HITCHCOCK Alfred - Critiques & Annotations
5 films
créée il y a plus de 5 ans · modifiée il y a 7 joursLe Chant du Danube (1934)
Waltzes from Vienna
1 h 21 min. Sortie : 31 janvier 1936 (France). Biopic, Comédie, Musique
Film de Alfred Hitchcock
SimBoth a mis 7/10.
Annotation :
"Le Chant du Danube" n’était pas très apprécié par Hitchcock lui-même, qui voyait en ce film « un musical sans musique, très bon marché », pourtant le long-métrage est une réjouissante comédie romantique évitant les écueils du biopic plan-plan. Car en effet, l’œuvre se concentre sur Johann Strauss fils, l’auteur bien connu du "Danube bleu", qui se voit tiraillé entre l’amour pour son art et la fille d’un pâtissier refusant sa carrière d’artiste. Mais ce n’est pas tout, car elle raconte aussi la relation d’un père, grand musicien, méprisant le talent de son fils. Le cinéaste parfait avec soin une mise en scène élégante qui instaure un affolement burlesque et une fantaisie sympathique. L’œuvre est rythmée comme un vaudeville léger, faisant naître avec amusement l’une des valses les plus connues de notre Histoire. À voir les petits motifs du quotidien qui donnent des idées au jeune compositeur pour élaborer sa mélodie (la scène dans les fourneaux de la pâtisserie, par exemple) et qu’Hitchcock agence malicieusement. Même dans cette tonalité comique, l’auteur démontre un art pour le suspense, avec un travail du montage alterné qui joue sur la tension du temps et du savoir afin de créer des quiproquos savoureux.
Rebecca (1940)
2 h 10 min. Sortie : 22 mai 1947 (France). Drame, Romance, Thriller
Film de Alfred Hitchcock
SimBoth a mis 8/10.
Annotation :
Pour son premier film américain, Hitchcock se voit adapter "Rebecca", le récit d’une femme épousant sur un coup de tête un riche veuf anglais, hanté par l’ombre écrasante de son ex-femme et qui hante tout autant les murs de son château. Malgré la production hollywoodienne, le ton reste résolument anglais, comme l’indique la sensibilité gothique de l’œuvre. C’est aussi un conte de fées à la "Cendrillon", mais dans un versant macabre où l’univers serait intemporel, vacillant entre le romantisme du prince charmant et la cruauté sadique de la mère, représentée par la terrifiante et abusive gouvernante et par le fantôme pesant de Rebecca. Dans ce jeu d’ombres et de lumière, d’intrigue à suspense avec ses coups de théâtre, de rêve se transformant en cauchemar éveillé et d’oppression croissante, l’auteur s’épanche sur les conflits psychologiques de ses personnages : jalousie, sentiments d’infériorité, désirs et envoûtements, fautes confessées, emprise du passé et culpabilité inondent Manderley. Un lieu isolé et secret, dont la surface luxueuse est submergée par des souvenirs macabres, des longs couloirs aux pièces interdites et impénétrables, et un vide gigantesque faisant éclore toute sa forme fantasmatique.
Fenêtre sur cour (1954)
Rear Window
1 h 52 min. Sortie : 1 avril 1955 (France). Thriller
Film de Alfred Hitchcock
SimBoth a mis 9/10.
Annotation :
Dans un seul décor et par un seul point de vue, l’auteur nous montre avec sophistication le grand « spectacle des faiblesses humaines », comme le disait Truffaut. Mise en abyme évidente du cinéma avec cette succession de regards qui se superpose et cette multiplication de fenêtres (ou écrans) et de cadres dans le cadre, "Fenêtre sur cour" nous fait épier James Stewart qui épie lui-même ses voisins avec ses jumelles et son appareil photo. Expérience pure du cinéma et de ses projections émotionnelles, l’œuvre montre que l’humain est un voyeur naturel et fait l’étalage de toutes les conduites humaines et de ses comportements (« Le miroir d’un petit monde »). Hitchcock brasse les thèmes du désir, du fantasme, de l’amour, du mariage et de toutes ses problématiques en l’enlaçant parfaitement avec cette enquête à distance. Ce discours sur le regard est porté avec une ironie crispante et macabre, et une excitation tout autant angoissante que jubilatoire. Pour finir, c’est aussi une belle analogie du cinéaste-cinéphile, car le personnage observe les choses de son propre monde, déforme un monde illisible pour chercher la vérité derrière le faux-semblant, creuse la surface des images et démantèle les illusions de ces dernières.
La Main au collet (1955)
To Catch a Thief
1 h 46 min. Sortie : 23 décembre 1955 (France). Romance, Thriller
Film de Alfred Hitchcock
SimBoth a mis 8/10.
Annotation :
On peut dire de "La Main au collet" que c’est une œuvre glamour et sophistiquée, une œuvre nostalgique dont les décors de la Côte d’Azur font ressortir tout le charme séducteur du duo composé de Cary Grant et Grace Kelly. L’acteur joue un ancien cambrioleur soupçonné d’avoir volé un bijou qu’il n’a jamais dérobé. Comme Arsène Lupin, le personnage est un gentleman ravageur, mais comme beaucoup de sujets chez Hitchcock, c’est un faux coupable qui doit enquêter pour se disculper. Le film scintille brillamment par ses couleurs chatoyantes et amuse par son humour espiègle. Sorte de comédie policière légère, l’auteur n’en néglige pas ses thèmes habituels comme les récits de crime échangé et le rapport au sexe et à sa suggestion (la scène du feu d’artifice sur le balcon). Grace Kelly incarne une figure du sexe « indirect » ou « glacé » (Truffaut), impassible dans son apparence et caractérielle dans son intimité. Ainsi, Hitchcock joue sur ce suspense « sexuel » (métaphorique comme la conduite à vive allure de la femme sur la corniche monégasque) où les rapports de domination, de mensonge, de culpabilité et de réversibilité sont prégnants. Cela en fait un divertissement luxueux et charnellement discret.
Les Oiseaux (1963)
The Birds
1 h 59 min. Sortie : 6 septembre 1963 (France). Drame, Épouvante-Horreur, Thriller
Film de Alfred Hitchcock
SimBoth a mis 9/10 et a écrit une critique.
Annotation :
(Revu le 28/03/2026)








