René Clément - Commentaires

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6 films

par Thaddeus

Technicien froid et sans conscience pour certains, le plus grand cinéaste français, ou presque, pour d’autres. La vérité se situe bien évidemment entre les deux affirmations, et si ces quelques films ne révèlent sans doute pas un tempérament de génie, ils témoignent de qualités d’exécution et d’un sens de la direction d’acteurs assez remarquables.

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1. Plein soleil (1960)
2. Les félins (1964)
3. Jeux interdits (1952)
4. Monsieur Ripois (1954)
5. Paris brûle-t-il ? (1966)

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  • La Bataille du rail (1946)

    1 h 25 min. Sortie : . Guerre et drame.

    Film de René Clément avec Jean Clarieux, Jean Daurand, Tony Laurent

    À l’initiative d’Henri Alekan, Clément est chargé par la Coopérative générale du film français et diverses associations de résistance de réaliser ce long métrage mêlant documentaire et fiction, pathos "eisensteinien" et épopée, acteurs et non-professionnels, à la gloire des cheminots qui s’étaient dressés contre l’Occupant. Le thème d’actualité, les héros populaires, le gris lisse de la photographie concourent à une sorte de néoréalisme à la française, mais le film, grand triomphateur du premier festival de Cannes, reste prisonnier d’un regard sans doute encore trop marqué par le conflit : les Allemands y sont tous bêtes et méchants, et la Résistance un front uni, sans femme, sans collaborateur, conforme à l’image d’Épinal et à une légende que le cinéma hexagonal mettra longtemps à bousculer.
  • Bande-annonce

    Jeux interdits (1952)

    1 h 26 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de René Clément avec Georges Poujouly, Brigitte Fossey, Amédée

    Une guitare qui pleure, et toute la France pleure avec elle. Le leitmotiv musical de Narcisso Yepes est à jamais associé à l’impact populaire de cette chronique paysanne. Pour caractéristique qu’elle soit, sa charge émotionnelle ne doit pas occulter la justesse du regard posé sur ces enfants traumatisés par la guerre : à la fois pervers et innocents, tendres et menteurs, Paulette et Michel ont un point de vue critique sur des adultes indifférents aux malheurs du monde. Clément convainc par la finesse psychologique de son approche, par sa peinture sociale qui fait jauger sans complaisance une France rurale délibérément noircie, par l’évidence avec laquelle il se glisse dans l’imaginaire d’un âge plus tout à fait inconscient, et, bien sûr, par l’intensité de ce qu’il tire de ses deux très jeunes acteurs.
  • Monsieur Ripois (1954)

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie, drame et romance.

    Film de René Clément avec Gérard Philipe, Valerie Hobson, Joan Greenwood

    Qui est vraiment André Ripois ? Un séducteur, bien sûr. Mais que recherche-t-il auprès des ses conquêtes ? Le plaisir ? Sans doute. L’oubli de soi ? Qui sait. La sécurité ? Assurément. Peut-être même cette dépendance totale qu’il désire tout en la fuyant. Le cinéaste n’aime ni ne hait son personnage, qu’il épie sans jamais révéler quand il ment et quand il est sincère, et qu’il renvoie tantôt à son ambigüité, tantôt à l’insignifiance de ses justifications. Ainsi le donjuanisme, le maquereautage et la condition peu enviable du gigolo sont présentés comme des variations possibles du libertinage, le long d’une comédie de mœurs qui égratigne avec une élégante désinvolture le conformisme féminin et témoigne de manière caractéristique de l’appétence si française pour l’analyse psychologique et la maxime morale.
  • Bande-annonce

    Plein soleil (1960)

    1 h 58 min. Sortie : . Policier, thriller et film noir.

    Film de René Clément avec Alain Delon, Maurice Ronet, Marie Laforêt

    Réalisée à contre-courant au moment où la Nouvelle Vague préconisait l’écriture relâchée et le dédain du scénario serré, cette adaptation rigoureuse du roman de Patricia Highsmith manifeste une maîtrise et un sens du suspense tout hitchcockiens. De grands fauves matois s’y observent, se jaugent, se manipulent, se trompent les uns les autres à la faveur d’un jeu délicieusement pervers et troublant qui fait la part belle à l’attrait du mystère et à la toxicité du non-dit. Tout ici relève d’un brio stimulant l’imagination et concourant à l’envoûtement du spectateur : la somptueuse photographie de Decae qui magnifie le bleu de l’océan et celui des yeux des personnages, l’intelligence d’une mise en scène en accord avec l’ambigüité psychologique des motivations, le jeu des acteurs qui rivalisent de séduction.
  • Bande-annonce

    Les Félins (1964)

    1 h 33 min. Sortie : . Policier.

    Film de René Clément avec Jane Fonda, Alain Delon, Lola Albright

    Au départ, un scénario assez invraisemblable de type série noire à base de gangsters très méchants qui disparaissent puis reviennent, de jolies filles qui ont l’air bête mais sont malignes comme des chouettes, de jeune premier qui semble intelligent mais s’avère le dindon de la farce, de tiroirs secrets, de malles à double fond et autres miroirs sans tain. Deux hommes-objet dont l’un prendra malgré lui la place de l’autre, deux femmes orchestrant de machiavéliques machinations : une vraie salade niçoise, à laquelle Clément apporte une sorte d’énorme plus-value baroque, refusant le jeu de l’économie et creusant toujours les implications de l’affaire, quelque chose comme un suspense grinçant et absurde autour de la liberté illusoire, de la hantise de la claustration, de l’individu prisonnier de son destin.
  • Bande-annonce

    Paris brûle-t-il ? (1966)

    2 h 55 min. Sortie : . Drame, historique et guerre.

    Film de René Clément avec Jean-Paul Belmondo, Charles Boyer, Leslie Caron

    Quatre ans après "Le Jour le plus long", Clément disposa d’un prestigieux parterre de stars et d’importants moyens pour tenter, sur un scénario de Vidal et Coppola, de créer en France un cinéma d’inspiration officielle et commémorative. Le recul du temps accentue les contradictions de cette impersonnelle mais vibrante page d’Histoire, qui évacue les traumatismes d’août 1944 et prolonge vingt ans après la geste gaulliste. Éclatée entre une première partie narrant les agissements précipités et prématurés de Rol-Tanguy et une seconde où le beau rôle est tenu par le 2ème DB de Leclerc et les Américains de Bradley et Patton, l’épopée de la libération de Paris y est cependant toujours mesurée à l’aune des trajectoires individuelles, cherchant à marier la masse et le détail, à faire valoir l’individu au cœur du collectif.