Top 10 - 1966

Avatar Thaddeus Liste de

10 films

par Thaddeus

Ils auraient pu figurer ici mais ils restent sur le banc (films notés 8/10 minimum) :

"Le Héros" de Satyajit Ray
"Morgan" de Karel Reisz
"Les Professionnels" de Richard Brooks
"La Vie de Château" de Jean-Paul Rappeneau
"Le Voyage Fantastique" de Richard Fleischer

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  • 1
    Bande-annonce

    Persona (1966)

    1 h 24 min. Sortie : . Drame.

    Film de Ingmar Bergman avec Bibi Andersson, Liv Ullmann, Margaretha Krook

    Aller vers, entrer en contact, sceller l’altérité… Puis résister à la fusion, dissembler pour se sentir pleinement exister. Tels sont les vertigineux enjeux du magnum opus bergmanien. Rompant radicalement avec toutes les écoles de figuration, se branchant sans fusible à un niveau de conscience affranchi des modalités du récit, il triture la matière narrative, en extirpe la vie intérieure nue, formalise l’affect pur, et déplie remous et grands fonds du psychisme aux dimensions d’une voie lactée.
  • 2
    Bande-annonce

    Andreï Roublev (1966)

    Andrey Rublyov

    3 h 03 min. Sortie : . Drame, biopic, historique et guerre.

    Film de Andreï Tarkovski avec Anatoli Solonitsyne, Ivan Lapikov, Nikolai Grinko

    Tout l’effort de Tarkovski est de dénoncer le leurre du progrès matériel et d’exalter par contraste la dignité de la vie intérieure, les vertus d’ascèse et de sacrifice. Rien de plus évident pour incarner sa pensée qu’un peintre d’icônes, à la recherche d’un absolu qui transcende les simulacres du monde terrestre. Structurée en épisodes, pleine de frénésie épique, de visions élégiaques, de ferveur mystique, cette œuvre majestueuse traverse le voile du réel pour atteindre à la pure spiritualité.
  • 3
    Bande-annonce

    Le Bon, la Brute et le Truand (1966)

    Il Buono, il Brutto, il Cattivo

    2 h 59 min. Sortie : . Western et aventure.

    Film de Sergio Leone avec Clint Eastwood, Eli Wallach, Lee Van Cleef

    Étape-clé pour le génial transalpin, qui insuffle à son expression une dimension opératique mais profondément désabusée, la renforce dans sa veine picaresque, la charge d’une gravité nouvelle, l’élargit à des proportions dignes d’un Lean. Fondé sur le basculement permanent des rapports de force et l’ambivalence fondamentale de la nature humaine, le western demeure cet extraordinaire exercice de virtuosité, cocasse et tragique, dont presque chaque scène mérite de figurer dans une anthologie.
  • 4
    Bande-annonce

    Guerre et Paix (1966)

    Voyna i mir

    7 h 02 min. Sortie : . Drame, historique, romance et guerre.

    Film de Sergueï Bondartchouk avec Sergueï Bondartchouk, Lyudmila Saveleva, Vyacheslav Tikhonov

    Sept heures de démesure et de lyrisme plastique, dont on sort la mâchoire par terre et les yeux décalqués. Plutôt qu’en recenser les records logistiques, mieux vaut louanger l’audace avec laquelle, des fastes et bals mondains aux immensités des forêts sibériennes, des tableaux d’apocalypse (Moscou en flammes) au gigantisme hallucinant des batailles, ce film grandiose jette l’académisme aux orties et précipite le cyclone des passions dans le formalisme le plus fou. Une œuvre absolument colossale.
  • 5

    La Religieuse (1967)

    Suzanne Simonin, la Religieuse de Denis Diderot

    2 h 15 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jacques Rivette avec Anna Karina, Liselotte Pulver, Micheline Presle

    On peut comparer la trajectoire tragique de Suzanne, seule, incomprise, enfermée au couvent, à celle d’une héroïne de Mizoguchi. Le voile a remplacé le kimono, la règle monastique s’est substituée à l’étiquette des cours orientales, mais c’est la même spirale implacable du destin. Empreintes d’une photogénie glacée, les scènes glissent avec fluidité comme les feuillets d’un journal intime, rendant sensible la mortification d’une âme et intelligible toute la force de protestation du discours.
  • 6
    Bande-annonce

    La Bataille d'Alger (1966)

    La Battaglia di Algeri

    2 h 01 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Gillo Pontecorvo avec Brahim Hadjadj, Jean Martin, Yacef Saadi

    Pour évoquer les opérations menées par les parachutistes français dans la Casbah, Pontecorvo prend du recul, varie les points de vue afin que le spectateur puisse se former une opinion personnelle. Composé de blocs de temps et d’action, retranscrivant le mouvement d’une Histoire faite de méplats et de plis, tissant la trame de la mémoire sans tomber dans l’hagiographie, le film n’adopte pas une froide neutralité mais cherche à retrouver la logique de la guerre, sa folie et sa mécanique secrète.
  • 7

    Le Deuxième Souffle (1966)

    2 h 30 min. Sortie : . Policier et gangster.

    Film de Jean-Pierre Melville avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Raymond Pellegrin

    Rien chez le maître du film noir à la française ne peut propulser ses personnages au rang de héros, trop indifférents au temps qui s’écoule et au nouveau visage d’une société qui finit par les rejoindre et les tuer. Entre néoréalisme et mythologie, il fait glisser la concrétude des lieux et des atmosphères dans un monde de plus en plus mental, refuge trompeur contre la logique fratricide de la guerre des gangs. Cette œuvre sèche, funèbre et haletante constitue peut-être l’apothéose de son style.
  • 8
    Bande-annonce

    Qui a peur de Virginia Woolf ? (1966)

    Who's Afraid of Virginia Woolf?

    2 h 11 min. Sortie : . Drame.

    Film de Mike Nichols avec Elizabeth Taylor, Richard Burton, George Segal

    On peut ne pas goûter aux effusions grotesques de cet énorme lavage de linge sale, se sentir séquestré ou voyeur et trouver Taylor et Burton en surrégime permanent (mais ils le font sacrément bien). Reste que cet art de l’injure, ces hostilités chaotiques, ces tombereaux d’alcool, de fureur et d’humour noir laissent un sacré parfum dans la bouche. Celui, pathétique, d’un jeu de la vérité cruel qui finit par faire tomber les masques pour ne plus laisser qu’un sentiment de solitude existentielle.
  • 9

    Frontière chinoise (1966)

    Seven Women

    1 h 27 min. Sortie : . Drame.

    Film de John Ford avec Anne Bancroft, Sue Lyon, Margaret Leighton

    Foin du patriotisme, de la morale et de la religion : le testament fordien inverse les rôles, investit d’ambigüité le royaume du binaire et refuse de faire coïncider les composantes sociales ou affectives avec des catégories stables. Formidable pari esthétique qui abandonne les champs de victoire de la nation américaine, il explore le flamboiement des désirs emmêlés, le non-dit de leurs assouvissements, la grandeur d’une femme courageuse engagée dans la lutte contre toutes les intolérances.
  • 10

    Arabesque (1966)

    1 h 45 min. Sortie : . Action et thriller.

    Film de Stanley Donen avec Gregory Peck, Sophia Loren, Alan Badel

    Londres brille de mille feux et le méchant d’une morgue de dandy raffiné, le héros a la classe tranquille de Gregory Peck et sa partenaire la beauté ravageuse d’une Sophia à tomber. Autant dire que le jeu de séduction, nourri d’un feu roulant de couleurs satinées, de répliques spirituelles et d’images travaillées à la limite du maniérisme, opère sans frein. Nous amusant comme des petits fous, Donen active à nouveau les vertus euphorisantes du policier grand luxe. Très brillant et sophistiqué.