Robert Wise - Commentaires

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7 films

par Thaddeus

De l’aube des années quarante (il fut le monteur de "Citizen Kane") au crépuscule des années soixante-dix (il dirigea la première transposition d’une des séries les plus populaires du petit écran), Robert Wise a traversé l’histoire d’Hollywood et signé quelques uns de ses plus grands succès. S’il n’a sans doute jamais gagné les galons d’un véritable auteur, ses compétences aguerries et sa faculté à œuvrer avec la même aisance dans les genres les plus divers ont défini exactement l’étendue de ses possibilités.

Mon top :

1. Star Trek, le film (1979)
2. Nous avons gagné ce soir (1949)
3. La canonnière du Yang-Tsé (1966)
4. West side story (1961)
5. Le jour où la terre s'arrêta (1951)

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    Nous avons gagné ce soir (1949)

    The Set-Up

    1 h 13 min. Sortie : . Film noir, sport et drame.

    Film de Robert Wise avec Robert Ryan, Audrey Totter, George Tobias

    Le film noir américain entretient un rapport étroit avec le réalisme social. Un peu à la manière de Huston et de son "Asphalt Jungle" sorti un an plus tard, Robert Wise réfute les enluminures du genre et favorise la dimension humaine d’une histoire simple et cruelle dont le cadre a valeur de document. Il décrit le monde de la nuit et des perdants en quête d’honneur, revigorés par un sursaut de dignité payé au prix cher, et l’envers d’une société du spectacle qui truque les matchs, invite le public à se repaître de la douleur fatiguée des boxeurs envoyés sur le ring comme à l’abattoir. Le tout emballé et pesé en soixante-douze minutes justes, sèches et concises de temps réel, qui du wellesien plan-séquence d’ouverture au travelling final imposent un brio technique sans apprêt.
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    Le Jour où la Terre s'arrêta (1951)

    The Day the Earth Stood Still

    1 h 32 min. Sortie : . Drame, science-fiction et thriller.

    Film de Robert Wise avec Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe

    Un envoyé du Ciel d’inspiration ouvertement messianique se heurte à l’esprit suspicieux et belliciste des hommes, meurt puis renaît pour leur salut. Et pour se montrer un peu plus persuasif, il est accompagné d’un robot de destruction massive aux allures de gros Playmobil-Bibendum en caoutchouc. Ok. Symptomatique d’une époque qui usait de la SF comme métaphore idéologique, pour délivrer un message de coexistence pacifiste, ce classique du genre apparaît essentiellement circonscrit à ce qu’il révèle des angoisses et des doutes de son temps, articulant une suite de symboles autour de l’ovni, du savant, du politique, du militaire, de la famille américaine : notions sommaires mais efficaces, dont la sagesse est parasitée par un simplisme aujourd’hui un brin désuet.
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    West Side Story (1961)

    2 h 32 min. Sortie : . Policier, drame, comédie musicale et romance.

    Film de Jerome Robbins et Robert Wise avec Natalie Wood, Richard Beymer, Russ Tamblyn

    Séances de cinéma (1 salle)
    Avant que la comédie musicale ne capitule définitivement devant l’avènement des cultures rock et disco, Wise et Robbins y introduisent un look moderne nourri du parfum de la rue, de la fureur de vivre des "rebelles sans cause", et en déplacent le centre de gravité du côté de Shakespeare. L’approche réaliste du sujet s’accommode d’une fougue ponctuellement enivrante, les fanfaronnades et l’agressivité des bandes rivales se heurtent à l’éternel dilemme d’un amour impossible, le dynamisme du style et l’hétérogénéité de la musique (au carrefour du classique, du jazz et de la variété) surexpriment situations et sentiments et font bouger les lignes d’une exécution professionnelle mais un peu statique. Un film aussi célèbre qu’inégal donc, qu’il me faudrait revoir d’un œil neuf, car cela fait très longtemps.
  • Bande-annonce

    La Maison du diable (1963)

    The Haunting

    1 h 52 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Robert Wise avec Julie Harris, Claire Bloom, Richard Johnson

    Elle craque, elle respire, elle ricane, elle gémit cette maison du diable. L’efficacité avec laquelle Wise parvient à rendre compte d’une réalité surnaturelle, à forcer notre perception de spectateur en recourant aux effets suggestifs, en faisant travailler l’imagination bien davantage que le sursaut facile, est à cet égard plutôt bluffante. D’autant qu’il sait créer des caractères sommaires mais crédibles et apporter une humanité fragile à son portrait de femme borderline, progressivement gagnée par la folie des lieux. Reste que le film, un peu trop démonstratif et verrouillé, manque de trouble, de mystère, de vénéneuse ambiguïté, et plus profondément du lyrisme de la sincérité – toutes qualités qui brillaient dans les admirables "Innocents" de Jack Clayton, la grande réussite du cinéma fantastique de l’époque.
  • Bande-annonce

    La Mélodie du bonheur (1965)

    The Sound of Music

    2 h 54 min. Sortie : . Biopic, drame, comédie musicale et romance.

    Film de Robert Wise avec Julie Andrews, Christopher Plummer, Eleanor Parker

    Des montagnes enneigées, des lacs paisibles et des pâturages verdoyants, une grande maison exotique de Salzbourg avec capitaine veuf et bambins adorables, la montée nazie en discrète toile de fond, et des tonnes de gentillesse mielleuse comme unique horizon, une overdose de bons sentiments jusqu’à l’indigestion. Julie Andrews est charmante, qui reprend le rôle de super-gouvernante qu’elle tenait un an plus tôt dans "Mary Poppins", Wise emballe l’affaire avec un métier très sûr d’artisan rodé aux conventions hollywoodiennes – et la comédie musicale, évidemment, remporta le succès phénoménal et les Oscars auxquels il était prédestiné. Sa fraîcheur a beau attirer la bienveillance et sa drôlerie faire parfois mouche, ses trois heures de mièvrerie sucrée paraissent bien longues.
  • Bande-annonce

    La Canonnière du Yang-Tsé (1966)

    The Sand Pebbles

    3 h 02 min. Sortie : . Aventure, romance et guerre.

    Film de Robert Wise avec Steve McQueen, Richard Attenborough, Richard Crenna

    Cette canonnière, qui patrouille dans la Chine de 1926 agitée par les premiers soulèvements nationalistes et anti-occidentaux, charrie dans ses eaux troubles quelques flots d’ambigüité. Une phrase de pacifisme et d’apostolisme alterne avec une harangue patriotarde sur la mission civilisatrice des Américains, un glissement vers la xénophobie inconsciente précède un argument irréfutable de l’institutrice libérale au marine… Dans un film par ailleurs soucieux de préserver les nuances de chaque personnage (du héros cabochard mais brave cœur au commandant maniant la chèvre et le chou) et généreux en moments dramatiquement forts (le match de boxe, le supplice sur la berge, le siège du navire par les jonques), un tel refus du discours péremptoire est une qualité qui enrichit la valeur du spectacle.
  • Bande-annonce

    Star Trek, le film (1979)

    Star Trek: The Motion Picture

    2 h 12 min. Sortie : . Aventure et science-fiction.

    Film de Robert Wise avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley

    1977, la NASA envoie les sondes Voyager aux confins du système solaire. Deux ans plus tard, la première transposition de la série sur grand écran intègre ce programme spatial comme moteur d’une captivante réflexion matérialiste sur le rapport de l’homme (toujours au centre de la morale et de l’action) au savoir et à la technologie. Car si celle-ci se développe à une vitesse telle qu’elle ne permet plus de comprendre des procédés anciens, le cerveau et la mémoire humaine pallient ses défaillances. Attentif à l’équilibre interne du film, Wise offre un spectacle adulte et intelligent qui s’impose également, par la qualité de ses décors et effets spéciaux, comme une très belle réussite plastique. L’empire du cinéma est ainsi maintenu pleinement dans le domaine de l’imaginaire, et l’aventure plus que jamais possible.