faire de la publicité pour autre chose que Sex Education ou The Witcher.

    37 Seconds, c'est la situation du handicap vue à travers le prisme de la sensibilité et de la pudeur japonaises. La scène d'ouverture est déjà merveilleuse et concentre tout le conflit intérieur qui habite Yuma, une jeune femme en situation de handicap atteinte de paralysie cérébrale. On voit Yuma en (très) gros plan en train de se maquiller puis on frappe soudainement à la porte de la chambre. Le spectateur lui ne se doute de rien. On entend alors la voix de la jeune femme, ce "Dôzo" (qui signifie "entrez" dans ce contexte) chevrotant qui la "trahit". La femme qui semblait comme tout le monde ne l'est pas tout à fait. Et même si Yuma clame qu'elle n'est pas si différente des autres, elle sait trop bien qu'elle n'est pas aussi libre qu'eux. Le film s'intéresse justement à sa recherche de liberté, une liberté pas tant physique (même si la jeune femme va faire l'expérience des premières fois, notamment en matière de sexe et d'alcool) que spirituelle. Yuma peut et va devenir cet oiseau qui vole haut dans le ciel (je reprends en fait la symbolique du plan sur l'oiseau à la fin de son voyage), elle va pouvoir s'élancer dans la vie et accomplir ses rêves.

    37 Seconds parle avant tout de l'émancipation d'une femme que sa mère a surprotégée et infantilisée toute sa vie. L'émancipation est d'abord sexuelle mais elle n'est qu'un moyen d'affirmer son désir d'autonomie et de liberté. Liberté d'être et d'agir à sa guise sans avoir à rendre de comptes à sa mère qui l'aime peut-être un peu trop, ni à son "amie" qui exploite ses talents de mangaka et qui a honte de son handicap. Le film touche en plein coeur par la beauté et la pureté des sentiments des personnages (le plan fixe durant lequel Yuma explique la signification de ces 37 secondes, bouleversant), par son empathie et enfin par son optimisme qui prédomine.
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    Midnight Special (2016)

    1 h 51 min. Sortie : . Drame et science-fiction.

    Film de Jeff Nichols avec Michael Shannon, Joel Edgerton, Kirsten Dunst

    Mon annotation contient quelques spoilers !

    Ça fait plusieurs jours que j'essaye de me poser pour écrire sur le film mais je n'y arrive pas. Il y a notamment toute cette métaphore filée du deuil qui a été ma principale grille de lecture de l'histoire, avec l'importance de la croyance et de voir au-delà de la réalité, telle que la conçoit d'abord Roy, le personnage joué par Michael Shannon, qui n'aime d'ailleurs pas que son fils lise des comics car il doit selon lui apprendre à connaître la (sa) réalité. Mais ce n'est pas le fils qui va apprendre du père, c'est le père qui va s'inspirer du fils, ce dernier incarnant l'espoir et une certaine forme d'émerveillement. La séparation et donc le deuil deviennent prégnants et même inéluctables à partir du moment où Alton dit à ses parents et à Lucas qu'il y a des personnes comme lui dans l'autre "monde". On comprend d'ailleurs tout de suite au regard de Kirsten Dunst ce que ça sous-entend. La folle fuite en avant des personnages est ainsi l'occasion pour eux de se retrouver, d'être à nouveau une famille unie et non plus brisée pour des raisons qu'on ne fera que deviner tout au plus, et de faire (ou refaire, si on considère toute l'histoire de manière très métaphorique) ce deuil dans les "meilleures" conditions possibles.

    Par son approche épurée et presque minimaliste dans l'absence de background des personnages, Jeff Nichols nous immerge d'emblée dans son film. Je m'étais d'ailleurs fait la réflexion récemment que ça faisait longtemps que je n'avais pas été happé de la sorte par un film et vient alors cette claque cinématographique à laquelle je ne m'attendais pas du tout.

    Midnight Special est pour moi une oeuvre puissante et bouleversante sur le deuil où l'intimité n'est que mieux révélée par la science-fiction et le fantastique, qui deviennent en quelque sorte l'objet de la croyance de Roy et Sarah dans leur fils en leur donnant matière à croire que tout ira bien pour Alton désormais, puisqu'ils l'ont vu ; et même un chef-d'oeuvre tant il m'a rappelé pourquoi j'adore le cinéma.

    J'en dirai sûrement plus après un deuxième visionnage qui ne devrait pas trop tarder tant ce film me passionne et m'obsède. Ça me frustre même de ne pas être capable de dire tout ce que je voudrais, d'expliciter tout ce que j'ai perçu, d'expliquer pourquoi j'ai été bouleversé...
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    À la poursuite de demain (2015)

    Tomorrowland

    2 h 10 min. Sortie : . Aventure et science-fiction.

    Film de Brad Bird avec George Clooney, Hugh Laurie, Britt Robertson

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    Us and Them (2018)

    Hòulái De Wǒmen

    2 h. Sortie : . Drame et romance.

    Film de René Liu avec Jing Boran, Zhou Dongyu, Tián Zhuàngzhuàng

    Un mélo (il y a beaucoup de chansons et le soleil éblouit parfois tellement la caméra qu'on ne voit même plus le visage des acteurs, ça m'a fait rire) chinois assez touchant, notamment dans ses dernières minutes et dans son générique de fin qui prolonge joliment le propos du film sur l'importance de dire les choses qu'on a sur le coeur aux personnes qu'on aime avant qu'il ne soit trop tard (qu'il s'agisse de pardon ou d'amour), mais également déconcertant parce que "Us and Them" est tellement ancré dans la mentalité typiquement chinoise où les personnages sont obsédés par l'argent, l'idée d'acheter des maisons (plusieurs, oui) et le mariage au point de prétendre d'avoir une situation qu'ils n'ont pas que c'est parfois un peu dur de les comprendre (je pense par exemple à la scène de dispute dans la voiture au retour du Nouvel An Chinois, très peu naturelle) et d'avoir de l'empathie pour eux. Mais globalement, la relation amoureuse fonctionne plutôt bien et on y croit.

    Vu sur Netflix
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    La Dernière Vie de Simon (2020)

    1 h 43 min. Sortie : . Fantastique et romance.

    Film de Léo Karmann avec Benjamin Voisin, Martin Karmann, Camille Claris

    La Dernière Vie de Simon est à mes yeux une réussite totale. Léo Karmann signe un premier long métrage qui impressionne déjà par sa maîtrise de l'art cinématographique qu'il met entièrement au service de la narration, et un puissant conte fantastique où l'éclairage et ses superbes lumières délicates ne sont pas (seulement ?) là pour faire joli, ni pour être esthétiques, mais servent au contraire toujours intelligemment le film et l'histoire (je pense par exemple aux ombres lors de la scène d'amour qui figurent le conflit de Simon, coupé en deux identités, et à la lumière du soleil qui inonde la chambre et cache ainsi la transformation de Simon lorsque Madeleine lui crie dessus). Le souffle romanesque de La Dernière Vie de Simon ne faiblit jamais et ne déçoit pas même lorsque le film embrasse pleinement son aspect dramatique dans la dernière partie que je trouve aussi réussie que la première. C'est fort et même parfois bouleversant, je n'avais par exemple pas été autant ému par la folle course/fuite de deux amoureux en quête de liberté depuis les films de Sion Sono (notamment Love Exposure). La musique y est d'ailleurs pour beaucoup, les dernières secondes du morceau qui correspondent à la course sont galvanisantes : https://youtu.be/vMq8yDDwIAI Et même si j'ai deviné la fin relativement longtemps à l'avance (je me suis d'ailleurs tapé la jambe avec la main lorsque j'ai réalisé ce que Simon allait faire, heureusement qu'il n'y avait personne à côté de moi), ça n'a rien enlevé à la beauté (ni à la tension, car j'ai trouvé qu'il y en avait beaucoup dans le film) du dénouement que je trouve vraiment très beau.
    Par leur excellente utilisation du fantastique, Léo Karmann et Sabrina B. Karine qui a co-écrit le film nous bouleversent en mêlant la douceur et la violence des sentiments. Et pour une fois qu'on peut le dire sans ironie : vive le cinéma français !

    Et si vous êtes intéressés par la filmo de Léo Karmann, voici un court métrage ("Jumble up") qu'il a réalisé : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Regardez-Jumb-Up-le-court-metrage-de-Leo-Karmann-La-Derniere-vie-de-Simon?fbclid=IwAR0YdkfSuol0FYcnN-4tzM7TzDBo7vVyFjPSu_QEBGs1wxPkhZVR3VpzHD8
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    #JeSuisLà (2020)

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie dramatique et romance.

    Film de Éric Lartigau avec Alain Chabat, Bae Doo-na, Blanche Gardin

    #Jesuislà d'Eric Lartigau déçoit par son potentiel qui ne se réalise jamais vraiment, un potentiel pourtant plein de promesses dans sa présentation de la vie tranquille mais pas très épanouie de Stéphane (Alain Chabat) et dans sa façon d'amener son départ soudain pour la Corée, un voyage qui sera l'occasion pour lui de se (re)découvrir, d'abord en tant que personne puis en tant que père. Le film n'est pas raté pour autant, je le trouve plutôt monotone, plat et sans vraie fulgurance. Il y a bien quelque chose dans le film qui tient de la douceur, notamment dans sa deuxième partie, comme une sensation de flottement, un moment suspendu avant un décevant (pour le personnage mais aussi pour le spectateur) retour à la réalité (représenté par les policiers et les fans de plus en plus présents) et surtout avant un premier pas dans l'inconnu, vers ce qui fait peur (Séoul et Soo). Mais c'est une douceur sans réelle saveur, #Jesuislà est en fait plutôt douceâtre que doux.

    Il convient néanmoins de reconnaître et d'apprécier la relative prise de risque de Lartigau qui a fait le choix surprenant mais pertinent de confiner la plus grande partie de l'action de son film dans un seul lieu, l'aéroport. On ne voit finalement pas grand-chose de la Corée et de Séoul, le réalisateur ne cède ainsi peut-être pas à la facilité mais il n'arrive pas plus à insuffler de la poésie à son histoire ni vraiment à toucher le spectateur. Et si le passage dans l'aéroport est effectivement la meilleure partie de #Jesuislà, il manque également de fulgurance. En réalité, je n'en vois qu'une seule : c'est lorsque Stéphane redécouvre le plaisir de faire la cuisine auprès de cuisiniers coréens dans un restaurant de l'aéroport, loin de chez lui et de ses habitudes. La dernière partie dans Séoul ne fait que mettre maladroitement des mots sur ce que cette scène avait déjà montré avec une certaine tendresse et d'une assez belle façon. Reste l'impression d'avoir regardé un "Lost in Translation" à la française, car le potentiel était là, mais sans la merveilleuse sensibilité de Sofia Coppola.
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    Incendies (2010)

    2 h 11 min. Sortie : . Drame.

    Film de Denis Villeneuve avec Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette

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    Passion (2008)

    Passhon

    1 h 55 min. Sortie : mai 2008. Drame.

    Film de Ryusuke Hamaguchi avec Aoba Kawai, Nao Okabe, Ryuta Okamoto

    Persévérer dans l'exploration de la filmographie d'un réalisateur qu'on sait avoir du potentiel mais qui peine à nous toucher peut s'avérer une très bonne idée. De Ryusuke Hamaguchi, j'avais vu Asako I&II et le moyen métrage Touching the skin of eeriness. Passion est un de ses premiers films et celui que j'ai préféré à ce jour parce qu'il a réussi à me surprendre et à m'émouvoir. Je suis d'autant plus surpris que le début m'a fait craindre de rester hermétique au film toute sa durée et que je l'ai lancé un peu à reculons. Mais j'ai beaucoup aimé !

    Dans une mise en scène souvent fixe et esthétique (on peut citer l'image de l'affiche qui est tirée d'une des plus belles scènes du film), Hamaguchi scrute ses personnages. Il questionne la complexité de leurs sentiments et notamment celle du sentiment amoureux. Les non-dits typiquement japonais et l'hypocrisie laissent progressivement place à la vérité dans un jeu cruel où les masques finissent par tomber. Les sentiments sont mis à nus et les protagonistes se disent leurs quatre vérités. Ils se blessent autant qu'ils s'aiment. Hamaguchi observe ainsi l'explosion des conventions sociales à l'intérieur d'un groupe d'"amis" dans un cadre qui, lorsqu'il est fixe, donne l'impression que les personnages font du surplace et qui met surtout en valeur leurs sentiments et leur indécision. Le demi-tour d'un camion emporte par exemple avec lui un personnage hors du champ de la caméra après un très long plan fixe, lorsqu'il n'y avait plus rien à discuter. Et rien que pour la scène dans la salle de cours où l'enseignante parle de violence à ses élèves, le film vaut le coup d'être vu. J'ai en tout cas trouvé cette scène merveilleuse et presque insolente dans le propos, naïf, de la professeure qui n'est pas adapté.
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    Why Don't You Play in Hell? (2013)

    Jigoku de naze warui

    2 h 06 min. Sortie : . Action, comédie et drame.

    Film de Sion Sono avec Jun Kunimura, Fumi Nikaidô, Shin'ichi Tsutsumi

    Why don't you play in hell?, c'est de la jubilation et de l'exaltation du début à la fin. Quelques minutes m'ont été nécessaires avant de vraiment entrer dans le film, correspondant au temps de la réadaptation au style excessif et outrancier de Sion Sono, et hop ! J'étais parti pour presque deux heures de pur délire, de rigolade (qu'est-ce que j'ai pu rire ! Et j'avais le sourire jusqu'aux oreilles le reste du temps), de plaisir voire même d'extase. Le film parle de la passion vitale, mais je devrais en fait dire "mortelle", pour le cinéma d'un groupe de vidéastes amateurs. Et je trouve ça très intéressant parce qu'il y a justement quelque chose du cinéma amateur dans le cinéma de Sion Sono, très kitsch et hétéroclite. Ce "quelque chose" est à rechercher du côté de la passion du réalisateur japonais et plus encore de l'énergie déployée pour donner vie à sa vision fantasque et créative. Sa mise en scène, du reste, témoigne d'un savoir-faire évident et embrasse pleinement la folie d'un scénario aussi débridé que jouissif.
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    Tokyo Tribe (2014)

    Tookyo Toraibu

    1 h 56 min. Sortie : . Action, science-fiction, comédie et musique.

    Film de Sion Sono avec Akihiro Kitamura, Ryohei Suzuki, Hitomi Katayama

    Dans Tokyo Tribe, véritable hip hopera, Sion Sono renouvelle une nouvelle fois son cinéma et en pousse les codes à leur paroxysme. Le cinéaste réunit la comédie musicale et le hip hop, une première, et le résultat est cette oeuvre complètement folle, fantasque, passionnée, exaltée, extraordinaire, vertigineuse et ô combien jubilatoire. Sion Sono reprend à son compte la quintessence des deux composantes de son film : de la comédie musicale, il emprunte le mouvement qui s'exprime notamment dans les plans-séquences ; du hip hop, il puise toute l'énergie, le dynamisme, le peps. Sion Sono est le cinéaste de l'énergie et Tokyo Tribe en est sûrement le meilleur exemple. Le champ grouille toujours de vie, au premier comme à l'arrière-plan, ce qui rend les nombreux plans-séquences d'autant plus impressionnants (celui qui ouvre le film nous met directement dans le bain). La caméra est tout le temps mobile, elle tourne parfois jusqu'à donner le vertige (mais c'est ici une sensation agréable) comme à la fin lorsqu'elle filme tous les gangs réunis en un cercle. Tokyo y est totalement bariolée, la ville est faite de bric et de broc. Il n'y a pas vraiment d'unité spatiale mais les décors sont merveilleux et totalement fous (la chambre rouge et blanche de Ncoi, la salle à manger dorée du roi Buppa).

    Haters gonna hate.
    On dira que le film est vain, insupportable, que sa violence et sa nudité (autant féminine que masculine) sont gratuites, qu'il est débile. Et c'est vrai que le film est débile, il est aussi débile que la violence, sa raison d'être et que les raisons des conflits armés dans le monde qui ne valent pas mieux qu'une guerre d'égo. Et c'est précisément ce qui le rend aussi jouissif.

    https://youtu.be/0NrPMXN8oT8

    Je terminerai en disant que le cinéma existe pour des films comme Tokyo Tribe, qui sont de purs délires et expériences assumés jusqu'au bout.
    (Et j'aime d'amour Shota Sometani mais c'est déjà plus anecdotique)
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    Cold Fish (2010)

    Tsumetai nettaigyo

    2 h 26 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Sion Sono avec Makoto Ashikawa, Megumi Kagurazaka, Denden

    Dans Cold Fish, la mise en scène de Sion Sono, plus calme et sage qu'à l'accoutumée, ne révèle que mieux l'horreur d'une descente aux enfers aux accents nihilistes. La noirceur prédomine clairement, d'abord de manière progressive jusqu'à s'imposer totalement à la vue et à l'esprit du spectateur dans un spectacle gore et macabre, malgré quelques notes d'humour ici et là (le chauffeur du juriste) qui renforcent souvent la sensation prégnante de malaise. Le réalisateur met à mal le patriarcat dans une vaine tentative de reprise de contrôle d'un père passif sur sa famille. La libération ne semble accessible que par la mort, en tuant ou en étant tué, en dirigeant la violence contre les autres ou contre soi-même, toujours avec ce diktat du bonheur dont les individus sont rendus responsables et qui cause finalement leur perte. Si la vie n'est que souffrance, la mort en marque la fin. Et en guise de dernière image, un sourire autant signe d'espoir que de désespoir.
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    Dragon Quest : Your Story (2020)

    Doragon Kuesuto Yua Sutōrī

    1 h 43 min. Sortie : . Animation, aventure, fantasy et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Takashi Yamazaki avec Takeru Satoh, Kasumi Arimura, Takayuki Yamada

    Dragon Quest : Your Story oublie trop souvent d'être un film avant d'être l'adaptation, forcément resserrée, d'un jeu vidéo. Mais c'est un film qui est beaucoup plus intéressant que ce qu'on pourrait penser, qui est réellement réflexif, qui a conscience de lui-même, du contexte dans lequel il prend place et de l'aura qui entoure "La Fiancée céleste", un des épisodes préférés des fans avec "L'Odyssée du roi maudit". J'ai d'ailleurs joué au jeu sur DS mais je ne suis pas allé au bout, j'ai dû m'arrêter vers la moitié (j'ai fait l'erreur d'enchaîner le VI, le IV puis le V et je me suis un peu lassé de DQ). Même si je pense qu'on ne peut être que déçu quand a fait et aimé le jeu, le film cible pourtant ceux qui y ont joué, comme le montrent les premières minutes qui résument péniblement sous forme d'images tirées du jeu d'origine les événements de la première génération (l'enfance du héros avec son père) et qui m'ont fait craindre le pire pour la suite. Tout va en effet beaucoup trop vite et on ne comprend pas toujours ce qui amène les personnages d'un point A à un point B. Heureusement, ça se calme un peu lorsque le héros devient jeune adulte. Le sentiment d'aventure est bien présent, les combats sont souvent trop courts mais bien exécutés et je trouve même la 3D franchement belle ! On s'agacera des facilités scénaristiques, de l'inconséquence du héros, des MacGuffins, etc. ... avant que la fin ne rebatte toutes les cartes et change complètement notre façon de voir le film. Dès lors, tous les défauts qui ont altéré mon visionnage (à commencer par le début, avec les images du jeu, rushé pour aller à l'essentiel) n'en sont plus car ils font sens. Les facilités, les ellipses, l'inconséquence du héros, etc. ... tout est en fait parfaitement logique. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler mais la fin du film change vraiment la donne. S'il est peut-être une mauvaise adaptation, Dragon Quest : Your Story se révèle un très bel hommage à "La Fiancée céleste", à l’expérience de jeu et aux jeux vidéo en général. Malgré son twist final, car c'en est un, ça ne reste pas moins vrai qu'il oublie d'être un film avant d'être l'adaptation d'un jeu vidéo. Après, comme je l’ai dit, je n’ai fait le jeu qu’à moitié et je ne vois pas le film comme une trahison. Mais c'est peut-être mon détachement vis-à-vis du jeu qui m'a permis d'apprécier la proposition relativement originale du film.
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    Guilty of Romance (2011)

    Koi no tsumi

    2 h 24 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, thriller et drame.

    Film de Sion Sono avec Megumi Kagurazaka, Makoto Togashi, Miki Mizuno

    Annotation commune avec Antiporno : https://www.senscritique.com/activity/203329607
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    Antiporno (2016)

    Anchiporuno

    1 h 16 min. Sortie : . Drame et Érotique.

    Film de Sion Sono avec Ami Tomite, Mariko Tsutsui, Fujiko

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    The Forest of Love (2019)

    Ai-naki Mori de Sakebe

    2 h 31 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de Sion Sono avec Kippei Shîna, Shinnosuke Mitsushima, Kyoko Hinami