Déclic Mortel, digne successeur de Fleming

Il y avait un auteur pour prendre la suite de Fleming et raconter les aventures de Bond, et son nom est Anthony Horowitz. Après les différentes tentatives pas vraiment convaincantes de pasticher ou imiter le style du créateur de 007, on avait perdu espoir dans la possibilité de lire un jour une histoire de James Bond digne des romans originaux. L'espoir revient avec Déclic Mortel.


Dès les premières pages, l'auteur londonien retrouve ce parfait équilibre du style de Fleming avec le sens du détail, de la narration, du rythme, de l'aventure, de l'espionnage et de la description des personnages. 1001 petits détails sautent aux yeux : ce sont des tournures de phrases, des expressions, des façon de caractériser un personnage que l'on ne retrouve que chez Fleming, et que les prédécesseurs d'Horowitz avait essayé d'imiter, sans trop y réussir.


Au bout de deux chapitres, on ne fait plus attention à l'excellente technique de l'auteur, puisque l'on est déjà happé par la nouvelle aventure de Bond : située au début des année 1960, on y retrouve le Bond des romans de Fleming, égal à lui même, partagé entre sa routine, sa consommation de femme et son dévouement pour son travail, ainsi que la bonne surprise de retrouver Mlle Pussy Galore pour l'épilogue du dossier Goldfinger. Le monde des services secrets est également présent, avec les habitués d'Universal Exports, de nouveaux agents de liaison parfaitement équilibrés, et le retour du SMERSH comme adversaire de l’Angleterre.


Déclic Mortel nous permet de retrouver trois choses qui avaient disparues depuis longtemps des romans : le jeu, la séduction et le sadisme. Avec une course de voiture à Nürburgring, on retrouve avec délices les parties de haut vol pour lesquelles Bond se prépare, bourrées de tension et passionnantes à suivre. Avec pas moins de trois personnages féminins, on retrouve ce charmeur de Bond partagé entre sa mission et ses efforts de séduction pour les fascinantes Bond Girls qui le frôlent, sans que cela semble un passage obligé du bouquin. Enfin, les romans de Fleming plaçaient toujours des tortures élaborées et des situations bien morbides. Celles-ci sont au rendez vous, sans qu'elles semblent trop caricaturales ou forcées, et demandant de Bond un vrai investissement (Voir cet extrait en français avec Miss Galore en difficile posture).


Mais que vaut le livre une fois passé l'hommage à Fleming me direz vous ? Et bien c'est une aventure digne de James Bond : espionnage de haut vol sur fond de conquête spatiale, affrontements soviétiques, Bond Girls mystérieuses, méchant coréen sadique et froid comme la glace, des destinations exotiques, des châteaux, des bombes, des véhicules partant à toute vitesse, sans oublier une enquête vraiment bien construite qui nous amène de la campagne anglaise à la côte est des États-Unis. Tous les éléments d'un bon James Bond sont là, mais avec un rythme qui ne lasse jamais.


En effet, Horowitz a eu l'intelligence de faire passer un peu des films dans son livre : Bond y a plus d'humour, l'action y est plus fluide et mouvementée, les scènes d'action et de description s’enchaînent à merveille. C'est bien simple, on se croirait presque dans l'un des films de Bond des années 1960, où la noirceur du Bond littéraire croiserait le charme de Sean Connery et l'action intrépide de Daniel Craig.


Le vrai talent de Déclic Mortel est là : C'est bien une aventure du James Bond littéraire que l'on connaît, mais à aucun moment on ne se lasse de lui. Encore mieux, les scènes d'actions sont parfaitement racontées, poussant Bond dans ses limites et qui vous feront vous accrocher à votre fauteuil. Bref, c'est une mission de Bond qui a toute sa place aux cotés des aventures de Fleming

Ytterbium
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le 13 sept. 2015

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