Comment ne pas se prendre en main

Avis sur Extension du domaine de la lutte

Avatar Methil
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Dans une aurobiographie peu assumée (pourquoi ne pas avoir simplement écrit sur lui?) Houellebecq rend les autres et le système responsables de problèmes personnels qu'il ne se donne pas les moyens de combattre.
Il "philosophe" pour fuir une réalité dans laquelle il est lâche, odieux et présomptueux.

Le narrateur salit tout, choisit systématiquement la facilité puis s'érige en victime. Il geint parce qu'il n'arrive pas à coucher avec les femmes qu'il trouve attirantes mais refuse d'aimer celles qui lui sont accessibles parce qu'il les trouve laides. Il ensuite ose assimiler ses déboires amoureux à une lutte des classe!
C'est trop facile. Le monde qui est décrit dans le livre n'a rien d'attrayant mais le narrateur n'en est pas un observateur passif mais bien un acteur. Il n'a rien d'un laissé pour compte: Quasiment tout lui est donné mais ça ne lui suffit pas car il est incapable de se remettre en question pour aller chercher ce qui lui manque.
Il continue à exercer un métier qu'il déteste et trouve inutile, à donner à des gens exécrables des raisons de s'aimer en les flattant, à être lui-même exécrable avec ceux qui l'apprécient. Il se présente comme un "technicien" mais pourquoi est-il si fier d'être "technicien" si ce qu'il fait est absurde et désagréable? La cohérence voudrait qu'il essaye de bosser le moins possible, d'avoir un rôle plus important, au moins d'en parler.

On présente Houellebecq comme un observateur des dérives du système alors qu'il les incarne. La où certains s'engagent, voient des psys, s'ouvrent à de nouvelles choses, changent de métier plusieurs fois, lui mange, chie, boit des bières, passe des soirées avec des gens qu'il méprise et se plaint. Il se branle mollement dans des draps fabriqués au Bengladesh par des gens moins bien lotis que lui et avec qui j'aimerais le voir échanger sa place.

Extension du domaine de la lutte est comme le vomi que le narrateur a du lâcher en sortant de la soirée du début de l'histoire. Il avait besoin de le régurgiter parce qu'il n'a pas réfléchi à la façon dont il se comportait et a il eu accès à la matière première (dans un cas l'alcool, dans l'autre un certain talent pour l'écriture) parce que la société qu'il critique sans essayer de l'améliorer les lui a fourni. Ça m'amuse beaucoup de m'imaginer une bande d'intellectuels avant-gardistes autoproclamés s'intéresser de la même façon à sa galette. "Oh des bouts de carottes, fascinant cet homme.. Vous avez vu ces morceaux de Kebab? Ils sont si représentatifs du malaise nutritif rencontré dans notre société."

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