« L'art de revenir à la vie » est le roman de ma génération

« Comment je suis devenir stupide » m'avait tout de suite paru être « mon » roman, « L'art de revenir à la vie » est celui de ma génération.



J’appartiens à une génération extensible. Notre vie n'en finit pas de démarrer. Nous avançons et l'instant d'après l'océan nous rejette sur le rivage. Nous ne désirons pas réussir, nous ne voulons pas être riches et célèbres, nous voulons simplement ne pas échouer trop lamentablement.



Le narrateur, Martin, a tout juste 40 ans. Il est écrivain, il a quitté Paris pour la banlieue de Bruxelles, il est jeune papa... mais surtout il est fauché alors que sa toiture fuit et que sa chaudière a rendu l'âme... Bref, Martin c'est Martin Page. Enfin presque car sur ces bases autobiographiques, Martin Page nous livre un récit sincère, touchant et souvent très drôle. Il fait preuve de toujours autant de finesse et d'une imagination débordante.



Ma situation financière ressemble à un tour de grand huit à la fête foraine.



Si vous avez lu d'autres romans de Martin Page, vous pourrez être étonné car la forme littéraire choisie fait que Martin (celui du roman) est sans doute moins burlesque que ses personnages habituels... mais vous serez ravi en découvrant quelques personnages secondaires hauts en couleurs, à commencer par le truculent Joachim, l'ami chez qui loge Martin à Paris et, surtout, l'incroyable Sanaa Okaria, une productrice qui souhaite adapter un roman de Martin (elle m'a beaucoup fait penser à Zora de « La libellule de ses huit ans » (mais ça fait un moment que je l'ai lu, il faudrait que je le relise pour creuser cette impression)).


Via un procédé littéraire mâtiné de science fiction, il retrouve et échange avec l'enfant qu'il était, prétexte à s'auto-analyser et à s'interroger pour savoir s'il a trahi l'enfant qu'il était. « L'art de revenir à la vie », c'est notre quête, à nous jeune quadras, pour savoir si ceux que nous sommes devenus auraient à rougir si nous devions nous présenter devant ceux que nous étions à 12 ans.


Non, vraiment, ça fait toujours autant de bien de lire Martin Page. C'est sans doute l'écrivain contemporain qui me parle le plus et qui en parle le mieux.

zemoko
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Le 18 mai 2016

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Arnaud Malon

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