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Pierre Jolivet - Commentaires

Avatar Thaddeus Liste de

6 films

par Thaddeus

Un cinéaste humble, sans génie évidemment mais dont le regard généreux, juste et précis attire une franche sympathie.

Mon top :

1. Jamais de la vie (2015)
2. Ma petite entreprise (1999)
3. Fred (1996)
4. Simple mortel (1991)
5. Force majeure (1988)

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    Force majeure (1989)

    1 h 26 min. Sortie : . Drame.

    Film de Pierre Jolivet avec Patrick Bruel, François Cluzet, Kristin Scott Thomas

    Morale, responsabilité, héroïsme… De bien grands mots sans doute, dans un débat où les dés sont légèrement pipés et un rien de facilité s’insinue parfois. Il n’empêche : Jolivet réussit une œuvre grave, généreuse, maîtrisée, où l’osmose est bel et bien trouvée entre le scénario, la mise en scène et l’interprétation. Sans lourdeur démonstrative, il autopsie un terrible cas de conscience en des termes limpides et efficaces, aptes à amener chaque spectateur à s’interroger. La réussite humble et simple du film réside dans sa faculté à dévoiler tous les paramètres du choix cornélien qui s’impose aux protagonistes (de leur vécu psychologique à leur environnement social) pour mieux scanner le spectre qui va du courage à l’intégrité, sans jamais tomber dans le manichéisme.
  • Simple mortel (1991)

    1 h 25 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Pierre Jolivet avec Roland Giraud, Maaike Jansen, Marcel Marechal

    Quelque part dans la galaxie, quelqu’un joue aux billes. Par d’étranges sommations en gaélique ancien, il dicte sa conduite à un jeune linguiste, fait de lui le dernier fusible avant l’explosion de la Terre. Ni vaisseaux ni petits hommes verts, nul trucage d’aucune sorte, simplement une voix qui emprunte le canal de toute une quincaillerie électronique devenue le paysage de notre paysage quotidien. Et Jolivet de filmer la peur d’un simple mortel face à des mystères qui le dépassent, d’un fou lucide s’identifiant au bras armé ou au porte-action d’une puissance irresponsable. Avec ce film inquiet et inquiétant, où se formule une angoisse métaphysique n’ayant pas de nom, il prouve que le cinéma français est capable d’offrir un fantastique prenant, intelligent, apte à combler les lecteurs de Bradbury ou de Siodmak.
  • Fred (1997)

    1 h 25 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Pierre Jolivet avec Stéphane Jobert, Roschdy Zem, Albert Dray

    C’est l’histoire éternelle d’un type embarqué dans une grosse galère et qui se démène pour en sortir, une intrigue ordinaire de polar que le cinéaste inscrit dans un cadre social très précis, celui de la précarité quotidienne et du milieu des défavorisés. Pas de flingues, pas de métaphysique de café de commerce ni d’intellectualisme appliqué : Jolivet tient le regard de son héros de bout en bout, et lorsqu’il refuse l’unicité du point de vue c’est pour faire pénétrer dans la réalité sensible afin de proposer encore plus de matière et d’épaisseur. La chronique de la banlieue morose, tristement engluée dans la crise, fournit une authenticité touchante et des accents de blues au parcours poisseux suivi par ce Fred, masse d’humanité tendre et bourrue, qui offre à la série noire son émotion touchante.
  • Ma petite entreprise (1999)

    1 h 36 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Pierre Jolivet avec Vincent Lindon, François Berléand, Roschdy Zem

    On retrouve la générosité chaleureuse qui animait le film précédent dans cette autre saisie en coupe de la réalité contemporaine, qui revêt cette fois les habits guillerets de la comédie tandis que tout le monde (famille, employés, copains du héros) s’associe au sauvetage de la petite entreprise calcinée. Encore une fois Jolivet se montre concerné par le désarroi et les difficultés des victimes de la crise économique, ciselant une galerie de personnages criants de vérité, avec une lucidité et un humour qui en feraient presque un Ken Loach français – ou un pendant hexagonal du génial "Full Monty". C’est drôle, sensible, emmené par des acteurs épatants, c’est le social sans larmes, la dignité du travail exaltée sans pathos, le rire pris au sérieux, le plaisir d’un cinéma à hauteur d’hommes. J’aime beaucoup.
  • Bande-annonce

    Le Frère du guerrier (2002)

    1 h 55 min. Sortie : . Drame, aventure et historique.

    Film de Pierre Jolivet avec Vincent Lindon, Guillaume Canet, Mélanie Doutey

    Pour une fois, le cinéaste s’éloigne de ses préoccupations contemporaines et se lance dans une époque rugueuse, la France du XIIIème siècle. Il faut saluer l’originalité rafraîchissante de ce western médiéval et intimiste, chevauchant à travers d’immenses paysages, nourri d’humanisme et d’écologie, qui revisite le Moyen-âge avec une austérité âpre et un vrai souci d’authenticité. Car il décline un propos d’une belle pertinence sur le sacrifice, la naissance du livre, la force des femmes, le bonheur ambigu d’être frères, l’accès à la connaissance, la transmission du savoir et de la culture, autant de choses dites avec simplicité, peu de mots et des corps en mouvement. Cependant la facture très modeste de l’ensemble frise parfois l’anecdote et ne le prévaut pas d’un certain ennui.
  • Bande-annonce

    Jamais de la vie (2015)

    1 h 35 min. Sortie : . Policier.

    Film de Pierre Jolivet avec Olivier Gourmet, Valérie Bonneton, Marc Zinga

    Vingt ans après "Fred", Jolivet en fait une sorte de remake officieux qui prend à nouveau le pouls d’une réalité sociale implacable et sinistrée. Toutes proportions gardées, il a su assimiler les leçons d’un certain cinéma noir américain (celui du Huston de "Quand la Ville dort") et conjugue la dimension fatale d’un destin condamné d’avance à une lutte quotidienne pour la survie que n’étouffent jamais complètement l’acharnement de la mouise et la détresse économique. La conduite du récit suit un déroulement classique, la typologie des personnages est assez rude, Gourmet fait du Gourmet (mais il le fait bien) : des ces éléments connus et éprouvés le cinéaste tire pourtant un polar toujours sous tension, dont la sincérité d’engagement et la justesse du regard suscitent une totale adhésion.