Avis sur

Au-delà du mal par Jérémy Bonin

Avatar Jérémy Bonin
Critique publiée par le

Début de roman intéressant, qui est prenant: présentation des parents de Thomas Bishop (avant et après la naissance de celui-ci) et donc présentation de la prime enfance de Bishop, catastrophique sur les plans psycho-socio-affectif. Avec toutes une série d'événements qui, mis bout à bout, inexorablement comme dans l'effet papillon, ne peuvent conduire qu'à l'engendrement d'un monstre; la faute est à tout le monde et personne à la fois, sans qu'on puisse dénommer quelqu'un en particulier plus qu'un autre. et en ça, c'est intéressant, début de roman ciselé au niveau psycho-socio-affectif.
Deuxième point positif, le passage ou Thomas Bishop, adulte, s'évade de l’hôpital psychiatrique ou il vit: tout simplement génial: à ce moment-là il nous promet une chasse à l'homme du feu de Dieu !
Mais voilà, le bouquin étant empli de passage peu utiles, la chasse à l'homme perd de son souffle naturellement.
Le travail des enquêteurs de police semble inexistant, du moins non relaté (hormis au début John Spanner) et ce qu'un journaliste fait tardivement au bout de 6 mois en quelques semaines: pourquoi aucune brigade criminelle ne l'a fait avant ?? peut-être une volonté de l'auteur de souligner la difficulté dans les années 70 de faire une telle enquête, surtout dans l'immensité des Etats-Unis (ou chaque état se renvoie la balle pour gérer le problème finalement)
A travers le roman on suit également le sénateur Stoner, ambitieux et corrompu, qui grimpe l'échelle sociale politique et qui est prêt à en dégringoler à la fin du roman: oui d'accord mais peu utile vis-à-vis de l'intrigue principale du tueur en série, et qui alourdit le roman.
Autres personnages longuement dépeints mais qui n'apportent peu: le criminologue Finch: je m'attendais à ce qu'il fasse le boulot main dans la main avec Kenton (à défaut de la police qui ne voulait pas de lui) la vision du criminologue aurait pu être intéressante sur le terrain. autres personnages peu utiles: Carl Hansun, Don Solis. Pourquoi toutes ces intrigues secondaires ? on s'attend à ce que toutes les intrigues se rejoignent à la fin mais finalement elle ne font que s'effleurer entre elles.
Dernier point négatif: la vision simplifiée de la maladie mentale ; "je suis fou et toutes les femmes sont des démons blablabla" tout ça au milieau d'un discours structuré et argumenté, ça ne peut pas être aussi simpliste que ça.
En conclusion, une note de 7/10 pour un roman de tueur en séries qui se lit assez bien, intéressant au niveau psychologique mais qui est surfait de passages/intrigues peut utiles à l'intrigue principale. un tableau satisfaisant des Etats-Unis des années 70 et de la réalité sociale de cette époque.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 134 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Jérémy Bonin Au-delà du mal