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Top Clips musicaux

Avatar Scaar_Alexander Liste de

161 morceaux

par Scaar_Alexander

Cette liste fut jadis un top 25. Puis je me suis rendu compte qu'il y avait quand même plus de vingt-cinq super clips musicaux. Alors c'est monté à trente. Rebelote. Ok, quarante, mais c'était mon dernier mot Jean-Pierre. Et j'ai essayé de m'y tenir, faisant saigner mon coeur dans des choix cornéliens, essayant de faire entrer des ronds dans des carrés. Puis au bout d'un moment, je me suis dit : "fuck it". On va juste faire un top. Et en fait, c'était une excellente idée. Je sais, c'est con.

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  • 1
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    She Wants (2011)

    Présent dans 3 albums.

    Morceau de Metronomy

    http://www.youtube.com/watch?v=ntVV3dTo-qw

    Attention, vous entrez dans la dimension hipster. Si vous y êtes familier mais pas trop non plus, welcome. Si ça vous rebute, passez votre chemin... mais vous passerez à côté de quelque chose. She Wants, c'est un peu le clip presque parfait, au service d'un grand, grand morceau d'électropop, digne représentant du chef-d'oeuvre du groupe d'électro-rock british Metronomy qu'est l'album The English Riviera. Le brillant duo frenchie Jul & Mat ont signé un court-métrage en symbiose parfaite avec la new wave électronique de She Wants. Tout y est génial (pardonnez le terme galvaudé), de la prouesse "technique" proprement bluffante (tout a VRAIMENT été tourné à l'envers), à la chorégraphie générale (de fait, tout devait y être super-chronométré), en passant par l'infinité de micro-idées-bonus qui émaillent notre traversée des décors, et font du clip un spectacle visionnable moult fois, dont la classe folle est à la mesure de la sophistication musicale. Les crépitements de la radio, l'ondoiement du ventilo, les plumes de l'oreiller, le temps figé, la brunette en cage, l'horloge humaine, les paroles apparaissant aléatoirement dans le cadre, les silhouettes noires jouant ça et là avec les lois de l'attraction, les masques à l'effigie des membres du groupe en guise de private jokes l'air de rien, les paillettes futiles, et l'atmosphère étrangement saphique entre la brune contrariée et sa blonde alter-ego... une variété et une méticulosité qui rappellent les cinéma de Wes Anderson et Michel Gondry. Bref, le plan-canonisation idéal pour tout étudiant en cinéma rêvant d'être adulé par ses pairs... (ou pas !) Notons que Gondry réalisera un des clips suivants du groupe, présent dans cette liste parce qu'il est également extra : Love Letters.
  • 2
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    Truth (2011)

    4:20. Présent dans 2 albums.

    Morceau de Alexander Ebert

    http://www.youtube.com/watch?v=s9yibUR5KNI

    Somptueuse mise en images d'un OVNI du rock alternatif, Truth, morceau-vedette d'Alexander, le très singulier premier album d'Alex Ebert, leader d'Edward Sharpe and the Magnetic Zeroes. Alexander est un brillant pot-pourri d'hommages à divers courants du folk/rock des sixties et seventies, de Dylan à Paul Simon, cherchant du mieux qu'il peut à capter l'essence disparue de cette époque prolifique : In The Twilight, Bad Bad Love ou In A Million Years en sont d'excellents exemples. Truth, de son côté, joue une autre partition. Fait cavalier seul. C'est l'inconnue dans l'équation, le truc-bidule qui ne ressemble à rien d'autre qu'à... Alex Ebert. Et c'est sans doute ce qui rend cette chanson bien plus mémorable encore que ses petites soeurs. Mais Truth aurait-elle produit un effet aussi spectaculaire sans sa "music video", symbiose absolue de l'univers musical du flamboyant manouche avec la sensibilité plastique du réalisateur Tao Raspoli ? Probablement pas. On y trouve à chaque coin de pellicule toute la force de sa musique, la foi dans le chaos, l'espoir dans la fange, la beauté du détail, et tout prend une ampleur décuplée sous l'objectif aérien et la photographie chaude de Ruspoli. L'aube sur la plage mexicaine et les ruines de Tulum, la terre séchée sur le visage du chanteur, le flot immobile des oiseaux au-dessus des récifs, la vieille sono, la jolie Roehm passant de l'uniforme de hussard à la robe d'été diaphane, eux deux s'enlaçant dans l'eau, et les rayons du soleil naissant, et Ebert dansant comme John Cusack à la fin de Say Anything... on aura rarement vu plus d'âme dans un clip vidéo. Ceux qui ne sauront apprécier le spectacle en raison de sa forte inspiration religieuse louperont quelque chose. Nota bene : au passage, Ebert ne dit pas "Every little lie in this world comes from the Bible" !
  • 3
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    The Space in Between (2010)

    3:35. Hard/metal. Présent dans 1 album.

    Morceau de How to Destroy Angels

    https://www.youtube.com/watch?v=jF6VO4nk1Cs

    Séquence 0, intérieur jour, chambre de motel cheap attendant son tour. Les cadavres d'un couple gisent dans leur sang et leurs tenues de soirée. Une bougie se consumme dangereusement prêt du lit. L'écran de la télé accrochée au mur ondoie sur une course de moto un peu bodélique. L'eau coule librement dans la salle de bain, et déborde de l'évier, on ignore où tout cela va mener. Enfin, le feu prend. Apparemment peu concernés par le spectacle, un homme perd son regard dans la course de moto, et une blonde bavarde joyeusement au téléphone. Puis la mariée en rouge se met tout à coup à chanter. Et à la fin, les flammes emporteront tout. What the fuck, dude ? You're welcome, pal. Si UN clip devait laisser sur le cul, il y aurait de grandes chances que ce soit celui-ci. How to Destroy Angels, c'est le grand Trent Reznor (NiN), son épouse philippine haute en couleur, Mariqueen Maandig, et le brillant compositeur anglais Atticus Ros. Le réalisateur du clip de TSiB, c'est Rupert Sanders, le Brit qui, deux ans plus tard, se verrait confier la réalisation de Blanche-Neige et le Chasseur, film mal écrit, éventuellement mal joué (pour qui n'aime pas Kstew), mais certainement pas mal branlé. Au contraire, c'est un peu ça, le truc, avec ce clip : il l'est parfaitement, branlé, au point d'exploser sans effort les limites de la chanson (Mariqueen n'ayant rien d'une graaande chanteuse), et de lui donner de grands airs de bande-originale. Un aperçu de la BO d'un film qui, s'il existait, aurait fait une pétaradante production Mario Kassar des 90s, tendance Terminator 2/Basic Instinct. Allez savoir pourquoi ça ? C'est sans doute le mélange de certains éléments qui me rappellent les BO de Brad Fiedel, le motel au bord de l'autoroute, la photographie... Dans tous les cas, évoquer des noms comme Cameron ou Verhoeven n'est jamais une mauvaise chose, et c'est exactement ce que Sanders fait avec TSiB. On sent en direct vibrer la destruction, on sent les anges fuir ce cirque funèbre où plus rien ne fait sens. Au rayon atmosphérique, vous ne trouverez pas souvent mieux.
  • 4
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    Ride

    4:49. Présent dans 2 albums.

    Morceau de Lana Del Rey

    https://www.youtube.com/watch?v=Py_-3di1yx0
    (On parle de la version longue, bien sûr.)

    Avant le clip-fleuve aussi épique qu'égocentrique, Lana Del Rey et Anthony Mandler ont pondu un premier chef-d'oeuvre. Formellement riche et foisonnant (des traversées d'étendues infinies du midwest aux explosions noir et or de feux de camps, en passant par la fumée triste des night clubs, et le drapeau américain dont s'enveloppe la chanteuse à l'aube, sous le vent matinal), le tout magnifié par la patine des vieux appareils photos du type Lomo, qui rend tout immédiatement sexy, et brillamment monté, cette sorte de clip redux du génial Ride de Lana Del Rey incarne parfaitement tout le bien qu'on peut penser de la chanteuse, la chanteuse à la moue, sirène mélancolique de la pop, canon officiel de la scène US, personnalité unique dont les railleurs rappellent ceux, comiques d'une Florence Welch. Sa beauté mutine alternant le feu et la glace, son amour émouvant du beauf viril, le lyrisme urbain massif de son univers musical, l'inspiration crépusculaire de sa plume, tout y est. Dans le fond, de la même façon qu'Anthem ou Tropico, on tient une sonde express dans la psyché américaine moderne, cadre dans lequel Del Rey et Mandler ont pour but de transcender les plus gros clichés. Et c'est ça, le truc : le résultat est tellement fort qu'il parvient à oblitérer la simplicité du message ("ride free", génial, cousine), et l'imagerie bikeuse que certains pourraient trouver simpliste. La beauté dans le trivial, en quelque sorte. Certains hystériques y voient déjà une image dégradante de la femme. Ce qu'il faut surtout en garder, c'est le type d'amants sur lesquels la chanteuse s'est penchée, motard bourrin et gras-double, quinqua solitaire, l'anti-glam. Il en ressort une déclaration d'amour à l'homme aux antipodes de la nomenclature télévisuelle proprement sidérante. De façon surprenante, ce qui précède et suit la chanson à proprement parler, prologue et épilogue instrumentaux où la chanteuse déroule un monologue doux et inspiré, émeut davantage encore. Au passage, la vidéo a une grosse vibration 90s qui la rapproche de clips cultes du type November Rain des Guns. Rien que ça.

    Remarque : le choix a été dur entre Ride et la collaboration suivante Del Rey/Mandler, l'aussi kitsch que monumental et par instants bouleversant Tropico, que vous pouvez voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=VwuHOQLSpEg.
  • 5
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    Cosmic Love (2009)

    Présent dans 5 albums.

    Morceau de Florence and the Machine

    http://www.youtube.com/watch?v=2EIeUlvHAiM

    La brillantissimpe, superbement excentrique et terriblement charismatique Florence Welch, du groupe Florence + The Machine, sorte de grande prétresse du désert rock/pop symbolisant l'artiste musicale totale (= elle fait tout), souffre hélas d'un vilain défaut : des éruptions chroniques de clips généralement assez hideux. Seuls deux vidéos sortent, à ce jour, du lot : Cosmic Love et Lover to Lover, sur lequel on reviendra plus bas. Cosmic Love, donc. Dans cet enchanteur spectacle du grand bazar sentimental selon Florence, dont la photographie et la direction artistique parviennent à créer un microcosme ultracoloré et graphiquement cohérent, l'essentiel est le fil ténu de la lumière, le crépuscule perpétuel que le chanteuse évoque dans sa chanson, piégée dans un amour destructeur. Pas exactement du genre calme et inexpressif, la chanteuse se lance dans un enchainement de gesticulations païennes qui lui donnent des airs de grande prêtresse dudit microcosme, où chaque lumière compte. Mention aux effets spéciaux mécaniques, élémentaires mais plus efficaces que tous les CG du monde, avec un mémorable déchainement final. Anecdote : notre Jenifer nationale (sic) s'est inspirée de cet effet pour le clip de son tube Les Jours Electriques. Sauf que là, ou pas.
  • 6
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    The Importance of Being Idle (2005)

    3:41. Présent dans 7 albums.

    Morceau de Oasis

    http://www.youtube.com/watch?v=jySfU10IQu4

    Que l'on aime Oasis ou pas, il est difficile de nier le summum de classe décontractée et d'inquiétante coolitude qui anime The Importance of Being Idle (peut-on faire plus anglais que ça ? ^^;). Tout est extraordinaire, dans ce clip musical, sans aucun doute la meilleure vidéo Oasis, et la meilleure réalisation de Dawn Shadforth avec Shake it out de Florence + The Machine. Le fait que la réalisatrice ait évité l'habituel montage parallèle de scènes jouées et plans du chanteur en action y est sans doute pour quelque chose (on voit très peu les frères Gallagher) : à la place, on a une succession de scènes toutes plus inventives et caractérielles les unes que les autres, dans un noir et blanc magnifique. La performance cartoonesque de Rhys Ifans, à la fois hilarant et menaçant, est épatante, jusqu'à la dernière scène, hallucinant cortège funéraire en tête duquel le défunt chante sa paresse d'exister. Un court-métrage qui devrait faire école, tant en matière de réalisation que de montage, et bien sûr, d'inspiration. En tout cas, The Importance... rappelle combien Noel était l'âme d'Oasis bien davantage que l'égocentrique Liam.
  • 7
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    Child (2012)

    3:09. Présent dans 1 album.

    Morceau de Edward Sharpe and the Magnetic Zeros

    https://www.youtube.com/watch?v=9UVIlNWCckA

    Chef-d'oeuvre. La présente vidéo n'est pas, à l'origine, le clip officielle de la splendide chanson de ES&MZ. Il a été réalisée par un étudiant polonais de l'université de Loyola, Michal Byra, tout seul dans son coin, puis adopté par le groupe, une fois que ses membres en sont tombés raide dingues. Non seulement ce fait est suffisamment rare pour être signalé, en plus, il explique en partie la présence de Child si haut dans ce top. Ici, ce n'est pas seulement le talent de Byra qui explose, avec des plans de toute beauté, un emploi inspiré du ralenti, et un travail de montage d'une grande sensibilité : c'est sa passion pour ce morceau, parfaitement désintéressée. Partant de là, la chose ayant été réalisée sans le concours du groupe, le gars aurait pu se planter parfaitement dans son interprétation. Dieu en a voulu autrement : Child épouse à la perfection le propos de Child. De prime abord, on croit que la vidéo met en scène un vieillard mourant (émouvant Andrzej Makowiecki) soudain sorti de sa chambre d'hôpital par une petite rouquine d'une dizaine d'années (forcément adorable), qui l'emmène en balade, et lui redonne goût à la vie. En voyant un jeune garçon apparaître dans le dernier tiers de la vidéo, on réalise que le vieillard est sorti de lui-même, guidé par le souvenir de son amour de jeunesse, la petite rouquine, et que le jeune garçon n'est autre que lui-même, à l'époque où ils étaient enfants. Même sans cette dernière lecture, ç'aurait été fort joli, certes. Mais la réflexion sur la préciosité du souvenir, et l'hymne à la poursuite des derniers jours ne serait pas aussi forte (Just a touch I'm gonna carry, carry/Another time where our palm shared the same line). La beauté plastique et spirituelle de la vidéo épouse à merveille la voix du génial Alex Ebert (deuxième clip de lui dans cette liste après Truth !), et l'aura chaleureuse qui entour chacun de ses projets (quoi qu'avec ES, il est bien au-dessus d'Ima Robot). Mention aux magnifiques plans de la gamine qui épousent la vue du vieillard et la suivent dans sa course, sa longue chevelure flottant au vent, petit être immaculé aux avant-postes comme une figure de la femme éternelle dont la douceur et la vérité ne cesseront d'apaiser le cœur des hommes de tout âge. Pour l'instant, aucune connaissance dotée d'un ou plusieurs rejetons en bas âge n'a pas fondu devant ce joyau de poésie. Les autres, beeen, 'y trouvent quand même ça vachement beau.
  • 8
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    Synthesizers (2011)

    3:25. Présent dans 1 album.

    Morceau de Butch and Black Widows, The Walker

    https://www.youtube.com/watch?v=94b3gMZGorc

    Synthesizers, en plus d'être un des tubes de rock les plus ridiculement entrainants de ces dernières années, c'est : le grand Matthew McConaughey, enfin revenu des morts (et deux fois, même) et en plein état de grâce (déjà Killer Joe, Mud, Magic Mike, bientôt Le Loup de Wall Street, True Detective, et Interstellar), reprenant l'inénarrable de Wooderson, rôle qui l'a révélé dix-neuf ans plus tôt dans le génial Dazed & Confused de Linklater, pour le clip de l'excellent single Synthesizers de l'électrique chanteur de pop-rock Butch Walker, consistant accessoirement en un hommage de la meilleure scène du film. Ouais, rien que ça. Que ce soit clair : la chanson en elle-même est d'une efficacité tutoyant les grands classiques de la pop (Stop running your mouth/Get out of the house/Get yourself downtown/And shake it all out tonight... ouais, on peut pas faire plus simple, et pourtant !). L'écouter vingt fois de suite sans s'en lasser l'établit assez facilement. Mais quand le super-relax Wooderson, avec sa dégaine de producteur de porno ou de baron de la marie-jeanne local des années 70, sort la trompette entre ses deux poules de luxe claquant des doigts, ça prend une dimension internationale. Et quand le clip se finit sur un petit clin d'oeil lubrique qu'il adresse au spectateur extatique, ça rend fou. En gros, même si le clip était merdique, McConaughey devenu l'alpha-bad-ass d'Hollywood le rendrait génial. Mais comme le clip ne l'est pas (merdique), ben, c'est doublement génial. Maintenant, que ceux qui n'ont pas encore vu ce truc répètent après moi : putain faut que je vois ce truc, putain faut que je vois ce truc, putain faut que je vois ce truc, trois bonnes fois histoire de se préparer, et se rendent sur la plateforme YouTube la plus proche pour goûter ce qu'est la coolitude 100% pur sucre.
  • 9
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    Never Tear Us Apart (Orchestral Version)

    3:05. Présent dans 1 album.

    Morceau de Paloma Faith

    https://www.youtube.com/watch?v=dCYtesyE7OA

    Un seul mot : wouaouh. Bon, 'suis pas sûr que ce soit un mot, mais on s'en fout. L'important, c'est le sentiment. Et c'est le sentiment le plus objectivement approprié, face à ce qu'on appeler l'union orgasmique d'un grand clip et d'une putain de cover - si INXS n'a pas envoyé des fleurs à Paloma, c'est qu'y a un bug. La chanson, d'abord : cette version de NTUA écrase celle, improbable, du duo Farmer/Harper, et même celle, pourtant sympa, du duo Natalie Imbruglia/Tom Jones. On revient à un seul performeur, et c'est amplement suffisant. Pas besoin d'être fan de la petite diva de la soul anglaise, dont les enregistrement studios sont souvent trop chargés (elle est cent fois meilleure en acoustique), et dont les simagrées peuvent fatiguer, pour apprécier. En sa qualité de cover, NTUA est un peu à part : la soul dynamite de Paloma se font dans la masse rock du tube original, et met en valeur ses qualités mélodiques. Maintenant, le clip : un objet esthétique d'une beauté renversante et d'une classe folle, que vous devez impérativement admirer en HD. Pour tout dire, c'est un des rares de cette liste à s'autoriser une forme aussi logistiquement sommaire : la chanteuse et son groupe, sur scène, point. Mais quelle scène ! Flamboyante et gothique, baignant dans un somptueux écarlate et des faisceaux blancs perçant les effets de fumée - aura de la diva, borderline fétichiste dans ses costumes, parfaitement adaptée au velours du chant. Forte de ce matériau, la réalisation et le montage inspirés de Saul et Si Allen portent gracieusement l'élan musical, et transforment la scène en théâtre d'action (on est dans du James Bond entre deux tueries, là !), notamment quand le guitariste exécute son solo face à la diva qui se trémousse dans sa jupe de latex, dans une chorégraphie millimétrée aux airs de parade de séduction (admirez les effets de lumière). Puis il y a le regard caméra lubrique de la Paloma, à la fin. Et le cut au noir. Tout est incroyablement chiadé, dans ce clip. C'est limite irrationnel.
  • 10
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    Sabrina (Live) (2002)

    Sabrina

    5:25. Présent dans 1 album.

    Morceau live de Einstürzende Neubauten

    http://www.youtube.com/watch?v=CnnGYaqjW-A

    Les mots clés associables à Einstürzende Neubauten ? Allemand. Ou plutôt RFA, puisque né dans le Berlin-Ouest de 1980. Eighties, donc. Rock industriel. Expérimental, aussi. Anar, puisque fondé par des anars ? Pourquoi pas. En tout cas, ça rentre dans la liste. Rare, aussi. Trois albums depuis 2000. Deux depuis Silence Is Sexy, leur huitième (et meilleur ?) album. Pas vraiment surmédiatisé. Mais le grand public aura au moins entendu UNE FOIS la voix de Blixa Bargeld dans la BO du film Heat (Michael Mann, 96), chantant le déprimant Armenia. "Déprimant", soit un aperçu plutôt fidèle de leur musique. Parce que l'univers d'Einstürzende Neubauten est sombre. Tout en étant le travail le plus accessible et radio-friendly du groupe, Sabrina en est une autre fascinante illustration. Sabrina est un grand morceau d'indus-rock, dont la musique triste et lancinante et le chant ténébreux évoquent un monstre flottant sous la surface d'une eau qui dort. C'est aussi une déclaration d'amour meurtri à la mère patrie du groupe, l'Allemagne, qui doit vivre dans le souvenir coriace de la guerre et du rôle qu'elle y a joué. Enfin, on peut toujours voir là-dedans une interprétation parmi tant d'autres de paroles obscures en plusieurs endroits, mais c'est la plus satisfaisante à ce jour (le noir, l'or et le rouge ne sont-elles pas les couleurs du drapeau ?), et le fascinant clip de la chanson conforte dans cette idée. Le clip... pas grand chose à dire. L'horreur de l'image que l'on peut se renvoyer, invisible des autres mais éclatante dans nos esprits abimés, les barreaux d'une cellule que l'on ne quitte jamais, la mélancolie en phase terminale, superbement incarnés par une direction artistique (= les toilettes les plus glauques de l'hémisphère nord) et un travail de maquillage renversant. Difficile de trouver des infos sur le court-métrage, ne serait-ce que le nom du réalisateur ou de l'acteur qui joue (merveilleusement) le monstre à cornes et rouge-à-lèvres... mais ces deux-là méritaient des prix. Remarque un peu random : la scène où l'inconnu vient se laver les mains au lavabo sans même remarquer le monstre me rappelle celle de Reservoir Dogs où Tim Roth fait marcher le bruyant sèche-mains (ça nous fait deux plans de mains mémorables).
  • 11
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    Ich Will (2001)

    Ich will

    3:36. Electro/techno. Présent dans 16 albums.

    Morceau de Rammstein

    http://www.youtube.com/watch?v=gnkVjkJEouQ

    Rammstein est connu pour la qualité "explosive" de ses clips (on pense à Du hast, Los, Amerika, ou encore Sonne, qui a failli trouver sa place dans cette liste). Mais plus encore que ses autres hits, et un peu comme la composition originale d'un film, Ich will est une de ces chansons qu'il est préférable d'écouter AVEC son clip. D'abord parce que la chanson parle du pouvoir de l'image. Ensuite parce que... quel clip ! Ich will étant une chanson qui ne s'embarrasse pas de subtilité (comme souvent chez Rammstein), son clip ne fait pas dans la dentelle non plus. Pas besoin : en mettant en scène un casse de banque tout ce qu'il y a de plus sérieux, les gars se sont amusés à camper des bad guys tout ce qu'il y a de plus sérieux. Bien sûr, le public a droit à une illustration fidèle du message de la chanson (= la nature manipulatoire des médias, capables de faire de dangereux braqueurs des héros nationaux, et la fascination des masses pour des personnages "bigger than life"), mais ce qui l'intéresse, c'est le contenu du braquage en lui-même. L'action. Et dans Ich Will, l'action est filmée avec une élégance et une énergie irrésistibles. L'électricité est partout, dans l'air, et dans l'interprétation des membres du groupe, qui jouent le jeu à fond (et dont certains profitent de leur charisme de malade), dignes de la géniale idée de départ (= des punks en smoking attaquant une banque !). Cela donne lieu à un festival d'images et d'idées mémorables, du toujours énorme Till Lindemann et sa canne, à la danse macabre de Kruspe avec une employée platine sous la lumière rouge de l'alarme, en passant par l'ellipse de la mort d'une otage alors que Landers parcourt un corridor sombre, l'air super-mauvais de Schneider (borgne pour l'occasion), la cible sur le torse de l'affable Lieder, les références au nazisme (la propagande et le boitement de Goebbels, l'iconographie romaine), et... last but not least, la scène de la conférence de presse, où le big bad guy fait face à un parterre de journalistes et photographes crevés. Après avoir vu ce clip, il est impossible d'imaginer Ich will associée à la BO d'un film. Trop tard !
  • 12
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    Leeds United (2008)

    3:59. Présent dans 3 albums.

    Morceau de Amanda Palmer

    http://www.youtube.com/watch?v=jlJ9z_LowBI

    Sonnez trompettes ! L'icône du cabaret-rock Amanda Fucking Palmer remet le couvert, cette fois-ci avec une chanson originale, un des meilleurs morceaux de son excellent album "Who Killed Amanda Palmer ?". Il faut en profiter, car on peut compter sur les doigts d'une seule main les bons clips de la dame, peut-être parce qu'elle est trop fauchée pour s'en payer des qui ont de la gueule (In My Mind est un autre rare exemple). Un peu à l'image de la grande prêtresse timbrée, la vidéo de Leeds United est colorée, foisonnante, drôle et un peu hystérique... ça part dans tous les sens, et fourmille d'idées sympas (l'orchestre en carton au fond à droite de la scène, les deux danseuses qui finissent par se crêper le chignon, les poupées déglinguées, la juxtaposition supporters de foot/freaks de l'underground...), dans un esprit absurde et libertin qui correspond bien aux paroles de la chanson, soit du pur made in AFP quand elle est en mode déchainé ("who needs love when there's Law & Order ?"... "who needs love when the sandwiches are wicked and they know you at the Mac Store ?"...). Naturellement, le show se repose essentiellement sur sa performance survoltée, et la toute fin où elle se lance dans une danse frénétique sans remarquer qu'il n'y a plus personne est très amusante.
  • 13
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    A Case of You (2011)

    2:57. Présent dans 1 album.

    Morceau de James Blake

    http://vimeo.com/33919322

    Grand, grand clip. Le fait qu'A Case of You soit un remarquable et rare exemple de cover supérieure à l'originale (de Joni Mitchell, pourtant bien top) joue, bien sûr. Mais on parle ici de clips. Et le clip est, pour employer un euphémisme, magnifique. J'écrivais, un peu plus haut, dans ma critique du clip d'Henry Lee, qu'on peut faire un grand clip avec peu de moyens. ACOY en est une illustration encore plus éclatante : un appartement, et une actrice. Mais l'appartement n'est pas qu'un appartement : en moins de trois minutes, il devient un monde où tout s'est joué, toutes les émotions d'une relation, son début et sa fin, par la grâce d'une réalisation habitée et de jeux d'éclairage inspirés - c'est certes le b.a.-ba de l'effet dramatique scénique, mais là, c'est juste magnifiquement fichu. Et l'actrice n'est pas n'importe quelle actrice : c'est Rebecca Hall (Frost/Nixon, The Town, Iron Man 3), girl next-door dont on tomberait volontiers amoureux si l'on se trouvait, par chance, next door. Pour dégoter un job, la fifille n'a pas besoin de faire grand chose : juste envoyer au producteur cette vidéo, incroyable démo de son talent où toutes les émotions se succèdent sur son visage et s'inspirent chacune au spectateur, en quelques secondes, le temps d'un regard fugace ou d'un imperceptible mouvement des lèvres. Peut-être n'est-ce qu'une interprétation personnelle, et après tout, la chanson a été à la base écrite par une femme... mais accompagnée de ce clip, ACOY ressemble à une putain de déclaration d'amour à la Femme : la caméra épousant le point de vue de l'homme, les grands yeux de Rebecca Hall se jetant dans les nôtres, les embardées rares mais fulgurantes de la caméra la suivant dans ses humeurs, jusqu'au coucher.. Qui a dit que le romantisme est mort ?
  • 14
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    The Drug (2010)

    5:58. Electro/techno. Présent dans 2 albums.

    Morceau de Röyksopp

    http://www.youtube.com/watch?v=FsOVsOjBsp4

    L'idée de trois petites "mallrats" (gamines errant dans les centres commerciaux) bien blanches se baladant silencieusement dans un décor dévasté, le plus ingénument possible, comme si elles ne se sentaient pas en danger parce que tout ceci n'intègre pas leur réalité, était excellente. Mais ce sont surtout les repérages qui FONT le clip du groupe de trip-hop norvégien Röyksopp, Zéro décor de cinéma, ici. Que du réel, situé quelque part dans Détroit, autrefois une des plus riches villes des USA, à présent théâtre fantômatique de la décrépitude de l'économie américaine, l'épicentre du déclin des sociétés libérales (voir comment le "libre-marché" a tué cette ville). Zéro figurants, ici. Que du réellement brisé. Naturellement, il y a par-dessus ces ruines authentiques une mise en scène. Par exemple, les trois filles et les squatteurs dégénérés ne sont jamais dans le même plan, et on soupçonne le montage de jouer avec notre perception de l'action alors qu'elles ne les ont peut-être jamais croisés. Mais peut-on vraiment leur en vouloir ? The Drug est un film de fiction ; mais rares sont les clips musicaux à s'être autant rapprochés de la misère réelle. En fait, certains pourraient souligner la relative pauvreté musicale du morceau, et que l'image est le seul intérêt de ce court-métrage. Pas d'accord : la juxtaposition de certaines horreurs à la musique planante et inoffensive de Röyksopp et aux bouilles déphasées des filles produit à plusieurs moments des effets tantôt amusants, tantôt effrayants. Ce qui n'est déjà pas mal, pour un clip musical...
  • 15
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    Pow Pow (2010)

    8:23. Présent dans 2 albums.

    Morceau de LCD Soundsystem

    https://www.youtube.com/watch?v=xYCV2zybQoI

    De prime abord, on pourrait penser que si le génial hit Daft Punk Is Playin At My House avait bénéficié d'un meilleur clip (parce que l'actuel est assez hideux), il serait LE tube d'LCD Soundsystem à honorer ce top de sa présence. Mais bien que moins spectaculaire, l'ultra-cool et rythmé Pow Pow envoie du très lourd au niveau dance-punk sous influence illicite. Et propose une substance cent fois plus nourrissante, car les paroles, fournies et colorées comme toujours chez James Murphy, proposent en plus un sous-texte politique sur, à mon sens, l'"intérêt" que présente une verticalisation aristocratique de la société pour un peu tout le monde, y compris le peuple d'en bas, qui, au fond de lui, apprécie le confort de l'irresponsabilité induite dans l'absence de contrôle. Le clip, quand même réalisé par la rockstar de l'actioner burné hollywoodien David Ayer (Training Day, End of Watch, Fury), va dans ce sens, en mettant en scène un pouvoir insaisissable associé à de l'imagerie illuminati et maçonnique (l'oeil d'Horus, celui de la Providence que l'on trouve sur les billets d'un dollar US... et on se retrouve carrément dans une loge à la fin !). On essaie de brouiller les pistes avec du jargon religieux ("the wicked men"), mais ça ne trompe personne (voir l'inscription sur le sweatshirt du gangsta, "la clé du succès"... faire allégeance au vrai pouvoir !). De toute façon, l'intérêt du clip, ce qui le rend génial, c'est l'expression de ce pouvoir : une ravissante jeune femme en tenue de soirée, et d'apparence inoffensive, jouée par le super-hamster Anna Kendrick (ici bien sexy comme il faut), se promenant de soirée huppée en soirée huppée entourée de deux gardes du corp massifs vêtus comme des militaires privés (du genre Black Water) et d'un troisième type au physique d'assistant, proposant à des super-caïds (un chicano, un renoi, un arménien (?)) de signer un papier, et les flashouillant dès qu'ils font l'erreur de refuser. L'idée seule vaut le détour, et pourrait faire l'objet d'un thriller mystico-métaphysique. Elle exprime quelque chose de très vrai : le VRAI pouvoir n'est pas détenu par les hommes de "notre" monde). Mais le spectacle de la chtite Anna observant le monde qui l'entoure avec émerveillement et minaudant quand on refuse son petit contrat sur fond de Pow Pow (la "police" dont parle Murphy, sans doute mondiale ?) est parfaitement jubilatoire. On est un peu frustré de ne pas trouver la vidéo en HD...
  • 16
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    Take on Me

    3:48. Présent dans 238 albums.

    Morceau de a‐ha

    http://www.youtube.com/watch?v=djV11Xbc914

    Un des premiers grands vidéoclips musicaux, bien supérieur au Ashes to Ashes de Bowie, quoi qu'on en dise. En parfaite symbiose artistique avec le bijou synthpop d'un groupe assez sous-estimé, le clip est une féérie eighties jusqu'au bout des ongles, de l'éclairage diffus ultra-caractéristique à la permanente de l'adorable petite blonde qui pleure devant sa bédé. Vaguement inspirée de l'excellent film fantastique Altered States (1980), l'idée d'allier prises de vue réelles et animation rotoscopique est excellente, et son exécution épatante. Mention à ce plan über-iconique où la caméra passe d'un côté à l'autre de la case de bédé, du réel à l'imaginaire séparant les deux amoureux, que l'on croira jusqu'au bout inconjugables. Le romantisme kitsch est total, et on en redemande.
  • 17
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    Pourvu qu'elles soient douces (2001)

    4:53. Présent dans 2 albums.

    Morceau de Mylène Farmer

    http://www.youtube.com/watch?v=LG4PHWobUpw, suite du tout aussi excellent Libertine : http://www.wat.tv/video/mylene-farmer-libertine-2011-4hjup_2i32h_.html.

    (...) J'aurais pu choisir d'autres clips que celui-ci, car le choix ne manque pas : Plus grandir, Libertine, Tristana, Sans Contrefaçon, Désenchantée, Beyond My Control... en résumé, la plupart de ses singles de cette période (qu'on peut appeler l'âge d'or, clairement), tous tournés en 35mm, conçus pour certains d'entre eux comme de véritables court-métrages, avec un générique, une bande-son, et tout le tremblement. Mais Libertine et Pourvu qu'elles soient douces sont trop importants dans la carrière de Farmer, et bien trop iconographiques, pour passer derrière n'importe quel autre, fût-il magnifique, comme Sans Contrefaçon. Enfin, j'ai préféré le second au premier pour plusieurs raisons : d'abord, il fait partie d'Ainsi soit je, LE chef-d'oeuvre du duo Farmer/Boutonnat. Ensuite, parce que le clip bénéficie d'un budget spectaculaire, d'une durée qui en fait le plus long clip scénarisé français (à la fin du générique, on approche les 20 minutes !), et de la cinématographie splendide de Jean-Pierre Sauvaire (aaaaah la brume pudique sur la forêt de Rambouillet et les corps ensanglantés !). Pour finir, parce que son érotisme faisait franchir à la rouquine un nouveau cap... non parce qu'on voyait plus de nibards à l'air qu'à l'accoutumée, mais parce que la sexualité y était plus complexe, et intégrée à un joli récit de bataille, s'il-vous-plait. (...)
  • 18
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    The Bay (2011)

    4:50. Présent dans 3 albums.

    Morceau de Metronomy

    Metronomy a déjà son fulgurantissime She Wants au sommet du présent panier : logique, c'est leur meilleur. Mais Joseph Mount et ses acolytes sont de tels bosseurs et de tels perfectionnistes (parmi les plus créatifs sur la scène actuelle) que les 2/3 de leurs vidéos déchirent (les mouettes en papier mâché de The Look, les zigotos peinturlurés de Radio Ladio, et le récent Month of Sundays). Profitant de la classe internationale du hit The Bay, un des vrais authentiques coups de génie du groupe (ce synthé !!), le clip éponyme arrive en deuxième sur la liste. Tourné dans le Devon, surnommé l'English Riviera (titre de l'album !) pour sa gueule de cité balnéaire méditerranéenne (on se croirait sur la Côte d'Azur), la vidéo offre déjà l'essentiel : un panorama de carte postale et des mannequins en maillot de bain, imprimés dans la rétine par le sens de l'esthétique du réalisateur David Wilson (aaah, Remedy !) et une photographie remarquable. Mais ladite classe internationale ne vient pas vraiment de là : remplacez l'espion en smoking par des hipsters en vestes de lin, les cuivres par du synthé, et les mandales par des croisements de jambe nonchalants (mais rythmés), et vous avez un spectacle aussi classe que le meilleur James Bond. On a même droit à un traitement visuel marqué pop des sixties (la meilleure époque des Bond) enchaînant les split-screens, les jeux de symétrie et de superpositions, les effets de loupe vintages, pour un résultat stylisé à l'extrême (cf. l'architecture des plans où se déploient les longues jambes des mannequins) et sexy en diable (effet garanti par la présence d'une brune über-caliente). On dit que le clip est un semi-remake du Miami de Will Smith : l'auteur de ces lignes ne voit pas le rapport entre l'électrisant The Bay et les jeux de zoom kitschs du clip de Wayne Isham. Enfin. Dans ce bain sensoriellement enthousiasmant, le groupe se prélasse en ray bans classiques et en chœurs diaphanes, canonisant carrément le flegme aristocratique qui le caractérise (et dire que la chanson parle simplement du Devon qu'est un coin cool pour des vacances, alors qu'au son seul, on imagine quelque chose d'un peu plus mégalo !). Si The Bay avait bénéficié d'un montage plus cut et un peu plus inventif dans son usage des split-screens, il serait, avec She Wants, dans le haut du panier. Là, il est juste, euh, bien haut.
    Histoire de rappeler combien les gars tuent autant sur scène, une version live : https://www.youtube.com/watch?v=N4-eySWjRus. De rien.
  • 19
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    Frozen

    Pop rock et electro/techno. Présent dans 11 albums.

    Morceau de Madonna

    https://www.youtube.com/watch?v=XS088Opj9o0

    Spectaculaire ballade mid-électro dans l'esprit des nineties, Frozen a la rare qualité d'être tout à fait appréciable par le plus gros détracteur de Madonna. Le clip devait se montrer à la hauteur de son aura sombre et mystique. Chris Cunningham l'a fait. Avec la diva, naturellement, qui était alors au sommet de sa carrière et de sa beauté (rappelons-nous le clip d'Austin Powers 2 !), pourtant à l'origine pas des plus sophistiquées. Ici, elle rayonne... de noir. C'est tellement chiadé (l'hypnotisante et glaçante mutation de Madonna-ombre, le plan du doberman face au soleil de minuit) qu'on se croirait davantage dans une collaboration Farmer/Boutonnat avec erreur sur la chanteuse.
  • 20
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    Milk Teeth

    3:28. Présent dans 1 album.

    Morceau de Mohini Geisweiller

    https://www.youtube.com/watch?v=kywvEhKX-6g

    Dans cet objet visuel aussi solaire que froid, dont l'architecture moderne, les cadrages pleins de vide, et l'atmosphère surréaliste portent la marque du talentueux Cyrille de Vignemont, la présence et la "performance" de Mohini Geisweiller dit tout ce qu'il faut savoir de la chanteuse française mais d'ailleurs ("je ne connais personne", chante-t-elle) et de sa chanson... d'ailleurs tout court, comme l'illustre son titre sibyllin. En fait, le spectateur qui découvre sa musique à travers le clip de Milk Teeth pourrait la prendre pour un modèle payée pour faire la belle dans ce décor désincarné, puisque Mohini est bien plus belle que la moyenne des chanteuses (aaah), et qu'elle a le physique de planche à pain du mannequin classique (oooh). Elle pose, ses grands yeux bleus jetés dans le vide ou portés sur un horizon épuré, ses pieds nus croisés dans l'eau chlorée, sa robe violette semblant rescapée d'une soirée électrique jusqu'au bout de la nuit (elle est hantée par un verre de vodka). Et on ne sait pas vraiment quoi faire d'elle, dans ce luxueux cadre vide entouré d'arbres à pins. Mais c'est justement ça, le charme à la fois familier et étrange, doux et cruel de Milk Teeth, balade électro ensorcelante dopée par le savoir-faire de Nicolas Ker et hantée par la voix ténue et le timbre glacé de la chanteuse. Et de Vignemont lui donne ce qui fait l'âme de son "installation" (parce qu'il en faut tout de même une) : cette petite créature blanche, mammifère synthétique sans membres ni visage. Sa respiration, seul témoin de vie organique, semble prendre le relais de celle de Mohini lorsqu'elle hyperventilait dans un sachet en plastique, attestant l'interprétation de certains selon laquelle la créature est son âme dont elle ne sait quoi faire, dans cette immensité désespérante (la recherche d'animalité et de connexion avec la nature est un thème récurrent chez de Vignemont). Cet élément seul donne à tout le clip, ainsi qu'à la chanteuse, une chaleur salutaire qui fait respirer le vide. La mélancolie jaillit de l'électrique. Tout devient limpide. Et à la fin, lorsqu'elle semble s'en débarrasser, tout devient atrocement humain. On comprend que le clip ait gagné le "Best Narrative Video Award" à l'Antville Music-Video Awards en 2010. Alors, c'est ultra-hipster, hein. Ne nous méprenons pas. Mais du hipster de ce genre, on en reprendra tous les jours.
  • 21
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    Born to Die (2012)

    4:45. Présent dans 8 albums.

    Morceau de Lana Del Rey

    https://www.youtube.com/watch?v=Bag1gUxuU0g

    Si l'on omet le fait qu'elles appartiennent à la même génération et fassent partie des quelques grandes artistes musicales américaines du moment, la comparaison entre Lana del Rey (dont Ride est placé plus haut) et Florence Welch (dont Cosmic Love est placé plus haut) peut paraître gratuite. On va pourtant y aller, sur le terrain du clip : autant ceux de Welch sont généralement médiocres (installations kitsch, déguisements d'un mauvais goût agressif, zéro narration, aucun lien réel avec les paroles), autant Lana a toujours brillé sur ce plan, et pas seulement parce que sa présence dans un clip est une garantie sur facture de plaisir des yeux. La diva sixties du pop/rock psychédélique s'est peut-être faite remarquer avec la vidéo artisanale axée Tumblr de son génial Video Games (qui aura droit à sa place plus bas), le clip de Born to Die sera sa première VRAIE vidéo officielle, tournée avec un budget confortable, le palais de Fontainebleau, un vrai réalisateur (le français Yoann Lemoine)... et des tigres. Résultat à l'image des débuts tonitruants de la chanteuse : noir comme son titre et sexy en diable. Et l'on ne pense pas tant aux tigres, éléments au fond anecdotiques de la partie du clip la moins intéressante (Lana dans une sorte de Paradis, se souvenant de sa relation houleuse avec un bad boy). Ce qui a une sacrée gueule, c'est ladite relation, comme indiqué plus haut noire et sexy en diable. L'alchimie entre Lana et le modèle tatoué Bradley Soileau fait monter la température avant la dixième seconde, leur jeu grave, la beauté intense de Lana (elle est au sommet de sa beauté dans cette vidéo) et la photographie de Chemtoff évoquent une variante musicale de ce qu'aurait fait John Dahl, dans les années 90, d'un récit d'amants maudits à la Badlands... avec, bien sûr, la touche pop résolument féminine de la chanteuse (les tatouages, le drapeau, les flammes...). L'harmonie qualitative du hit et de sa vidéo en fait un spectacle parfaitement électrisant.
  • 22
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    Have You Seen My Sister Evelyn? (2010)

    2:13. Présent dans 1 album.

    Morceau de Evelyn Evelyn

    http://www.youtube.com/watch?v=skUK-OlU4H0

    Grand fan d'Amanda Fucking Palmer, votre serviteur DEVAIT tomber sous le charme du duo décalé qu'elle a formé en 2007 avec le talentueux Jason Webley, Evelyn Evelyn. Décalé est le mot : EE est un duo de "dark cabaret" mettant en scène deux soeurs siamoises, Evelyn and Evelyn Neville, jouées en costumes victoriens par les deux zigotos (oui, même lui). Leur album, Evelyn Evelyn, a un charme désuet irrésistible et quelques excellents morceaux (rien que ça), comme l'émouvant You Only Want Me 'Cause You Want My Sister, l'absurde Elephant Elelphant... celui-ci. Aussi joueur que la chanson, le clip de Hoku Uchiyama est un spectacle esthétique absolument réjouissant, et techniquement impressionnant. On aurait juste aimé que les deux acteurs qui "dessinent" sur les fenêtres soient Palmer et Webley !
  • 23
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    Danger! High Voltage (2003)

    3:36. Pop rock et bande originale. Présent dans 8 albums.

    Morceau de Electric Six

    http://www.youtube.com/watch?v=2a4gyJsY0mc

    Il est compréhensible de ne voir dans l'"infamous" clip D!HV qu'un enchainement de scénettes hideuses et insensées, spectacle au kitsch repoussant et à la lubricité improbable que l'on devrait interdire aux moins de 80 balais, vénérable âge où l'on n'a plus grand chose à perdre. Mais dans un monde binaire où seuls existeraient 1 ou 0, ce clip serait sans doute Dieu. Pour qui accepte de rentrer dans le délire d'Electric Six, D!HV n'inspire aucun malaise ; c'est un sommet de bizarrerie "bon enfant" et d'excentricité maîtrisée. Tout est délicieusement étrange : les tableaux à refiler des cauchemars, les prothèses luminescentes, le cerf empaillé, le numéro de charme du chanteur à la caméra (et donc au spectateur)... et l'incendie à la fin ("Fire in the taco bell !!!"). Dick Valentine en baron pervers est à hurler de rire (voir le lipsync intentionnellement foireux, et les regards perplexes qu'il lance à sa "compagne"), tout comme la performance hystérique de l'actrice Tina Karanek, soixante-dix ans au compteur au moment du tournage (!!!). A la fin, on se demande simplement ce qu'on vient de voir. Si ce sentiment vous plait, sautez sur D!HV, par ailleurs monté sur une chanson de funk rock trèèèès catchy.
  • 24
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    California (1995)

    5:18. Présent dans 7 albums.

    Morceau de Mylène Farmer

    http://www.dailymotion.com/video/xd11hr_mylene-farmer-california_music#.UbdVQ-SL9EI

    Parce qu'à une ou deux exceptions près, California est le seul VRAI BON clip de Mylène Farmer qui ne soit pas made in Laurent Boutonnat. Un début d'explication : on tient là du made in Abel Ferrara, le rital le plus cocaïné des vols Bronx/L.A.X., alors au sommet de sa carrière, confortablement logé entre son chef-d'oeuvre King of New York, le succès public Bad Lieutenant, et le mésestimé Nos Funérailles. Et le résultat de son union nocturne avec la rouquine est... des plus satisfaisants, parvenant à unir la fantasmagorie précieuse de l'une et la rudeur brutale de l'autre, au service d'une des meilleures chansons d'un album très inégal (Anamorphosée). Meilleure composition, Boutonnat en retrait mais d'humeur aventureuse, meilleurs textes, Farmer au top ("vienne la nuit et sonne l'heure / et moi je meurs / entre apathie et pesanteur / où je demeure"... "mon amour mon Wesson / mon artifice / la chaleur du canon / c'est comme une symphonie"... plus la référence à Apollinaire en bonus). Farmer au top, tant au chant qu'à la performance physique, plastiquement scandaleuse, et convaincante dans un double-rôle des plus caractériels (la bourgeoise et la prostituée : on compatis presque autant qu'on a envie de les sauter), évoquant par moment l'Isabella Rossellini de Blue Velvet. Ferrara au top, car la forme, nerveuse et rapprochée, la photographie de son chef-op Ken Kelsch, qui s'était fait la main sur BL, et... le super-classe Giancarlo Esposito, qu'on avait alors vu dans son KoNY, et qui se ferait par la suite connaitre grâce à Breaking Bad. Lui et la chanteuse forment un couple de clip idéal, leur cinégénie irradie la pelloche, en aristos frustrés comme en prolos damnés. Parce qu'il y a un fond ! L'odyssée des deux couples dans la cité des anges est aussi sexy et maline que les paroles de la rouquine, entre strass et stress, goudron fissuré et pierre de tailleur, apéro mondain et nécro triviale. Le court-métrage California est un récit solidement construit (dans la progression dramatique des deux couples, leurs nombreux parallèles...) autour d'une idée intelligente, celle de présenter le premier couple (de friqués) comme rien de plus qu'une variante éclairée du second ; la fin, aux frontières de l'iréel, laisse derrière elle un parfum d'ambiguité qui sied parfaitement au sujet, et grave davantage encore dans la mémoire le souvenir de ce grand clip.
  • 25

    Free Me

    4:46. Présent dans 1 album.

    Morceau de Sia

    https://www.youtube.com/watch?v=9JntzkszLX8

    J'ai tendance à faire mon cynique devant ce genre de trucs très consensuels, et comme aucun clip de Sia ne m'avait convaincu depuis Elastic Heart (ni la pub pour parfum avec Pedro Pascal, ni les derniers avec la chtite Ziegler, qui ne sont que des caricatures de leurs trois premières collaborations), autant dire que je n'attendais pas grand chose de celui-ci... Ce qui m'agaçait un peu, car Sia a une voix et un talent de performeuse qui lui ont quand même fait tutoyer deux ou trois sommets au passage (je jette un nouvel œil à Chandelier... et oui, je confirme, c'est toujours un chef-d'oeuvre), et je trouvais ses récentes chansons pas du tout au niveau de ses vocalises. Eh bien, ENFIN, ça re-claque, tant sur le plan musical que dans la forme... et le fond. D'abord la forme : je n'avais jusqu'ici pas réussi à me faire un avis sur l'excentrique chorégraphe Ryan Heffington : son travail m'avait toujours paru un coup grandiose, le coup d'après de l'enfumage hystérique. Mais là, je reconnais que sa maîtrise de ce que la danse contemporaine a de plus expressif m'a complètement soufflé. Ensuite, le fond : les danseurs en blanc en globules blancs et ceux en foncé en cellules infectées par le VIH, chaque groupe luttant à mort pour la possession du corps de l'héroïne, la fille en bleu symbolisant la vie, ou la pulsion de vie, celle nécessaire à l'héroïne pour affronter cette épreuve et en sortir... Au début, les "méchants" l'emportant, plongeant le décor dans des ténèbres qui effraient l'héroïne, puis vers la fin, la lumière jaillissant littéralement... C'est tellement littéral et grandiloquent que ça avait 99% de chances de se planter, mais assez miraculeusement, ça paie... et du coup, ça donne quelque chose de très fort, de presque primal (bien aidé par la magnifique chorégraphie... je ne suis pourtant pas un fan de danse moderne). J'ai trouvé notamment très, très fort le passage avec la blonde, son expression aimante, presque maternelle, et sa danse intime et allégorique avec Zoe Saldana, pas vraiment réputée pour son jeu stratosphérique, mais ici impeccable, et dont la performance habitée colle parfaitement au lyrisme sia-esque de la chanson.
    Insistons bien sur le fait que rien à cirer du caractère "engagé" du clip, même si l'on adhère naturellement à la cause.
  • 26
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    Pure Morning (1998)

    4:15. Blues. Présent dans 17 albums.

    Morceau de Placebo

    http://www.youtube.com/watch?v=x7L7Xl5H3ao

    En 98, le groupe d'électro Placebo était au sommet de son inspiration et de sa popularité, ressuscitant éphémèrement le glam-rock au crépuscule d'un XXème siècle abruti par le punk décérébré de gros bourrins du type Offspring. Sa chanson-étendard ? Pure Morning, immense hit de son album Without You I'm Nothing, soit LE chef-d'oeuvre du groupe. Porté par un son électro-rock intense et une phrase hypnotisante ("A friend in need is a friend indeed"), Pure Morning est un hymne tourbillonnant aux liens qui nous unissent dans ce que ça peut avoir de plus tarte et émouvant, résistant aux épreuves de la vie incarnées par une guitare lourde et menaçante. Il méritait un véhicule audiovisuel de qualité. Le réalisateur Nick Gordon y a veillé, livrant un court-métrage tout aussi hypnotisant, modèle d'utilisation du ralenti, et somptueux instantané de l'aube dans ce qu'elle peut avoir de plus mélancolique et électrique. Le jeu de la foule, les regards de Brian Molko à la fois pleins d'espérance et d'appréhension face au ciel blanc et aux promesses du vide, sa parfaite androgynie semant le trouble entre l'amitié et l'amour, et le twist final, aussi absurde qu'exhaltant... Grand, grand moment. Dommage que le groupe n'ait pas résisté aux années 2000.
  • 27
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    Henry Lee

    Henry Lee (feat. PJ Harvey)

    4:02. Blues. Présent dans 6 albums.

    Morceau de Nick Cave & The Bad Seeds et PJ Harvey

    http://www.youtube.com/watch?v=QzmMB8dTwGs

    Pour faire un grand clip, pas besoin de millions de dollars, ou d'un réalisateur acclamé du type Sophie Muller, ou d'un concept de taré. Henry Lee rappelle qu'un grand ténébreux dégingandé et une petite brunette assis sur un banc peuvent faire l'affaire. Assis sur un banc, sur un fond vert. On imagine d'ici le studio minuscule, les trois pèlerins derrière la 16mm solitaire, l'Aussie hagard et la Brit côte-à-côte, et puis c'est tout, comme dirait l'autre. A mille lieues de Where The Wild Roses Grow, le précédent clip de Cave et du réalisateur Rocky Schenck. Et... ouais, ça marche. Mieux, en fait. Le fond vert, le banc. La lumière crade et les cheveux gras. Rien à foutre. Pourquoi ? Parce que la chanson, bien entendu, magnifique poème d'outre-tombe. Mais aussi l'alchimie. La légende veut que Cave et Harvey soient tombés raides dingues l'un de l'autre pendant le tournage. Ce qui est clair, c'est qu'il s'y trame quelque chose de pas catholique. Et c'est bien. L'espace de quatre minutes, les deux corbeaux, charismatiques mais pas phénoménalement beaux, composent le couple le plus sensuel du monde. Déjà une grande chanson, Henry Lee profite considérable de cette alchimie phénoménale (c'est simple, on ne verra pas mieux). Avec ces deux-là, leurs habits de croque-mort et leur chorégraphie élémentaire (chacun se tenant debout derrière l'autre, les mains sur ses épaules, tandis que ce dernier chante sa partie), la folk est en état de grâce.
  • 28
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    Shot at the Night

    4:01. Présent dans 1 album.

    Morceau de The Killers

    https://www.youtube.com/watch?v=X4YK-DEkvcw

    L'irrésistible groupe de rock alternatif The Killers a cela d'ennuyeux pour l'amateur d'images qu'il n'avait jamais offert de VRAI bon clip à ses pourtant nombreux grands titres (All these things that I've done, Bones, Sam's Town, Why do I keep counting ?, Spaceman, The Great Big Sled, Tranquilize, et surtout le magnifique A dustland fairytale et sa vidéo indigne...). Il y a bien eu le très agréable Read my mind et son périple gentiment déjanté à travers Tokyo, mais ça se limitait à ça, du fun bien fichu. Puis en 2012, les gars se sont bougés un peu à l'occasion de leur leur nouvel (et relativement décevant) album Battle Born, en se payant les services de Tim Burton pour le clip Here with me (avec Winona, s'il-vous-plait...), jolie burtonnerie imprégnée d'un paquet de ses codes. Sympa, mais un peu plombé par un single pas super inspiré. Puis quand est venu le tour de la compile Direct Hits, l'année suivante, ils nous ont proposé deux clips de leurs chansons inédites : Just another girl, que vous trouverez ci-dessous, et Shot at the night. Sans être inoubliable, ce single-là est très agréable à l'écoute, notamment parce que Brandon Flowers y est à son meilleur, et accompagne parfaitement un court-métrage dont la beauté plastique détonne avec les précédents clips du groupe. On tient là une belle hymne aux élans spontanés du coeur jeune, dont la photographie magnifique, le charme juvénile de l'histoire (simple idylle entre un gars et une fille entre qui le courant passe, ainsi que tout le reste, le temps d'une virée nocturne... avec la magnifique Bella Heathcote et le fils Minghella), le décor électrique (Las Vegas, terre d'origine des Killers), l'hôtel de grand standing, la séance de karaoké, et la conclusion au petit matin rappellent fortement le Lost in translation de Sofia Coppola (et c'est bien). C'est entraînant, frais, d'une simplicité évidente qui rend ses qualités visuelles d'autant plus séduisantes.
  • 29
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    Love Letters

    Présent dans 1 album.

    Morceau de Metronomy

    https://www.youtube.com/watch?v=riEBi8BJ9Tw

    Après deux clips énormissimes issus de leur précédent album English Riviera (She Wants et The Bay), Metronomy nous revient en 2014 avec un tout aussi grand album, Love Letters. La chanson-titre méritait une vidéo à la hauteur : c'est chose faite grâce à Michel Gondry, génial réalisateur de clips (voir le récent How Are You Doing, des Living Sisters). On a droit à une installation typiquement gondriesque par son imagerie enfantine et sa simplicité apparente : prenez une boite de carton-pâte géante ; peinturlurez-la de desseins naïfs pour lui donner des airs de décor de pièce de théâtre d'école primaire ; creusez-y des larges ouvertures pour qu'on puisse admirer ce qui s'y joue ; placez-y le groupe et ses instruments ; filmez le tout en un long et lent plan à 360°, sans coupe ; et vous verrez le groupe voyager d'un décor à un autre, avec petites bruitages de fond vers la fin pour renforcer l'impression de voyage, s'il-vous-plait. Soit une performance à la fois simplissime, et résultat d'une somme considérable d'efforts et de passions. Certains trouvent le clip supérieur à la chanson. Peut-être est-ce la simplicité du refrain, qui consiste simplement à répéter "looooove leeeeetteeeers". Mais c'est justement ça, le truc, dans ce tube uptempo enjoué et mélancolique comme souvent chez Metronomy : s'il est aussi catchy, c'est parce qu'il est simple, d'une simplicité presque Beatlesienne ou Abbaesque. Ça tombe bien : le groupe y est clairement en quête d'une efficacité disparue depuis les sixties (avec la couv du CD, ça ne fait aucun doute), et de la bonne humeur un peu neuneu qui animait cette décennie, du genre Partridge Family (mais version hipster... ou bien la nouvelle catégorie "twee", si je comprends bien ?). On a donc droit à du pur pop-rock aux accents motown, et on est, de notre côté, parfaitement séduit par ce son sophistiqué un peu éloigné de l'électro habituel, mais qui perpétue l'identité à la fois pop et expérimentale du groupe. Avec ses couleurs chaudes et son esthétisme naïf, le clip assume pleinement cette influence, jusqu'aux tenues du groupe, même uniforme composé d'un pull à col roulé noir, d'un blazer bordeau, et d'un pantalon beige (pour Anna Prior aussi !). Confortablement glissés dedans, les zigotos déchaînent leur élégance nonchalante (mention à Oscar Cash et son rythme dans la peau). C'est tellement simple (et classe) que c'est simple à réécouter. Encore et encore.
  • 30
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    Hollywood Forever Cemetery Sings (2012)

    3:10. Présent dans 1 album.

    Morceau de Father John Misty

    https://www.youtube.com/watch?v=KtOToiIDNRA

    Que ceux qui croient la jolie boudeuse Aubrey Plaza juste bonne à jouer dans des sitcoms du type Parks & Recreation ou des comédies débiles du type The To-do List admirent sa performance dans le présent clip. Avec son physique de girl-next-door au charme un peu contrarié par sa bizarrerie (en anglais, "quirky" la définit parfaitement), et son genre à trouver limite sa place dans un groupe de garçons, jouer une belle psychotique était forcément dans ses compétences, pourtant : dans HFCS, en fille vivant plutôt mal une veillée funèbre, elle irradie la pellicule de son regard pourtant noir corbeau et parvient à sensualiser sévèrement la moindre de ses moues les plus tordues (certains diront qu'elle se contente de faire la gueule, comme d'habitude ; on leur répondra que non). Il faut dire que son jeu est bien aidé par la chanson et la voix envoûtantes de l'excellent chanteur-auteur d'indie folk-rock J.Tillman, produit déjanté de la culture évangéliste aimant parler du sexe et de la mort, criant ici son besoin d'exprimer les plus vives émotions à des moments où les conventions imposent le recueillement apathique (comme lors d'une veillée funèbre à la protestante, donc). Voir, dans ce contexte et cette atmosphère dépressive, la Plaza se lâcher totalement, essuyer son museau barbouillé de sang, mâchouiller des bouquets de fleur, se frotter sensuellement contre des invités au moment de l'"after" bobo, réapparaître vêtue d'une seule couverture et faire un doigt à tout le monde, sucer ses doigts et sourire de satisfaction incompréhensible avant de démolir la sono, a quelque chose d'étrangement excitant. Et puis il y a ce climax, qui rappelle combien le clip de de Noel Paul est canon à voir, où la belle aux airs de princesse punk déchue étrangle carrément une inconnue dans des bois baignés de fumée et d'une lumière rouge vif de fin du monde. Et l'épilogue, où Tillman, parfaitement blasé, vient la récupérer au petit matin et la foutre dans une camionnette, perpétuant l'atmosphère lynchienne de ce dernier tiers (pas surprenant, ça a été tourné à Laurel Canyon, près de Mulholland Dr...). La censure de ceux qui ressentent un peu trop ? Même si c'est pas ça, et qu'on continue de ne rien piger, peu importe : c'est sombre, sexy, habité, et très solide musicalement pour qui aime la folk lourde à la Black Keys.